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10/05/2006

Grippe Aviaire

Grippe Aviaire
 
Un nouveau rapport de GRAIN  vient de sortir. A nouveau, il montre comment la grippe aviaire est instrumentalisée par les grands Organismes internationaux que sont l’OMS et la FAO pour accélérer l’industrialisation complète de l’agriculture. Les petits paysans qui sont les premières victimes de cette orientation n’ont bien sûr pas voie au chapitre.
 
Ce rapport illustre donc s’il en était besoin la façon dont la société industrielle procède pour diminuer encore et toujours l’autonomie dont chacun dispose. Il est effrayant de regarder s’intensifier chaque jour le risque de voir l’espèce humaine contrainte d’avoir recours au mode de production industrielle pour assurer sa subsistance.
 
 
LES COMMUNAUTES RURALES PAUVRES SONT ANEANTIES PAR LA REPONSE MONDIALE A LA GRIPPE AVIAIRE QUI LEUR EST IMPOSEE.
 
La réponse mondiale imposée d'en haut est en  train d'anéantir les petits agriculteurs et de perpétuer la situation de crise de la grippe aviaire.
 
Un nouveau rapport de GRAIN [1] analyse les politiques à l'origine de cette réponse mondiale et ses conséquences pour les pauvres. Ce rapport, qui s'ajoute à un précédent rapport de GRAIN paru en février 2006 [2], constate que les organismes des Nations Unies qui se trouvent en première ligne  de la réponse internationale à la grippe aviaire, l'OMS et la FAO, mènent des stratégies imposées de manière directive pour éradiquer la grippe aviaire. Et ces stratégies sont en même temps en train de détruire à long terme les bases de solutions soutenant les plus démunis.
 
Le rapport met l'accent sur la manière dont la FAO s'est détournée des élevages avicoles familiaux et montre l'absence de préoccupation de l'OMS pour les conséquences de ses mesures de lutte contre la grippe aviaire sur les petits paysans. L'approche globale de lutte contre la grippe aviaire coordonnée par ces organismes des nations Unies exclut totalement les communautés locales des prises de décision et ne tient pas compte de la dynamique de la maladie dans les contextes locaux. Cette approche est sans nuances, sans compréhension des besoins des populations et, ce qui est pire que tout, sans reconnaissance des compétences et des connaissances que les agriculteurs ont pour gérer ce virus. Les stratégies sont appliquées avec zèle par les gouvernements, dont beaucoup sont négligents sinon hostiles vis à vis des petits agriculteurs et de la biodiversité avicole qu'ils entretiennent, avec des conséquences catastrophiques pour les populations rurales.
 
Le rapport soutient que la solution proposée, une orientation complète vers l'agriculture industrielle, nous ramène tout simplement au point de départ de l'actuelle crise de la grippe aviaire.
 
INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES
 
[1] GRAIN, 2006, "Grippe aviaire: Une réponse mondiale imposée d'en haut", A contre-courant, mai 2006, http://www.grain.org/articles/?id=15
 
[2] GRAIN, 2006,   "Qui est le dindon de la farce? : Le rôle central de l'industrie de la volaille dans la crise de la grippe aviaire", février 2006
 
http://www.grain.org/briefings/?id=195
 
ABREVIATIONS:
OMS: Organisation mondiale de la santé;
FAO : Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (Food and Agriculture Organisation).

15:35 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0)

17/03/2006

Grippe Aviaire (Suite)

 

Grippe Aviaire


Le communiqué de presse suivant de l'association GRAIN est la version courte de l'article http://www.grain.org/briefings/?id=195


Ce rapport est véritablement édifiant ! Il met en évidence de façon clair ce que nous pressentions : l'interdiction aux petits producteurs d'élever des volailles en plein air n'a pas pour but de lutter contre la Grippe Aviaire, mais vise en fait à développer l'industrie avicole qui est paradoxalement la cause de cette maladie !


Ce rapport vient donc confirmer au moins trois choses :


1) Les mass-médias en ne pointant du doigt que les oiseaux migrateurs sont coupables de désinformation ! Loin de jouer leur rôle de contre-pouvoir, ceux-ci ne font désormais que servir les intérêts financiers des grands groupes économiques.


2) Cet exemple illustre de façon convainquante la façon dont progresse le système technicien si bien décrit par Ellul. On voit en effet comment le besoin de toujours plus de d'organisation et de contrôle (tous deux nécessaires a son développement) a une nouvelle fois conduit le système jusqu'à la mesure la plus radicale : suprimer l'incontrolable ! Ici, l'ensemble des petites exploitations familliales dispersées sur la planète.


3) Une relocalisation s'impose. En effet l'étude de GRAIN montre que d'une part c'est la concentration de volailles qui est à l'origine de l'apparition de la forme pathogène qu'est le H5N1, et que d'autre part ce sont l'ensemble des deplacements et des transports liés à la filière avicole qui sont responsables de la propagation du virus. Une production limitée de vollailes destinées à une consommation locale serait donc le meilleur rempart contre cette maladie. Cela, sans même évoquer les avantages en termes d'émission de Gaz à effet de serre, d'emplois, etc. que cette solution comporte !


Bref, nous ne saurions trop vous conseiller de prendre le temps de lire la version longue de ce rapport.


COMMUNIQUE DE PRESSE

GRAIN le 2 mars 2006


Un rapport de GRAIN établit que l’industrie avicole mondiale est à l’origine de la crise de la grippe aviaire.


Les petits élevages avicoles et les oiseaux sauvages sont injustement rendus responsables de la grippe aviaire qui affecte actuellement plusieurs parties du monde. Un nouveau rapport de GRAIN montre comment l’industrie avicole multinationale est à l’origine du problème et devrait être au centre des actions menées pour maîtriser le virus.


L’expansion de la production avicole industrielle et des réseaux commerciaux ont créé les conditions idéales à l’apparition et à la transmission de virus mortels comme la souche H5N1 de la grippe aviaire. Une fois qu’ils ont pénétré dans les élevages industriels surpeuplés, les virus peuvent rapidement devenir mortels et se développer. L’air vicié par la charge virale est transporté sur des kilomètres à partir des fermes infectées, pendant que les réseaux d’échanges commerciaux intégrés répandent la maladie par les nombreux transports d’oiseaux vivants, de poussins d’un jour, de viande, de plumes, d’œufs à couver, d’œufs, de fumier de volaille et d’alimentation animale.


« Tout le monde se focalise sur les oiseaux migrateurs et les poulets de basse-cour comme étant le problème, » indique Devlin Kuyek de GRAIN. « Mais ils ne sont pas les vecteurs effectifs de la forme fortement pathogène de la grippe aviaire. Le virus les tue, mais il est peu probable que ce soit eux qui le propagent. »


Par exemple, en Malaisie, le taux de mortalité par le H5N1 chez les poulets des villages est seulement de 5%, indiquant que le virus a du mal à se propager dans les petits élevages de poulets. Les manifestations de H5N1 au Laos, qui est entouré par des pays infectés, se sont seulement produites dans quelques fermes industrielles du pays, qui sont fournies par des établissements d'incubation Thai. Les seuls cas de grippe aviaire dans la volaille de basse-cour, qui couvre plus de 90% de la production du Laos, se sont produits à côté des fermes industrielles.

Les gouvernements des pays de l’Union Européenne ont répondu à la découverte des cygnes, des oies et des canards morts infectés avec des mesures sévères obligeant à l’enfermement des volailles. Maintenant, ils sont bien embêtés car la première et seule manifestation significative de contamination de volaille domestique s’est déclarée dans un gros élevage industriel de dindes en France, où les 11 000 volatiles étaient confinés, totalement séparés des oiseaux sauvages.


« Il apparaît de plus en plus évident, comme on l’a vu aux Pays-Bas en 2003, au Japon en 2004, en Egypte en 2006, que la grippe aviaire mortelle se déclare dans les grosses fermes industrielles et qu’ensuite elle se propage, » explique Kuyek.

Le cas de contamination nigérienne qui s’est déclaré au début de l’année a commencé par une seule ferme industrielle, appartenant à un membre du Conseil des Ministres, éloignée des axes principaux de déplacements des oiseaux migrateurs mais elle était connue pour importer des oeufs à couver hors réglementation. En Inde, les autorités locales indiquent que le virus H5N1 est apparu et s’est répandu à partir d'une ferme industrielle appartenant à la plus grande compagnie avicole du pays, les couvoirs Venkateshwara.


La question cruciale est de savoir pourquoi les gouvernements et les agences internationales, comme l'Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ne font rien pour enquêter sur la manière dont les fermes industrielles et leurs sous-produits, tels que l'alimentation animale et le fumier, propagent le virus. Au lieu de cela, ils se servent de la crise comme une occasion d'industrialiser davantage le secteur avicole. Les initiatives se multiplient pour interdire la volaille en plein air, pour évincer les petits producteurs et pour réapprovisionner les fermes avec des poulets génétiquement modifiés. Le réseau de complicités avec une industrie prise dans une série de dénis et de dissimulations semble total.


« Les agriculteurs perdent leurs moyens d’existence, les poulets locaux sont éliminés et quelques experts déclarent que nous sommes à l’aube d’une épidémie humaine qui pourrait tuer des millions de personnes, » conclut Kuyek. « Quand les gouvernements réaliseront-ils que pour protéger la volaille et les personnes contre la grippe aviaire, ils doivent les protéger contre l'industrie avicole mondiale ? »

 

* * * GRAIN est une organisation non gouvernementale internationale (ONG) dont le but est de promouvoir la gestion et l'utilisation durables de la biodiversité agricole fondées sur le contrôle exercé par les populations sur les ressources génétiques et les connaissances locales. Contact: Devlin Kuyek, GRAIN, à Montréal, Tél: +1 514 2737314, Email: devlin (at) grain.org Web:

http://www.grain.org


* * *

1. Le rapport entier, « Qui est le dindon de la farce ? Le rôle central de l’industrie avicole dans la crise de la grippe aviaire », est disponible sur le site :

http://www.grain.org/briefings/?id=195


2. La fiente de poulet et la litière des sols des élevages industriels de volaille sont des ingrédients courants de l’alimentation animale.



08:55 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (1)

03/02/2006

La grippe aviaire

  LA GRIPPE AVIAIRE, C’EST BON POUR LA CROISSANCE

(Sur ce sujet lire aussi note sur grain  )

Peut-être vous demandez vous pourquoi « on » nous parle tant de la grippe aviaire (80 morts au plus quelques milliers) et si peu du SIDA ou du paludisme (plusieurs millions de morts par an chacun) ?

Pourquoi le budget soudainement débloqué par chacun des pays développés pour se protéger d’une hypothétique pandémie de grippe aviaire, pourrait régler en partie les 2 autres pandémies suscitées ?

Pourquoi le cours en bourse du laboratoire ROCHE, qui commercialise le Tamiflu° s’est-il envolé ?

Ce médicament nous est présenté comme l’unique moyen de traiter cette maladie. Qu’en est-il puisque les enfants turcs n’en bénéficient pas plus que les Thaïs qui meurent de cette maladie ?


Notre beau pays en stocke des milliers de tonnes, mais pas de quoi soigner toute la population hexagonale. Qui en bénéficiera, qui en sera exclus ?


Toujours est-il que juste avant le tapage médiatique autour de ce médicament et encore plus depuis, l’action en bourse de Roche grimpait et les actionnaires faisaient des bénéfices sur la mort de quelques centaines et la menace qui pèse peut-être sur l’humanité… Et parmi eux, un actionnaire célèbre, participant au directoire administratif du laboratoire Roche : Dick Cheney, et oui, le bras droit de Georges W… président « du monde libre ».


Alors oui, consommons du bois tropical, non seulement c’est beau dans la salle de bain mais en plus ça fait sortir des virus de leurs réservoirs naturels (et oui, ces virus comme H5N1, ébola, etc. suivent les grumes de bois sur les routes forestières dans le ventre des animaux qui les hébergent et que l’exploitation forestière déloge en pourrissant leur environnement). Du coup, on vend du bois puis on fait peur avec des nouvelles maladies puis on vend des médicaments, des journaux (en papier pas recyclé) qui montre des morts, des journaux qui crient au danger pandémique, on enrichit les actionnaires de Roche… Bref, le poisson (avec 2S, comme la waffen) de la croissance se mord la queue. A moins que le poison (avec 1S) de la croissance ne donne la fièvre de la grippe aviaire à l’humanité, je pense que la paranoïa ambiante ne profite qu’à une poignée (toujours les mêmes, hein, Dick) et permet d’oublier un peu plus une grande majorité.


A bientôt, car au printemps, les oiseaux migrateurs reviennent… Alors n’oubliez pas d’acheter vos actions Roche avant le 21 mars, après, il sera peut-être trop tard.


« HB », le docteur qui ne craint ni les bombes, ni les microbes

09:10 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (2)