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12/12/2005

Les alicaments

Les alicaments

 

Dans la série "on s’occupe de votre santé", je vous présente l’épisode qui prend de l’ampleur économique : les alicaments. Si, pour votre malheur, vous êtes branché sur la télé, on vous en fait la réclame plusieurs fois par page publicitaire, et même aux "informations". Kézako ? Il s’agit de ces produits alimentaires qui améliorent votre transit ou votre taux de cholestérol. Non content de vous vendre de la mal bouffe indigeste (troubles du transit varié) et pourvoyeuse d’hyperlipidémie (cholestérol et/ou triglycérides), les agroindustriels vous proposent aujourd’hui toute une gamme de produits pour améliorer ces troubles.

 

Par souci de préservation de votre intégrité inconsciente, cet article s’évertuera à ne point nommer de marque, mais essaiera d’être assez explicite pour que vous ne soyez plus dupes.

 

Je tiens d’abord à faire un petit rappel :

 

Nous sommes ce que nous mangeons.

 

Sachant cela, il devient primordial d’être vigilant sur notre alimentation, qui, équilibrée et de qualité, nous préserve des maladies et nous procure bonne santé et vitalité. Hippocrate, sur la tête de qui l’ensemble de mes confrères hexagonaux prêtent serment au sortir de leurs études (le pauvre aurait de quoi se retourner dans sa tombe toutes les 2 ou 3 secondes), le disait en son temps : QUE TON ALIMENT SOIT TON MEDICAMENT. Dans l’idée de ce sage, il s’agissait, bien entendu, d’avertir sur le fait que l’alimentation prévient, mais aussi guérit la plupart des maladies.

Un beau principe de plus perverti par la techno science, via la branche agroalimentaire.

 

Que sont les alicaments ?

 

Plusieurs sortes apparaissent régulièrement :

 

Les premiers furent des produits conçus pour compenser les troubles du transit : notre mode de vie sédentaire, conjugué à des régimes riches en sucres (glucides en tout genre) et pauvres en fibres fabriquent des millions de constipé(E)s, rien que dans notre pays [1]. Ces aliments, des préparations à base de céréales, riches en fibre d’après la réclame, permettent en fait d’améliorer la situation à la seule condition d’en ingurgiter des quantité importante (supérieure à celle recommandée sur les boites) et ce quotidiennement. Ils ne règlent pas le problème, mais atténuent les effets pervers engendrés par les déséquilibres précédemment cités. Par ailleurs, ils entraînent une diminution de la variété alimentaire, source de carences potentielles, surtout si on prend le temps de connaître la qualité des céréales entrant dans la composition de ces préparations [2].

 

Le second type d’alicament sont des yaourts, dont le plus célèbre voudrait faire croire qu’il est issu de la filière agrobiologique (son nom est sensé changer sous peu à la demande d’associations d’usagers qui n’ont pas vu le résultat du combat qu’ils ont pourtant gagné…). Ces yaourts sont préparés avec des souches de bactéries (comme tous les yaourts), mais la différence tient dans le fait que les dites bactéries sont issues de sélection faite par des industriels peu scrupuleux sur le respect du génome de ces dernières. Petite précision, la flore bactérienne qui tapisse notre tube digestif est NOTRE milieu intérieur, notre mer intérieure. Laisserez-vous encore longtemps l’industrie décider de sa composition, alors qu’à priori, la nature vous a doté du milieu qui vous convient ?

 

Le temps du changement ?

 

Jusque-là, la notion d’alicaments n’était pas de rigueur, car aucune étude ne permettait d’en faire la promotion au titre de la santé, mais plutôt du confort digestif…Tout changea quand apparurent les préparations laitières et margarines agissant sur votre taux de cholestérol. Ce dernier est bien souvent normalisé par un régime adéquat, limitant les apports animaux, favorisant le végétarisme, notamment.

 

Et quand je dis que tout a changé, je vais maintenant en faire la démonstration :

Ces produits ont en effet prouvé " scientifiquement " leur efficacité : ils ont été testés sur la base de critères médicaux. La réclame ne se prive pas d’en faire un argument. Du coup, les stratégies de communications ont été adaptées : dans les pubs certes, mais aussi en faisant pour ces produits des actions marketings auprès des professionnels de santé : votre serviteur, comme beaucoup de ses consœurs (et confrères) fut démarché par un visiteur médical (un de ces commerciaux des laboratoires pharmaceutiques) afin de proposer un de ces produits laitiers pour les patients ayant du cholestérol… Et cette stratégie marche si bien qu’aujourd’hui, des mutuelles (assurances santé complémentaires que vous payez) proposent de rembourser les alicaments !!! Bref, non content de payer votre facture au supermarché, vous la paierez une deuxième fois au travers des cotisations de complémentaire santé. Pendant ce temps, vous continuerez à payer sans remboursement l’ostéopathe qui pourtant soulage votre mal de dos… Et vous hésiterez à mettre une couronne en matériaux neutre, préférant un alliage métal pour remplacer une dent défectueuse [3].

 

Une nouveauté ?

 

Pourtant, avec ces alicaments, la techno science au service de l’agro-industrie n’a rien inventé : une fois de plus, le régime est la base d’une bonne santé, ceci est d’autant plus vrai pour des perturbations métaboliques comme les dyslipidémies. Or, on connaît les régimes protégeant les artères et le cœur, principaux organes touchés par ces déséquilibres : le régime crétois (poissons huile d’olive), les régimes végétariens asiatiques, notamment ceux riches en soja [4].

 

Que dire de plus ? Et bien bon appétit, informez vous, consommez moins et plus réfléchi. Quand on vous dit que la décroissance, c’est bon pour la santé ! Mais nous y reviendrons. Pour les bonnes résolutions 2006, je vous concocte un programme santé décroissance gratis pour retrouver la forme de vos 20 ans.

@+

Dr H Ballatin, pédales powered

 

Notes:

[1] : Et comme notre esprit et notre corps sont intimement liés, ceci explique peut-être l’état d’esprit frileux qui règne dans la populace.

[2] : Il s’agit de céréales issues de l’agriculture intensive, arrosées de pesticides en tout genre, qui sont retrouvés sous forme de traces tolérables, selon les normes, dans l’alimentation.

[3] : Ce faisant, votre bouche deviendra une pile, certes à très faible voltage mais suffisant pour perturber votre capital santé

[4] : A ce propos, le soja non fermenté est dangereux pour la santé car il apporte des isoflavones qui sont des œstrogènes végétaux et donc perturbent notre système hormonal, favorisant stérilité, cancers, troubles psychiques, troubles métaboliques…

16:00 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0)

05/12/2005

Les antibiotiques

LES ANTIBIOTIQUES

Aujourd'hui, le mot antibiotique est devenu courrant voire banal. Pourtant la banalisation de l'usage de ces substances fait encourir de grands risques à l'humanité. La Décroissance se voulant critique quant à l'utilisation aveugle des progrès techniques, il convient de réfléchir sur l'usage que nous faisons de ces molécules.

Commençons par une petite analyse étymologique. Le mot ANTI BIOTIQUE est formé de deux mots grecs : Anti : qui s’oppose, qui est en face, qui protège de ; et de Biôtikos : de la vie. Ainsi, sur le principe, les antibiotiques s’opposent à la vie. Mais, comme nous ne sommes pas des gens de principes bornés et absolus, nous passerons donc outre ces considérations (qui pourtant ne me semblent pas seulement symboliques).

Bien que l'on puisse admettre une certaine toxicité pour toute cellule vivante (il suffit pour s’en convaincre de lire les effets indésirables et les contre-indications inscrites sur les notices de ces médicaments, nos antibiotiques), ces chères [1] molécules produites par l’industrie pétrochimique, n’ont pas cette capacité à s’opposer à la vie en général, mais seulement à celles des microbes du genre bactérien (et parfois, par action croisée, du genre mycélien).

Historique 1.

Historiquement, les premiers antibiotiques sont naturels. Certains champignons, par exemple, produisent de la pénicilline afin d’éliminer de leur environnement des bactéries qui viendraient les concurrencer dans leur développement. Lorsque l’homme s’aperçoit de cette capacité, il la détourne pour soigner les infections bactériennes. Cette pratique permet alors d'éviter nombre de morts tragiques, secondaires à l’invasion du corps ou d’une partie de celui-ci par une souche bactérienne virulente à la faveur d'un traumatisme. On le voit, sur le principe, l’idée était d'autant plus belle qu'elle était très efficace.

Hélas, comme toute science sans conscience, la médecine, au travers du mésusage de cet outil, va à la fois le rendre moins opérant, mais aussi plus coûteux et plus dangereux.

En effet, la nature faisant bien les choses, celle-ci, afin de maintenir un équilibre, a doté certaines bactéries de la capacité à développer des résistances aux antibiotiques. Malheureusement l'emploi outrageux d'antibiotiques devant des symptômes susceptibles d’être liés à une infection bactérienne, sans pour autant que celle-ci soit prouvée, a eu des conséquences désastreuses. En maintenant les bactéries au contact prolongé d’antibiotiques, celles qui le pouvaient sont devenues résistantes, les autres ont été éliminées. Cette diminution de la biodiversité microbienne, en laissant vacant une niche écologique, a favorisé l’apparition de nouvelles maladies (virales notamment). Les problèmes qui en résultent sont écologiques, économiques mais aussi sanitaires, car certaines bactéries, très fréquentes, ont réagi en devenant à la fois résistantes aux antibiotiques mais aussi plus virulentes (donc plus pathogènes). Quand on vous dit que la Nature veille à l’équilibre…

Vous avez dit guerre bactériologique ?

La guerre bactériologique est une guerre déclarée par l’Humanité contre la "Microbité", plus radicalement aux USA d’ailleurs. Bien sûr, aujourd’hui, en France notamment, on veille aux bons usages (limités) de ces médicaments, et devant une fièvre, comme le dit la réclame de la CNAM [2], on ne prescrit plus d’antibio à titre systématique… Oui mais… Les firmes industrielles qui fabriquent ces molécules ont depuis longtemps devancé le manque à gagner.

D'une part parce que les problèmes sanitaires évoqués plus hauts ont poussé la recherche pharmaceutique à élaborer de nouvelles molécules pour vaincre ces bactéries résistantes, ce qui a eu pour effet de rendre sans cesse plus élevés les prix de ces nouveaux produits (puisqu’on vous le dit, la surconsommation d’antibiotiques pose également des problèmes économiques), et d'autre part parce qu’aujourd’hui, des antibiotiques, on en retrouve partout (lire la suite).

J’en vois qui se disent déjà que je dis n’importe quoi puisque j’ai précédemment déclaré qu’on faisait dorénavant attention à l’usage de ces médicaments. Certes, mais ce qui est vrai en médecine humaine, dont la motivation principale est économique (limiter les dépenses de la CNAM en remboursement), n’a pas d’application par ailleurs dans d’autres domaines.

Des antibiotiques partout ?

Aujourd'hui force est de constater que l'utilisation d’antibiotiques est peu contrôlée. L'usage vétérinaire est un bon exemple. En effet mise à part quand leur (sur)utilisation menace directement la productivité des firmes agroalimentaires (comme dans le cas du lait qui sert à faire vos yaourts) aucune restriction n’est réellement appliquée. Vous pouvez ainsi ingurgiter des antibiotiques dans les œufs (car les poules en batterie vivent dans des conditions favorables aux infections et donc sont régulièrement soignées aux antibiotiques, ce qui ne les empêchent pas de pondre), mais aussi dans toute préparation industrielle contenant des œufs (gâteaux, pâtes…). Certes, ce ne sont que des traces, à peine décelables par les techniques de laboratoires, mais qui représentent à la surface de la planète des tonnes d’antibiotiques.

Par ailleurs, quelques molécules d’antibiotiques, n’étant plus efficaces en tant que telles, sont dorénavant utilisées comme "vitamines" dans l’alimentation animale car elles possédaient des effets secondaires sur le métabolisme en augmentant la synthèse des protéines : elles permettent par exemple au veau ou au porc d’avoir une masse musculaire plus importante plus tôt. Mais si votre bifteck ou votre tranche de jambon favorisent la résistance des bactéries aux antibiotiques, ils ne vous soigneront pas votre angine pour autant, encore moins la septicémie, au contraire.

Toujours dans le domaine agro alimentaire, les propriétés bactériostatiques ou bactéricides [3] des antibiotiques ont une utilité directe : la conservation des aliments. C’est ainsi qu’on retrouvera à la surface de tel fromage un antibiotique déguisé en conservateur [4], etc., permettant à la malbouffe de rester plus longtemps en rayon ou de supporter le non-respect de la chaîne du froid…

 

Des armes de destructions massives

Revenons à notre guerre bactériologique, la seule qui existe et celle dont ne parlent pas les médias. Afin de satisfaire le "désir d’hygiène des ménages", on javellise depuis tant d’années que les bactéries commencent à résister à cette agression. Voyant ce phénomène et poussé par la contrainte marketing, les firmes pétrochimiques déclinent le principe antibiotique sous l’appellation "ANTI BACTERIEN". Et aujourd’hui, de votre taie d’oreiller au déodorant d’ambiance, de la lingette entretenant l’illusion de l’hygiène en l’absence de savon et d’eau au savon lui-même, du filtre aspirateur à la lessive, on vous colle mine de rien une arme contre la microbité entre les mains. Même les boutiques macrobiotiques s’y mettent, avec des "antibactériens naturels"…

Et non contents de participer à la destruction de la biodiversité des microbes, avec les risques que cela entraînent pour l’humanité, vous payez pour le faire ! Mais au juste, ils vous ont fait quoi les microbes pour que vous vous en preniez à eux ?

Historique 2

Car c’est vrai, la vie cellulaire est apparue sur Terre sous forme unicellulaire (des microbes donc). Ensuite, depuis quelques milliards d’années, ces microbes ont assimilé des déchets (cadavres, matières organiques en décomposition, gaz toxiques, etc.) afin de boucler le cycle de la vie. Lorsque, à la fin du 19 siècle, Monsieur Pasteur découvre leur responsabilité dans la survenue de maladies, il précise bien que "l’ennemi est en nous" et que leur implication dans la pathogenèse n’est possible qu’à la faveur d’un déséquilibre en nous. Alors, quand, au lieu de permettre aux humains de ne point souffrir des dits déséquilibres, la science part à la chasse aux microbes, elle commet une double erreur et un crime contre la Nature. Mais il n’y a pas de tribunal compétant sur la Terre pour ce type de crime.

Si aujourd’hui l’usage des antibiotiques peut s’entendre pour soigner des infections graves, il serait grand temps de permettre aux humains et aux animaux domestiques de vivre une vie hygiénique, saine, avec une alimentation correcte et des conditions de vies non stressantes pour prévenir la survenue des infections. Au lieu de cela la science maquée à l’industrie pétrochimique entretient le mythe qu’on éradiquera -demain- les microbes (pathogènes ?) de la surface planétaire alors qu’ils y jouent leur rôle à merveille et que notre agressivité pourrait probablement se retourner contre nous.

         Dr H. Ballantin

Notes :

[1] On peut ici entendre ce mot dans toutes ses acceptations : chère, parce que nous les aimons –pour le service rendu- mais aussi pour leur coût –qu’il soit financier ou environnemental, nous y revenons plus loin dans cette note.

[2] CAISSE NATIONALE DE L’ASSURANCE MALADIE – tout un programme-

[3] Limitant ou infléchissant le développement des bactéries

[4] Toutes les infos sur le site

17:15 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (1)

20/11/2005

Au sujet duTéléthon

Au sujet du TELETHON

 

Petite note imprévue, mais il nous paraît logique dans ce concert de bienséance d’apporter notre état d’esprit au cœur de l’actualité. Nous approchons de la grande kermesse audio télé visuelle nazionale : le TELETHON.

 

Je ne décris pas le principe larmoyant jusqu’à la nausée des images qui vont inonder notre inconscient branché sur le poste… Mais il me paraît nécessaire d’apporter des précisions : où va l’argent des donateurs ? Depuis qu’il existe, le télékon a permis de financer un des plus grand programme de recherche génétique au monde.

 

Résultat : la carte du génome humain est faite. Son utilisation pour l’instant n’est aucunement thérapeutique, mais par contre des outils de répression ont été élaborés : aujourd’hui, les traces génétiques laissées par les "criminels" servent de preuves à la justice. Par ailleurs, la recherche génétique a permis l’élaboration de techniques de modification du patrimoine génétique du vivant (petit rappel : vous, la mouche, la fleur de Lys et le maïs partagez 97% d’ADN en commun). Elle a aussi permis de réaliser les premiers clones animaux (et qui sait au fond d’un laboratoire moins éthique, ceux d’embryons humains).

 

Bref, les avancées scientifiques financées par les dons faits aux malades servent l’intérêt de ceux qui menacent la vie dans sa dimension moléculaire et donc dans son essence. Par contre, aucun "vaccin génétique" n'a été mis au point. Et pour cause, si les techniques sont envisageables, nul scientifique n’est assez fou pour se lancer dans ce type de réalisation dont les conséquences sont impossibles à évaluer (car un tel vaccin génétique pourrait échapper à la maîtrise des humains et avoir des répercussions inimaginables menaçant l’ensemble des espèces vivant sur cette planète).

 

Enfin, sur l’ensemble des dons, peu sont affectés aux malades. Les appareils (fauteuils, respirateurs, etc.) et traitements sont toujours aussi chers, rares et donc inaccessibles aux familles démunies de malades pauvres et non télégéniques (Car la manipulation médiatique récompense quelques peu celles et ceux qui étalent plus ou moins volontairement leurs souffrances devant les caméras).

 

En somme, continuez vos dons et demain le monde génétiquement modifié vous élèvera une stèle comme les peuples premiers en élevaient pour remercier notre père le Soleil et notre mère la Terre. Le Téléthon nuit à l’avenir de la planète en favorisant la croissance pour des laboratoires privés (le plus souvent) de recherche qui œuvrent pour des intérêts privés avant toute chose, notamment en favorisant la main mise de l’homo sapiens sur la Nature dont il a oublié qu’il n’était qu’un maillon.

 

Dr H. Ballantin

13:40 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0)