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01/10/2006

Espérance de vie

medium_Esperance_de_vie.gifEspérance de vie, la fin des illusions

 

Un argument très souvent mis en avant par les défenseurs de l’idéologie du progrès est l’allongement continuel de l’espérance de vie dont ont bénéficié les habitants des pays dits développés depuis plusieurs siècles, conséquence la plus visible, selon eux, du déploiement sans précédent des outils techniques (scanner, etc.) combinés avec les connaissances toujours plus poussées obtenues dans le domaine médical (génétique, etc.). Ainsi, dans la mesure où ne cessent de s’accroître les avancées des la science on se devrait de conclure fort logiquement que celles-ci s’accompagneront automatiquement de l’augmentation de l’espérance de vie. Est-ce bien si sûr ? Claude Aubert, dans son livre "Espérance de vie, la fin des illusions", émet quant à lui quelques réserves. Voici une courte présentation de son ouvrage provenant  du site http://www.intelligenceverte.org/EsperanceVie.asp. Ceci n’est malheureusement pour nous qu’une nouvelle illustration du fait que le développement de la société industrielle avec les toutes les dégradations de notre environnement au sens large (société, nature, etc.) qu’il induit, ne peut offrir, malgré tous ses artefacts, les conditions propres à une vie saine et longue…

 

Espérance de vie, la fin des illusions

 

Dans un ouvrage intitulé "Espérance de vie, la fin des illusions", Claude Aubert, ingénieur agronome et expert dans le domaine de l'alimentation, explique comment la pollution, le tabac et l'obésité pourraient devenir des "bombes à retardement démographiques." Selon lui les projections officielles d'espérance de vie sont faussées et la courbe pourrait s'inverser dans les prochaines années.

 

86 ans en 2050 selon l'Insee, 103 ans en 2300 selon l'ONU : les projections de l'espérance de vie semblent pour le moins optimistes. Pour Claude Aubert, elles sont en réalité totalement fausses.

 

Cet ingénieur agronome, spécialiste de l'alimentation et de l'agriculture biologique vient de publier un ouvrage dans lequel il explique que "nous vivrons moins longtemps que nos parents," de même que "nos enfants vivront moins longtemps que nous."

 

Selon lui, les démographes selon lui se trompent, puisqu'ils ne prennent pas en compte les véritables " bombes à retardement " que sont l'obésité, les maladies dues à l'amiante, le tabagisme et les impacts de la pollution sur notre santé.

 

Ainsi l'obésité, phénomène qui connaît une croissance rapide, pourrait à elle seule faire diminuer notre espérance de vie de 2 à 5 ans. Aujourd'hui, 60% des adultes sont en surpoids ou obèses aux Etats-Unis. En France, le chiffre atteint 40% (Enquête Inserm 2003).

 

"Si aux Etats-Unis les pouvoirs publics commencent à s'en préoccuper, la communauté scientifique reste très inquiète", explique Claude Aubert. Quand à la France, on ne peut pas dire que les autorités aient une réelle politique face au problème." Par ailleurs, si on a longtemps cru que l'obésité était une maladie des pays riches, Claude Aubert montre qu'elle progresse encore plus vite dans les pays émergents. L'obésité et le diabète pourraient devenir la première cause de mortalité, devant le tabac, et faire considérablement baisser l'espérance de vie, (moins 7 ans pour un obèse). Hormis la sédentarité, Claude Aubert accuse largement l'industrie agroalimentaire d'être responsable de vendre des "produits trop gras, trop sucrés" auxquels sont incorporés des additifs et des arômes favorisant le surpoids.

 

Les multiples impacts de la pollution

 

Autre facteur d'obésité moins souvent évoqué, la pollution perturbe également l'équilibre hormonal et les cellules des tissus adipeux. C'est notamment le cas des perturbateurs endocriniens, qui modifient l'équilibre hormonal du fœtus, équilibre dont dépend la régulation du poids. De même, certains insecticides, présents dans notre organisme, ralentiraient le métabolisme et par conséquent, les dépenses énergétiques. Pour autant, les conséquences de la pollution sur notre santé ne se limitent pas, loin s'en faut, aux troubles hormonaux.

 

Rappelant que 100 000 molécules chimiques sont actuellement utilisées sans jamais avoir été testées (à l'exception des pesticides), Claude Aubert estime que les générations nées à partir des années 70 connaissent une "exposition aux produits chimiques sans précédent." Et si certains composants ont été interdits depuis, les études scientifiques montrent qu'ils sont toujours présents dans tous les tissus humains.

 

"Par ailleurs, d'autres produits chimiques ont pris le relais dans l'environnement et dans notre corps depuis," ajoute-t-il. La production de matières plastiques a été multipliée par 5 en 30 ans, celle de la formaldéhyde (un composé organique volatil) par 6 en 40 ans. La pollution de l'air, de l'eau et des aliments imprègne le corps humain à long terme.

 

Ainsi, des produits toxiques comme le DDT,- interdit il y a 30 ans-, se trouvaient encore dans le sang des volontaires qui ont participé à l'étude menée par le WWF en 2003. Et des molécules tout aussi dangereuses ont également été trouvées chez tous les nouveaux-nés lors d'une enquête menée en 2005 par l'Environnemental Working Group, association américaine. Les polluants passent en effet avec une grande rapidité (quelques heures) dans le placenta après avoir été absorbés parla mère. "En fait, ce sont probablement plusieurs centaines de molécules issues de l'industrie chimique qui passent chaque jour dans notre organisme," observe Claude Aubert. Des molécules dont on ne connaît pas réellement les impacts, puisque chaque matière active n'est testée que de manière isolée, jamais dans une version mélangée avec d'autres. "Les pesticides sont constitués de plusieurs matières actives, ainsi que d'adjuvants. Or, le produit commercialisé est parfois plus toxique que la matière seule, comme cela a été récemment mis en évidence à propos du Round Up," explique Claude Aubert.

 

Les lanceurs d'alerte face à l'omerta

 

Les impacts des différentes pollutions auxquelles nous sommes exposées sont multiples : perturbation des fonctions de reproduction, affaiblissement du système immunitaire, forte croissance des cancers dus à la pollution, maladies de l'appareil respiratoire, explosion des maladies chroniques et cardio-vasculaires, etc. Pour autant, ces impacts ne pourront se vérifier qu'à long terme et ne sont effectivement pas pris en considération pour mesurer, aujourd'hui, notre espérance de vie. Seul l'amiante qui est à l'origine d'un cancer spécifique a été pris en compte, mais comme le rappelle l'auteur, "il a fallu de nombreuses années avant que plus personne ne puisse contester qu'il est à l'origine d'une véritable hécatombe."

 

Claude Aubert rejoint avec cet ouvrage le mouvement des "lanceurs d'alerte", qui, au sein de la communauté scientifique, veulent prévenir l'opinion et les autorités politiques sur ces catastrophes sanitaires naissantes. Peu entendus jusqu'ici, certains estiment, comme André Cicolella que les lanceurs d'alerte font face à un pouvoir "négationniste", incarné par la communauté scientifique "officielle" et les industries. Chercheur en santé environnementale, il a travaillé sur les effets des éthers de glycol au sein de l'INRS. Jusqu'à ce que sa hiérarchie annule au dernier moment un colloque qu'il devait tenir sur le sujet et rompe son contrat de travail pour "faute grave". Après 6 ans de procédure, la Cour de Cassation lui a donné gain de cause, reconnaissant "l'indépendance due aux chercheurs."

 

Cette "omerta" que dénonce aujourd'hui une partie de la communauté scientifique, s'explique selon lui par le travail de lobbying de l'industrie et parce que "la croissance économique se nourrit des accidents, de la pollution et des maladies"

 

Espérance de vie, la fin des illusions, par Claude Aubert. Editions Terre Vivante, mars 2006.

 

25/09/2006

Portrait d'un décroissant

Portrait d'un décroissant

 

Voici le portrait d'un décroisseur berrichon brossé par le journaliste Eric Mainville. Merci à lui de s'être intéressé à nous.

 

 

Hercule V. est dans sa salle de bain. Il passe un savon d’Alep sous l’eau pour le faire mousser. Il étale la mousse sur ses joues et se rase. Une fois rasé, il passe dans la cuisine où sa femme et ses deux enfants sont déjà installés. Il est 7 h 30. Un bol de chicorée, des tartines et il attrape sa sacoche. Au revoir à la famille. Direction la gare. Temps clément : la journée commence bien pour ce professeur de mathématique adepte de la décroissance.

 

 

Comment reconnaître un décroissant ? A de petits détails. Remplacer la bombe de mousse à raser par du savon d’Alep, le café par de la chicorée, la voiture par le train. Autant de gestes qui ont pour but de préserver l’environnement.

 

 

 Consommer moins

 

 

La décroissance, c’est aussi et avant tout consommer moins. « Nous n’utilisons la voiture qu’une fois par semaine depuis que nous vivons dans le centre ville de Bourges (Cher). Personnellement, je n’ai pas de téléphone portable. J’achète très peu de choses, à part des livres. »

 

 

Des livres traitant de décroissance, mais pas seulement. Des revues alternatives : La décroissance, CQFD, L’écologiste, Le Monde diplomatique, Silence, Sortir du nucléaire, L’age de faire, Plan B, Offensive libertaire… Il consulte aussi des sites Internet : décroissance.org et décroissance.info.

 

 

C’est en lisant ces revues qu’il a commencé à s’intéresser au sujet, il y a trois ans. Depuis, son mode de vie a changé. « Bien sûr, on est toujours obligés de faire des compromis. On s’adapte en changeant de petites choses. »

 

 

 Consommer local

 

 

S’il choisit la chicorée, c’est qu’elle est produite en France. Elle nécessite de moins longs transports que le café de Colombie ou d’Ethiopie. Pour les légumes aussi, il favorise les producteurs locaux. Moins d’énergie consommée en transport, cela réduit d’autant l’impact sur l’environnement.

 

 

D’autres achats décroissants : le savon de Marseille au lieu de gel douche. En place de lessive, des noix de lavages. Il avait une chaîne hifi. Tombée en panne, il l’a remplacée par un vieux poste de radio.

 

 

 Rencontrer des militants

 

 

Hercule est militant. « Je suis convaincu de la nécessité de la décroissance. Si l’on continue ainsi, notamment avec l’émergence de pays comme la Chine, il n’y aura bientôt plus de ressources pour tous le monde. Je suis très inquiet pour l’avenir de mes enfants. »

 

 

Il était à Saint-Nolff (Morbihan) du 7 au 9 juillet dernier. Ces journées de réflexion ont réuni 400 personnes venues de France et de Belgique. Tous se disent « objecteurs de croissance » ou adeptes de la décroissance. « Grâce à ces rencontres, je me suis aperçu que je n’étais pas le seul à avoir ces idées. »

 

 

Hercule anime un blog depuis octobre 2005 avec des amis. Ensemble, ils s’appellent le groupe de décroisseurs berrichons. Un petit groupe, en fait, dont les membres se comptent sur les doigts d’une main. Mais un groupe actif. Ils communiquent grâce à leur blog et en participant à des manifestations.

 

 

Présidentielle 2007

 

 

Ils seront au Forum des organisations environnementales qui se déroulera à Bourges du 5 au 8 octobre. Ils tiendront un stand. Ils mettront à disposition des tracts et des affiches sur la décroissance et la déplétion (moment à partir duquel la capacité de production de pétrole maximale aura été dépassée).

 

 

En 2007, Hercule ne sait pas pour qui il votera. « Aucun candidat ne représente les idées de la décroissance. Chez les Verts, il y avait Yves Cochet. Il a été battu par Dominique Voynet. Les écologistes ont clairement opté pour le développement durable contre la décroissance. »

 

 

 

Décroissance / développement durable

 

 

La différence entre développement durable et décroissance ? Voici ce qu’en dit le site décroissance.info : « Ces deux notions peuvent paraître proches mais elles sont radicalement opposées... En quelques mots on peut dire que le ’développement durable’ cherche à concilier croissance économique et respect de l’environnement alors que la ’décroissance’ considère que la croissance économique est un des principaux facteurs de la destruction de notre environnement. »  (Voir  le Tableau comparatif entre les deux notions)

 

 

Parler de la décroissance à ses élèves ? Hercule ne l’envisage pas pour l’instant. « En tant que prof de math, ce n’est pas mon rôle. Organiser une animation avec un collègue de science, peut-être, à l’avenir. » Pour lui et sa famille, la décroissance est un engagement personnel. Une façon de préparer l’avenir.

15/09/2006

Albert Jacquard

medium_Jacquart.jpgAlbert Jacquard, visionnaire

Une petite interview d’Albert Jacquard à l’occasion de la sortie de son dernier livre (SOURCE).

Albert Jacquard multiplie les livres dans une urgence quasi messianique. Il dénonce l'impasse dans laquelle le monde actuel se fourvoie et veut convaincre de l'absolue nécessité de changer de cap. Il a souvent raison! Son dernier livre, «Mon utopie» (Stock, 194 pp., env. 16 €), résume bien son propos et trace des pistes d'avenir excitantes: favoriser les vraies rencontres, éliminer la compétition mortifère et le travail, choisir la décroissance. Un livre très clair qui force à réfléchir et à agir.

 

On sent chez vous une urgence... 

 

Mon constat est que pour la première fois, l'homme est face à un changement si radical qu'il ne le voit pas. Nous nous sommes enfoncés à fond dans une impasse. Il faut faire marche arrière. Le règne du capitalisme est une impasse à lui seul, à cause de la finitude des moyens de la planète. Il faut changer de conception, mais les gens sont si déboussolés qu'il faut les aider.

 

Vous parlez d'utopie. Est-ce alors un rêve? 

Non, le mot «utopie» comme le prononçait Thomas More est une réalité possible mais qui n'existe pas encore. Il nous faut la réaliser.

Mais supprimer le travail, c'est rêver? 

Le travail est une invention récente, créée il y a 4000 ans. Il est temps de fermer la parenthèse, de laisser les machines faire le travail et de remplir sa vie avec des tâches comme l'éducation ou la culture et non plus dans la soumission à un ordre très arbitraire.

 

Mais personne ne tire les ficelles de ce monde devenu fou... 

Nous sommes soumis à des règles qui n'existent pas, comme cette célèbre «loi du marché» inventée par les hommes. Il suffit de réfléchir au concept de la «valeur» en économie et de l'opposer aux «valeurs». Il est impossible de mettre nos valeurs humaines dans le système économique de la valeur.

Vous voulez aussi abandonner la compétition? 

La compétition n'engendre que des battus. Il faut lui préférer la coopération. A Luxembourg, il y a un lycée sans compétition, ni cotation, ni examens et cela marche très bien.

Vous prôner la décroissance... 

Il va bien falloir y arriver et ce seront les riches qui devront inévitablement diminuer leur consommation avant que le baril de pétrole n'atteigne 10 000 dollars. La vraie richesse, ce sont nos rencontres. Ce sont par les rencontres qu'on devient soi-même. Vous ne me connaissez pas si vous ne connaissez pas les gens avec qui je suis. Mais la télévision, par exemple, est le contraire de la rencontre. Elle est extrêmement néfaste, ne sert à rien et ne montre en général que des choses sans importance.

Vous voulez réhabiliter la politique. Celle de Sarkozy ou de Royal? 

Celle qui est au service de l'humanité entière et pas d'une Nation, celle qui parlerait d'un système de santé planétaire à mettre en place. Dans ce cadre, la différence entre Sarkozy et Royal est dérisoire. Aucun ne parle des choses essentielles comme la bombe atomique ou la planétarisation des soins de santé. Ils ne parlent que du court terme, sans voir la bifurcation où la société se trouve.