09.01.2008
Que faut-il donc attendre du progrès technologique ?
Source : http://paris.indymedia.org/
Contribution copyleft des Lapins blancs.
Message(s) fragment(s) de pensée critique pour rediffusions autonomes du lien, en vue de faire surgir du temps de cerveau indisponible au totalitarisme mafieux-marchand.
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15.12.2007
La CNIL déclarée « officiellement » dissoute
Paris, 14 décembre 2007
Communiqué de presse
La CNIL occupée depuis ce matin et déclarée « officiellement » dissoute.
Depuis 10 heures ce matin, une soixantaine de personnes venues de toute la France occupe la Commission Nationale Informatiques et Libertés (CNIL) à Paris, 8 rue Vivienne, et annonce sa dissolution.
Depuis sa création en 1978, la CNIL n’a cessé de faciliter et de légitimer l’exploitation numérique de nos vies.
Main dans la main avec les gouvernements et les industriels, elle a concrètement travaillé à ce que l’inacceptable semble acceptable, en réduisant la liberté au contrôle des flux informatiques. Sa mission a consisté à endormir toute critique et toute révolte, en jugeant à notre place et en notre nom de ce qui pouvait porter le nom de liberté.
Loin de « protéger les libertés » comme elle le prétend, la CNIL favorise le développement du contrôle policier des populations via les nouvelles technologies dites « de l’information et de la communication » (TIC) : prolifération des fichiers policiers, vidéosurveillance, biométrie, fichage ADN, puces RFID, passeport biométrique, traçabilité des internautes, etc. « Les Français devront accepter un affaiblissement des libertés individuelles afin de renforcer la sécurité collective» : nous dit la CNIL en 2005.
Nous contestons la fonction prétendument protectrice de la CNIL, simulacre de contrepoids indépendant entre le pouvoir et les citoyens. Cet organe administratif avec ses 17 membres tous grands commis de l’Etat, ne mérite ni moyens ni compétences supplémentaires, mais sa dissolution pure et simple.
Les occupants comptent s’installer quelque temps dans les locaux de feu-le-CNIL afin de concrétiser leurs objectifs :
- le bannissement de la biométrie et des puces RFID,
- l’abolition de la vidéosurveillance sous toutes ses formes,
- le démantèlement des fichiers de police (STIC, FNAEG, JUDEX, etc),
- l’abolition de la carte d’identité
Groupe Oblomoff
Pièces et Main d’Œuvre
Mouvement pour l’Abolition de la Carte d’Identité (MACI)
Halte aux puces !
Coordination contre la biométrie
Souriez, vous êtes filmés !
& compagnie
Le Communiqué
Le tract pour la presse
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04.12.2007
Des bergères et des bergers
Pourquoi nous refusons le marquage électronique des brebis et nous nous débattons dans le monde qui le produit
Au 1er janvier 2008, l’ensemble du cheptel ovin et caprin de la communauté Européenne doit être identifié avec des puces électroniques pour répondre aux exigences industrielles de « sécurité alimentaire » (règlement CE n°21/2004 du conseil du 17/12/2003). Ces mouchards arrivent à une époque où la machine industrielle s’emballe au rythme des crises sanitaires (grippe aviaire, vache folle, fièvre aphteuse…). Le dernier moyen de maintenir l’illusion d’une maîtrise est de considérer les éleveurs comme des risques industriels potentiels. Il faut donc assurer leur flicage.
Dans la marche du progrès, refuser le puçage électronique des brebis peut paraître anodin. Pourtant, cette nouvelle mesure de traçabilité, nous la prenons en pleine figure car nous savons qu’elle nous pousse un peu plus loin dans un monde où l’on commence à se sentir de trop.
L’élevage n’est pas seulement une industrie produisant du lait ou de la viande. La domestication n’est pas seulement la soumission d’un animal, c’est aussi un long compagnonnage commencé à la révolution du néolithique. Ces interdépendances influencent depuis 10 000 ans nos relations aux animaux, aux humains et au monde. Cette longue compagnie a participé à construire nos imaginaires, nos mythes, notre culture. Avec le puçage électronique, toute cette partie de l’histoire de notre humanité est anéantie, détruite, niée.
Comme la plupart des professions, une part de plus en plus importante de nos activités est régie par un ailleurs : normes industrielles, obligation de s’expliquer, permanence de la suspicion à notre égard. Cela suffit ! Pour nous, il ne s’agit pas de se justifier. Nous ne voulons plus cogérer les modalités de notre soumission. Nous ne voulons plus nous « adapter ». Nous ne pouvons regarder nos brebis se transformer en machine, en émetteur-récepteur sans rien dire. Dans un monde où l’humiliation est devenue tellement familière que l’on ne la reconnaît plus, où le contrôle ne choque plus personne et peut même être citoyen ou participatif, nous avons fait comme tout le monde. Nous avons fait profil bas, nous avons ménagé les administrations et entretenu notre asservissement au système des primes agricoles en traînant les pieds face aux « nouveautés ».
Aujourd’hui refuser le puçage électronique, c’est voir son troupeau euthanasié. Malgré tout, si nous prenons publiquement la parole, c’est que nous ne voulons pas plonger dans l’aigreur et le désespoir que génère la résignation ( « de toute façon ça se fera », « les gens ne comprennent rien », « le monde est devenu fou », « on n’arrête pas le progrès »).
La révolution industrielle a réalisé la volonté de tout transformer en machine. Après les outils, il est question aujourd’hui des animaux domestiques avec le marquage électronique. Vient le tour du cheptel humain. Déjà, il est question de bornes biométriques dans les cantines, de fichier ADN, de cartes d’identités biométriques,… Ce puissant processus de mécanisation du monde vivant est en train de détruire tout ce qui fait que l’humain n’est pas seulement une construction biologique usinable à merci.
Nous avons encore quelques espoirs mais ils peuvent disparaître si l’on continue à se taire, à baisser la tête, à laisser échapper ce que l’on a dans les mains. Ici, il s’agit pour nous de conserver quelques chances d’élever des bêtes à peu près dignement, de ne pas collaborer par notre silence à l’automatisation et à la déshumanisation de l’élevage, à la transformation définitive des bêtes en marchandise et à notre enfermement dans un monde invivable pour les brebis et pour nous tous.
Nous, bergers des plaines, des causses et des montagnes, réunis pour notre sauvegarde, appelons toutes et tous à refuser les entraves électroniques. Nos troupeaux ne sont pas des machines et nous n’habitons pas dans des usines. Nous vous invitons à reproduire ce texte, et à en parler autour de vous.
Des bergères et bergers opposés à la mécanisation de la vie
Août 2007
Pour poursuivre, contact :
Groupe nord ouest : bergerouest@no-log.org
Groupe sud-ouest : Bergères et bergers languedociens rue du Port 81500 Lavaur
Groupe sud–est : Léon Nampepusse ancienne école 84400 Sivergues
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26.10.2007
La planète laboratoire
Bug-in, l'un des administrateurs de decroissance.info, a récemment mis en ligne un lien permettant de télécharger un document fort intéressant dénommé La Planète laboratoire. Ce journal, réalisé par le groupe Bureau d’Etude, comporte de nombreux articles très bien documentés. Ainsi, par exemple, l’Observatoire de l’Evolution (p 2-3) porte une analyse des plus pertinentes sur le mouvement de la Décroissance :
« le concept de décroissance qui repose sur un constat assez réaliste de notre situation écologique, paraît ignorer que la croissance n’est pas un choix d’évolution désiré ou organisé par les hommes mais une obligation imposée par les exigences de domination des sociétés les plus influentes dans la colonisation rationnelle du monde vivant. Comment les promoteurs de ce concept peuvent-ils imaginer que la société où ils se trouvent, acceptera un redoutable affaiblissement de sa puissance au moment même où un milliard d’individus expérimentent une croissance hallucinante et de ce fait pourront bientôt (eux ou ceux qui travailleront avec eux) prendre possession des terres des décroissants encore plus facilement que l’Occident colonisa le monde. »
L’article Gouverner la maison monde est également captivant en ce qu’il montre bien comment nous glissons lentement mais sûrement vers une organisation totale de type scientifique. C’est-à-dire comment des problèmes d’ordres moraux sont remplacés par des questions purement techniciennes. Et c’est bien là, selon nous, le plus grand risque qui découle de la prise en charge par la politique de la question écologique.
Bref, outre les deux articles mentionnés, La planète Laboratoire, mérite d’être lu attentivement. En guise d’antipasto voici l’article qui ouvre ce journal :
Pourquoi travaillons-nous à notre obsolescence ?
Depuis la Seconde guerre mondiale, le monde se transforme progressivement en laboratoire à l'échelle 1:1. Au modèle du “monde usine” s'ajoute désormais un modèle de “monde laboratoire”.
Aujourd’hui la géo-ingénierie est en voie de se banaliser, justifiant ainsi, au nom de la lutte contre l'effet de serre et ses conséquences (tempêtes tropicales, sécheresses, etc.), des expériences de modification du climat à très grande échelle et de transformation de la chimie des océans.
Les satellites surveillant et analysant en permanence les variations de l'activité terrestre sont couplés avec les réseaux d'information et des technologies comme les RFID et les micro (ou nano) capteurs, créant ainsi une planète-information, une planète-virtuelle renforçant encore la puissance de gestion et de contrôle voire de transformation du réel à distance.
Ce devenir-monde du laboratoire encourage la manipulation du vivant selon la doctrine du “risque acceptable”. La radicalisation de la compétition et les “ manques à gagner ”dans les investissements planifiés autorisent les tests en “ conditions réelles ” : la recherche pharmaceutique mène des expérimentations sur des populations entières, en Afrique ou ailleurs ; la dissémination des Organismes Génétiquement Modifiés est encouragée par tous les moyens nécessaires… en attendant les Organismes Atomiquement Modifiés ; les technologies sans fil mises sur le marché sans études publiques préalables font de leurs utilisateurs les cobayes d'expériences grandeur nature et en temps réel. Le développement des technologies convergentes (bio-, nano-, cogno-, info-, robot-, sociotech) est le cercle magique dans lequel émerge des espèces biologiques et mécaniques de laboratoire et de nouvelles tables des éléments.
Nombre de ces recherches s'effectuent aujourd'hui dans le secret (*). C'est pourquoi la compréhension du présent lui-même reste déterminée par l'appréhension limitée que nous pouvons avoir d'informations elle-même filtrées ou orchestrées. Comment parler alors du présent ? Comment savoir où nous sommes, ou nous en sommes ?
Les scénarios apocalyptiques prophétisant la fin de notre monde surpeuplé justifient les expérimentations démiurgiques du monde devenu laboratoire. L'organisation rationnelle du monde-laboratoire se retourne alors en une organisation irrationnelle menaçant ceux qui l'ont instauré.
De ceux-là, pourtant, nous ne sommes pas. Nous ne travaillons pas à ce laboratoire ni pour lui. Nous n'en sommes pas non plus les objets. Que faire alors de cette immense machine qui se développe aujourd'hui selon sa dynamique propre, devenue autonome ? Pouvons-nous réorienter le destin et les orientations de ce laboratoire dont aucun d'entre nous, ou si peu, a décidé de l'existence ? Pouvons-nous abandonner ce futur tracé par d'autres ? Autrement dit, pouvons-nous encore faire usage de notre liberté ?
(*) Il existe aujourd'hui plus d'un trillion de documents classifiés concernant la recherche scientifique aux Etats-Unis (voir Herbert Foerstel, Secret science : Federal control of American Science and Technology, Praeger, 1993). À ces archives secrètes issues des sciences et techniques développées par tout pays prétendant poursuivre une recherche indépendante, s'ajoutent l'immense quantité de documents protégés par le secret militaire, par le secret administratif et par le secret commercial.
Pour le journal dans son intégralité cliquer-ici.
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28.09.2007
Mythologie du progrès et fuite en avant
Trouvé sur le site http://rebellyon.info/
Publié jeudi 27 septembre 2007
GSM, voiture, ordinateur, électroménager... Nous vivons dans un monde où la technologie est omniprésente. Dès le plus jeune âge, nous apprenons à percevoir le développement des outils comme le fruit du “progrès”. Le mot sonne bien : il évoque le changement, l’efficacité, l’amélioration, la marche en avant. Dès lors, questionner sa réalité, c’est souvent se faire qualifier de rétrograde, voire d’obscurantiste.
Pourtant, lorsque l’on se penche sur cette notion ambiguë, les remises en questions foisonnent. Le progrès est-il réellement, comme on l’entend souvent, au service de l’Homme ? Quelles sont les questions politiques, écologiques et morales que soulève le développement fulgurant des technologies ? Ne met on pas au jour l’absurdité d’une telle notion en relevant de simples paradoxes comme celui-ci : peut-on faire de la foi dans le progrès une idée arrêtée ? Le progrès semble évoluer selon des voies qui tendent à le contredire.
La réflexion sur celui-ci est si vaste que nous ne pouvons l’épuiser en quelques lignes. Essayons tout de même d’explorer quelques pistes. « On n’arrête pas le progrès. » Ce slogan bégayant présente l’histoire de l’humanité comme une évolution incessante, linéaire et objective des conditions nécessaires au bonheur individuel et collectif. Cependant, on est en droit de se poser certaines questions faussement simples : qui est le “on” ? Qu’est ce qu’un progrès ? Historiquement, d’où vient cette croyance ?
Une invention récente
Si les origines de la notion de “progrès” sont antérieures à la fameuse querelle des Anciens et des Modernes, le 18ème siècle a fait de ce concept un véritable porte-drapeau, un fourre-tout. Cette acceptation est le fruit des théories produites par les fondateurs du libéralisme moderne à cette époque. Les théoriciens commencèrent à soutenir que les besoins humains étant insatiables, ils nécessitent une expansion illimitée des forces de production indispensables à leur satisfaction. Le désir infini, jadis condamné comme source de frustration et de désarroi spirituel, commença alors à être envisagé comme un puissant stimulant au développement économique.
L’idéologie du progrès est en outre le produit de la sécularisation de la vision chrétienne de l’histoire, orientant le temps comme une flèche, de la déchéance de l’homme à sa rédemption, en opposition au temps cyclique des Grecs. Du coup, on a regardé la pensée traditionnelle comme un mélange confus d’animisme, de mythes et de superstitions d’une humanité encore dans l’enfance, qu’il fallait amener à l’âge de raison.
L’économie néo-libérale, parallèlement au développement de la science moderne, s’est ainsi targuée d’un savoir faisant autant autorité que la physique, s’arrogeant d’une certaine histoire linéaire, s’autorisant à juger, à tirer des conclusions, bref, à construire une morale. Celle-ci crée un sentiment diffus d’impuissance et de fatalité : on ne doit pas se poser de questions, et accepter de se soumettre.
Un espoir aveugle
La décroissance remet en cause l’impression de continuité que la foi dans le progrès suscite. Du silex au couteau, du tam-tam au téléphone portable, ces descriptions historiques nous présentent la progression d’outils de plus en plus évolués, comme autant d’améliorations pour le genre humain. Ce regroupement systématique des objets autour de l’idée d’une évolution vers un “mieux” est une construction intellectuelle se présentant comme naturelle. Le “toujours mieux” se traduit dans les faits par un “toujours plus”. L’accumulation de choses prend alors le prétexte de l’innovation et l’amélioration. Cette mythologie globale du “progrès”, non seulement légitime, mais amplifie le règne d’une consommation illimitée.
De plus, tout se passe comme si, face à un problème, la réponse spontanée consistait à trouver la solution technique appropriée, non à interroger ses causes réelles. En se concentrant sur le comment, en négligeant le pourquoi, la perspective du progrès agit comme un espoir aveugle. Elle présente comme une certitude le fait que la majeure partie des problèmes sociaux, environnementaux et intimes auxquels nous sommes confrontés trouvera, tôt ou tard, une réponse technique. Des millions d’humains meurent de faim ? Améliorons le rendement des céréales. L’insécurité rôde dans les villes ? Installons des systèmes de vidéosurveillance, équipons la population de cartes d’identité biométriques et augmentons l’effectif policier. Les violences à la télévision choquent les enfants ? Équipons nos téléviseurs de puces électroniques pour crypter les scènes traumatisantes. Les États-Uniens se sont mis à la recherche du gène de l’obésité pour résoudre le problème de manière scientifique.
Déconstruire cette croyance
Les adeptes de la décroissance, à la suite d’une longue tradition, remettent en cause cette foi dans le progrès, autours de trois axes principaux : l’impératif de consommation, l’espoir aveugle de résolution de tout problème, et l’idée d’une continuité historique vers un “mieux”, qui ne précise d’ailleurs pas ce que ce “mieux” signifie pour les populations. Ils soulignent entre autres les effets de la mythologie du progrès par les concepts d’effets rebonds ou de cercle vicieux : chaque technique, en résolvant des problèmes, en soulève toujours de nouveaux. Pour combattre ces “effets secondaires”, il faut réaliser de nouveaux progrès techniques qui nécessitent de plus en plus de sophistication. Certains de ces effets sont par ailleurs irréversibles. D’autres ne sont connus que plusieurs années après. Plus le progrès technique croît, plus semble augmenter la somme de ses effets imprévisibles.
La voiture nous offre un exemple éloquent. Son utilisation entraîne dans un premier temps des “attraits” immédiatement visibles : la vitesse, le confort, l’autonomie, le plaisir de conduire, etc. Mais que se passe-t-il lorsqu’on prend en compte toutes les autres conséquences : les accidents, la pollution atmosphérique, les déchets, l’enlaidissement des paysages, le bruit, le mauvais coup porté aux liens sociaux dans des rues devenues invivables, la course au pétrole, le lobbying de firmes puissantes sur les pouvoirs publics pour entraver le développement des transports collectifs, etc.
Aujourd’hui, il nous faut tenter de déconfessionnaliser une philosophie de l’histoire qui n’est autre qu’une théologie déguisée, pour fonder une philosophie de l’histoire laïque, arrachée radicalement à la théologie chrétienne de l’histoire sécularisée dans l’idéologie du progrès.
Nicolas Zurstrassen
17:35 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : décroissance
27.04.2007
géoingénierie
Et pendant ce temps la technoscience continue son inexorable avancée ! On savait bien que depuis longtemps la planète Terre n’était plus considérée par nos chers scientifiques que comme un lieu d’expérimentations, c’est-à-dire un terrain de jeu, dans lequel tout est permis : faire sauter des bombes nucléaires, disséminer volontairement des OGM, perturber de la ionosphère avec Haarp, etc.
Ce qui est nouveau et inquiétant c’est aujourd’hui la volonté affichée de certains Etats de résoudre les problèmes écologiques globaux à l’aide de la géoingénierie (voire l’article du Guardian), entendez par là « l'ingénierie environnementale à l'échelle de la planète, particulièrement l'ingénierie visant à contrebalancer les effets annexes non désirés des autres activités humaines. » selon une définition disponible dans la revue Nature.
Ainsi, plutôt que de résoudre les problèmes à la source (réduction des émissions de gaz à effet de serre, décroissance de l’empreinte écologique, etc.), ce qui se dessine c’est la fuite en avant technologique ! C’est-à-dire la « résolution » par la technologie des problèmes qu’elle a elle-même engendrée. Le risque est ainsi grand de voir notre survie dépendre entièrement de la technoscience sans possibilité de faire machine arrière !
L’article suivant, rédigé par un membre du Groupe ETC, reprend les grands points développés plus amplement dans la publication Gambling with Gaia et donne un aperçu de la situation actuelle.
Bonne lecture.
Manipulation du climat, par Silvia Ribeiro*
Tandis que les conséquences des changements climatiques planétaire sont de plus en plus visibles et frappent chaque fois plus dur les plus pauvres, les principaux responsables, les entreprises et les gouvernements, loin d'aller directement à l'éradication des causes, proposent des arrangement technologiques. Éradiquer les causes du problème pourraient influencer négativement sur leurs profits ou sur les votes lors des élections. Les arrangements technologiques ont l'avantage de créer de nouvelles sources d'affaire pour les même qui un jour avaient provoqué et bénéficié des dégâts.
Même si la plupart des initiatives telles que le développement de l'énergie nucléaire et la production massive de biocarburants entraînent des effets pervers, de loin, la tendance la plus dangereuse et la plus extrême est le génie géographique: la manipulation intentionnelle du climat et de l'environnement planétaire.
Il existe des initiatives gouvernementales et privées allant dès la fertilisation des océans avec des nanoparticules de fer (afin de baisser la température de la mer et dévier les ouragans) jusqu'à lancer des nanoparticules faites de sulfate vers le ciel afin de créer une couche et intercepter les rayons du soleil. Toutes ces initiatives ont en commun la possibilité de provoquer des catastrophes, des déséquilibres et contamination inédites.
Le nouveau rapport du Panel Intergouvernemental sur le Changement Climatique, publié en février 2007, nous met en garde. Ce siècle nous subirons des événements climatiques plus extrêmes y plus fréquents que ceux que nous avons déjà vus. Nous aurons des tempêtes tropicales, des ouragans plus forts, des inondations, de plus en plus grandes, des vagues de chaleur et sécheresse plus intenses et plus longues. Nous verrons avancer la désertification et L'augmentation du niveau de la mer de 28 à 43 centimètres jusqu'en 2100. Le panel réaffirma que le changement a été induit par les activités humaines, principalement par les émissions de gaz à effet de serre. Les émissions les plus polluantes sont celles dégagées par les automobiles et les industries dont la plupart se trouvent dans les pays du Nord global. Le procès accéléré d'industrialisation de la Chine contribue également et significativement aux changements. Le Mexique occupe la 14ème place dans la liste globale, mais loin derrière le principal pollueur; les États Unis.
Malgré les faits, le gouvernement des États Unis, appuyé par des scientifiques mercenaires se sont consacrés à nier les changements climatiques afin d'éviter tout changement à leur style de production et de consommation. George W. Bush avait commencé sa gestion annonçant qu'il ne prétendait pas respecter les objectifs du Protocole de Kyoto, organisme des Nations Unies s'occupant du thème environnementale, car en tenir compte affectait négativement les intérêts de l'industrie nationale. Cependant, lors d'une entrevue accordée au New York Times, Bush déclara:" Laissons tomber le débat sur l'origine des gaz à effet de serre et concentrons nous uniquement sur les technologies pouvant résoudre ce problème" (25/05/2006)
Les technologies desquelles il parle sont entre autres, la géoingénierie, qui cherche à manipuler le climat afin d'éviter, par exemple, la formation d'ouragans comme Katrine, ou du moins, tenter que ce type d'ouragans touchent leurs côtes même si en revanche ils touchent les côtes des voisins.
La manipulation intentionnelle du climat possède une longue histoire, surtout avec des fins belligérantes. La CIA réalisa des expériences afin de provoquer des pluies intenses et prolongées durant les guerres du Vietnam et du Cambodge afin de détruire des chemins et des récoltes. Cette expérience et autres expériences similaires avaient motivé la création au sein des Nations Unies de la "Convention sur l'interdiction à l'utilisation de techniques de modification environnemental à des fins militaires ou d'autres buts hostiles" (ENMOD). Cependant, les États Unis ont continué à développer ce type de projet.
Dans un rapport de la Force Aérienne des États Unis en 1996 intitulé "Le climat comme force multiplicatrice: possédant le climat en 2025", l'armée étasunienne conclue que le contrôle du climat "fourni la possibilité de dominer le champ de bataille allant jusqu'un dégrée jamais imaginé", le contrôle du climat rend possible la désarticulation des opérations ennemies provoquant des orages, des sécheresses et des pénuries d'eau douce.
Selon l'organisation Mondiale de Météorologie, 26 gouvernements menaient des expériences d'altération du climat dans l'an 2000. Dans l'année 2003-2004, 16 gouvernements ont avoué se donner à ce type d'activités. Mais il existe bien plus de gouvernements impliqués dans ce type d'action. Les objectifs belligérants de la part des gouvernements ne sont jamais écartés, même si les gouvernements eux-mêmes déclarent d'autre de buts à leurs recherches que la guerre. La Chine par exemple, a promis au Comité Olympique International, que pendant la durée des jeux olympiques à Beijing 2008, il n'y aurait que des journées ensoleillées même si pour y arriver il fallait altérer le climat.
La possibilité de légitimer les mécanismes de contrôle climatique à travers la justification de pallier aux changements planétaires est peut être ce qu'il a de plus inquiétant dans cette situation. Par exemple, récemment, quelques expériences ont été entreprises. Le but des expériences était de fertiliser l'océan avec des particules de fer et augmenter ainsi le plancton de la superficie marine. Lors de cette expérience, il faut souligner l'active participation du Mexique avec le Centre de Recherche Scientifique et d'Éducation Supérieure d'Ensenada, (CICESE)
Ainsi, le fer devrait absorber le dioxyde de carbone (CO2), ce qui théoriquement devrait faire descendre la température de la mer. De cette façon, on pourrait éviter ou adoucir la formation d'ouragans. Même si l'on n'a pas encore des preuves de sur cette technique et l'on sait que l'absorption du CO2 n'est pas permanente, il existe des entreprises qui ont commencé la commercialisation ce cette activité en offrant des "crédits de carbone". Quelques publications sont apparues dans "Science" alertant la population sur la prolifération de ce type d'activités puisqu'elles pourraient avoir un fort impact sur les écosystèmes marins et tout ce qui en dépend. À ce stade, au lieu de faire face aux causes réelles du désastre climatique, la géoingénierie nous mettrait face à de nouvelles catastrophes.
*Chercheuse du Groupe ETC.
Toutes les informations de cet article, (publié au journal mexicain La Jornada le 03 février) sont tirées du rapport du Groupe ETC Gambling with Gaia, disponible dans le www.etcgroup.org
Foto: Indymedia Global
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22.03.2007
Inauguration de l’expo Nano à la Cité des Sciences
Inauguration de l’expo Nano à la Cité des Sciences : le groupe Oblomoff gâche (encore) la fête
A l’occasion de l’inauguration de l’exposition « Nanotechnologies » à la Cité des Sciences et de l’Industrie, chercheurs, industriels et acteurs politiques se sont réunis lundi 19 et mardi 20 mars pour « débattre » des enjeux et des risques des nanotechnologies. La tribune rectangulaire faisant office de « table ronde » se composait presque entièrement d’apologistes de cette nouvelle vague industrielle imposée et de professionnels de l’acception sociale des nouvelles technologies.
Dans le climat d’attente fiévreuse précédant l’arrivée du ministre délégué à l’Industrie, François Loos, les dernières heures de la séance de conclusion furent ubuesques. « Il ne nous reste plus qu’un quart d’heure pour les libertés individuelles » lance le médiateur au micro, tandis que Philippe Lemoine, de la CNIL, concède que l’étiquetage des produits nano n’est concrètement pas faisable, mais que les consommateurs devraient pouvoir télécharger directement des informations sur les produits grâce à leurs téléphones portables (sic !). Commence ensuite la dernière session, fallacieusement intitulée « débat public » : les invités officiels rendent leurs conclusions sur l’état de l’opinion, les 200 spectateurs ne sont pas autorisés à intervenir. Séance d’autocongratulation et de paternalisme : « nous avons été surpris de voir que le public pouvait avoir des opinions éclairées » note Marc Lipinski, vice-président de la région Ile de France. « Il a fallu laisser de côté les propositions trop radicales consistant à se demander s’il ne fallait pas tout arrêter », note Jean Caune, vice-président de l’Agglomération grenobloise, « d’ailleurs, c’est impossible, puisque les recherches scientifiques et industrielles sont déjà plus que lancées. ». Merci de cette confirmation : c’est la raison pour laquelle les opposants avaient boycotté ces débats citoyens, lancés à Paris et à Grenoble depuis 2005 suite à l’occupation du chantier de Minatec, à Grenoble.
Arrivée du ministre, entrée des journalistes et des vigiles. Chacun ajuste sa cravate - plus de temps pour faire intervenir le public, tant pis. François Loos s’avance à la tribune…et un membre du groupe Oblomoff prononce la déclaration suivante :
« Monsieur le nano-ministre, Mesdames, messieurs leurs sous-fifres,
A l’heure où les méfaits engendrés par la croissance économique sont flagrants,
A l’heure où les candidats à la présidentielle rivalisent en génuflexions devant la technoscience, censée pallier un désastre écologique et humain qu’elle n’a jamais cessé d’engendrer,
Après nous avoir fourgué le nucléaire, les pesticides, l’amiante, les ondes électro-magnétiques, les biotechnologies (OGM et consorts),
Après avoir organisé autant de débats pseudo-démocratiques qu’il y a de chercheurs-collabos mobilisables,
Après avoir tout misé sur la poltronnerie et la malhonnêteté des journalistes pour vanter une camelote à laquelle vous n’entendez rien, si ce n’est le cliquetis de la machine à sous,
Après avoir matraqué des manifestants pendant quarante ans, de Malville à Grenoble,
Sachez que nous sommes toujours plus nombreux à refuser la poursuite du Développement économique et de la Recherche, mots d’ordre creux d’un futur sans avenir.
Sachez que ce consensus factice, coûteusement entretenu au prix de nos vies, trahit sans équivoque la débandade pitoyable de technocrates désaffectés.
Sachez que vous ne représentez rien. »
Au même moment, une large banderole est déployée devant la tribune : « Le futur triomphe, mais nous n’avons pas d’avenir ». Huées, insultes ou interrogations. Beau gâchis en tous cas : les petits-fours auront un goût un peu âcre.
(Le tract est disponible sur le site de Bellaciao )
Groupe Oblomoff.
11:30 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : décroissance
30.11.2006
Le fascisme applaudi au Collège de France
Le fascisme applaudi au Collège de France
Voici le compte rendu d’une action menée par une fraction de L’Obscur Groupe Oblomoff. Ce groupe de réflexion auteur d’une « Plateforme critique de la recherche scientifique » (disponible sur notre site à la rubrique documents) met selon nous le doigt sur l’essentiel, à savoir que
« La question n’est pas de rapprocher la science du citoyen, mais de casser la logique de l’expertise, de dénoncer le mensonge de la neutralité de la recherche et d’empêcher la science contemporaine de contribuer, au jour le jour, à détruire la politique, la remplaçant par une affaire technique. »
Compte rendu :
Ce 27 novembre 2006 avait lieu au Collège de France une cérémonie solennelle célébrant Jean-Pierre Changeux, « philosophe » et spécialiste des neurosciences. S’enchaînaient des interventions, des films-souvenir à la gloire de cet acharné du réductionnisme, des OGM et du fichage génétique, aujourd’hui promu professeur émérite. A la pause-café, au milieu de ce gala mondain, et avec l’accord ingénu de l’organisateur, d’ « anciens élèves » de Jean-Pierre Changeux ont pris la parole.
Cet « éloge » acide a fait valoir le projet de Changeux de « psychiatriser la vie » et saluait ensuite la pluridisciplinarité du « Maître », qui « fut tour à tour technocrate, eugéniste, gardien de zoo, quincaillier et flic. » Le « Herr Professor » final, ainsi que le slogan « Science, Croissance, Obéissance » furent salués par des applaudissements enthousiastes, couvrant l’effarement de quelques uns ― à commencer par Jean-Pierre Changeux lui-même.Si nous pouvons, au mieux, déplorer une grégarité dramatique, ces applaudissements viennent surtout témoigner du fascisme intégré de ces docteurs Folamour, à peine voilé par la pseudo-neutralité scientifique.
Brisons la dictature ordinaire des experts, ridiculisons les élites.
Une fraction de L’Obscur Groupe Oblomoff.
Éloge de M. J-P. Changeux
« L’audace du savoir est sans limites, c’est l’un des traits les plus attachants de la recherche scientifique » [1] déclarait Jean-Pierre Changeux au philosophe Paul Ricoeur. Tout au long de son existence, M. Changeux a donné corps à cette formule en procédant au dépeçage systématique de l’esprit humain. L’esprit ! Cet héritage laborieux de la pensée primitive, Changeux l’a combattu avec cette audace sans limites qui caractérise la pensée scientifique : « L’homme n’a dès lors plus rien à faire de ‘l’esprit’, il lui suffit d’être un homme neuronal »[2], disait-il encore à Ricoeur. C’est pour nous, anciens élèves de Changeux et à ce titre, hommes neuronaux, un immense honneur de célébrer ici la pensée de notre maître. Nous tenons à en rappeler, dans cette vénérable enceinte, les aspects les plus marquants.
Pour Jean-Pierre Changeux, la neurobiologie, aidée des progrès de la génétique, s’est très tôt révélée être l’instrument privilégié de l’utopie : celle d’une humanité entièrement régie par les lois de la biologie. Derrière l’histoire, les histoires des hommes, ces fictions et ces mythes qui les déchirent, il y a la vie de l’espèce, universelle et concrète. À la tête du Comité Consultatif National d’Éthique, il a fallu à notre maître un courage ininterrompu pour défendre les valeurs objectives de l’approche réductionniste. Pour libérer les cerveaux des idéologies et du subjectivisme qui les entravent, il lui a fallu combattre sans relâche la diversité culturelle et historique, source de conflits infinis. Comme il le déclarait dans L’homme neuronal, « les représentations culturelles propres à la pensée mythique » sont encore aujourd’hui bien enracinées dans nos sociétés : « fondamentalisme, vandalisme écologiste, médecines douces, homéopathie »… Elles « contredisent le sens commun et les lois de la physique. Elles pourraient mettre en danger l’espèce »[3]. À un Michel Foucault affirmant « Il faut défendre la société », notre maître aurait répliqué avec brio : Il faut défendre le patrimoine génétique.
« Je ne peux pas rester aveugle, sourd et muet devant la réalité dramatique qui accable nos sociétés »[4], affirmait Jean-Pierre Changeux en 1998. Sa position privilégiée sur « l’agora planétaire du débat scientifique »[5] lui a permis de faire entendre une pensée politique résolument progressiste, orientée vers un partenariat fort avec l’industrie de pointe. Notre maître a pris sur lui de militer en faveur des applications technologiques « qui contribuent à combler le fossé qui sépare la communauté scientifique du reste de la société »[6], aux côtés notamment de F. Ewald en faveur des OGM et contre « les nouveaux vandales »[7] En matière d’ingénieurie sociale, reprenant le flambeau de la phrénologie de Gall, il s’est penché tout particulièrement sur la synergie de la biologie moléculaire et de l’informatique pour préconiser la détection « au niveau de la population, des prédispositions génétiques à des maladies, ou, au niveau de l’individu, la constitution du « profil génétique » qui complètera son dossier médical. Peut-on déjà parler de cyberdocteurs au savoir infiniment étendu…. ? »[8]. Substituer, pour mieux gérer la société, la rigueur de l’approche clinique à la versatilité de la vie politique fut le cœur du travail de Jean-Pierre Changeux. Une lutte sans relâche contre l’intrusion de la morale, toujours prompte à refaire surface au sein même du monde scientifique, et plus fondamentalement, contre la parole elle-même, si peu adaptée à la communication directe entre les hommes, « système de codage lourd et encombrant qui véhicule tant bien que mal le ‘langage de la pensée’ »[9]. Agir directement sur les activités mentales, fonder une véritable police cybernétique, faire un sort au problème insoluble de la pluralité humaine, en un mot psychiatriser la vie, tel fut le projet visionnaire de notre maître. À cet égard, la démarche politique de Jean-Pierre Changeux peut être comparée à celle que Pascal avait donnée pour être celle des philosophes : « S’ils ont écrit de politique, c’était comme pour régler un hôpital de fous ». À nouveau, saluons le grand homme qui parvint à donner une légitimité politique et institutionnelle au projet de domination totale du vivant, et qui, dans un esprit d’ouverture et de pluridisciplinarité, fut tour à tour technocrate, eugéniste, gardien de zoo, quincailler et flic.
Herr Professor !
[1] La Nature et la règle, entretien avec P. Ricoeur, Odile Jacob, Paris, 1998, p. 237.
[2] L’Homme neuronal, Fayard, Paris, 1983, p. 228.
[3] Ibid., p. 340.
[4] La Nature et la règle, entretien avec P. Ricoeur, Odile Jacob, Paris, 1998, p. 303.
[5] Sur le caractère totalement libre et dénué d’idéologie du débat scientifique mondial, voir L’Homme de vérité, trad. française, Odile Jacob, Paris, 2002, pp. 396-397.
[6] Ibid., p. 399.
[7] Cité dans L’Homme de vérité, p. 366. Voir aussi entretien avec La Citoyenneté : « Partir en guerre contre les OGM, sans discrimination, est une démarche obscurantiste ».
[8] Ibid., p. 389
[9] L’Homme neuronal, Fayard, Paris, 1983, p. 218.
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09.06.2006
Retour sur MINATEC
RETOUR SUR MINATEC
Le 1er juin s’est déroulée à Grenoble une manifestation contre MINATEC, le centre européen de recherche sur les micro et nanotechnologies. Cet événement était l’espérance pour nous de voir porter dans la sphère médiatique les enjeux et les risques associés à un développement aveugle de la techno-science dont les nanotechnologies sont aujourd’hui la tête de pont.Malheureusement, une semaine après, force est de constater que la mobilisation d’un millier de personne n’a pas été suffisante pour que la presse se mette à évoquer des questions essentielles à la compréhension de notre société comme, la science est-elle neutre ? Quels paradigmes scientifiques pilotent ce types recherches ? La distinction ingénieur/savant (invention/découverte) est-elle toujours de mise ? Qui profitera des ces avancées techniques ? A quel(s) besoin(s) celles-ci sont-elles sensées répondre ?
La peur du « flicage généralisé » mis en avant par les médias n’est que l’arbre qui cache la forêt. C’est bien l’activité même de la recherche scientifique qu’il faut remettre en question. Au-delà des risques sociaux et écologiques probables c’est l’objet d’étude de la recherche qui doit être débattu par l’ensemble de la société. Rappelons que choisir d’affecter des millions d’Euros aux nanotechnologies c’est priver d’autant les énergies renouvelables ! Choisir l’objet d’investigation de la science c’est aussi choisir un type de société. En outre comme le rappel fort justement le rapport d’ETC groupe (voir les textes en français disponibles ici http://www.etcgroup.org/ ) les grands changements technologiques ébranlent les populations marginalisées. Ainsi comment vont réagir les 100 millions de familles engagées dans la production de coton dans le monde à l’arrivé d’un nouvelle fibre synthétique manipulée à l’échelle nanométrique similaire au coton mais en plus résistant ? Même question avec le caoutchouc. Nous avons déjà vu comment l’industrialisation britannique au XIXé siècle à réduit, malgré la révolte des Luddites, les artisans fileurs et tisserands à la faillite puis au salariat.
Mais la spécificité des nanotechnologies et surtout de l’ensemble des « technologies convergentes », (les NBIC : Nanotechnologies, Biotechnologies, technologies de l’Information et sciences cognitives voir ici : http://www.wtec.org/ConvergingTechnologies/ ) est certainement de pousser plus loin que jamais la réduction de la perception de la nature à l’état de simple objet dés lors modifiable à loisir. En traitant la nature comme un simple artefact, nous dit Jean Dupuy, l’homme se donne le pouvoir d’agir sur la nature à un degré qu’aucune techno-science jusqu’ici n’a rêvé d’atteindre (Voir le discours de Jean Pierre Dupuy ). L’artificialisation du monde atteint son apogée. Il s’agit en reconstruisant la nature faire de tomber les dernières barrières catégorielles. Le naturel non vivant, le vivant et l’artefact sont en bonne voie de fusionner (Ibid.). Enfin cette métaphysique alliée aux capacités offertes par les NBIC va jusqu’à permettre d’envisager d’accélérer l’évolution biologique de l’homme comme le souhaite le mouvement international nommé transhumanisme.
Au-delà de la société et de l’écologie, c’est donc de l’évolution l’homme lui-même dont il est question à MINATEC.
Pour finir voici une revue de presse permettant de se faire une idée de l’ambiance qui régnait à Grenoble :
Les « grands » médias : Nouvel observateur , Le figaro , Le monde , la très instructive émission Là bas si j'y suis de Daniel Mermet.
Vu de l’ « intérieur » GRENOBLE INDYMEDIA , Bellaciao
Des photos :
http://rebellyon.info/article2323.html
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15.05.2006
MINATEC
Voici un communiqué du Comité d’Opposition Grenobloise aux Nécrotechnologies. Nous avons reproduit ce texte à partir du site http://ogn.ouvaton.org/. Ce site, très bien documenté, est l’étape obligée pour s’informer sur la mobilisation contre l’inauguration de MINATEC.
Face à la fuite en avant orchestrée par la technoscience sans conscience, les marges de manœuvres deviennent jour après jour de plus en plus étroites. C’est pourquoi, tant qu’il est encore temps, nous devons utiliser la liberté qu’il nous reste pour résister. Refusons cette société de plus en plus artificielle et de moins en moins naturelle ! Disons non à ces nouvelles technologies que nous n’avons pas demandées !
Vive le Comité d’Opposition Grenobloise aux Nécrotechnologies !
Nous manifesterons le 1er juin contre l'inauguration de MINATEC
Le 1er juin 2006, à Grenoble, le Commissariat à l'Énergie Atomique et Jacques Chirac inaugurent MINATEC, le plus grand centre de recherche européen en nanotechnologies.
C'est un pas de plus dans la technification du monde, imposée aux populations, et dont les possibilités et les conséquences deviennent de plus en plus folles.
C'est aussi un pas de trop. Les nanotechnologies ne sont pas seulement de nouvelles sciences ; il s'agit, par les convergences technologiques (informatique, biotechnologies, sciences cognitives), d'aboutir à une maîtrise totale de la matière, des atomes jusqu'aux populations. MINATEC servira à fabriquer les nouvelles armes du futur (robots de combat, missiles intelligents...), les nouveaux outils de contrôle social (micro-puces, vidéo-surveillance intelligente...), des nano-particules toxiques, des OAM pour l'agriculture (Organismes Atomiquement Modifiés) etc.
À Grenoble un comité d'Opposition Grenobloise aux Nécrotechnologies s'est constitué pour organiser une campagne nationale contre les nanotechnologies et l'inauguration de Minatec. Jusqu'au 1er juin, nous organisons une cinquantaine de rencontres lors desquelles deux films sont projetés : « Le Silence des Nanos » (Julien Colin, 2006) et « Alerte à Babylone » (Jean Druon, 2005). Nous appelons toutes et tous à se rassembler dès le 30 mai pour des ateliers de réflexion thématiques et des débats sur les nanotechnologies et les raisons de s'y opposer. Une grande réunion publique se tiendra le 31 mai au soir, avec la participation d'invités internationaux. Nous manifesterons le 1er Juin à 12h, place Félix Poulat.
Comité d'Opposition Grenobloise aux Nécrotechnologies
ogn (at) ouvaton (point) org
http://ogn.ouvaton.org/
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