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06/11/2005

Décroissance et santé

 

DECROISSANCE ET SANTE

 

On nous parle souvent d’économies de santé. On en connaît maintenant la chanson : déremboursement de nombreux médicaments, CSG / RDS, forfait hospitalier à la hausse, remboursement partiel des consultations. Pourtant, on constate toujours les mêmes gouffres.

 

1. Les caisses de sécurité sociale

 

 

Petit rappel : les caisses de sécurité sociale sont des entreprises privées qui gèrent l'argent des cotisations permettant, à un certain degré déjà, de bénéficier des "mêmes" soins, quel que soit notre niveau sociale. C'est donc l'argent de tout(e) un(e) chacun(e) qui est géré ainsi, sous le contrôle de l'Etat, des organisations syndicales patronales et salariales.

Observons la situation de près. Le contrôle effectué par les mêmes institutions depuis 60 ans nous mène au constat que les réformes sur la gestion n’ont aboutit qu’à rétrécir nos droits.

 

L’argent, que nous investissons dans notre santé, manque. Bien sûr, il y'a l’amélioration des techniques, la recherche et le vieillissement de la population. Pourtant, si on observe les comptes et les réformes, alors plus rien n’est étonnant.

 

Non seulement, malgré les mesures visant à limiter le recours aux soins, les dépenses augmentent mais l’argent ne rentre pas.

 

2. La "relance" de l'emploi

 

Les mesures de tous les gouvernements pour la relance de l'emploi consistent à permettre une rentabilité meilleure à l'embauche sous forme d'allègement des charges (patronales). Ceci a un double effet. D'une part un bilan nul sur l'emploi, car dès les subventions sur les charges écoulées, ou l'annulation de la précédente par la suivante, les contrats prennent fins. D'autre part de l'argent qui ne rentre plus dans les caisses de la sécu.

Le premier bénéficiaire de ce type de mesure est l’Etat employeur. Cela lui permet en effet de recourir de plus en plus à des contrats précaires (CES, emploi jeune, contrat nouvelle embauche, et souvenez-vous des premiers TUC…). De manière générale, tout le patronat, dans son discours productiviste, en invitant la masse salariale à se résigner au nom de l'emploi, accroît ainsi son aisance, et grève les salariés de leur droit à la santé.

 

En sacrifiant des droits obtenus par nos aïeux, qui pour cela ont affronté la baïonnette, qui sommes nous ? En laissant agir ceux qui gèrent ainsi l’argent que nous épargnons pour notre santé, que faisons-nous ?

 

3. Les taxes

 

S’il ne s’agissait que de cela. Mais où va notre argent ? Les financements des caisses de sécu passent par un certain nombre de taxes, dont celles sur les poisons légaux que sont l’alcool et le tabac. Nous payons donc, au quotidien, sur nombres de nos achats des taxes destinées à nous soigner. Or depuis de nombreuses années, ces sommes ne sont pas reversées par l’Etat. Ce dernier s’insurgeait même de devoir mettre la main à la patte quand la situation l’autorisait (ce qui n’est plus le cas depuis un certain nombre de lois européennes à caractère antisocial).

 

4. Quoi faire ?

 

Au total, si l’argent qui devait rentrer dans les caisses y était, on n’aurait peut-être des difficultés de trésorerie dans la gestion des caisses, mais des réformes pourraient les juguler. Ainsi, si au lieu d’enrichir les grands patrons et actionnaires de l’industrie pétrochimiques (du médicament), nous utilisions une partie de notre argent à améliorer notre qualité de vie ? On pourrait à la place, investir dans des structures d’éducation à la santé, réparer toutes les ratiches (1), mettre des lunettes sur les pifs de tous les yeux qui en ont besoin et améliorer l’aide technique aux handicapé(e)s. On pourrait faire de la médecine préventive, humaniser les couloirs d’hôpitaux ou rembourser les séances chez l’ostéopathe ou le psychologue. Que pourrait-t-on imaginer pour améliorer notre santé ?

 

Il ne faut pas faire des économies de santé. Il est urgent d’entamer la décroissance, c’est bon pour notre santé.

 

Pour vous en convaincre, je vous invite à visiter cette page. Globalement, informez-vous sur la décroissance équitable, une chance pour que notre Mère planète survive aux méfaits du capitalisme.

 

Le bulletin du docteur Hector Ballantin

(Parution du 5/11/5)

  1.  

(1) dents

 

Prochaines parutions prévues  (pour novembre et décembre) :

Les antibiotiques : une ineptie économique et écologique

Le travail et la santé

Les comptes des caisses de sécurité sociale et les fonds de pension américains

L’environnement (cas particulier pétrole et pétrochimie)

Les bénéfices de la décroissance en terme de santé : ce que nous avons à y gagner socialement et individuellement.

18:40 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (1)