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        <title>Groupe de décroisseurs berrichons - presse</title>
        <description>Ce site a pour but de développer et de promouvoir les idées de la décroissance équitable</description>
        <link>http://groupededecroisseursberrichons.hautetfort.com/presse/</link>
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                <title>UNE CRISE SYSTEMIQUE DE L’ECONOMIE ET DE L’ENVIRONNEMENT</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (_____)</author>
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                                                <pubDate>Sun, 30 Nov 2008 12:34:00 +0100</pubDate>
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                     &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: &amp;quot;Comic Sans MS&amp;quot;;&quot;&gt;Voici un texte de Simon Charbonneau qui vient de paraître dans le quotidien &lt;i&gt;Sud-Ouest&lt;/i&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: &amp;quot;Comic Sans MS&amp;quot;;&quot;&gt;UNE CRISE SYSTEMIQUE DE L’ECONOMIE ET DE L’ENVIRONNEMENT&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: &amp;quot;Comic Sans MS&amp;quot;;&quot;&gt;Décidément, les mauvaises nouvelles s’accumulent sur le front de l’économie comme de l’environnement. L’avenir radieux promis par les « trente glorieuses » n’est plus au rendez-vous. A la débâcle des pôles répond dorénavant celle de la finance internationale qui menace l’économie mondiale. Comme si un processus global de décomposition de notre système était en cours. Aucun commentateur n’a jusqu’à présent eu l’idée de faire le lien entre la crise économique et celle qui frappe les grands équilibres écologiques mondiaux, comme si les deux phénomènes étaient indépendants l’un de l’autre. Pourtant, leur concomitance n’est pas le fruit du hasard. La crise financière a été entraînée par un échafaudage mondial, complexe et instable, d’énormes dettes provoquées par une course à l’investissement venant du secteur bancaire, associées à une surconsommation des ménages font appel au crédit facile. Le bon sens, qui n’est pas toujours partagé par les milieux économiques, voulait qu’un jour ou l’autre tout cela s’effondre. La foi dans la durabilité d’une croissance sans limites interdisait toute forme d’alerte et dans l’euphorie ambiante les esprits doutant de la pérennité d’un tel système ne pouvaient donc pas rendre publiques leurs inquiétudes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: &amp;quot;Comic Sans MS&amp;quot;;&quot;&gt;A cette crise s’est greffée celle de l’envolée des prix de l’énergie et des matières premières et des ressources naturelles provoquée par la surconsommation provenant des nouveaux pays industriels. Or cette envolée n’est pas sans lien avec la problématique environnementale puisque c’est la récente prise de conscience collective du caractère limité de ces ressources qui en est à l’origine. Tout le monde sait que les prix s’envolent quand la ressource s’effondre, le cas actuel du cabillaud, jadis poisson du pauvre, le démontre concrètement, en attendant un jour peut être le tour des sardines. De même, le boom immobilier de ces dernières années qui s’explique aussi par la rareté croissante du foncier, a considérablement aggravé le phénomène de l’étalement urbain grand consommateur d’espaces naturels (il en disparaît chaque année 50 000 hectares !). Le tout aggravé par une concurrence féroce et par un déferlement technologique sans boussole.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: &amp;quot;Comic Sans MS&amp;quot;;&quot;&gt;A vrai dire, ce qui est aujourd’hui en train de se passer illustre de manière dramatique l’aveuglement d’une société persuadée que l’humanité peut continuer à vivre avec un développement sans limites de ses activités économiques. Inévitablement, la croissance débouche alors un jour ou l’autre sur la récession une fois ces limites franchies. Pas plus que les espaces naturels, l’espace économique n’est indéfiniment extensible. Nous sommes aujourd’hui à la veille de bouleversements considérables aux conséquences incalculables, tant sur le plan social, qu’économique et environnemental. Ces bouleversements sont en décalage complet avec les représentations politiques et économiques qui continuent à habiter les espritsde notre oligarchie. Ceci explique son désarroi actuel.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: &amp;quot;Comic Sans MS&amp;quot;;&quot;&gt;Sans parler du chaos social que va entraîner la récession dans une société qui n’imagine survivre que par la croissance, on peut s’interroger sur son impact environnemental qui est fondamentalement ambivalent. Car si les investissements publics et privés consacrés à la protection de l’environnement vont avoir à en souffrir, ceux aussi consacrés à sa destruction vont subir le même sort, ce qui lui sera bénéfique. D’un côté il y aura moins d’argent investi par exemple dans les grands projets d’infrastructures de transport ou les opérations immobilières sur le littoral, mais de l’autre il y en aura aussi moins pour l’isolation thermique des bâtiments, la création et la maintenance des stations d’épuration des eaux. Il faudra alors arbitrer entre différents besoins avec beaucoup moins de moyens financiers que par le passé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: &amp;quot;Comic Sans MS&amp;quot;;&quot;&gt;Et si cet arbitrage continue à se faire au sein des entreprises comme des pouvoirs publics avec la mentalité qui a régné durant les trente glorieuses, ce sont les préoccupations du court terme qui une fois de plus vont l’emporter. Les conditions de la concurrence internationale vont être encore plus dures avec toutes les conséquences sociales et environnementales négatives que cela va entraîner. Il faudra pédaler encore plus vite que le concurrent pour avoir l’illusion de s’en sortir. Autrement dit, par un effet systémique, la crise va aggraver les contradictions d’un système sans avenir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: &amp;quot;Comic Sans MS&amp;quot;;&quot;&gt;A moins que l’arbitrage ne se fasse en fonction d’autres représentations collectives que celles héritées du passé. Pierre Samuel, écologiste de la première heure, avait intitulé son ouvrage des années 70, « l’écologie, détente ou cycle infernal ». Nous nous trouvons, aujourd’hui, le dos au mur face à une situation que nous aurions dû anticiper depuis longtemps, à savoir celle représentée par les limites de la croissance que dans tous les domaines, social comme environnemental, nous avons outrepassé. Il nous faut désormais travailler d’arrache pied à déminer et à détendre cette machine infernale, non pas pour rendre illusoirement le développement durable mais pour aboutir à un équilibre durable entre non seulement l’homme et la nature mais également entre les hommes eux-mêmes. Mais tout cela n’ira pas sans ce renoncement à ces rêves de puissance et de richesse que seul un sursaut spirituel de la part de chacun de nous peut provoquer. Comme le veut le proverbe, il n’est jamais trop tard pour bien faire, surtout lorsque cela peut servir d’exemple aux générations à venir et aux peuples qui sont actuellement en proie à la fascination du développement. En toute hypothèse, les choix à faire pour l’avenir au plan individuel comme collectif seront durs à assumer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: &amp;quot;Comic Sans MS&amp;quot;;&quot;&gt;Simon CHARBONNEAU&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: &amp;quot;Comic Sans MS&amp;quot;;&quot;&gt;Maître de Conférence honoraire&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: &amp;quot;Comic Sans MS&amp;quot;;&quot;&gt;Professeur de Droit de l’Environnement à l’Université de Bordeaux Montesquieu.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>OLS</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (_____)</author>
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                                                <pubDate>Wed, 19 Mar 2008 11:31:07 +0100</pubDate>
                <description>
                     &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://groupededecroisseursberrichons.hautetfort.com/media/02/00/340876346.jpg&quot; id=&quot;media-911033&quot; alt=&quot;261139977.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-911033&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Comic Sans MS'&quot;&gt;Il n'est pas dans mes habitudes de faire des recommandations. Pourtant, ce mois-ci est sorti le numéro 17 de l'OFFENSIVE, un trimestriel qui coûte seulement 3 euros et qui, dans le contexte économique et sociale, peine à survivre alors que cette revue est de salubrité publique. Ce numéro de mars 2008 s'intitule &quot;un commerce sans capitalisme&quot;. Voilà de quoi apporter un bel argumentaire aux visiteu/SE/r/S de ce blog. Un balayage historique de notre société mercantile, un tableau sans concession ni complaisance des alternatives au capitalisme marchand (des difficultés des &quot;SEL&quot;s aux limites du commerce équitable, de la récup' à tout niveau aux systèmes alternatifs de distribution) à l'heure de la mondialisation, un tableau non exhaustif mais édifiant sur le commerce et ses motivations.&amp;nbsp; Sans oublier les chroniques habituelles de cette excellente publication (sur la technoscience, sur les contre cultures, sur des sujets d'actualités politiques ou sociales). En vous souhaitant une bonne lecture, une grande motivation pour les combats à mener dans les semaines et les mois à venir, en cette année 2008 et au delà. Pacifiquement vôtre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Comic Sans MS'&quot;&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt;&amp;nbsp;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Comic Sans MS'&quot;&gt;Jafar m'Bajaba&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Comic Sans MS'&quot;&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt;&amp;nbsp;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Comic Sans MS'&quot;&gt;Sommaire&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Comic Sans MS'&quot;&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt;&amp;nbsp;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;En bref ici&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;Analyses&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt;&amp;nbsp;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Spectrographie de l¹esclavage&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;L¹informatique contre l¹écologie&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Dissolution de la CNIL&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt;&amp;nbsp;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;Dossier «Un commerce sans capitalisme»&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt;&amp;nbsp;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Un commerce équitable est-il possible ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;La mondialisation près de chez nous&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Exploitation à tous les rayons&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Le café équitable est bien soluble dans le capitalisme&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Les chemins sinueux de l¹alternative&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Commerce et justice sociale ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;De la récup¹ individuelle à la coopérative&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Les free stores&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Le don, échange anti-économique&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Les magasins du temps&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt;&amp;nbsp;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;Horizons&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt;&amp;nbsp;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;à propos de quelques eco-saboteurs&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;En bref ailleurs&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt;&amp;nbsp;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;Entretien&lt;/b&gt; Quand la science construit le sexe&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;Contre-culture&lt;/b&gt; &lt;b&gt;Livres&lt;/b&gt; &lt;b&gt;Musique&lt;/b&gt; &lt;b&gt;Arts vivants-ciné&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt;&amp;nbsp;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;i&gt;Disponible par correspondance (3.5 € - ordre &quot;Spipasso&quot;) à OLS/Mille Bâbords, 61 rue Consolat, 13001 Marseille ou dans les bonnes librairies.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt;&amp;nbsp;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://offensive.samizdat.net/&quot;&gt;http://offensive.samizdat.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt;&amp;nbsp;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt;&amp;nbsp;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>Ecorev</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (_____)</author>
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                                                <pubDate>Tue, 11 Mar 2008 14:34:00 +0100</pubDate>
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                     &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://groupededecroisseursberrichons.hautetfort.com/media/00/00/1228293119.jpg&quot; id=&quot;media-897251&quot; alt=&quot;1529150102.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-897251&quot; /&gt;Si vous avez adoré le n°26 d’EcoRev’, &quot;Sens de la décroissance&quot;, vous allez pouvoir le redécouvrir ici.&lt;br /&gt; Si vous ne le connaissez pas encore, vous pouvez toujours rattraper le coup. Vous saurez alors tout de la décroissance, de son origine (Lafargue, Club de Rome...), des idées de ses plaideurs (Serge Latouche, Paul Ariès...) et de ses détracteurs (Jean-Marie Harribey...) ; vous saurez comment la vivre au quotidien, comment fabriquer des toilettes sèches et quoi lire sur le pot (excellentes lectures et bibliographie), mais aussi quoi voir au ciné ou en dvd (si vous en avez).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Tout ça ici :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;a href=&quot;http://ecorev.org/spip.php?rubrique158&quot;&gt;http://ecorev.org/spip.php ?rubrique158&lt;/a&gt; ;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais EcoRev’ est d’abord une revue en papier (recyclé), avec ses textes, ses dessins, ses photos, à lire, feuilleter, relire ou offrir, et dont l’allure élégante ne déparera pas sur les rayons de votre bibliothèque. Surtout, EcoRev’ ne vit que grâce à ses lecteurs... Alors, plutôt que dans la Société Géniale, investissez dans ses numéros et ses abonnements, c’est ici que ça se passe :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;a href=&quot;http://ecorev.org/spip.php?rubrique86&quot;&gt;http://ecorev.org/spip.php ?rubrique86&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Vous pourrez vous y procurer les deux excellents derniers numéros d’EcoRev’, pas encore gratuits&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;Ecopolis&quot; (ou comment changer la ville, mais pas en version Attali) et&lt;br /&gt; &quot;Repenser le travail&quot;, numéro hommage à André Gorz.&lt;br /&gt; Et bien sûr tous les autres numéros disponibles en ligne mais aussi en version non virtuelle.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Bonne lecture !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Source : &lt;a href=&quot;http://ecorev.org&quot;&gt;http://ecorev.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>En 2008 la décroissance est d’actualité</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (_____)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 11 Jan 2008 14:34:50 +0100</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-767672&quot; src=&quot;http://groupededecroisseursberrichons.hautetfort.com/media/02/01/307a4898be44d92148145e3760095e0b.gif&quot; alt=&quot;703f4a207dc1de9a729609ac5776675f.gif&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-767672&quot; /&gt; &lt;span class=&quot;sommairearticleunetitre1&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Source&amp;nbsp;:&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt; &lt;a href=&quot;http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=34065&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: normal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#800080&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;http://www.agoravox.fr/&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Pour son premier numéro de l’année, l’hebdomadaire courrier international titre en Une &quot;Travailler moins pour gagner moins et vivre mieux&quot;. Voilà qui tranche avec le leitmotiv des élections de 2007.&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Si la grande célébration consumériste de fin d’année vous a donné la nausée, je vous conseille la lecture du dernier numéro de &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: black&quot;&gt;Courrier international&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;. L’affiche est accrocheuse et le message aujourd’hui encore très subversif s’affiche sur trois lignes en une et sur fond rouge&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;TRAVAILLER MOINS POUR GAGNER MOINS ET VIVRE MIEUX&amp;nbsp;».&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Alors que notre président répète à l’envi que «&amp;nbsp;les Français veulent travailler plus pour gagner plus&amp;nbsp;», nombreux sont ceux qui ont décidé de prendre le chemin de la simplicité volontaire. L’hebdomadaire reproduit des articles parus en Suède, Nouvelle-Zélande, Allemagne, Royaume Uni, au Canada et aux États-Unis.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Le &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: black&quot;&gt;New Zealand Herald&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; nous apprend ainsi que d’après une étude de 2002, 23 % des Australiens ont «&amp;nbsp;ralenti&amp;nbsp;» d’une façon ou d’une autre leur mode de consommation au cours des dix années précédentes et nous décrit comment Nikke Harre et Keith Thomas, un couple de Néo-Zélandais, ont progressivement changé leurs habitudes en consommant des oeufs de poules élevées en plein air, en abandonnant une de leurs deux voitures, en résistant à la tentation de tout faire rénover.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Le &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: black&quot;&gt;Guardian&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; (quotidien londonien) illustre, grâce à la courbe du psychologue américain Tim Kasser, le caractère profondément malade du système économique anglais [et par extension du nôtre]&amp;nbsp;: la courbe représentant le revenu par habitant est en constante augmentation sur les quarante dernières années, tandis que celle illustrant la proportion de personnes se disant «&amp;nbsp;très heureuses&amp;nbsp;» reste stable sur toute la période et l’écart entre les deux courbes ne cesse de s’agrandir.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;On apprend plus loin que deux semaines avant Noël, le patronat suédois face à la montée des «&amp;nbsp;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: black&quot;&gt;downshifters&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &amp;nbsp;» (adeptes de la décroissance) a lancé une campagne de publicité pour convaincre les Suédois des bienfaits de la consommation en mettant en scène une ménagère qui boycotte les courses de Noël, ce qui a pour effet de faire perdre son emploi à un ouvrier pauvre à l’autre bout de la planète.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Sur une autre page, le quotidien de Hambourg &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: black&quot;&gt;Die Zeit&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; nous met en garde contre les dangers de la fin du week-end chômé&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Un pays à la structure hebdomadaire nivelée, une société désynchronisée, mettent à terme l’engagement politique et social de ses citoyens en danger&amp;nbsp;» et se lamente qu’à la fin de ce processus il puisse ne nous rester que «&amp;nbsp; le choix entre le travail, toujours et partout, et les loisirs, emballés et étiquetés&amp;nbsp;».&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;En fin de dossier, dans un long article, un journaliste du &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: black&quot;&gt;Guardian&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; en vient à espérer une «&amp;nbsp;bonne récession&amp;nbsp;». Il se demande à quel moment les gouvernements décident que les coûts marginaux de la croissance dépassent les bénéfices marginaux. Pour lui «&amp;nbsp;les gouvernements adorent la croissance parce qu’elle les dispense de s’attaquer aux inégalités&amp;nbsp;» et présente la croissance comme «&amp;nbsp;un sédatif politique qui étouffe la contestation&amp;nbsp;».&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Ce dossier laisse entendre un discours novateur dans le monde des médias «&amp;nbsp;institutionnels&amp;nbsp;», qui se borne pour l’instant principalement à des journaux étrangers. La presse française conserve-t-elle encore suffisamment d’indépendance pour s’en faire finalement l’écho&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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                <title>Monbiot : vive la récession !</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (_____)</author>
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                                                <pubDate>Mon, 07 Jan 2008 18:45:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-760746&quot; src=&quot;http://groupededecroisseursberrichons.hautetfort.com/media/00/02/aade080697c6580fa39f96452a33b0fa.jpg&quot; alt=&quot;2ab24c73318ecd51da9f4d5ca74f5537.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-760746&quot; /&gt;Source&amp;nbsp;:&lt;/font&gt; &lt;a href=&quot;http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1550&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#800080&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;ContreInfo&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Jusqu’où la croissance doit-elle se poursuivre&amp;nbsp;? Pour George Monbiot, «&amp;nbsp;nous avons d’ores et déjà atteint le point où il faut logiquement s’arrêter.&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span xml:lang=&quot;EN-GB&quot; style=&quot;font-size: 11pt; color: #888888&quot; lang=&quot;EN-GB&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000080&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Par George Monbiot, The Guardian, 9 octobre 2007 - extraits&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #303030&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Si vous êtes sensible, je vous conseille de tourner la page. Je m’apprête à briser le dernier tabou universel&amp;nbsp;; j’espère que la récession prédite par certains économistes se matérialisera. Je reconnais que la récession est quelque chose de douloureux. Comme tout le monde, je suis conscient qu’elle ferait perdre à certains leurs emplois et leurs logements. Je ne nie pas ces conséquences ni les souffrances qu’elles infligent, mais je rétorquerai qu’elles sont le produit parfaitement évitable d’une économie conçue pour maximiser la croissance, et non le bien-être. Ce dont j’aimerais vous faire prendre conscience est bien moins souvent évoqué&amp;nbsp;: c’est que, au-delà d’un certain point, la souffrance est également le fruit de la croissance économique.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #303030&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Le changement climatique ne provoque pas seulement un déclin du bien-être&amp;nbsp;: passé une certaine limite, il le fait disparaître. En d’autres termes, il menace la vie de centaines de millions de personnes. Quels que soient leurs efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les gouvernements se heurtent à la croissance économique. Si la consommation d’énergie s’accroît moins vite à mesure qu’une économie arrive à maturité, aucun pays n’a encore réussi à la réduire tout en augmentant son produit intérieur brut. Au Royaume-Uni, les émissions de dioxyde de carbone sont plus élevées qu’en 1997, en raison notamment des soixante tri­mestres de croissance consécutifs dont ne cesse de se vanter [le Premier ministre] Gordon Brown. Une récession dans les pays riches représenterait sans doute le seul espoir de gagner du temps afin d’empêcher le changement climatique de devenir incontrôlable.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #303030&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;L’énorme amélioration du bien-être des humains dans tous les domaines - logement, nutrition, hygiène, médecine - depuis deux cents ans a été rendue possible par la croissance économique, ainsi que par l’éducation, la consommation, l’innovation et le pouvoir politique qu’elle a permis. Mais jusqu’où doit-elle aller&amp;nbsp;? Autrement dit, à quel moment les gouvernements décident-ils que les coûts marginaux de la croissance dépassent les bénéfices marginaux&amp;nbsp;? La plupart n’ont pas de réponse à cette question. La croissance doit se poursuivre, pour le meilleur et pour le pire. Il me semble que, dans les pays riches, nous avons d’ores et déjà atteint le point où il faut logiquement s’arrêter.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #303030&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Je vis actuellement dans l’un des endroits les plus pauvres du Royaume-Uni. Ici, les adolescents dépensent beaucoup d’argent chez le coiffeur, ils s’habillent à la dernière mode et sont équipés d’un téléphone portable. La plupart de ceux qui sont en âge de conduire possèdent une voiture, qu’ils utilisent tout le temps et bousillent en quelques semaines. Leur ­budget essence doit être astronomique. Ils sont libérés de la terrible pauvreté dont ont souffert leurs grands-parents&amp;nbsp;; nous devrions nous en féliciter et ne jamais l’oublier. Mais, à une exception majeure - le logement, dont le prix est surévalué&amp;nbsp;-, qui osera prétendre qu’il est impossible de satisfaire les besoins fondamentaux de tous dans les pays riches&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #303030&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Les gouvernements adorent la croissance parce qu’elle les dispense de s’attaquer aux inégalités. Comme Henry Wallich, un ancien gouverneur de la Réserve fédérale américaine [de 1974 à 1986], l’a un jour fait remarquer en défendant le modèle économique actuel, “la croissance est un substitut à l’égalité des revenus. Tant qu’il y a de la croissance, il y a de l’espoir, et cela rend tolérables les grands écarts de revenus.” La croissance est un sédatif politique qui étouffe la contestation, permet aux gouvernements d’éviter l’affrontement avec les riches, empêche de bâtir une économie juste et durable. La croissance a permis la stratification sociale que même le Daily Mail [quotidien conservateur] déplore aujourd’hui.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #303030&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Existe-t-il quelque chose que l’on pourrait raisonnablement définir comme relevant du bien-être et que les riches n’ont pas encore&amp;nbsp;? Il y a trois mois, le Financial Times a publié un article sur la façon dont les grands magasins s’efforcent de satisfaire “le client qui est vraiment arrivé”. Mais son sujet implicite est que personne n’“arrive”, car la destination ne cesse de changer. Le problème, explique un cadre de Chanel, est que le luxe s’est “surdémocratisé”. Les riches doivent donc dépenser de plus en plus pour sortir du lot&amp;nbsp;: aux Etats-Unis, le marché des biens et services destinés à les y aider pèse près de 1 000 milliards d’euros par an. Si vous voulez être certain que l’on ne peut vous confondre avec un être inférieur, vous pouvez désormais acheter des casseroles en or et diamants chez Harrod’s.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #303030&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Sans aucune ironie délibérée, l’article était accompagné de la photo d’un cercueil. Il s’agit d’une réplique de celui de lord Nelson, fabriquée avec du bois provenant du bateau sur lequel il est mort, que l’on peut s’offrir pour un prix faramineux dans la nouvelle section du grand magasin Selfridges dédiée à l’hyperluxe. Sacrifier sa santé et son bonheur pour pouvoir se payer cette horreur témoigne certainement d’un trouble mental grave. N’est-il pas temps de reconnaître que nous avons touché la Terre promise et que nous devrions chercher à y rester&amp;nbsp;? Pourquoi voudrions-nous la quitter pour explorer un désert souillé par une frénésie de consommation suivie d’un effondrement écologique&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #303030&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Pour les gouvernements du monde riche, la politique raisonnable à mener désormais n’est-elle pas de maintenir des taux de croissance aussi proches de zéro que possible&amp;nbsp;? Mais, parce que le discours politique est contrôlé par des gens pour qui l’accumulation d’argent est la principale finalité, une telle politique semble impossible. Aussi désagréable qu’elle soit, il est difficile d’imaginer ce qui, à part une récession accidentelle, pourrait empêcher la croissance économique de nous expulser du pays de Canaan pour nous expédier dans le désert.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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                <title>Mr Hulot</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (_____)</author>
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                                                <pubDate>Wed, 24 Oct 2007 14:50:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-622347&quot; src=&quot;http://groupededecroisseursberrichons.hautetfort.com/media/01/02/d8245c64c42ccf952655a123ff6ca1d4.jpg&quot; alt=&quot;6390fe5b98c73ddd3c036a6e33fee274.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-622347&quot; /&gt;Nicolas Hulot pour la Décroissance&amp;nbsp;? En tout cas l’extrait de l’interview qui suit montre qu’il n’est pas insensible à nos idées&amp;nbsp;!&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;Libération&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;&lt;b&gt;Borloo promeut une croissance verte…&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;b&gt;Nicolas Hulot&lt;/b&gt;&amp;nbsp;: Il ne faut pas que ce terme générique cache une obstination dans une croissance débridée. Or, sur certains points, il faudra bien opérer une décroissance. Si l’on veut éviter soit une pénurie, soit la diminution drastique des ressources, par exemple le poisson, l’eau, l’énergie, il faut réduire les prélèvements à l’échelle de la planète. Et ce n’est pas être dogmatique que de dire cela. Nous sommes face à une équation qui résume toutes les contradictions du développement durable : comment accompagner une croissance économique en tenant compte de flux qui se raréfient ou qui sont insupportables compte tenu de la réalité environnementale et du réchauffement climatique ? Il y a des choses très pertinentes dans le mouvement de la décroissance. Et il est regrettable que le Grenelle fasse l’économie d’une interrogation fondamentale, presque philosophique, sur la croissance et, surtout, sur sa compatibilité avec la réalité de la crise écologique.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;Source&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/286991.FR.php&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800080&quot;&gt;Libération&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/286991.FR.php&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>L'horreur touristique</title>
                <link>http://groupededecroisseursberrichons.hautetfort.com/archive/2007/07/18/l-horreur-touristique.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (_____)</author>
                                                <category>Presse</category>
                                                <pubDate>Wed, 18 Jul 2007 14:45:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-461053&quot; src=&quot;http://groupededecroisseursberrichons.hautetfort.com/media/01/00/66f6c07a7808483e03f1783764db489c.jpg&quot; alt=&quot;b78908a8d6ee4f31cb12794c66eb6133.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-461053&quot; /&gt;Pour ne pas s’ennuyer pendant cette période estivale et pour donner raison à ceux qui ne partent pas en vacances s’adonner au Tourisme. Nous vous conseillons la lecture du dernier numéro de la revue trimestrielle Offensive Libertaire et Social qui comprend un dossier très riche sur la bien nommée &lt;em&gt;horreur touristique&lt;/em&gt;&amp;nbsp;!&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Présentation&amp;nbsp;:&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Le tourisme est un phénomène de civilisation. Il se développe alors que le monde s’industrialise et s'urbanise. Dans une société polluée et agressive, les individus stressés et oppressés par un travail rationalisé cherchent une compensation thérapeutique. Le monde idéalisé, épargné des ravages de la société industrielle que promeuvent les voyagistes les attire. Ils ont soif d'exotisme et de dépaysement. Ils veulent jouir d¹une pureté originelle fantasmée. Pourtant, l'industrie touristique vend ce qu'elle contribue à détruire. Le monde est alors mis en production et les villes se transforment en musée et les campagnes en parcs d'attractions géants. Tout se consomme, la nature comme les humains. Le marché globalisé des corps et des espaces se généralise, plus aucune zone ne doit être préservée. Au contraire, plus une zone apparaît protégée, plus elle attire, car la recherche d¹authenticité est devenu le leitmotiv de l¹industrie touristique. Des peuples se retrouvent ainsi folklorisés par ceux là même qui les ont déculturés et ont entraîné des désordres sociaux irréversibles. Cette horreur touristique ne concerne pas que les pays du Sud. Elle touche l'ensemble du monde et les flux se diversifient. La mise en concurrence des espaces est globale. Cette «&amp;nbsp;touristification&amp;nbsp;» participe de la spécialisation des territoires et du déploiement de monocultures qui déstructurent les sociétés. Le touriste lui-même, en partie responsable de cette situation, devient une marchandise que l'on échange et qui doit dépenser ce qu¹il a durement gagné tout au long de l’année.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Pour plus d’info voir le site&amp;nbsp;:&lt;/font&gt; &lt;a href=&quot;http://offensive.samizdat.net/&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#800080&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;http://offensive.samizdat.net/&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://groupededecroisseursberrichons.hautetfort.com/archive/2007/06/17/voyage-dans-la-galaxie-decroissante.html</guid>
                <title>Voyage dans la galaxie décroissante</title>
                <link>http://groupededecroisseursberrichons.hautetfort.com/archive/2007/06/17/voyage-dans-la-galaxie-decroissante.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (_____)</author>
                                                <category>Presse</category>
                                                <pubDate>Sun, 17 Jun 2007 12:14:29 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Il faut savoir qu’il existe au sein du mouvement de la Décroissance de nombreuses sensibilités. A tel point qu’il est presque légitime de parler de véritable auberge espagnol. Fabrice Flipo (qui on se le rappelle était venu nous voir à Bourges il y a quelques temps pour venir débattre dans le cadre de Controverses- Espace Marx&amp;nbsp;:&lt;/font&gt; &lt;a href=&quot;http://groupededecroisseursberrichons.hautetfort.com/archive/2006/06/02/debat-a-bourges-le-8-juin.html&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#800080&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;voir ici&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;) nous propose&amp;nbsp;aujourd'hui &amp;nbsp;un &lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/spip.php?article75&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800080&quot;&gt;&lt;i&gt;voyage dans la galaxie décroissante&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;qui a le mérite de donner un état des lieux du mouvement très bien documenté. Cet article, initialement publié dans la revue &lt;i&gt;Mouvements&lt;/i&gt;, a été reproduit sur&amp;nbsp;&lt;/font&gt; &lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#800080&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;site du MAUSS&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#333333&quot;&gt;Fabrice Flipo&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;articletitre1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 16pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#333333&quot;&gt;Voyage dans la galaxie décroissante&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial Unicode MS&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;em&gt;La décroissance&amp;nbsp;: le terme interpelle, pose question, se retrouve dans des endroits improbables et prend bien des gens au dépourvu. Nous en traçons ici un petit panorama descriptif, en attendant d’entrer dans le détail des problématiques qui sont ainsi mises à l’agenda.&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;La décroissance gagne en audience à gauche. Ce terme, utilisé par J. Grinevald pour traduire le titre de l’ouvrage de Nicholas Georgescu-Roegen&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb1&quot; title=&quot;[1] Demain la décroissance : Entropie-écologie-économie, préface et traduction (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;1&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;], dont le titre original était &lt;em&gt;The Entropy Law and the Economic Process&lt;/em&gt;&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb2&quot; title=&quot;[2] Harvard University Press, 1971.&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;2&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;], n’était connu que de groupes d’experts quand le journal «&amp;nbsp;La décroissance&amp;nbsp;», né en mars 2004, a relancé ce concept dans l’espace public. Le journal tire à 45 000 exemplaires, dont 25 000 vendus. Il a doublé sa fréquence de parution, en devenant mensuel. Plusieurs sites ouebes sont consacrés à la décroissance.&lt;/font&gt; &lt;a href=&quot;http://www.decroissance.info/&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#800080&quot;&gt;Decroissance.info&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;est un site autogéré par des groupes locaux.&lt;/font&gt; &lt;a href=&quot;http://www.decroissance.org/&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#800080&quot;&gt;Decroissance.org&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;est le site officiel de l’Institut d’Etudes Economiques et Sociales pour la Décroissance Soutenable, de même tendance que le journal La Décroissance.&lt;/font&gt; &lt;a href=&quot;http://www.ladecroissance.net/&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#800080&quot;&gt;Ladecroissance.net&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;est le site du journal &lt;em&gt;La Décroissance&lt;/em&gt;. Des «&amp;nbsp;marches pour la décroissance&amp;nbsp;» ont eu lieu à divers endroits (Lyon à Magny-Cours en juin 2005, en Loire-Atlantique, dans le Nord-Pas-de-Calais et en Charente-maritime) et d’autres sont en projet.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;La décroissance a même son parti&amp;nbsp;:&lt;/font&gt; &lt;a href=&quot;http://www.partipourladecroissance.net/&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;le Parti pour la Décroissance (PPLD)&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;, né le 8 avril est né à Dijon. Il appelle à &lt;em&gt;«&amp;nbsp;une décroissance fondée sur l’équité, la soutenabilité et les valeurs humanistes, démocratiques, républicaines, non-violentes, défendants les droits de l’Homme et combattant toutes les formes de discrimination et de totalitarisme&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; De nombreux petits journaux soutiennent cette idée de décroissance&amp;nbsp;:&lt;/font&gt; &lt;a href=&quot;http://www.lagedefaire.org/&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;L’âge de faire&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;,&lt;/font&gt; &lt;a href=&quot;http://www.revuesilence.net/&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;Silence&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;, etc. La décroissance circule beaucoup sous le manteau, elle génère des débats qui favorisent une réappropriation symbolique de notre milieu. Nicolas Ridoux, ingénieur, a synthétisé l’ensemble des éléments de la décroissance dans un petit livre très bien fait&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb3&quot; title=&quot;[3] N. Ridoux, La Décroissance pour tous, éditions Parangon, 2006.&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;3&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;].&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;La décroissance n’est pas limitée à la presse à petit (ou moyen) tirage. L’édition du 25 mars du &lt;em&gt;Monde 2&lt;/em&gt;, supplément du quotidien &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt;, a consacré sa une et son dossier principal à la décroissance&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb4&quot; title=&quot;[4] Peut-on continuer comme ça ? Pollution-inégalités-énergie, la théorie de la (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;4&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;]. Ce thème a eu droit à plusieurs articles dans &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; ou ailleurs. On peut trouver des dossiers sur le sujet dans des lieux aussi improbables que TGV Magazine. La vague est profonde et tout laisse penser qu’elle sera durable.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Elle a commencé à toucher les grands partis politiques. Yves Cochet a poussé cette idée au sein des Verts mais il n’a pas remporté l’investiture pour la présidentielle. La motion «&amp;nbsp;Utopia&amp;nbsp;», emmenée par Frank Pupunat, est la première à avoir remis en cause la religion de la croissance au PS. Elle a obtenu 1,05% des suffrages au congrès du Mans en novembre 2005.&lt;/font&gt; &lt;a href=&quot;http://www.apres-developpement.org/&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;Le réseau des objecteurs de croissance&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;, qui ne sont pas forcément des partisans de la décroissance, a été très actif autour de la candidature unitaire à gauche. Nicolas Hulot, conseillé entre autres par Jean-Paul Besset, a été présenté par Politis comme le croisé de la décroissance&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb5&quot; title=&quot;[5] Edition du 9 novembre 2006&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;5&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;] – et dénoncé par &lt;em&gt;La Décroissance&lt;/em&gt; comme un «&amp;nbsp;écotartuffe&amp;nbsp;». Corinne Lepage a réfuté cette idée, qu’elle juge trop négative, et Dominique Voynet a préféré la «&amp;nbsp;décroissance de l’empreinte écologique&amp;nbsp;», ce qui est très différent.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;La revue &lt;em&gt;Entropia&lt;/em&gt; a été lancée en novembre 2006 en présence d’une bonne cinquantaine de personnes à l’Assemblée Nationale pour aider à donner une consistance théorique à l’idée de décroissance. Le comité de rédaction est composé de Jean-Paul Besset&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb6&quot; title=&quot;[6] Ancien rédacteur en chef du Monde, coordinateur du Pacte écologique de (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;6&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;], J.-C. Besson-Girard&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb7&quot; title=&quot;[7] Paysan, artiste, auteur de « Decrescendo Cantabile » chez (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;7&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;], François Brune&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb8&quot; title=&quot;[8] Auteur de Les médias pensent comme moi, De l'idéologie aujourd'hui (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;8&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;], Alain Gras&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb9&quot; title=&quot;[9] Professeur d'anthropologie à Paris 1-Sorbonne, auteur de La fragilité de (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;9&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;], Serge Latouche&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb10&quot; title=&quot;[10] Economiste, auteur du Pari de la décroissance (Fayard, 2006), Survivre (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;10&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;] et Agnès Sinai&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb11&quot; title=&quot;[11] Journaliste, co-auteure de Sauver la Terre avec Yves Cochet&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;11&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;]. La revue se présente comme «&amp;nbsp;revue d’étude théorique et politique de la décroissance&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Entropia s’inscrit dans la longue tradition de la revue d’idées et d’engagement, lieu d’expression privilégié d’une pensée collective naissante et qui s ’élabore au fil du temps. Une pensée sur la crête des interrogations fondamentales de notre époque, pour l’amplification de la prise de conscience d’une situation de la condition humaine sans précédent, pour l’enrichissement de l’imaginaire théorique, poétique et politique de l’après-développement&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb12&quot; title=&quot;[12] Entropia n°1, novembre 2006&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;12&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;]. Le titre de la revue, «&amp;nbsp;Entropia&amp;nbsp;», ne fait pas référence à l’entropie au sens physique, ce concept remis au goût du jour en économie par Nicholas Georgescu-Roegen mais au grec &lt;em&gt;entropè&lt;/em&gt;, action de se retourner, regarder par-devers soi afin de contempler le chemin parcouru et prendre le temps de se demander s’il ne vaudrait mieux pas en changer.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Pour &lt;em&gt;Entropia&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;«&amp;nbsp;toute pensée qui refuse son autocritique n’est plus une pensée, mais une croyance. Elle quitte le terrain solaire de la lucidité pour les mirages de l’espérance. Depuis plus de cinquante ans, «&amp;nbsp;la croissance&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;le développement&amp;nbsp;» relèvent de ce statut irrationnel et dogmatique. Dans les années soixante-dix, cependant, quelques chercheurs hétérodoxes et que la clairvoyance n’effrayait pas (Illich, Georgescu-Roegen, Ellul, Partant, Castoriadis…) se sont dressés contre cette dictature de l’économisme et ont jeté les bases d’une pensée de la décroissance. Pensée dérangeante s’il en est. Depuis quelques années seulement, et singulièrement depuis le colloque intitulé&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Défaire le développement, refaire le monde&amp;nbsp;» (UNESCO 2002), des publications comme&lt;/em&gt; Silence &lt;em&gt;et&lt;/em&gt; l’Écologiste, &lt;em&gt;le bulletin de «&amp;nbsp;La Ligne d’horizon, les amis de François Partant&amp;nbsp;», lui ont fait une place grandissante dans leurs colonnes. Le bimestriel&lt;/em&gt; La Décroissance &lt;em&gt;contribue, depuis trois ans, à accentuer son caractère iconoclaste et provocant. Car cette notion de décroissance bouleverse en effet les signes et les lignes&amp;nbsp;: les signes théoriques et symboliques de reconnaissance comme les lignes des clivages politiques traditionnels. Cette situation peut engendrer des dérapages et des dérives théoriques et politiques qui exigent la plus grande vigilance de la pensée et des pratiques.&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb13&quot; title=&quot;[13] Entropia n°1, novembre 2006&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;13&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;]&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Et de fait des dérapages se sont produits. Des textes issus des théoriciens de la décroissance ont été retrouvés sur le site du Grece, dont les accointances avec l’extrême-droite sont de notoriété publique. Cela a jeté la confusion au sein des promoteurs de la décroissance, un peu moins au sein des théoriciens. Le Grece est en effet coutumier de la récupération d’idées sans l’aval de ses auteurs, le MAUSS en avait déjà fait l’expérience autrefois&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb14&quot; title=&quot;[14] Alain Caillé ainsi rédigé une Lettre ouverte à Alain de Benoist, précisant (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;14&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;].&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Au-delà des fausses polémiques, le travail ne manque pas. Les chantiers ouverts par la décroissance sont aussi nombreux que les manières de se servir de ce terme ou de s’y référer. «&amp;nbsp;Mot-obus&amp;nbsp;» pour les uns, comme&lt;/font&gt; &lt;a href=&quot;http://www.decroissance.org/textes/Un_mot-obus.pdf&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;Paul Aries&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb15&quot; title=&quot;[15] Paul Aries, &amp;quot;La déroissance, un mot-obus, www.decroissance.org&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;15&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;], servant à briser les lignes conceptuelles adverses, qui n’imaginent aucun avenir hors de la croissance, la décroissance peut aussi être élevée au rang de concept, en particulier dans le domaine économique. La décroissance désigne aussi une manière d’être, que l’on rencontre parfois sous le vocable de «&amp;nbsp;simplicité volontaire&amp;nbsp;».&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Les échanges entre Hervé Kempf&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb16&quot; title=&quot;[16] Journaliste au Monde, auteur de Comment les riches détruisent la (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;16&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;], Nathalie Kosciusko-Morizet&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb17&quot; title=&quot;[17] Députée UMP de l'Essonne.&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;17&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;] et Sylvia Pérez-Vitoria&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb18&quot; title=&quot;[18] Economiste et sociologue, membre de « La ligne d'Horizon », auteure du « (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;18&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;] dans l’émission «&amp;nbsp;Du grain à moudre&amp;nbsp;» sur France Culture le 1&lt;sup&gt;&lt;span&gt;er&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; février dernier montraient bien l’étendue du débat qui a été ouvert par la décroissance. Hervé Kempf a remis la question du luxe sur la place publique. S’appuyant sur l’économiste Thorstein Veblen, il a émis l’hypothèse que les comportements sont mus par l’ostentation plutôt que par les besoins, aussi la diffusion du modèle occidental dans le monde est-il la clé de la crise écologique mondiale. Nous, Occidentaux, devrions donc au plus vite pratiquer la sobriété, à commencer par les plus riches. La députée de l’Essonne, tout en reconnaissant l’urgence, a minimisé la responsabilité des riches. Soutenue par le journaliste Brice Couturier, qui en a perdu son devoir de neutralité, elle a cherché à démontrer que la croissance profitait aux plus pauvres, car la phase de croissance des pollutions fait ensuite la place à une phase de stabilisation puis de réduction des impacts, tandis que la croissance économique profitait à un nombre grandissant de personne. Las&amp;nbsp;! Bien documenté, Hervé Kempf a soutenu toutes les critiques, l’innocence des riches n’a pas été démontrée, pas plus que la tendance des économies à se dématérialiser ou la capacité de la croissance à provoquer une réduction du nombre de pauvres. Comme l’a rappelé Sylvia Perez-Vitoria, la croissance c’est surtout la croissance des inégalités et de l’exploitation de la majorité par une minorité de plus en plus riche. Le journaliste Brice Couturier s’est énervé, pendant que M&lt;sup&gt;&lt;span&gt;me&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt;&amp;nbsp;Kosciusko-Morizet s’en remettait très largement aux progrès de la science et de la technologie, même si elle a appelé de ses vœux une croissance plus propre, «&amp;nbsp;faite de modération&amp;nbsp;».&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Le débat témoigne de l’embarras des élites devant la question écologique. Les vieux concepts, par lesquels la crise globale est arrivée, semblent impuissants. La décroissance met les pieds dans le plat, comme le rapport du MIT comme au Club de Rome avant elle&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb19&quot; title=&quot;[19] Là aussi la traduction est instructive : le rapport original (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;19&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;]. Alors que la croissance est invoquée partout comme la solution à tous les problèmes, du Nord comme du Sud, un véritable sésame universel, elle affirme une conclusion scandaleuse et pourtant parfaitement fondée, à savoir d’une part que la croissance n’a pas d’avenir puisqu’elle ne résout pas le problème écologique, et d’autre part qu’elle n’a pas l’universalité qu’on lui prête.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;La croissance est le résultat d’un ensemble de politiques et d’initiatives. Peu de pays, dans le monde, connaissent un ensemble de politiques et d’initiatives tels qu’il se produit une croissance accompagnée d’une réduction des inégalités. C’est plutôt le contraire. Et à l’échelle historique la chose est encore plus manifeste. Les pays qui ont connu un fort taux de croissance depuis longtemps sont ceux qui ont l’empreinte écologique la plus élevée, à quelques nuances près. La «&amp;nbsp;dématérialisation du PIB&amp;nbsp;» n’est qu’apparente, car les pays les plus pollueurs ont largement délocalisé les maillons les plus destructeurs de la chaîne de production qui sert à entretenir leur niveau de vie. La Chine et le Brésil ne se privent pas de rappeler qu’une grande partie des impacts écologiques de leur pays n’est que la conséquence directe de la demande gargantuesque des pays occidentaux. Et même si les problèmes écologiques n’existaient pas, la pollution mentale engendrée par le productivisme, dont le symbole suprême est la croissance, devraient poser question. La décroissance désigne alors la dés-économisation des esprits, ce qui revient à reprendre à nouveaux frais le programme du MAUSS&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb20&quot; title=&quot;[20] A. Caillé, Critique de la raison utilitaire – Manifeste du Mauss, Paris, (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;20&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;].&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;En effet ces questions ne sont pas entièrement nouvelles. Elles sont pour la plupart issues du mouvement écologiste. Force est de constater, toutefois, que «&amp;nbsp;les écolos&amp;nbsp;» n’ont pas réussi à séduire. Ils ont pourtant tout essayé&amp;nbsp;: écologie de droite, de gauche, ni droite ni gauche, écologie associative, écologie entrepreneuriale. Rien n’y fait, les enjeux s’aggravent et le reste de la société trouve toujours des raisons pour renvoyer les enjeux écologiques à un imaginaire écologiste qu’ils imaginent détachés de la réalité – et cela malgré les innombrables rapports tous plus officiels les uns que les autres. Catherine Larrère parle de «&amp;nbsp;sociocentrisme&amp;nbsp;»&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb21&quot; title=&quot;[21] C. &amp;amp; R. Larrère, Du bon usage de la nature, Paris, Aubier, (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;21&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;] à propos de cette étonnante incapacité de nos sociétés à voir autre chose dans la crise environnementale que ses problèmes relationnels. L’écologie serait avant tout le problème des écologistes. &lt;em&gt;Télérama&lt;/em&gt;, s’étonnant du vide intellectuel existant dans le domaine de l’écologie&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb22&quot; title=&quot;[22] W. Zarachowicz, Ecolos cherchent intellos, Télérama n° 2970 - 16 Décembre (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;22&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;], témoignait autant d’une réalité tangible que de sa propre ignorance en la matière, car les théoriciens existent bel et bien. Nos sociétés semblent devoir toujours trouver une raison pour ne pas prendre au sérieux les enjeux écologiques. «&amp;nbsp;Les écolos&amp;nbsp;» ont été trop écologistes, puis trop «&amp;nbsp;sociaux&amp;nbsp;» quand ils se sont mis à prendre en compte les enjeux sociaux, bref jamais «&amp;nbsp;comme il faut&amp;nbsp;». C’est que l’écologie continue de déranger, et face aux idées qui dérangent, la politique de l’autruche voire l’obscurantisme restent des recettes éprouvées.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;La gamme, très large, des opposants de gauche à la décroissance donne une idée de l’importance politique et théorique des problèmes que ce terme soulève sur le plan conceptuel et politique. L’idée de décroissance est insupportable à tous ceux et toutes celles qui voient dans la médiation marchande le lien social par excellence, qu’on se fonde sur le contrat ou sur la planification. Pour beaucoup, c’est la modernité qui est en cause. C’est peut-être cela, en effet. Mais il faudrait aller plus en avant et démontrer que la modernité ainsi entendue a encore quelque chose à apporter au monde, ou plus exactement à la planète. La modernité est trop souvent portée en étendard sans plus d’argument, tout ce qui s’y oppose étant réputé réactionnaire ou obscurantiste. L’écologie pose depuis le début la question de savoir comme «&amp;nbsp;ne plus être progressiste sans devenir réactionnaire&amp;nbsp;» comme le dit la jolie formule en titre de l’ouvrage de Jean-Paul Besset&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb23&quot; title=&quot;[23] J.-P. Besset, Comment ne plus être progressiste, sans devenir (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;23&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;]. La décroissance révulse la plupart des économistes – et remet en cause leur domination. Les économistes sont déjà depuis longtemps en mauvais termes avec les écologistes. A partir du moment où l’on sort des procès d’intention, l’intérêt de ces échanges est que la décroissance résiste très bien à toutes les attaques. Les objections soulevées sont familières aux écologistes&amp;nbsp;: la décroissance serait relativiste (J. -M.&amp;nbsp;Harribey&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb24&quot; title=&quot;[24] J.-M. Harribey, « Une conception de la richesse non-marchande pour (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;24&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;]), elle serait un «&amp;nbsp;retour en arrière&amp;nbsp;», un retour de l’obscurantisme, une idéalisation de la nature et des sociétés «&amp;nbsp;traditionnelles&amp;nbsp;»&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb25&quot; title=&quot;[25] G. Duval, Décroissance ou développement durable ?, Alternatives (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;25&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;] et bien sûr chantage à l’emploi.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Les réponses existent des sont robustes, c’est pour cette raison que le débat perdure. La décroissance confond-t-elle «&amp;nbsp;développement&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;croissance&amp;nbsp;», comme le suggère&lt;/font&gt; &lt;a href=&quot;http://www.sociotoile.net/IMG/_article_PDF/article_98.pdf&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;René Passet&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb26&quot; title=&quot;[26] René Passet, « Querelles byzantines autour de la croissance ? », (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;26&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;] et bien d’autres&amp;nbsp;? Et si c’était les économistes qui confondaient «&amp;nbsp;bien commun&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;développement&amp;nbsp;», ce dernier n’étant jamais qu’une vision réductrice, étroitement économique, du bien commun&amp;nbsp;? Bien que Passet insiste sur le qualitatif, il n’existe pas, et pour cause, de théorie économique du qualitatif. Dès lors comment situe-t-il son apport au débat&amp;nbsp;? Cela reste flou. Mettre la gestion du bien commun entre les mains calculatrices et matérialistes de l’économie, c’est s’assurer qu’on en restera au niveau de la gestion, et qu’on ne s’élèvera jamais jusqu’au niveau des projets. Il y a généralement une téléologie sous-jacente aux analyses développementistes, d’ailleurs Passet reprend une nouvelle fois l’exemple de l’enfant qui grandit pour expliquer la différence entre croissance et développement. Les pays sous-développés sont-ils des enfants&amp;nbsp;? Des attitudes aussi paternalistes semblaient avoir été reléguées dans les poubelles de l’histoire. Comment ne pas voir que cette analogie est un schème structurant du développement, un biologisme sous-jacent qui devrait être dénoncé avec la même vigueur que certains analystes mettent à débusquer l’idée de nature dans les discours écologistes&amp;nbsp;? De celui qui dénonce sans cesse le droit naturel et celui qui recourt au développement, le plus naturaliste des deux n’est peut-être pas celui qu’on croit. Les partisans de la décroissance peuvent donc rétorquer à René Passet que c’est lui qui se trompe d’adversaire, en accréditant la thèse naturaliste dominante. En effet, reprendre le terme «&amp;nbsp;développement&amp;nbsp;» peut être assimilé à un soutien aux pratiques qui accompagnent ce terme. A partir d’un tel naturalisme, comment penser l’ouverture sur le monde&amp;nbsp;? Comment rouvrir notre imaginaire&amp;nbsp;? Ces questions, qui sont au fondement de la critique issue de la décroissance, ne sont pas prises au sérieux, les objections tombent donc un peu à plat.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Là aussi, la critique a été faite et bien faite par le MAUSS. Le discours économique est un discours sur les moyens, qui ne laissent guère de place aux débats sur les fins. En refusant de laisser la place au discours sur les fins, les économistes bloquent le libre-exercice du politique. Ils font comme s’ils avaient déjà les réponses. Faisons un sondage&amp;nbsp;: la différence entre croissance et développement est-elle parfaitement claire dans l’esprit du public&amp;nbsp;? Gageons que non. En tout cas il est clair que le monde médiatique ne fait pas la différence et identifie l’un à l’autre. C’est de vouloir faire la différence entre les deux qui relève de la «&amp;nbsp;querelle byzantine&amp;nbsp;», même si les experts sont d’accord entre eux pour faire la leçon au bon peuple qui n’y comprend rien. Pour faire une différence entre développement économique et bien commun, le recours à un terme qui différencie clairement les deux est nécessaire.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;La décroissance n’est pas une doctrine unifiée. De vives tensions entre le journal &lt;em&gt;La Décroissance&lt;/em&gt; et l’actuel comité de rédaction d’&lt;em&gt;Entropia&lt;/em&gt; ont accompagné l’émergence de la revue théorique. La création du PPLD n’a pas fait l’unanimité, c’est le moins qu’on puisse dire, et des tensions sont apparues dès le début dans le noyau de la direction. Désaccord sur l’usage du terme «&amp;nbsp;décroissance&amp;nbsp;» comme mot d’ordre ou comme intitulé de programme politique. La «&amp;nbsp;décroissance de l’empreinte écologique&amp;nbsp;» adoptée par les Verts n’a pas du tout la même portée que la décroissance tout court, c’est un choix bien différent qui a été fait. D’autres préfèrent l’après-développement, d’autres veulent éviter les slogans (Sylvia Perez-Vitoria), d’autres préfèrent la décroissance soutenable (Vincent Cheynet et Bruno Clémentin).&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Au-delà de l’écume de la tempête qui agite les esprits, nous pensons qu’il est possible de caractériser la décroissance comme se situant à la confluence de cinq sources qui se croisent sans être forcément concurrentes ni même convergentes.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;La première est la source culturaliste. Issue de l’anthropologie, emmenée par Serge Latouche, marxiste reconverti, sa thèse principale est que l’&lt;em&gt;homo economicus&lt;/em&gt; est contingent, dépendant de sa représentation du monde et de l’histoire. Si l’on veut ouvrir de nouveaux possibles, il est nécessaire de réinventer ou redécouvrir notre nature. Cette thèse se distingue de la thèse marxiste qui reste encore aujourd’hui très largement dépendante de l’imaginaire économiste et productiviste. La décroissance représente un moyen de prendre le contre-pied du développement sur le plan des «&amp;nbsp;significations imaginaires sociales&amp;nbsp;», pour utiliser le vocabulaire de Castoriadis&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb27&quot; title=&quot;[27] C. Castoriadis, L'institution imaginaire de la société, Paris, Seuil, (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;27&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;], et ainsi d’atteindre la société instituée pour la faire évoluer, pour ouvrir une brèche, un passage à la société instituante. Serge Latouche affirme que «&amp;nbsp;l’autre monde possible&amp;nbsp;» est dans celui-là, qu’il faut «&amp;nbsp;décoloniser notre imaginaire&amp;nbsp;» les significations économiques et développementistes pour parvenir à le voir&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb28&quot; title=&quot;[28] S. Latouche, Survivre au développement, Paris, Mille et Une Nuits, (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;28&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;].&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;La source démocratique est issue des analyses d’Ivan Illich. Composante majeure de l’approche de Vincent Cheynet, elle s’appuie sur l’effondrement des liens sous le poids de la marchandisation. Dès lors ce qui compte est de revitaliser les liens, ce qui passe par une relocalisation qui n’est pas un retour au bon vieux temps des villages, dont on sait qu’il n’était pas toujours si bon que ça. Cette source est attachée à la qualité du débat public, et se différencie ainsi nettement des analyses marxistes qui tendent à faire du symbolique un simple reflet des rapports de production, même si la revendication d’un revenu maximal admissible montre bien que le souci de justice sociale est présent. L’abolition des privilèges est un enjeu majeur de démocratisation de nos sociétés qui ne peut utiliser des moyens qui ne soient pas en eux-mêmes démocratiques sans simultanément aller à l’encontre des principes énoncés. Ici la décroissance est un terme utilisé pour provoquer des débats, c’est là une vertu performative du «&amp;nbsp;mot-obus&amp;nbsp;», ce qui revitalise la passion nécessaire à l’existence d’un espace public. La décroissance est aussi une conséquence économique logique de cette revitalisation qui doit se traduire par un fort ralentissement économique. En effet discuter prend du temps, aussi les relations marchandes qui s’étendent dans l’espace sans se soucier de l’existence d’un espace public fort pour les soutenir et les domestiquer devraient-elles être fortement limitées voire même interdites car relevant d’un comportement de «&amp;nbsp;passager clandestin&amp;nbsp;».&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;La troisième source est écologiste, elle est attachée aux écosystèmes et au respect du vivant. Pour cette tendance, la décroissance est la conséquence inévitable de toute politique écologique prise au sérieux. Renforcer la productivité écologique au détriment de la productivité économique conduira à une réduction de la mécanisation qui elle-même se traduira par une diminution du PIB. L’indicateur empreinte écologique montre que le monde utilise 125% des capacités de renouvellement de la Terre&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb29&quot; title=&quot;[29] WWF, Rapport planète vivante, 2006.&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;29&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;], le Rapport du Millénaire sur les Ecosystèmes montre que 60% des écosystèmes sont dégradés ou utilisés de manière non durable&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb30&quot; title=&quot;[30] Millenium Assessment Report, Living Beyond Our Means : Natural Assets (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;30&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;]. Un récent rapport de la FAO indique que si les prélèvements continuent de s’intensifier au rythme actuel alors les océans seront épuisés, toutes pêches confondues, en 2048&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb31&quot; title=&quot;[31] B. Worm &amp;amp; al., Impacts of Biodiversity Loss on Ocean Ecosystem (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;31&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;]. La désertification touche 1/3 des terres mondiales, la diversité biologique domestique s’est effondrée de 50 à 75%, les espèces disparaissent à un rythme 100 à 1000 fois plus rapide que le rythme préindustriel etc. Tous les signes de dégradation rapide et massive des écosystèmes sont là. Or les écosystèmes sont tout ce que nous auront quand les ressources fossiles et épuisables auront disparu. Nous avons donc largement creusé la dette écologique envers les générations à venir. L’argument écologiste ne consiste pas en un argument comptable mais en un nouveau rapport à la nature, un rapport qui ne serait plus basé sur l’exploitation mais sur le respect et la coévolution. L’homme a dominé la nature, il doit maintenant non pas s’y soumettre mais admettre qu’il n’est pas le centre de tout. L’écologie a développé des analyses proches du courant précédent sous la forme «&amp;nbsp;d’écologie de l’esprit&amp;nbsp;»&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb32&quot; title=&quot;[32] G. Bateson, Vers une écologie de l'esprit, Seuil, 1990, Ed. orig. (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;32&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;], «&amp;nbsp;écosophie&amp;nbsp;»&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb33&quot; title=&quot;[33] F. Guattari, Les trois écologies, Paris, Galilée, 1989.&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;33&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;], «&amp;nbsp;contrat naturel&amp;nbsp;»&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb34&quot; title=&quot;[34] M. Serres, Le contrat naturel, éd. François Bourin, Paris, (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;34&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;] ou encore «&amp;nbsp;d’écomunicipalisme&amp;nbsp;»&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb35&quot; title=&quot;[35] M. Bookchin, Pour un municipalisme libertaire, Lyon, Atelier de (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;35&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;]. La décroissance c’est aussi une décroissance de l’emprise sur la nature, qui est réputée ne pas nous appartenir et par conséquent devoir être soustraite à l’appropriation.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;La quatrième source est liée à la crise de sens que traversent les sociétés industrialisées. Qui dit crise de sens dit ouverture spirituelle, vie de l’esprit, et c’est cette démarche qui a conduit Pierre Rabhi&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb36&quot; title=&quot;[36] P. Rabhi, Du Sahara aux Cévennes, Paris, Albin Michel, 2002.&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;36&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;], par exemple, vers la décroissance. Le thème qui est développé ici est le non-sens d’une vie passée à courir le «&amp;nbsp;toujours plus&amp;nbsp;» (de titres, d’argent, de choses) alors que l’harmonie avec la nature, les humains et le vivant en général passe plutôt par le recueillement et l’écoute. La révolution intérieure est un préalable nécessaire pour mettre fin aux dérèglements croissants qui agitent le monde. L’action non-violente et déterminée, dans la lignée des préceptes de Gandhi, est ici la seule manière de rétablir un progrès qui ne soit plus celui des forces aveugles de la technique. La simplicité volontaire, après François d’Assise, n’est pas une manière de se priver mais une façon de s’alléger afin de laisser venir à soi un sens plus profond, moins superficiel que celui qui anime l’incessant ballet des choses ordinaires. Là où la pauvreté retrouve une dignité, la misère est chassée&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb37&quot; title=&quot;[37] M. Rahnema, Quand la misère chasse la pauvreté, Paris, Actes Sud, (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;37&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;] et les personnes peuvent se mettre en marche pour un avenir meilleur.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;La dernière source peut être dite «&amp;nbsp;bioéconomiste&amp;nbsp;». C’est une source ancienne, comme les autres du reste, mais quelques auteurs sont considérés comme ayant remis la question à l’ordre du jour. Si l’écologie part du vivant, la bioéconomie parle d’organisation humaine ayant à gérer des contraintes telles que les limites des écosystèmes («&amp;nbsp;capacité de charge&amp;nbsp;») et le caractère épuisable de certaines ressources. Avec le Club de Rome, c’est Nicholas Georgescu-Roegen qui peut être considéré comme un précurseur, lui qui écrivait en 1971 que la fin de la phase industrielle sera d’autant plus rapide que le niveau de développement économique atteint est élevé&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb38&quot; title=&quot;[38] N. Georgescu-Roegen, La décroissance, Sang de la Terre, 1994, Ed. orig. (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;38&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;]. Chaque voiture produite l’est au prix des voitures à venir&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb39&quot; title=&quot;[39] Ibid., p. 67&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;39&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;], chaque arme fabriquée est un soc de charrue en moins. La décroissance est inévitable, c’est une conséquence géologique, comme le dit Yves Cochet&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb40&quot; title=&quot;[40] Y. Cochet, Pétrole apocalypse, Paris, Fayard, 2006.&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;40&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;]. Il s’agit désormais de gérer la rareté, l’économie devient une «&amp;nbsp;gestion normative sous contrainte&amp;nbsp;»&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb41&quot; title=&quot;[41] R. Passet, L'économique et le vivant, Paris, Payot, 1979.&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;41&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;]. Georgescu-Roegen montre, comme bien d’autres économistes avant lui, que nous devons nous tourner de toute urgence vers les ressources renouvelables car elles sont les seules à pouvoir assurer l’avenir, les autres devant s’épuiser quels que soient les progrès accomplis par la science et la technologie. Mais les ressources renouvelables sont elles aussi limitées, c’est pourquoi Hermann Daly, l’un des fondateurs d’&lt;em&gt;Ecological Economics&lt;/em&gt;, a montré il y longtemps que l’enjeu de la soutenabilité de l’économie relève aussi d’une question de taille, et pas seulement de composition&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb42&quot; title=&quot;[42] H.E. Daly &amp;amp; J. Cobb Jr., For the Common Good, Boston, Beacon (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;42&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;]. L’économie écologique est fondamentalement ambiguë&amp;nbsp;: s’agit-il d’écologiser l’économie ou d’économiser l’écologie&amp;nbsp;? Dans tous les cas, le vivant et les écosystèmes sont appréhendés sur un mode instrumental. Les limites qui sont posées peuvent être techniques ou éthico-politiques. L’écologie peut être utilisée pour exploiter plus rapidement la nature, comme pour en protéger les ressources.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Les cinq approches conduisent de manière relativement indépendante à la conclusion que la décroissance est l’un des éléments incontournables d’un avenir meilleur. Au-delà, il existe des tensions entre ces cinq approches, qui se retrouvent dans les échanges entre partisans de la décroissance comme entre partisans et opposants, mais le fait qu’elles se retrouvent autour de ce terme est remarquable et témoigne bien de la centralité du concept de «&amp;nbsp;croissance&amp;nbsp;», qui joue un rôle sociétal bien plus étendu que la simple définition comptable derrière laquelle les comptables nationaux se retranchent pour maintenir leur objectivité. Une bonne partie de ces débats est connue de l’écologie politique&amp;nbsp;: la décroissance est-elle de droite ou de gauche&amp;nbsp;? Se réduit-elle à la simplicité volontaire (les «&amp;nbsp;petits gestes&amp;nbsp;»)&amp;nbsp;? etc. Les fins connaisseurs n’y verront qu’un &lt;em&gt;bis repetita&lt;/em&gt;, la décroissance étant de toute évidence l’une des premières conséquences quand on prend l’écologie ou la sortie de l’économisme au sérieux. Pourtant le terme a au moins partiellement réussi à régénérer un débat qui semblait enlisé.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Il est vrai que l’actualité a bien aidé. C’est en effet au début des années 2000 que la question des changements climatiques semble enfin être prise au sérieux. Le Rapport Stern&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb43&quot; title=&quot;[43] Stern, Stern Review on the Economics of Climate Change, (...)&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;43&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;], les rapports du GIEC&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb44&quot; title=&quot;[44] IPCC, Summary for policymakers – working group 1, 2007.&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;44&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;], le rapport du Millénaire sur les Ecosystèmes&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb45&quot; title=&quot;[45] Op.cit.&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;45&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;] et bien d’autres rapports ont une nouvelle fois démontré que les choses empirent. Même si des secteurs non-négligeables de l’humanité connaissent une richesse jusque-là inconnue, les inégalités augmentent et les bases matérielles de cette richesse fondent comme neige au soleil.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;La décroissance est devenue un élément symbolique incontournable. &lt;em&gt;Les Echos&lt;/em&gt;, journal peu susceptible de fantaisie sur le plan économique, a fait de la décroissance l’un des trois paradigmes économiques susceptibles de nous sortir du «&amp;nbsp;prêt-à-penser&amp;nbsp;» dans ce domaine&amp;nbsp;[&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/#nb46&quot; title=&quot;[46] Sortir du prêt-à-penser économique, décembre 2004.&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#FF9900&quot;&gt;46&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;]. La gauche, en mal d’idées neuves, devrait se pencher sur le sujet. On a vu des comités «&amp;nbsp;Désirs d’avenir&amp;nbsp;» engager des discussions publiques autour de la décroissance. Ira-t-elle jusqu’au bout&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;em&gt;Nous remercions Fabrice Flipo et la revue&lt;/em&gt; Mouvements &lt;em&gt;de nous avoir aimablement autorisés à reproduire cet article, initialement paru dans le numéro 50 de la revue Mouvements, juin 2007.&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm&quot; class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.mouvements.asso.fr/spip.php?article57&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#FF9900&quot;&gt;Lien vers le sommaire du numéro 50 de &lt;em&gt;Mouvements&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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                <title>Témoignage</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (_____)</author>
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                                                <pubDate>Thu, 31 May 2007 20:15:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;line-height: 14.25pt&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Témoignages d’Objecteurs de Croissance&amp;nbsp;: Source&amp;nbsp;&lt;/font&gt; &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-916468,0.html&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#800080&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Le Monde&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt&quot;&gt;&quot;Décroissants&quot; : ils travaillent moins, ils gagnent moins, et ils sont heureux&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;Le petit logement d'Arzhel et Anna n'est pas très différent de la moyenne. Le téléphone y sonne souvent. Une chaîne audio trône dans le salon. Mais il n'y a ni télévision, ni réfrigérateur. Le jeune couple franco-brésilien ne consomme que des céréales et des légumes frais biologiques. Emmailloté dans des couvertures colorées, un bébé d'un mois sommeille. Anna a donné naissance à Nawe dans l'appartement, aidée d'une sage-femme.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;Avec pour seul revenu le salaire de cuistot d'Arzhel, le couple vit très simplement à Peumerit-Quintin (Côtes-d'Armor). Par choix. &lt;i&gt;&quot;Pour moi, c'est la seule solution pour la planète,&lt;/i&gt; affirme Anna. &lt;i&gt;Si nous continuons à abuser de ses ressources, les générations futures n'auront plus rien.&quot;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&quot;Nous réduisons certaines choses comme la consommation de biens et d'énergie, mais nous y gagnons du temps pour nous, et la possibilité d'organiser notre vie comme nous le voulons&quot;&lt;/i&gt;, poursuit Arzhel. Il a participé à des marches pour la décroissance, et estime faire partie de ce mouvement, sans pour autant revendiquer l'étiquette de &quot;décroissant&quot;, jugée réductrice - ni aucune autre d'ailleurs.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;Le terme consacré est celui d'&quot;objecteur de croissance&quot;. Certains parlent de &quot;simplicité volontaire&quot;, ou de &quot;sobriété&quot;. Leur engagement mêle souvent choix de vie personnel, convictions écologistes et militantisme politique. Quand le reste de la société ne songe qu'à augmenter son pouvoir d'achat, ils préfèrent travailler moins, gagner moins, et dépenser moins.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;La majorité des gens a un régime alimentaire moyen de plus en plus industriel et calorique, passe des heures devant la télévision, &quot;s'évade&quot; quelques jours au Maroc ou aux Maldives, utilise des objets toujours plus vite remplacés. Les objecteurs mangent bio, végétarien, et local, ignorent la télévision et préfèrent lire, se déplacent à pied, à vélo, ou en train et ne prennent l'avion qu'en dernier recours, réparent les objets, les réutilisent, les échangent, et partagent ce qui peut l'être : machines à laver, ordinateurs, voire logements.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;Cela ne signifie pas renoncer à tout. &lt;i&gt;&quot;Je ne suis pas un homme des cavernes&lt;/i&gt;, sourit Armand, 30 ans, installé dans une petite maison de pierre bretonne. &lt;i&gt;J'ai l'électricité - tout en surveillant ma consommation. J'adore le téléphone. Et la voiture, quand on vit dans le centre de la Bretagne, ce n'est pas négociable.&quot;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&quot;La simplicité volontaire, c'est un concept en chantier, on ne signe pas de charte&quot;&lt;/i&gt;, relève-t-il. En revanche, malgré un revenu de quelques centaines d'euros par mois, Armand ne mange que bio. &lt;i&gt;&quot;La décroissance est un objectif vers lequel on tend, chacun a ses limites&quot;&lt;/i&gt;, affirme également Christophe, rédacteur sur infogm.org, un site internet consacré aux OGM.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;Si le mensuel &lt;i&gt;La Décroissance&lt;/i&gt; est parcouru chaque mois avec reconnaissance par des lecteurs très méfiants vis-à-vis des médias grand public, il n'est donc pas pris au pied de la lettre. &lt;i&gt;&quot;Si tu les écoutes, de toute façon, tout le monde a tort&quot;&lt;/i&gt;, dit Armand.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;Pour certains, le changement se fait par petites touches. Cela commence par l'alimentation ou les déplacements. &lt;i&gt;&quot;Quand on est cycliste, on prend conscience de ce qu'est l'énergie parce qu'on doit la produire soi-même,&lt;/i&gt; dit Pierre, un Parisien membre de l'association Vélorution&lt;i&gt;. On réalise l'extraordinaire gâchis autour de nous.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;Béatrice, elle, a tout lâché d'un coup. &lt;i&gt;&quot;J'avais un commerce à Brest, ça marchait bien, il ne restait qu'à le faire grossir,&lt;/i&gt; raconte la jeune femme, aujourd'hui installée à Carhaix. &lt;i&gt;On veut gagner plus, avoir plus, mais à un moment on n'est pas satisfait de la vie qu'on a. On risque de tomber dans l'engrenage boulot, stress, médicaments, passivité.&quot;&lt;/i&gt; Béatrice travaille aujourd'hui au développement du commerce équitable local. Elle est hébergée chez un ami et ne possède rien. &lt;i&gt;&quot;Je sais que ça paraît difficile de vivre cette vie, mais très vite on se rend compte que c'est très facile, et même très agréable&quot;&lt;/i&gt;, dit-elle.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&quot;Pratiquer la décroissance apporte une richesse incroyable, car quand tu consommes moins, tu travailles beaucoup plus ton imaginaire&quot;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;, confirme Helena, une Suédoise de 37 ans qui a élevé trois enfants en Bretagne, tout en vivant dans des conditions sommaires. La petite roulotte familiale est aujourd'hui délaissée en faveur d'un gîte. Et Helena s'avoue un peu lasse de cuisiner toute la journée pour sa famille. &lt;i&gt;&quot;La décroissance, ça prend du temps, il faut le savoir&quot;&lt;/i&gt;, sourit-elle. Elle aimerait &lt;i&gt;&quot;s'ouvrir davantage vers l'extérieur&quot;&lt;/i&gt;. Si l'objectif ultime des objecteurs de croissance est l'autonomie complète sur le plan matériel, la plupart n'apprécient pas la solitude. &quot;Moins de biens, plus de liens&quot; est un de leurs slogans.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;Ils constatent pourtant qu'une certaine agressivité les entoure. &lt;i&gt;&quot;80 % des gens condamnent mon mode de vie, 10 % sont intéressés, 10 % envient ma liberté&quot;&lt;/i&gt;, résume Armand. Céline, architecte à Carhaix, a vécu des conversations houleuses dans sa famille. &lt;i&gt;&quot;Des choix de vie extrêmes, ça peut faire peur&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;on sent la crispation en face de nous&lt;/i&gt;, explique la jeune femme. &lt;i&gt;La décroissance, c'est un choix intellectuel,&lt;/i&gt; poursuit-elle. &lt;i&gt;On doit avoir la culture et les capacités intellectuelles pour le faire. Sinon, on est simplement pauvre.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;Ils se sont habitués à répondre toujours aux mêmes questions, à dissiper les mêmes malentendus. &lt;i&gt;&quot;On peut parler de décroissance pour nous, dans les pays riches, parce que nous bénéficions de structures collectives, de santé, d'éducation, de transports en commun,&lt;/i&gt; argumente Christophe. &lt;i&gt;On ne peut évidemment pas le faire pour les pays du Sud. Mais on peut les inciter à tirer parti de nos erreurs.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;Au final, tous savent que leurs efforts pèsent autant qu'une goutte d'eau dans l'océan, mais peu leur importe. Ils ont fait leur choix et ne désespèrent pas de convaincre, simplement par leur exemple, ou grâce au militantisme. &lt;i&gt;&quot;Nous devons entrer dans une démarche politique, nous battre pour obtenir des choses, donner la possibilité à tous d'aller vers un mode décroissant&quot;&lt;/i&gt;, affirme ainsi Christophe.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: #222222; font-family: Verdana&quot;&gt;Gaëlle Dupont&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: #222222; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-916468,0.html&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>La décroissance, un nouveau romantisme révolutionnaire</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (_____)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 02 Mar 2007 14:40:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 3.75pt; line-height: 15pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#222222&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Dans la série interview, voici celle de l’objecteur de croissance Jean-Claude Besson-Girard parue le 2 mars dans &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/transversales/weekend/238362.FR.php&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#800080&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;le journal Libération&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot; color=&quot;#222222&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;:&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Jean-Claude Besson-Girard, directeur de la revue Entropia, explique pourquoi la notion de décroissance est choquante pour l'imaginaire occidental, fondé sur le mythe du progrès. Comprise comme un idéalisme, elle peut revivifier la notion d'utopie dévoyée par les monstruosités du siècle passé.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; color: #666666; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;Par Laure Noualhat&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 9pt; color: #666666; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;LIBERATION.FR :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; color: #666666; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;vendredi 2 mars 2007&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;Vous êtes directeur de la publication d'Entropia, première revue d'étude théorique et politique de la décroissance. Pouvez-vous expliquer ce qu'est la décroissance ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;La décroissance est d'abord une expression provocante. Elle s'oppose directement au dogme quasi religieux de la croissance. Mais, pour commencer à comprendre le sens de cette provocation, il faut aussitôt affirmer que la décroissance n'est pas une idée économique mais relève d'une représentation du monde où l'économie n'aurait plus le dernier mot. Il s'agit de passer d'une société de croissance à une société de décroissance. Pourquoi ? Parce que nous pensons que le mythe de la croissance sans limites sur une planète aux ressources limitées est responsable des cinq crises majeures que rencontre l'humanité. La crise énergétique, liée à l'épuisement et au renchérissement des ressources fossiles et au consumérisme exponentiel ;la crise climatique, parallèle à la réduction de la biodiversité, à la privatisation du vivant et des ressources naturelles ; la crise sociale, inhérente au mode capitaliste de production et de croissance, exacerbée par la mondialisation libérale génératrice d'exclusions au Nord et plus encore au Sud ; la crise culturelle des repères et des valeurs, dont les conséquences psychologiques et sociétales sont visibles en tout domaine ; la crise démographique enfin, qui, se choquant aux quatre précédentes, contribue à ajouter un paramètre complexe à ce qui constitue désormais une crise anthropologique sans précédent.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;Tout cela ressemble furieusement à l'an 01 que proposait Gébé dans les années 70... Quoi de neuf depuis ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;&lt;br /&gt; Franchement, la contestation de la croissance n'est pas neuve, mais le contexte dans lequel elle réémerge est totalement nouveau, inédit et particulièrement inquiétant. Cette contestation existe depuis le début des années 70. Elle a été menée au niveau international lors du sommet de Stockholm, en 1972, au cours de la première conférence sur l'environnement humain. Déjà, il était question de réconcilier l'impact des activités socioéconomiques humaines et l'environnement. Sur un plan national, l'embryon de la contestation s'était cristallisé autour de la lutte antinucléaire. La bande à Fournier, qui écrivait dans la Gueule ouverte, avait proposé un «on s'arrête et on réfléchit», mais, en une paire d'années, tout a sombré. Ensuite, le premier choc pétrolier survenu en 1973 et les premiers taux de chômage inquiétants ont eu raison de l'allant. Aujourd'hui, on peut reprendre ce que l'an 01 avait proposé, mais avec plus de force. Les «objecteurs de croissance» réfléchissent, mais, pour l'heure, leur poids social et politique est insignifiant au regard de l'opinion comme des décideurs. N'oublions pas que presque personne n'avait entendu parler de cet «ovni politique» il y a quatre ans. C'est, quoi qu'on en pense, le bimensuel la Décroissance, publié par l'association Casseurs de pub, qui a opéré la percée médiatique que l'on sait [10 000 exemplaires tous les deux mois, ndlr].&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Pourquoi la décroissance s'oppose-t-elle viscéralement au développement durable ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;&lt;br /&gt; La société de croissance n'est pas soutenable, et le «développement durable» n'est qu'un gadget à ranger sur le rayon des tartes à la crème. Ce n'est pas l'adjectif «durable» ou «soutenable» qui est en cause, mais la notion même de développement. C'est évidemment sur ce point que la notion de décroissance est extrêmement choquante puisqu'elle sous-entend qu'il y aurait un «au-delà du développement», idée presque impensable qui remet en question tout l'imaginaire occidental, fondé sur une croyance aveugle dans le mythe du progrès depuis plus de deux siècles.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;&lt;strong&gt;N'existe-t-il pas un mot moins violent comme décélération, équilibre, harmonie...&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;La décroissance a un côté négatif, du style «retour à la bougie»... Ne pensez-vous pas que le mot est déjà rebutant ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;Rebutant pour qui ? Certainement pas pour tout le monde. Les plus jeunes, en particulier, ont parfaitement compris que «plus» ne voulait pas dire systématiquement «mieux». L'addition des effets négatifs de la croissance tend à inverser le jugement porté sur elle. Quant à ce que certains nomment une «décélération» de la croissance, nous considérons que, cette proposition restant dans la logique et l'imaginaire de la croissance, elle n'est pas à la hauteur puisque c'est cet imaginaire qui doit être abandonné. Nous pensons aussi qu'il fallait une expression choquante comme la «décroissance» pour réveiller l'opinion de la torpeur qui l'anesthésie. Alors nous la gardons !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;&lt;strong&gt;L'idée de décroissance n'est-elle pas une idée de pays riche et développé ? Comment inciter les Chinois, les Indiens et les Ethiopiens à entrer en décroissance ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;Il est préférable, à mon sens, de parler de pays enrichis et de pays appauvris. Ce qui permet de parler de processus historique, et non pas de fatalité. Par ailleurs, ne confondons pas pauvreté et misère. Il serait parfaitement obscène de parler de décroissance à ceux qui meurent de faim, comme en Ethiopie ou au Darfour. Mais il est de notre devoir de leur expliquer pourquoi ils sont dans cette inhumaine situation. Et l'on retombe sur les contradictions et les injustices qu'engendre le modèle dominant. Quant aux Chinois et aux Indiens, il est prévisible que la «surchauffe» de leurs économies rencontre un seuil «d'insoutenabilité» dont les populations auront à choisir d'en être les victimes ou de s'en libérer. Nous avons le devoir de les aider à choisir le second terme de l'alternative.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les catastrophes à répétition à venir ne sont-elles pas le meilleur élément incitatif pour entrer dans la décroissance ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;Que les victimes de ces catastrophes me pardonnent, mais il est incontestable que Katrina en Louisiane et la canicule de l'été 2003 ont davantage contribué à se poser des questions sur le modèle dominant que les quelques livres écrits par ceux qui, depuis longtemps, alertent l'opinion sur l'«insoutenabilité» de ce modèle. Mais vous le savez comme moi : on y pense et l'on oublie ! Quant à «entrer en décroissance», il faudra une dissidence collective pour peser sur les décisions politiques de ceux qui nous gouvernent.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment entrer volontairement dans la décroissance ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;&lt;br /&gt; Pour «entrer volontairement en décroissance», il y a plusieurs étapes et plusieurs niveaux. La première étape est celle de la prise de conscience de notre commune situation. Nous n'avons qu'une seule planète. Le récent rapport Stern, qui chiffre à plus de 5 000 milliards de dollars les effets du réchauffement climatique, et le film d'Al Gore, Une vérité qui dérange, peuvent incontestablement contribuer à nous ouvrir les yeux. La seconde étape est celle du passage à l'acte, de l'engagement. Le premier niveau est individuel et consiste pour l'essentiel à réduire notre «empreinte écologique», c'est-à-dire notre pression sur les ressources naturelles. Ce niveau est nécessaire mais non suffisant. Le second niveau est politique, au sens le plus large de la recherche du bien commun intégrant toutes les dimensions du projet d'une société de décroissance. Il est bien sûr préférable que la démarche soit volontaire et démocratique plutôt que soumise à une contrainte !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment organiser les politiques publiques autour de cette idée ? Quelles sont les pistes de réflexion à défricher ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;&lt;br /&gt; Localement et sur le terrain concret, de nombreux «objecteurs de croissance» sont à la tâche pour faire avancer cette idée. Nous avons, pour ne prendre qu'un seul exemple, contribué, avec d'autres, au fait que le gouvernement actuel ait renoncé au doublement de l'autoroute A7 dans la vallée de Rhône. C'est un petit premier pas symbolique et réel vers le «moins», donc vers la décroissance. Dans le domaine agricole, il faudrait rompre avec les filières verticales de production et de consommation, donc combattre la grande distribution, organiser la production et la consommation alimentaire à des petites échelles de territoire. En d'autres termes, il s'agit de relocaliser l'économie. Cette réorientation tend à la réduction drastique des frais de transport tout en restaurant l'agriculture paysanne, plus soucieuse d'aménager la terre que le territoire. Dans certaines régions, on revient à l'esprit des premières coopératives agricoles des années 30. En matière foncière, il faut taxer significativement la spéculation. Beaucoup d'initiatives vont déjà dans ce sens. Dans le domaine de l'information, on prône une forte pénalisation des dépenses de publicité. Tant que dans le domaine de l'économie générale on n'intègre pas les coûts externes des marchandises industrielles – comme par exemple les coûts écologiques ou sociaux – ,on obtient un rapport faussé à la réalité des richesses.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;&lt;strong&gt;La décroissance est dans l'air du temps. Intimement, on prend conscience qu'on ne peut pas continuer «comme ça», sur l'épuisement des ressources naturelles, des écosystèmes desquels nous dépendons. Mais comment penser collectivement cette idée ? De tout temps, nos sociétés sont allées vers le plus, le progrès ; comment détricoter cela ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;&lt;br /&gt; J'aime bien cette métaphore du «détricotage». Quand on détricote, ce n'est pas pour jeter la laine, c'est pour faire autre chose avec elle, plus utile et de préférence plus beau. Mais passer du doux bruissement des aiguilles à tricoter à une intelligence collective «nous invitant à changer de ligne de conduite afin de s'adapter à des circonstances nouvelles» ne va pas de soi. C'est un rapport de force des idées et des choix politiques. Mais il est inexact de penser que «nos sociétés, de tout temps, sont allées vers le plus, le progrès». Les concepts de croissance et de développement sont très récents. Détricotons-les, mais ne croyons pas qu'au passage nous ne serons pas obligés de remettre sérieusement en question nos modes de vie et notre confort excessif. Encore une fois, je parle ici de ceux qui ont trop, et non pas de ceux qui n'ont rien. Nous étions naguère beaucoup plus conscients de la notion de limite et d'échelle, en particulier dans nos rapports à la nature. Il est faux de penser que l'idée de décroissance nie la notion de progrès. Elle condamne le mythe du progrès, ce qui est bien différent. Nous avons encore d'immenses progrès de conscience à réaliser concrètement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dans Entropia, vous plaidez personnellement pour un romantisme révolutionnaire. La décroissance est-elle l'utopie du XXIe siècle ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: #222222; font-family: 'Trebuchet MS'&quot;&gt;&lt;br /&gt; La décroissance n'est certainement pas un nouveau dogme idéologique, fourni clés en main à une humanité désorientée par les échecs du socialisme et du capitalisme. Elle est fondée sur une autre représentation du monde. Je pense en effet qu'elle se rattache à ce que l'histoire a retenu sous le nom de «romantisme révolutionnaire», une sensibilité singulière qui relie des penseurs comme Michelet, Fourier, Marx, Engels, Ernst Bloch, Georges Bataille, Walter Benjamin, Henri Lefebvre, l'expressionnisme, le surréalisme et les situationnistes. Il est possible d'en résumer l'essentiel de la manière suivante : le dépassement de la banalisation utilitaire dans l'usage du monde n'est possible qu'à travers une nouvelle culture capable de réintégrer l'imagination poétique au sein des activités et des orientations humaines. Cette élévation est seule en mesure de réveiller un authentique sens commun. Le romantisme s'insurge contre la mécanisation, la réification, la rationalisation abstraite et la quantification des rapports sociaux. Comprise comme un idéalisme objectif, la très jeune idée de décroissance peut revivifier la notion d'utopie dévoyée par les monstruosités du siècle précédent. Mais, en même temps, il ne faut se faire aucune illusion, le chemin sera rude – ce qui ne veut pas dire triste, car la décroissance nous invite à un usage de l'espace et du temps porteur d'une «éthique du partage, de la justice et de la fraternité».&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; Né en 1938, Jean-Claude Besson-Girard est peintre autodidacte. Il a théorisé et pratiqué la décroissance en animant une communauté paysanne dans les années 70 dans les Cévennes. Il a tenté de mettre en cohérence sa pratique et ses convictions tout au long de sa vie. Dans son ouvrage Decrescendo Cantabile, il se livre à une interprétation de la décroissance à travers l'esthétique et la culture. Il dirige actuellement la revue Entropia.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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