06.02.2007

Grippe aviaire : le retour ?

medium_grippe-aviaire.jpgAlors que l’on compte désormais au moins 165 personnes mortes du virus H5N1 dans le monde depuis l’année dernière et que le risque d’une pandémie mondiale est bien réel, nos experts continuent, contre toute évidence, d’incriminer les oiseaux sauvages au lieu du vrai coupable qu’est l’industrie avicole.

Il vrai qu’il est bien plus facile de blâmer les oiseaux sauvages, puisque personne n'en est responsable, que de faire le procès de l’élevage industriel. Le fait que le dernier cas de grippe aviaire recensé provienne d’un élevage démesuré de 159000 dindes à Holton ne fait même pas sourciller les spécialistes. D’ailleurs, même l’absence du coupable officiel, c’est-à-dire les oiseaux migrateurs, à proximité de la zone touchée, ne fait douter ces mêmes spécialistes. Pas d’oiseaux migrateurs ! C’est donc les mouettes ! Le lien possible entre l'élevage anglais et l'une de ses filiales hongroises (lieu du précédent cas  en Europe) étant quant à lui jugé improbable … voir ici

Pourtant, de nombreuses ONG ont déjà souligné le rôle clef de l’élevage industriel tant dans l’apparition du H5N1 (la promiscuité de milliers de volailles favorise la mutation des agents pathogènes) que dans sa transmission. Comme le remarque le Dr R. Thomas de Birdlife : « Le tracé des cas de contamination suit les itinéraires des routes principales et des voies de chemin de fer, pas les voies aériennes. ». Les oiseaux migrateurs ne sont que des victimes. C’est le commerce international de la volaille qui est le principal responsable de la propagation de la grippe aviaire.

D’ailleurs tout se tapage médiatique vise uniquement à rassurer le consommateur. Il ne faudrait pas en effet que la peur fasse faiblir la consommation de volaille et par la même diminuer la sacro-sainte croissance économique. Mieux ! Certains experts pensent même pouvoir profiter de cette occasion pour doper la croissance ! Comme le rapporte le dossier très complet  de l’association GRAIN, la FAO et l’OIE note qu’ « il y a là des opportunités considérables pour la croissance économique, en particulier dans les zones rurales, à tirer de ce processus, communément appelé ‘Révolution de l’élevage’ » Faire perdre à un million de petits producteurs la source de leur revenu, en organisant la suppression totale des élevages de basse-cour en Asie, tout cela n’est rien en regard des bienfaits qu’apportera (bientôt) la déesse Croissance. Tout juste une piètre offrande.

 

L’élevage familial serait pourtant la meilleure solution pour se prémunir de la grippe aviaire. Comme le mentionne le rapport de GRAIN « La grippe aviaire n'évolue pas vers des formes fortement pathogènes dans des élevages de volaille de basse-cour, où la faible densité et la diversité génétique maintiennent la charge virale à des niveaux bas » et plus loin « Quand des fermes sont séparées de la source de la grippe aviaire fortement pathogène, le virus semble s'éteindre ou évoluer vers une forme moins pathogène. »   

C’est donc bien, en définitive, la sortie de la société industrielle c’est-à-dire l’avènement d’une société de décroissance qui nous permettra d’éviter la pandémie…

18.12.2006

Standard DECT

medium_DECT.jpgTéléphone sans fil standard DECT

 

N’utilisant ni téléphone portable, ni micro-onde, ni Wi-Fi, ni autres saloperies de ce genre, je pensais, sans doute naïvement, être à l’abri des méfaits des ondes électromagnétiques. Que nenni ! En parcourant dimanche dernier le dernier numéro de S!LENCE je viens d’y faire une terrible découverte : le boîtier de mon propre téléphone fixe « émet des ondes proches de celles des antennes-relais » et « cela marche 24h sur 24 » !!! Argggggg

 

Kesako ? Et bien en fait mon téléphone utilise le dernier standard en vigueur autrement nommé DECT (Digital Enhanced Cordless Telephone). Sur le site de la revue Imagine dont il était question dans la brève on peut lire :

« Un téléphone sans fil DECT trône dans votre living ? Félicitations : vous êtes l’heureux propriétaire d’une mini-antenne GSM qui émet 24 heures sur 24 des ondes pulsées de 1900 MHz à puissance maximale. On ne vous l’avait pas dit ? »

C’est dur à avaler surtout le dimanche matin ! Mais bon la colère étant passée, je me suis dit que finalement c’est peut-être un mal pour un bien, car en supprimant cet objet de malheur c’est un nouveau pas sur la voie de la simplicité volontaire que je viens de faire.

En tout cas je vous invite à propager l’information, éventuellement grâce au tract suivant ou bien en incitant à consulter la page http://www.retrouversonnord.be/dect.htm .

Pour la Décroissance des ondes électromagnétiques !!

                             Mozi

28.06.2006

Une semaine d'actualité médicale

medium_Antibiotiques.jpgUNE SEMAINE D’ACTUALITE MEDICALE PASSEE AU CRIBLE

 

Lundi : Sur une chaîne publique de radio, on peut entendre aux actualités de 13H, que le nombre de cancer de la peau de type mélanome (le plus agressif et le plus mortel) augmente. D’après le discours du journaliste (quand est-il de sa propre opinion), ceci serait dû aux comportements de nos contemporains (c’est-à-dire nous) : trop d’expositions, pas assez de protection individuelle (crèmes solaires à base de produit chimique pour 99% d’entre eux), bref, culpabilité individuelle. Pourtant, la physiopathologie de ce cancer pourrait avoir d’autres explications : l’augmentation des gaz à effet de serre conjuguée à la diminution de la couche d’ozone permettent aux rayonnements solaires impliqués dans ce cancer d’être en 2006 bien plus nombreux qu’il y a 10 ans, sans comparaison par rapport à leur intensité il y a 100 ans. En cause, l’industrie (de l’automobile et de la chimie, en particulier). Alors ? Quel intérêt dans ce décalage ? Outre le fait que les propos du présentateur d’actualité (1) d’Inter élude les vraies raisons et évite des remises en cause sociale fondamentale, ils permettent de réactualiser la mode de la peau blanche comme le lait, pain béni pour les populistes xénophobes en campagne (électorale). CQFD ?

Le lendemain, même radio, on nous apprend qu’on a trouvé aux USA un vaccin contre le cancer ! L’info, en fait, ne date pas d’hier et a été déclinée dans plusieurs médias. En fait, il s’agit d’une publicité déguisée pour un laboratoire pharmaceutique qui vient de voir autorisé aux USA la commercialisation d’un vaccin contre le papillomavirus. Le dit virus, très répandu, transmis par voie sexuelle, est asymptomatique chez l’homme et peut, chez les femmes infectées, donner des espèces de verrues pouvant dégénérer en cancer du col de l’utérus. Un cancer responsable de la mort d’un millier femmes en France par an environ, très facilement évitable par le simple suivi gynécologique (la pratique désagréable mais utile du frottis annuel). Bref, l’utilité du vaccin est peu probante, dans notre pays notamment. Pourtant, selon les propos du présentateur, il serait très utile et devrait être rapidement commercialisé en Europe. Son efficacité est prouvée scientifiquement, à condition de vacciner des femmes n’ayant pas encore contracté le virus. Etant donné la fréquence de l’infection, il faut vacciner les jeunes filles avant qu’elles ne débutent leur activité sexuelle. Les recommandations « scientifiques du laboratoire » préconisent la vaccination vers 9/10 ans. De fait, on multiplie ainsi les vaccins à loisirs. Or, quand on injecte un vaccin, non seulement on manipule notre immunité mais aussi on injecte moult autres produits. Parmi eux, des antibiotiques mais aussi des sels. Et notamment des sels d’aluminium. Or le corps humain ne peut éliminer l’aluminium. Celui-ci n’est par ailleurs pas anodin (responsable de dégénérescence fibreuse des cellules douées d’activité électrique comme les neurones ou les cellules musculaires). A terme, on augmente les risques de myosites (provoquant des paralysies) ou de maladies dégénératives type Alzheimer. Certes, ces maladies ne vont que très rarement se développer après l’injection. Plutôt 20 ou 60 ans après… Alors, mise à part pour enrichir un laboratoire un peu plus, quel est l’intérêt de ce nouveau vaccin. Permettre à des petites filles de ne pas avoir à faire attention à leur corps lors de les joutes sexuelles et plus tard ? Faire passer à la trappe des années d’information préventive et augmenter ainsi d’autres risques ? A moins que l’intimité entre cellules immunitaires et nerveuses ne justifie la manipulation sans cesse croissante des premières ?

Je ne souhaite pas entretenir une paranoïa anti-vaccinale avec mes propos : Le principe de vaccination est un véritable progrès médical. Néanmoins les produits utilisés et les méthodes vaccinales ne me semblent pas tout à fait répondre aux uniques besoins de prévention que Pasteur, génial inventeur dont le nom sert de caution à un labo, avait trouvés.

Car en effet, à ce jour si un enfant moderne reçoit tous les vaccins préconisés, il reçoit 10 fois plus d’informations vaccinales que ses parents. La dose cumulée de sels d’aluminium est à 10 ans proche de la capacité du corps à stocker ces sels, bien qu’aucune étude scientifique n’ait permis de chiffrer les risques… Bref, on est en droit de se demander ce qui prévaut pour les décisions de santé publique.

Dans le domaine de la téchnoscience médicale comme dans celui des actualités, on n’arrête pas le progrès, mais l’humanité n’en sort pas grandie ni plus forte ni plus intelligente…

Voilà pour l’information médicale grand publique. Pendant ce temps, on ne vous dit pas que les OGM sont bourrés de pesticides, que les nanotechnologies menacent votre santé, que votre voiture vous tue plus facilement que beaucoup de maladies (à l’exception du sida et du paludisme), que la mal bouffe est responsable de beaucoup de maladies, qu’il existe d’autres moyens de se soigner que la chimie, que l’industrie chimique qui fabrique des médicaments détruit l’environnement et ce faisant fabriques de maladies…

@ bientôt pour d’autres notes sur ce site

Dr Liman, chamane diplômé d’une Université Française de médecine, juste pour le titre (parce que ce qu’on m’a enseigné à la Fac, c’est de devenir un pion du système de soins vendu à la cause des labos… ciao)

 

10.05.2006

Grippe Aviaire

Grippe Aviaire
 
Un nouveau rapport de GRAIN  vient de sortir. A nouveau, il montre comment la grippe aviaire est instrumentalisée par les grands Organismes internationaux que sont l’OMS et la FAO pour accélérer l’industrialisation complète de l’agriculture. Les petits paysans qui sont les premières victimes de cette orientation n’ont bien sûr pas voie au chapitre.
 
Ce rapport illustre donc s’il en était besoin la façon dont la société industrielle procède pour diminuer encore et toujours l’autonomie dont chacun dispose. Il est effrayant de regarder s’intensifier chaque jour le risque de voir l’espèce humaine contrainte d’avoir recours au mode de production industrielle pour assurer sa subsistance.
 
 
LES COMMUNAUTES RURALES PAUVRES SONT ANEANTIES PAR LA REPONSE MONDIALE A LA GRIPPE AVIAIRE QUI LEUR EST IMPOSEE.
 
La réponse mondiale imposée d'en haut est en  train d'anéantir les petits agriculteurs et de perpétuer la situation de crise de la grippe aviaire.
 
Un nouveau rapport de GRAIN [1] analyse les politiques à l'origine de cette réponse mondiale et ses conséquences pour les pauvres. Ce rapport, qui s'ajoute à un précédent rapport de GRAIN paru en février 2006 [2], constate que les organismes des Nations Unies qui se trouvent en première ligne  de la réponse internationale à la grippe aviaire, l'OMS et la FAO, mènent des stratégies imposées de manière directive pour éradiquer la grippe aviaire. Et ces stratégies sont en même temps en train de détruire à long terme les bases de solutions soutenant les plus démunis.
 
Le rapport met l'accent sur la manière dont la FAO s'est détournée des élevages avicoles familiaux et montre l'absence de préoccupation de l'OMS pour les conséquences de ses mesures de lutte contre la grippe aviaire sur les petits paysans. L'approche globale de lutte contre la grippe aviaire coordonnée par ces organismes des nations Unies exclut totalement les communautés locales des prises de décision et ne tient pas compte de la dynamique de la maladie dans les contextes locaux. Cette approche est sans nuances, sans compréhension des besoins des populations et, ce qui est pire que tout, sans reconnaissance des compétences et des connaissances que les agriculteurs ont pour gérer ce virus. Les stratégies sont appliquées avec zèle par les gouvernements, dont beaucoup sont négligents sinon hostiles vis à vis des petits agriculteurs et de la biodiversité avicole qu'ils entretiennent, avec des conséquences catastrophiques pour les populations rurales.
 
Le rapport soutient que la solution proposée, une orientation complète vers l'agriculture industrielle, nous ramène tout simplement au point de départ de l'actuelle crise de la grippe aviaire.
 
INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES
 
[1] GRAIN, 2006, "Grippe aviaire: Une réponse mondiale imposée d'en haut", A contre-courant, mai 2006, http://www.grain.org/articles/?id=15
 
[2] GRAIN, 2006,   "Qui est le dindon de la farce? : Le rôle central de l'industrie de la volaille dans la crise de la grippe aviaire", février 2006
 
http://www.grain.org/briefings/?id=195
 
ABREVIATIONS:
OMS: Organisation mondiale de la santé;
FAO : Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (Food and Agriculture Organisation).

17.03.2006

Grippe Aviaire (Suite)

 

Grippe Aviaire


Le communiqué de presse suivant de l'association GRAIN est la version courte de l'article http://www.grain.org/briefings/?id=195


Ce rapport est véritablement édifiant ! Il met en évidence de façon clair ce que nous pressentions : l'interdiction aux petits producteurs d'élever des volailles en plein air n'a pas pour but de lutter contre la Grippe Aviaire, mais vise en fait à développer l'industrie avicole qui est paradoxalement la cause de cette maladie !


Ce rapport vient donc confirmer au moins trois choses :


1) Les mass-médias en ne pointant du doigt que les oiseaux migrateurs sont coupables de désinformation ! Loin de jouer leur rôle de contre-pouvoir, ceux-ci ne font désormais que servir les intérêts financiers des grands groupes économiques.


2) Cet exemple illustre de façon convainquante la façon dont progresse le système technicien si bien décrit par Ellul. On voit en effet comment le besoin de toujours plus de d'organisation et de contrôle (tous deux nécessaires a son développement) a une nouvelle fois conduit le système jusqu'à la mesure la plus radicale : suprimer l'incontrolable ! Ici, l'ensemble des petites exploitations familliales dispersées sur la planète.


3) Une relocalisation s'impose. En effet l'étude de GRAIN montre que d'une part c'est la concentration de volailles qui est à l'origine de l'apparition de la forme pathogène qu'est le H5N1, et que d'autre part ce sont l'ensemble des deplacements et des transports liés à la filière avicole qui sont responsables de la propagation du virus. Une production limitée de vollailes destinées à une consommation locale serait donc le meilleur rempart contre cette maladie. Cela, sans même évoquer les avantages en termes d'émission de Gaz à effet de serre, d'emplois, etc. que cette solution comporte !


Bref, nous ne saurions trop vous conseiller de prendre le temps de lire la version longue de ce rapport.


COMMUNIQUE DE PRESSE

GRAIN le 2 mars 2006


Un rapport de GRAIN établit que l’industrie avicole mondiale est à l’origine de la crise de la grippe aviaire.


Les petits élevages avicoles et les oiseaux sauvages sont injustement rendus responsables de la grippe aviaire qui affecte actuellement plusieurs parties du monde. Un nouveau rapport de GRAIN montre comment l’industrie avicole multinationale est à l’origine du problème et devrait être au centre des actions menées pour maîtriser le virus.


L’expansion de la production avicole industrielle et des réseaux commerciaux ont créé les conditions idéales à l’apparition et à la transmission de virus mortels comme la souche H5N1 de la grippe aviaire. Une fois qu’ils ont pénétré dans les élevages industriels surpeuplés, les virus peuvent rapidement devenir mortels et se développer. L’air vicié par la charge virale est transporté sur des kilomètres à partir des fermes infectées, pendant que les réseaux d’échanges commerciaux intégrés répandent la maladie par les nombreux transports d’oiseaux vivants, de poussins d’un jour, de viande, de plumes, d’œufs à couver, d’œufs, de fumier de volaille et d’alimentation animale.


« Tout le monde se focalise sur les oiseaux migrateurs et les poulets de basse-cour comme étant le problème, » indique Devlin Kuyek de GRAIN. « Mais ils ne sont pas les vecteurs effectifs de la forme fortement pathogène de la grippe aviaire. Le virus les tue, mais il est peu probable que ce soit eux qui le propagent. »


Par exemple, en Malaisie, le taux de mortalité par le H5N1 chez les poulets des villages est seulement de 5%, indiquant que le virus a du mal à se propager dans les petits élevages de poulets. Les manifestations de H5N1 au Laos, qui est entouré par des pays infectés, se sont seulement produites dans quelques fermes industrielles du pays, qui sont fournies par des établissements d'incubation Thai. Les seuls cas de grippe aviaire dans la volaille de basse-cour, qui couvre plus de 90% de la production du Laos, se sont produits à côté des fermes industrielles.

Les gouvernements des pays de l’Union Européenne ont répondu à la découverte des cygnes, des oies et des canards morts infectés avec des mesures sévères obligeant à l’enfermement des volailles. Maintenant, ils sont bien embêtés car la première et seule manifestation significative de contamination de volaille domestique s’est déclarée dans un gros élevage industriel de dindes en France, où les 11 000 volatiles étaient confinés, totalement séparés des oiseaux sauvages.


« Il apparaît de plus en plus évident, comme on l’a vu aux Pays-Bas en 2003, au Japon en 2004, en Egypte en 2006, que la grippe aviaire mortelle se déclare dans les grosses fermes industrielles et qu’ensuite elle se propage, » explique Kuyek.

Le cas de contamination nigérienne qui s’est déclaré au début de l’année a commencé par une seule ferme industrielle, appartenant à un membre du Conseil des Ministres, éloignée des axes principaux de déplacements des oiseaux migrateurs mais elle était connue pour importer des oeufs à couver hors réglementation. En Inde, les autorités locales indiquent que le virus H5N1 est apparu et s’est répandu à partir d'une ferme industrielle appartenant à la plus grande compagnie avicole du pays, les couvoirs Venkateshwara.


La question cruciale est de savoir pourquoi les gouvernements et les agences internationales, comme l'Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ne font rien pour enquêter sur la manière dont les fermes industrielles et leurs sous-produits, tels que l'alimentation animale et le fumier, propagent le virus. Au lieu de cela, ils se servent de la crise comme une occasion d'industrialiser davantage le secteur avicole. Les initiatives se multiplient pour interdire la volaille en plein air, pour évincer les petits producteurs et pour réapprovisionner les fermes avec des poulets génétiquement modifiés. Le réseau de complicités avec une industrie prise dans une série de dénis et de dissimulations semble total.


« Les agriculteurs perdent leurs moyens d’existence, les poulets locaux sont éliminés et quelques experts déclarent que nous sommes à l’aube d’une épidémie humaine qui pourrait tuer des millions de personnes, » conclut Kuyek. « Quand les gouvernements réaliseront-ils que pour protéger la volaille et les personnes contre la grippe aviaire, ils doivent les protéger contre l'industrie avicole mondiale ? »

 

* * * GRAIN est une organisation non gouvernementale internationale (ONG) dont le but est de promouvoir la gestion et l'utilisation durables de la biodiversité agricole fondées sur le contrôle exercé par les populations sur les ressources génétiques et les connaissances locales. Contact: Devlin Kuyek, GRAIN, à Montréal, Tél: +1 514 2737314, Email: devlin (at) grain.org Web:

http://www.grain.org


* * *

1. Le rapport entier, « Qui est le dindon de la farce ? Le rôle central de l’industrie avicole dans la crise de la grippe aviaire », est disponible sur le site :

http://www.grain.org/briefings/?id=195


2. La fiente de poulet et la litière des sols des élevages industriels de volaille sont des ingrédients courants de l’alimentation animale.



03.02.2006

La grippe aviaire

  LA GRIPPE AVIAIRE, C’EST BON POUR LA CROISSANCE

(Sur ce sujet lire aussi note sur grain  )

Peut-être vous demandez vous pourquoi « on » nous parle tant de la grippe aviaire (80 morts au plus quelques milliers) et si peu du SIDA ou du paludisme (plusieurs millions de morts par an chacun) ?

Pourquoi le budget soudainement débloqué par chacun des pays développés pour se protéger d’une hypothétique pandémie de grippe aviaire, pourrait régler en partie les 2 autres pandémies suscitées ?

Pourquoi le cours en bourse du laboratoire ROCHE, qui commercialise le Tamiflu° s’est-il envolé ?

Ce médicament nous est présenté comme l’unique moyen de traiter cette maladie. Qu’en est-il puisque les enfants turcs n’en bénéficient pas plus que les Thaïs qui meurent de cette maladie ?


Notre beau pays en stocke des milliers de tonnes, mais pas de quoi soigner toute la population hexagonale. Qui en bénéficiera, qui en sera exclus ?


Toujours est-il que juste avant le tapage médiatique autour de ce médicament et encore plus depuis, l’action en bourse de Roche grimpait et les actionnaires faisaient des bénéfices sur la mort de quelques centaines et la menace qui pèse peut-être sur l’humanité… Et parmi eux, un actionnaire célèbre, participant au directoire administratif du laboratoire Roche : Dick Cheney, et oui, le bras droit de Georges W… président « du monde libre ».


Alors oui, consommons du bois tropical, non seulement c’est beau dans la salle de bain mais en plus ça fait sortir des virus de leurs réservoirs naturels (et oui, ces virus comme H5N1, ébola, etc. suivent les grumes de bois sur les routes forestières dans le ventre des animaux qui les hébergent et que l’exploitation forestière déloge en pourrissant leur environnement). Du coup, on vend du bois puis on fait peur avec des nouvelles maladies puis on vend des médicaments, des journaux (en papier pas recyclé) qui montre des morts, des journaux qui crient au danger pandémique, on enrichit les actionnaires de Roche… Bref, le poisson (avec 2S, comme la waffen) de la croissance se mord la queue. A moins que le poison (avec 1S) de la croissance ne donne la fièvre de la grippe aviaire à l’humanité, je pense que la paranoïa ambiante ne profite qu’à une poignée (toujours les mêmes, hein, Dick) et permet d’oublier un peu plus une grande majorité.


A bientôt, car au printemps, les oiseaux migrateurs reviennent… Alors n’oubliez pas d’acheter vos actions Roche avant le 21 mars, après, il sera peut-être trop tard.


« HB », le docteur qui ne craint ni les bombes, ni les microbes

12.12.2005

Les alicaments

Les alicaments

 

Dans la série "on s’occupe de votre santé", je vous présente l’épisode qui prend de l’ampleur économique : les alicaments. Si, pour votre malheur, vous êtes branché sur la télé, on vous en fait la réclame plusieurs fois par page publicitaire, et même aux "informations". Kézako ? Il s’agit de ces produits alimentaires qui améliorent votre transit ou votre taux de cholestérol. Non content de vous vendre de la mal bouffe indigeste (troubles du transit varié) et pourvoyeuse d’hyperlipidémie (cholestérol et/ou triglycérides), les agroindustriels vous proposent aujourd’hui toute une gamme de produits pour améliorer ces troubles.

 

Par souci de préservation de votre intégrité inconsciente, cet article s’évertuera à ne point nommer de marque, mais essaiera d’être assez explicite pour que vous ne soyez plus dupes.

 

Je tiens d’abord à faire un petit rappel :

 

Nous sommes ce que nous mangeons.

 

Sachant cela, il devient primordial d’être vigilant sur notre alimentation, qui, équilibrée et de qualité, nous préserve des maladies et nous procure bonne santé et vitalité. Hippocrate, sur la tête de qui l’ensemble de mes confrères hexagonaux prêtent serment au sortir de leurs études (le pauvre aurait de quoi se retourner dans sa tombe toutes les 2 ou 3 secondes), le disait en son temps : QUE TON ALIMENT SOIT TON MEDICAMENT. Dans l’idée de ce sage, il s’agissait, bien entendu, d’avertir sur le fait que l’alimentation prévient, mais aussi guérit la plupart des maladies.

Un beau principe de plus perverti par la techno science, via la branche agroalimentaire.

 

Que sont les alicaments ?

 

Plusieurs sortes apparaissent régulièrement :

 

Les premiers furent des produits conçus pour compenser les troubles du transit : notre mode de vie sédentaire, conjugué à des régimes riches en sucres (glucides en tout genre) et pauvres en fibres fabriquent des millions de constipé(E)s, rien que dans notre pays [1]. Ces aliments, des préparations à base de céréales, riches en fibre d’après la réclame, permettent en fait d’améliorer la situation à la seule condition d’en ingurgiter des quantité importante (supérieure à celle recommandée sur les boites) et ce quotidiennement. Ils ne règlent pas le problème, mais atténuent les effets pervers engendrés par les déséquilibres précédemment cités. Par ailleurs, ils entraînent une diminution de la variété alimentaire, source de carences potentielles, surtout si on prend le temps de connaître la qualité des céréales entrant dans la composition de ces préparations [2].

 

Le second type d’alicament sont des yaourts, dont le plus célèbre voudrait faire croire qu’il est issu de la filière agrobiologique (son nom est sensé changer sous peu à la demande d’associations d’usagers qui n’ont pas vu le résultat du combat qu’ils ont pourtant gagné…). Ces yaourts sont préparés avec des souches de bactéries (comme tous les yaourts), mais la différence tient dans le fait que les dites bactéries sont issues de sélection faite par des industriels peu scrupuleux sur le respect du génome de ces dernières. Petite précision, la flore bactérienne qui tapisse notre tube digestif est NOTRE milieu intérieur, notre mer intérieure. Laisserez-vous encore longtemps l’industrie décider de sa composition, alors qu’à priori, la nature vous a doté du milieu qui vous convient ?

 

Le temps du changement ?

 

Jusque-là, la notion d’alicaments n’était pas de rigueur, car aucune étude ne permettait d’en faire la promotion au titre de la santé, mais plutôt du confort digestif…Tout changea quand apparurent les préparations laitières et margarines agissant sur votre taux de cholestérol. Ce dernier est bien souvent normalisé par un régime adéquat, limitant les apports animaux, favorisant le végétarisme, notamment.

 

Et quand je dis que tout a changé, je vais maintenant en faire la démonstration :

Ces produits ont en effet prouvé " scientifiquement " leur efficacité : ils ont été testés sur la base de critères médicaux. La réclame ne se prive pas d’en faire un argument. Du coup, les stratégies de communications ont été adaptées : dans les pubs certes, mais aussi en faisant pour ces produits des actions marketings auprès des professionnels de santé : votre serviteur, comme beaucoup de ses consœurs (et confrères) fut démarché par un visiteur médical (un de ces commerciaux des laboratoires pharmaceutiques) afin de proposer un de ces produits laitiers pour les patients ayant du cholestérol… Et cette stratégie marche si bien qu’aujourd’hui, des mutuelles (assurances santé complémentaires que vous payez) proposent de rembourser les alicaments !!! Bref, non content de payer votre facture au supermarché, vous la paierez une deuxième fois au travers des cotisations de complémentaire santé. Pendant ce temps, vous continuerez à payer sans remboursement l’ostéopathe qui pourtant soulage votre mal de dos… Et vous hésiterez à mettre une couronne en matériaux neutre, préférant un alliage métal pour remplacer une dent défectueuse [3].

 

Une nouveauté ?

 

Pourtant, avec ces alicaments, la techno science au service de l’agro-industrie n’a rien inventé : une fois de plus, le régime est la base d’une bonne santé, ceci est d’autant plus vrai pour des perturbations métaboliques comme les dyslipidémies. Or, on connaît les régimes protégeant les artères et le cœur, principaux organes touchés par ces déséquilibres : le régime crétois (poissons huile d’olive), les régimes végétariens asiatiques, notamment ceux riches en soja [4].

 

Que dire de plus ? Et bien bon appétit, informez vous, consommez moins et plus réfléchi. Quand on vous dit que la décroissance, c’est bon pour la santé ! Mais nous y reviendrons. Pour les bonnes résolutions 2006, je vous concocte un programme santé décroissance gratis pour retrouver la forme de vos 20 ans.

@+

Dr H Ballatin, pédales powered

 

Notes:

[1] : Et comme notre esprit et notre corps sont intimement liés, ceci explique peut-être l’état d’esprit frileux qui règne dans la populace.

[2] : Il s’agit de céréales issues de l’agriculture intensive, arrosées de pesticides en tout genre, qui sont retrouvés sous forme de traces tolérables, selon les normes, dans l’alimentation.

[3] : Ce faisant, votre bouche deviendra une pile, certes à très faible voltage mais suffisant pour perturber votre capital santé

[4] : A ce propos, le soja non fermenté est dangereux pour la santé car il apporte des isoflavones qui sont des œstrogènes végétaux et donc perturbent notre système hormonal, favorisant stérilité, cancers, troubles psychiques, troubles métaboliques…

05.12.2005

Les antibiotiques

LES ANTIBIOTIQUES

Aujourd'hui, le mot antibiotique est devenu courrant voire banal. Pourtant la banalisation de l'usage de ces substances fait encourir de grands risques à l'humanité. La Décroissance se voulant critique quant à l'utilisation aveugle des progrès techniques, il convient de réfléchir sur l'usage que nous faisons de ces molécules.

Commençons par une petite analyse étymologique. Le mot ANTI BIOTIQUE est formé de deux mots grecs : Anti : qui s’oppose, qui est en face, qui protège de ; et de Biôtikos : de la vie. Ainsi, sur le principe, les antibiotiques s’opposent à la vie. Mais, comme nous ne sommes pas des gens de principes bornés et absolus, nous passerons donc outre ces considérations (qui pourtant ne me semblent pas seulement symboliques).

Bien que l'on puisse admettre une certaine toxicité pour toute cellule vivante (il suffit pour s’en convaincre de lire les effets indésirables et les contre-indications inscrites sur les notices de ces médicaments, nos antibiotiques), ces chères [1] molécules produites par l’industrie pétrochimique, n’ont pas cette capacité à s’opposer à la vie en général, mais seulement à celles des microbes du genre bactérien (et parfois, par action croisée, du genre mycélien).

Historique 1.

Historiquement, les premiers antibiotiques sont naturels. Certains champignons, par exemple, produisent de la pénicilline afin d’éliminer de leur environnement des bactéries qui viendraient les concurrencer dans leur développement. Lorsque l’homme s’aperçoit de cette capacité, il la détourne pour soigner les infections bactériennes. Cette pratique permet alors d'éviter nombre de morts tragiques, secondaires à l’invasion du corps ou d’une partie de celui-ci par une souche bactérienne virulente à la faveur d'un traumatisme. On le voit, sur le principe, l’idée était d'autant plus belle qu'elle était très efficace.

Hélas, comme toute science sans conscience, la médecine, au travers du mésusage de cet outil, va à la fois le rendre moins opérant, mais aussi plus coûteux et plus dangereux.

En effet, la nature faisant bien les choses, celle-ci, afin de maintenir un équilibre, a doté certaines bactéries de la capacité à développer des résistances aux antibiotiques. Malheureusement l'emploi outrageux d'antibiotiques devant des symptômes susceptibles d’être liés à une infection bactérienne, sans pour autant que celle-ci soit prouvée, a eu des conséquences désastreuses. En maintenant les bactéries au contact prolongé d’antibiotiques, celles qui le pouvaient sont devenues résistantes, les autres ont été éliminées. Cette diminution de la biodiversité microbienne, en laissant vacant une niche écologique, a favorisé l’apparition de nouvelles maladies (virales notamment). Les problèmes qui en résultent sont écologiques, économiques mais aussi sanitaires, car certaines bactéries, très fréquentes, ont réagi en devenant à la fois résistantes aux antibiotiques mais aussi plus virulentes (donc plus pathogènes). Quand on vous dit que la Nature veille à l’équilibre…

Vous avez dit guerre bactériologique ?

La guerre bactériologique est une guerre déclarée par l’Humanité contre la "Microbité", plus radicalement aux USA d’ailleurs. Bien sûr, aujourd’hui, en France notamment, on veille aux bons usages (limités) de ces médicaments, et devant une fièvre, comme le dit la réclame de la CNAM [2], on ne prescrit plus d’antibio à titre systématique… Oui mais… Les firmes industrielles qui fabriquent ces molécules ont depuis longtemps devancé le manque à gagner.

D'une part parce que les problèmes sanitaires évoqués plus hauts ont poussé la recherche pharmaceutique à élaborer de nouvelles molécules pour vaincre ces bactéries résistantes, ce qui a eu pour effet de rendre sans cesse plus élevés les prix de ces nouveaux produits (puisqu’on vous le dit, la surconsommation d’antibiotiques pose également des problèmes économiques), et d'autre part parce qu’aujourd’hui, des antibiotiques, on en retrouve partout (lire la suite).

J’en vois qui se disent déjà que je dis n’importe quoi puisque j’ai précédemment déclaré qu’on faisait dorénavant attention à l’usage de ces médicaments. Certes, mais ce qui est vrai en médecine humaine, dont la motivation principale est économique (limiter les dépenses de la CNAM en remboursement), n’a pas d’application par ailleurs dans d’autres domaines.

Des antibiotiques partout ?

Aujourd'hui force est de constater que l'utilisation d’antibiotiques est peu contrôlée. L'usage vétérinaire est un bon exemple. En effet mise à part quand leur (sur)utilisation menace directement la productivité des firmes agroalimentaires (comme dans le cas du lait qui sert à faire vos yaourts) aucune restriction n’est réellement appliquée. Vous pouvez ainsi ingurgiter des antibiotiques dans les œufs (car les poules en batterie vivent dans des conditions favorables aux infections et donc sont régulièrement soignées aux antibiotiques, ce qui ne les empêchent pas de pondre), mais aussi dans toute préparation industrielle contenant des œufs (gâteaux, pâtes…). Certes, ce ne sont que des traces, à peine décelables par les techniques de laboratoires, mais qui représentent à la surface de la planète des tonnes d’antibiotiques.

Par ailleurs, quelques molécules d’antibiotiques, n’étant plus efficaces en tant que telles, sont dorénavant utilisées comme "vitamines" dans l’alimentation animale car elles possédaient des effets secondaires sur le métabolisme en augmentant la synthèse des protéines : elles permettent par exemple au veau ou au porc d’avoir une masse musculaire plus importante plus tôt. Mais si votre bifteck ou votre tranche de jambon favorisent la résistance des bactéries aux antibiotiques, ils ne vous soigneront pas votre angine pour autant, encore moins la septicémie, au contraire.

Toujours dans le domaine agro alimentaire, les propriétés bactériostatiques ou bactéricides [3] des antibiotiques ont une utilité directe : la conservation des aliments. C’est ainsi qu’on retrouvera à la surface de tel fromage un antibiotique déguisé en conservateur [4], etc., permettant à la malbouffe de rester plus longtemps en rayon ou de supporter le non-respect de la chaîne du froid…

 

Des armes de destructions massives

Revenons à notre guerre bactériologique, la seule qui existe et celle dont ne parlent pas les médias. Afin de satisfaire le "désir d’hygiène des ménages", on javellise depuis tant d’années que les bactéries commencent à résister à cette agression. Voyant ce phénomène et poussé par la contrainte marketing, les firmes pétrochimiques déclinent le principe antibiotique sous l’appellation "ANTI BACTERIEN". Et aujourd’hui, de votre taie d’oreiller au déodorant d’ambiance, de la lingette entretenant l’illusion de l’hygiène en l’absence de savon et d’eau au savon lui-même, du filtre aspirateur à la lessive, on vous colle mine de rien une arme contre la microbité entre les mains. Même les boutiques macrobiotiques s’y mettent, avec des "antibactériens naturels"…

Et non contents de participer à la destruction de la biodiversité des microbes, avec les risques que cela entraînent pour l’humanité, vous payez pour le faire ! Mais au juste, ils vous ont fait quoi les microbes pour que vous vous en preniez à eux ?

Historique 2

Car c’est vrai, la vie cellulaire est apparue sur Terre sous forme unicellulaire (des microbes donc). Ensuite, depuis quelques milliards d’années, ces microbes ont assimilé des déchets (cadavres, matières organiques en décomposition, gaz toxiques, etc.) afin de boucler le cycle de la vie. Lorsque, à la fin du 19 siècle, Monsieur Pasteur découvre leur responsabilité dans la survenue de maladies, il précise bien que "l’ennemi est en nous" et que leur implication dans la pathogenèse n’est possible qu’à la faveur d’un déséquilibre en nous. Alors, quand, au lieu de permettre aux humains de ne point souffrir des dits déséquilibres, la science part à la chasse aux microbes, elle commet une double erreur et un crime contre la Nature. Mais il n’y a pas de tribunal compétant sur la Terre pour ce type de crime.

Si aujourd’hui l’usage des antibiotiques peut s’entendre pour soigner des infections graves, il serait grand temps de permettre aux humains et aux animaux domestiques de vivre une vie hygiénique, saine, avec une alimentation correcte et des conditions de vies non stressantes pour prévenir la survenue des infections. Au lieu de cela la science maquée à l’industrie pétrochimique entretient le mythe qu’on éradiquera -demain- les microbes (pathogènes ?) de la surface planétaire alors qu’ils y jouent leur rôle à merveille et que notre agressivité pourrait probablement se retourner contre nous.

         Dr H. Ballantin

Notes :

[1] On peut ici entendre ce mot dans toutes ses acceptations : chère, parce que nous les aimons –pour le service rendu- mais aussi pour leur coût –qu’il soit financier ou environnemental, nous y revenons plus loin dans cette note.

[2] CAISSE NATIONALE DE L’ASSURANCE MALADIE – tout un programme-

[3] Limitant ou infléchissant le développement des bactéries

[4] Toutes les infos sur le site

20.11.2005

Au sujet duTéléthon

Au sujet du TELETHON

 

Petite note imprévue, mais il nous paraît logique dans ce concert de bienséance d’apporter notre état d’esprit au cœur de l’actualité. Nous approchons de la grande kermesse audio télé visuelle nazionale : le TELETHON.

 

Je ne décris pas le principe larmoyant jusqu’à la nausée des images qui vont inonder notre inconscient branché sur le poste… Mais il me paraît nécessaire d’apporter des précisions : où va l’argent des donateurs ? Depuis qu’il existe, le télékon a permis de financer un des plus grand programme de recherche génétique au monde.

 

Résultat : la carte du génome humain est faite. Son utilisation pour l’instant n’est aucunement thérapeutique, mais par contre des outils de répression ont été élaborés : aujourd’hui, les traces génétiques laissées par les "criminels" servent de preuves à la justice. Par ailleurs, la recherche génétique a permis l’élaboration de techniques de modification du patrimoine génétique du vivant (petit rappel : vous, la mouche, la fleur de Lys et le maïs partagez 97% d’ADN en commun). Elle a aussi permis de réaliser les premiers clones animaux (et qui sait au fond d’un laboratoire moins éthique, ceux d’embryons humains).

 

Bref, les avancées scientifiques financées par les dons faits aux malades servent l’intérêt de ceux qui menacent la vie dans sa dimension moléculaire et donc dans son essence. Par contre, aucun "vaccin génétique" n'a été mis au point. Et pour cause, si les techniques sont envisageables, nul scientifique n’est assez fou pour se lancer dans ce type de réalisation dont les conséquences sont impossibles à évaluer (car un tel vaccin génétique pourrait échapper à la maîtrise des humains et avoir des répercussions inimaginables menaçant l’ensemble des espèces vivant sur cette planète).

 

Enfin, sur l’ensemble des dons, peu sont affectés aux malades. Les appareils (fauteuils, respirateurs, etc.) et traitements sont toujours aussi chers, rares et donc inaccessibles aux familles démunies de malades pauvres et non télégéniques (Car la manipulation médiatique récompense quelques peu celles et ceux qui étalent plus ou moins volontairement leurs souffrances devant les caméras).

 

En somme, continuez vos dons et demain le monde génétiquement modifié vous élèvera une stèle comme les peuples premiers en élevaient pour remercier notre père le Soleil et notre mère la Terre. Le Téléthon nuit à l’avenir de la planète en favorisant la croissance pour des laboratoires privés (le plus souvent) de recherche qui œuvrent pour des intérêts privés avant toute chose, notamment en favorisant la main mise de l’homo sapiens sur la Nature dont il a oublié qu’il n’était qu’un maillon.

 

Dr H. Ballantin

06.11.2005

Décroissance et santé

 

DECROISSANCE ET SANTE

 

On nous parle souvent d’économies de santé. On en connaît maintenant la chanson : déremboursement de nombreux médicaments, CSG / RDS, forfait hospitalier à la hausse, remboursement partiel des consultations. Pourtant, on constate toujours les mêmes gouffres.

 

1. Les caisses de sécurité sociale

 

 

Petit rappel : les caisses de sécurité sociale sont des entreprises privées qui gèrent l'argent des cotisations permettant, à un certain degré déjà, de bénéficier des "mêmes" soins, quel que soit notre niveau sociale. C'est donc l'argent de tout(e) un(e) chacun(e) qui est géré ainsi, sous le contrôle de l'Etat, des organisations syndicales patronales et salariales.

Observons la situation de près. Le contrôle effectué par les mêmes institutions depuis 60 ans nous mène au constat que les réformes sur la gestion n’ont aboutit qu’à rétrécir nos droits.

 

L’argent, que nous investissons dans notre santé, manque. Bien sûr, il y'a l’amélioration des techniques, la recherche et le vieillissement de la population. Pourtant, si on observe les comptes et les réformes, alors plus rien n’est étonnant.

 

Non seulement, malgré les mesures visant à limiter le recours aux soins, les dépenses augmentent mais l’argent ne rentre pas.

 

2. La "relance" de l'emploi

 

Les mesures de tous les gouvernements pour la relance de l'emploi consistent à permettre une rentabilité meilleure à l'embauche sous forme d'allègement des charges (patronales). Ceci a un double effet. D'une part un bilan nul sur l'emploi, car dès les subventions sur les charges écoulées, ou l'annulation de la précédente par la suivante, les contrats prennent fins. D'autre part de l'argent qui ne rentre plus dans les caisses de la sécu.

Le premier bénéficiaire de ce type de mesure est l’Etat employeur. Cela lui permet en effet de recourir de plus en plus à des contrats précaires (CES, emploi jeune, contrat nouvelle embauche, et souvenez-vous des premiers TUC…). De manière générale, tout le patronat, dans son discours productiviste, en invitant la masse salariale à se résigner au nom de l'emploi, accroît ainsi son aisance, et grève les salariés de leur droit à la santé.

 

En sacrifiant des droits obtenus par nos aïeux, qui pour cela ont affronté la baïonnette, qui sommes nous ? En laissant agir ceux qui gèrent ainsi l’argent que nous épargnons pour notre santé, que faisons-nous ?

 

3. Les taxes

 

S’il ne s’agissait que de cela. Mais où va notre argent ? Les financements des caisses de sécu passent par un certain nombre de taxes, dont celles sur les poisons légaux que sont l’alcool et le tabac. Nous payons donc, au quotidien, sur nombres de nos achats des taxes destinées à nous soigner. Or depuis de nombreuses années, ces sommes ne sont pas reversées par l’Etat. Ce dernier s’insurgeait même de devoir mettre la main à la patte quand la situation l’autorisait (ce qui n’est plus le cas depuis un certain nombre de lois européennes à caractère antisocial).

 

4. Quoi faire ?

 

Au total, si l’argent qui devait rentrer dans les caisses y était, on n’aurait peut-être des difficultés de trésorerie dans la gestion des caisses, mais des réformes pourraient les juguler. Ainsi, si au lieu d’enrichir les grands patrons et actionnaires de l’industrie pétrochimiques (du médicament), nous utilisions une partie de notre argent à améliorer notre qualité de vie ? On pourrait à la place, investir dans des structures d’éducation à la santé, réparer toutes les ratiches (1), mettre des lunettes sur les pifs de tous les yeux qui en ont besoin et améliorer l’aide technique aux handicapé(e)s. On pourrait faire de la médecine préventive, humaniser les couloirs d’hôpitaux ou rembourser les séances chez l’ostéopathe ou le psychologue. Que pourrait-t-on imaginer pour améliorer notre santé ?

 

Il ne faut pas faire des économies de santé. Il est urgent d’entamer la décroissance, c’est bon pour notre santé.

 

Pour vous en convaincre, je vous invite à visiter cette page. Globalement, informez-vous sur la décroissance équitable, une chance pour que notre Mère planète survive aux méfaits du capitalisme.

 

Le bulletin du docteur Hector Ballantin

(Parution du 5/11/5)

  1.  

(1) dents

 

Prochaines parutions prévues  (pour novembre et décembre) :

Les antibiotiques : une ineptie économique et écologique

Le travail et la santé

Les comptes des caisses de sécurité sociale et les fonds de pension américains

L’environnement (cas particulier pétrole et pétrochimie)

Les bénéfices de la décroissance en terme de santé : ce que nous avons à y gagner socialement et individuellement.