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08/05/2006

1er Juin: Minatec

TOUS A GRENOBLE LE 1er JUIN

« La seule manière possible de stopper le rythme d'avancement des technologies Génétique, Nanotechnologie et Robotique serait d'établir un système totalitaire et mondial qui mettrait à mal l'idée même de progrès »

Ray Kurzweil
 

Alors, que l’action prévue le jeudi 1er juin à Grenoble contre l’ouverture de MINATEC se rapproche (voir le site de PMO  pour plus d’info), il est bon de faire un piqûre de rappelle sur les risques et les enjeux de ces nouvelles technologies que sont  les nanotechnologies. C’est dans cet esprit que nous avons reproduit l’article ci-dessous (disponible sur le web ici  ). Nous sommes ici en plein délire scientiste et ça fait froid dans le dos !

 Après la dissuasion nucléaire, la dissuasion nanotechnologique ?

Le CRN (Center for a Responsible Nanotechnology) publie une série d'essais relatifs au développement des nanotechnologies et aux problèmes éthiques qui en découlent. Publiés dans le journal Nanotechnology Perceptions, et disponibles sur le web, ces textes émanent de spécialistes du sujet. Parmi eux, l' essai de Ray Kurzweil, inventeur et informaticien de génie parmi les plus primés des Etats-Unis.

Pour lui, “la première moitié du 21e siècle sera caractérisée par trois révolutions imbriquées l'une dans l'autre, en Génétique, Nanotechnologie et Robotique (GNR)“. Enthousiaste, il estime même qu'elles “fourniront les moyens de résoudre des problèmes multiséculaires comme ceux liés au vieillissement, à la maladie ou à la pauvreté“, et permettront d'ici 20 ans d'envoyer dans nos corps des millions de nanorobots soigner nos os, muscles, artères et cellules malades ou vieillissantes, et donc d'atteindre l' immortalité.

Mais le propos de Kurzweil vaut ici surtout pour sa vision des dangers liés aux nanotechnologies, et des mesures qu'il préconise pour s'en prémunir, vision qu'il avait déjà eu l'occasion d'exposer devant le congrès américain en 2003. Ray Kurzweil est en effet également l'un des cinq membres de l'Army Science Advisory Board, un comité chargé de conseiller l'armée US en matière de science et de technologies.

Nanos : y renoncer, ou non ?

Kurzweil s'affirme ainsi globalement d'accord avec les craintes (sinon avec les conclusions) qu'exprime Bill Joy dans son manifeste emblématique, Pourquoi le futur n'a pas besoin de nous, que le co-fondateur de Sun Microsystems écrivit après l'avoir entendu parler des perspectives offertes par les GNR. Pour Bill Joy, du fait de leurs potentialités destructives et de leur caractères duales (militaires et commerciales), celles-ci “menacent de faire de l'homme une espèce en danger “, et que “ la seule alternative réaliste est d'y renoncer, de restreindre la recherche dans le domaine des technologies qui sont trop dangereuses, en posant des limites à notre quête de certains savoirs“.

Kurzweil estime au contraire que cela ne ferait qu'empirer la situation : “la seule manière possible de stopper le rythme d'avancement des technologies GNR serait d'établir un système totalitaire et mondial qui mettrait à mal l'idée même de progrès. En outre, cela conduirait probablement à un échec, sans contrer les dangers nés des GNR, car il en résulterait une activité souterraine qui tendrait à donner naissance à des applications encore plus destructives“.

Il avance ainsi que les mécanismes de régulation et autres moratoires ne feront que retarder le déploiement des GNR, sans pour autant les rendre moins dangereuses. Et parce que la majeure partie des systèmes de “protection”, à l'instar des DRM dans le domaine logiciel, ne fonctionnent pas (ne serait-ce que parce qu'ils peuvent être plus ou moins facilement contournés), qu'il faut donc aller au-delà dans les contre-mesures, et investir dans des systèmes défensifs, sinon offensifs.

Un système “nano-immunitaire” de surveillance et de neutralisation préventive

Le risque serait en effet qu'une attaque (accidentelle, terroriste ou militaire) de nanorobots, de structures moléculaires et autres pathogènes auto-réplicants détruise la biomasse, mais aussi la “civilisation“, en quelques jours ou semaines seulement. Kurzweil propose ainsi de bâtir un “système de défense immunitaire nanotechnologique” composé de nanorobots dotés eux aussi de la capacité de s'auto-répliquer, et capables, non seulement de détecter, mais aussi de neutraliser tout type de charge ou réplication potentiellement dangereuse. Une “gelée bleue” policière pourrait de même combattre la “gelée grise” (”grey goo") constituée de ces nuées incontrôlables de nanorobots destructeurs et autoreproducteurs.

Dans la foulée, et parce que dans les années 2020 nous aurons également des logiciels qui s'interfaceront avec nos corps et nos cerveaux, et que des nanorobots de la taille de poussières pourront effectuer des missions de surveillance furtive, Ray Kurzweil estime enfin que les forces de police et services de renseignement devront légitimement être autorisé à surveiller les flux de données qui passeront dès lors dans nos corps (et nos pensées).

Conscient des risques d'abus que cela pourrait entraîner, Ray Kurzweil n'en conclut pas moins que si “la technologie sera toujours une épée à double tranchant (…), nous n'avons pas d'autre choix que de renforcer nos défenses, tout en appliquant ces technologies au bénéfice des valeurs humaines, malgré l'absence de consensus sur ce que devraient être ces valeurs." Mike Treder, cofondateur du CRN, estime lui aussi que “la plus puissante des civilisations, les Etats-Unis, pourraient facilement être conquis par un attaquant dotés d'armes nanotechnologiques“.

Un contrôle total à l'échelle mondiale

D'aucuns pourraient y voir la naissance d'une forme de “dissuasion nanotechnologique” héritée de la “dissuasion nucléaire” et de l'”équilibre de la terreur” qui prévalaient du temps de la guerre froide, et que les menaces terroristes, les risques de dissémination accidentelle ou criminelle, ainsi que les menaces de conflits liés au nouveau désordre mondial remettent au goût du jour.

D'autres y verront l'une des facettes de la Révolution dans les affaires militaires (RMA), doctrine américaine élaborée aux débuts des années 90 suite à la chute du bloc de l'Est, mais aussi au traumatisme du Viet-Nam. Selon cette doctrine, parce qu'il n'y a plus un seul, mais des myriades d'ennemis potentiels, l'armée américaine doit s'assurer une suprématie technologique totale dans tous les compartiments de la guerre, afin d'épargner la vie de ses soldats et de dissuader ses adversaires d'entreprendre des actions hostiles à quelque niveau que ce soit. Cette doctrine permet également aux dépenses militaires de contribuer de manière toujours plus massive à l'effort américain de recherche et développement.

Comme le note Mike Treder en évoquant l'éventualité d'un futur conflit nanotechnologique, “si les deux parties (ou plus) sont équipées de telles armes, une telle guerre pourrait durer très longtemps, et les pertes se chiffrer en millions de vies. A contrario, si l'un des combattants dispose d'un arsenal bien supérieur, cette guerre pourrait se finir très rapidement, et offrir au vainqueur un contrôle total à l'échelle mondiale“.
 

10:15 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (0)

29/04/2006

Vive la génétique

VIVE LA GENETIQUE! 


«Le syndrome de fatigue chronique serait le résultat d'une constitution génétique particulière qui diminuerait la faculté de "gérer" le stress»
 

Voici un article relatant une nouvelle découverte scientifique qui, selon nous, illustre bien les dérives de la technoscience! 

Au lieu de chercher les causes de l’apparition des nouvelles maladies dans les modifications de notre mode de vie et de notre environnement, la technoscience désigne le patrimoine génétique de l’individu comme étant le  responsable essentiel de son malheur. Cette méthode est donc très utile puisqu’elle permet de rechercher dans le génome d’un individu isolé la cause principale de sa «pathologie» ainsi que les moyens pour y remédier. Ceci évite donc de s’attaquer à la racine du problème : la société industrielle!

 
Les personnes atteintes de fatigue chronique sont des personnes qui, apprenons-nous, «n'arrivent pas à gérer les problèmes quotidiens et à faire face à l'adversité, notamment les maladies, les traumatismes comme le divorce, les métiers stressants...»  Nous voyons ici que les problèmes en questions sont précisément ceux qui découlent de notre mode de vie. Ainsi, les personnes qui ne peuvent s’adapter aux contraintes de la société industrielle, sont désormais considérées comme des malades à part entière qu’il convient de soigner. Alors qu’autrefois c’était la société qui était adaptée à l’homme, aujourd’hui c’est l’homme qu’il faut adapter à la société. 
 
Aujourd’hui les personnes incapables de gérer le stress sont donc des malades. Heureusement, que de bons chercheurs veillent. Grâce à eux les progrès de la médecine pourront vite nous aider à soigner ces pauvres gens!  D’ailleurs nous dit Suzanne Vernon, «Maintenant que nous disposons de cette information, nous allons pouvoir dépister les personnes à risque». Diable! Mais qui aura accès aux fichiers génétiques et médicaux? Est-il besoin de préciser l’utilisation qu’en feraient les compagnies d’assurance ou d’éventuels employeurs?
 
Ah! Vivement que nos braves chercheurs identifient les gènes de l’homosexualité, du crime, du suicide, de la paresse…
 
vendredi 21 avril 2006, 18h00

Implication génétique dans le syndrome de fatigue chronique

ATLANTA (AP) - Le syndrome de fatigue chronique serait le résultat d'une constitution génétique particulière qui diminuerait la faculté de "gérer" le stress, selon une étude publiée dans le dernier numéro du journal scientifique "Pharmacogenomics".
Cette recherche représente la première preuve scientifique qu'associée au stress, la génétique peut entraîner une fatigue chronique, une anomalie si difficile à diagnostiquer et si mal comprise que certains doutent même de son existence.
Les chercheurs estiment que ces découvertes pourraient déboucher sur de meilleurs moyens de diagnostic et de traitement, et à un meilleur dépistage des personnes à risque de ce syndrome caractérisé par un épuisement extrême et persistant.
"Les résultats sont innovants", observe le Dr William Reeves des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) d'Atlanta (Géorgie). Il ajoute qu'à en croire l'étude, les gens atteints du syndrome de fatigue chronique n'arrivent pas à gérer les problèmes quotidiens et à faire face à l'adversité, notamment les maladies, les traumatismes comme le divorce, les métiers stressants...
Les CDC estiment que plus d'un million d'Américains en sont victimes, les femmes l'étant quatre fois plus que les hommes.
La pièce centrale de ces travaux est représentée par une étude portant sur 227 personnes de Wichita (Kansas). Pendant deux jours, des médecins se sont livré à des évaluations psychiatriques, ont étudié les traitements reçus, les limites physiques des patients, et ont analysé leur sang et leur urine à la recherche d'anomalies chimiques et biologiques.
Les résultats incluent 500 mesures cliniques et 20.000 mesures de l'expression des gènes, le moyen qu'ont ces derniers de réguler l'activité cellulaire.
L'information a été transmise à quatre équipes d'investigateurs, notamment des experts médicaux, des biologistes moléculaires, des mathématiciens et des ingénieurs. Principale découverte: les patients atteints de fatigue chronique testés présentaient un taux d'hormone et des signes d'usure sur le corps deux fois plus importants que ceux qui ne se disaient pas fatigués.
Les chercheurs ont par ailleurs remarqué que certaines modifications des séquences génétiques, concernant cinq gènes impliqués dans les phénomènes de stress modéré, ressortent lors de fatigue chronique. Ils ont par ailleurs identifié au moins cinq sous-types de syndrome de fatigue chronique, selon des critères génétiques.
"Maintenant que nous disposons de cette information, nous allons pouvoir dépister les personnes à risque", pronostique Suzanne Vernon, qui dirige l'équipe de biologie moléculaire des CDC d'Atlanta.
Le syndrome de fatigue chronique est une maladie complexe caractérisée par au moins six mois de fatigue sévère, que le repos ne soulage pas. Les patients peuvent aussi se plaindre de douleurs musculaires et de troubles de la mémoire.
La cause de ce syndrome n'a jamais pu être identifiée et il n'existe aucun test disponible. AP

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28/02/2006

Collectif Biométrie

 

Collectif contre la Biométrie

Nous sommes encore très loin d'un débat sur la Biométrie en France. Et quand bien même ! La récente loi portant sur les OGM montre que, même quand le débat existe et que le population est massivement contre (78% selon un sondage BVA), il n'est pas possible de faire reculer la technoscience lorsqu'elle est au service des intérêts économiques. Tous cela nous semble de mauvais augure...


Toutefois, nous pensons qu'il est pour le moins nécessaire que prenne place un véritable débat publique sur la biométrie et donc le type de société qu'elle impose (suppose ?). Aussi, nous ne pouvons être que sympathisants du collectif contre la biométrie dont voici le communiqué de Presse du 21 février 2006.



LA MACHINE JUDICIAIRE EXPRIME SA SOLIDARITÉ

À DEUX MACHINES BIOMÉTRIQUES


Les trois personnes accusées d'avoir dégradé le 17 novembre dernier les bornes de contrôle biométrique du lycée de la Vallée de Chevreuse ont été condamnées à trois mois de prison avec sursis, 500 euros d'amende (pour l'intrusion dans le lycée) et 9086 euros de dommages et intérêts (pour les machines). Les trois accusé-e-s ont été jugé-e-s coupables, co-auteurs de la dégradation.


Ils ont décidé de faire appel de cette décision. C'est un jugement cybernétique. À aucun moment n'a été discutée la question centrale de ce procès : que de telles machines n'ont rien à faire dans une école ni ailleurs. Les circuits électroniques ont été défendus contre le simple bon sens.


Ce verdict est un soutien objectif à la diffusion massive de cette technologie, entreprise menée par l'État et l'industrie.


Nous sommes de celles et ceux qui refusent de se résigner à cet état de fait.


Le collectif contre la biométrie.

http://1984.over-blog.com/

 

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