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14/02/2006

James Lovelock

 

James Lovelock



A l'occasion de la sortie du dernier livre de James Lovelock voici ci-dessous un article du Monde datant du 10 février signé par Hervé Kempf. On y apprend notamment que Lovelock pourfend les illusions du développement durable ou des éoliennes, appelle à la décroissance des consommations matérielles, à une "retraite" de l'économisme. Ainsi donc le pére de la théorie Gaïa ( l'hypothèse selon laquelle la Terre constitue un ensemble vivant autorégulé) serait, lui aussi, partisan de la Décroissance ?

Il ne nous reste qu'à attendre patiemment la traduction de son ouvrage The Revenge of Gaia dans notre langue.

Le monde 10 fevrier

« Vraiment, des milliards de gens vont mourir du fait du changement climatique ? » "Oui. Avec le réchauffement, la plus grande partie de la surface du globe va se transformer en désert. Les survivants se grouperont autour de l'Arctique. Mais la place manquera pour tout le monde, alors il y aura des guerres, des populaces déchaînées, des seigneurs de la guerre. Ce n'est pas la Terre qui est menacée, mais la civilisation."



Le ton est des plus tranquilles, et l'on converse dans l'ambiance sereine d'un cabinet de travail au coeur d'un cottage du Devon plus britannique que nature. D'ailleurs, l'aimable grand-père s'étonne lui-même de sa prophétie : "Je suis un homme joyeux, je n'aime pas les histoires de catastrophes. C'est ce qui rend celle-ci si étrange." Il n'en doute pas : un seuil a été franchi, une machine irréversible est en marche, le réchauffement va s'emballer, atteignant 8 °C en un siècle — un niveau insupportable pour la planète et les hommes qui y vivent. Quand aura lieu la crise ? Avant 2050.

On voudrait bien ne pas l'entendre, se complaire dans l'idée que les choses sont en train de s'arranger, que Kyoto avance, que le développement durable modifie peu à peu la donne, que le vilain Bush va quitter la scène. Sauf qu'il est difficile de négliger un des savants les plus rayonnants des dernières décennies : James Lovelock a peut-être des idées fantaisistes, mais c'est une fantaisie qui a fait de lui, au minimum un très grand scientifique, et peut-être l'inventeur d'une théorie qui pourrait le placer dans la lignée des Newton, Maxwell ou Darwin...

Mais qui est-il ? Surprise : en France, il est totalement ignoré. Au mieux aura-t-on entendu parler de l'hypothèse Gaia, une théorie bizarre et un peu suspecte. En Angleterre, c'est un chéri des médias. Il est célèbre en Allemagne, populaire au Japon, traduit en Espagne. La France est-elle trop étroitement cartésienne ou, plus simplement, provinciale ? Peu importe. Sir Lovelock, qui a inventé divers instruments toujours utilisés aujourd'hui, compte plus de 200 articles scientifiques à son actif, est membre de la Royal Society (l'équivalent de l'Académie des sciences française, en plus chic), a accumulé distinctions et titres dont l'énumération remplirait la moitié de cette page. A 86 ans, tout en contemplant avec sérénité la perspective de la mort — "à notre époque, il est immoral de vouloir vivre au-delà de cent ans" —, il parle comme s'il lui restait sa vie à vivre.

D'ailleurs, il aime bien les tournants. Vers 40 ans, raconte-t-il, "j'avais un job très sûr, presque aucune contrainte, un très bon salaire selon les standards de l'époque. Je me voyais aller tranquillement vers la retraite — ça m'horrifiait. Heureusement, j'ai reçu une lettre de la Nasa qui m'invitait à venir concevoir des instruments qui seraient posés sur Mars ou Vénus. Cela m'a donné une excuse honorable pour quitter un employeur parfait."

Le docteur en médecine travaillait depuis 1941 au Medical Research Council de Londres, côtoyant des hommes comme Archer Martin, Prix Nobel de chimie en 1952. James avait notamment étudié le rhume et inventé divers dispositifs, dont l'un, le détecteur par capture d'électrons, s'est imposé comme un classique des instruments de laboratoire. Il n'hésitait pas à payer de sa personne : étudiant les brûlures pendant la guerre, il se brûlait le bras, avec des collègues, plutôt que de sacrifier des lapins innocents. "Au bout d'une semaine, je pouvais mettre une cigarette sur mon bras sans rien sentir. Mais j'étais quand même trop malade, j'ai arrêté ça."

Le voilà donc en 1961 entre Houston et Los Angeles. Il étudie des dispositifs permettant de prélever du sol de Mars afin d'observer si l'on y trouve des traces de vie. Mais le biologiste ingénieur propose une solution différente : "Il fallait analyser la composition de l'atmosphère sur Mars. Mon argument était que, s'il y avait de la vie sur Mars, elle influerait sur l'atmosphère, celle-ci étant à la fois matériau de la vie et réceptacle de ses rejets. L'atmosphère serait transformée, ce que révélerait l'analyse."

Il conçoit des expériences à cette fin, et commence à faire germer l'idée qui va le rendre célèbre : "Il est apparu que l'atmosphère de Mars était complètement équilibrée, et qu'il n'y avait pas de vie. Or, sur la Terre, il y a une atmosphère extraordinaire, avec un gaz très réactif, l'oxygène : elle devrait être très instable, mais elle reste pourtant toujours au même niveau, favorable à la vie. Vous pouvez en déduire que quelque chose doit la réguler pour qu'il reste constant." L'hypothèse que la Terre constitue un ensemble vivant autorégulé naît. Elle prend le nom de "Gaia" — la Terre mère, dans la mythologie grecque —, suggéré par son ami William Golding, qui recevra le prix Nobel de littérature en 1983.

Après ces années 1960, le développement de la théorie Gaia va occuper l'essentiel de la vie de Lovelock, qui subsiste confortablement en tant que scientifique indépendant, consultant pour des organisations comme la Nasa ou la société Shell. En 2001, plusieurs sociétés savantes internationales (Diversitas, IGBP, etc.) endossent la théorie, déclarant que "le système Terre se comporte comme un système unitaire autorégulé constitué des composants physiques, chimiques, biologiques et humains". L'ancien quaker — il a abandonné la foi en 1951, devenant agnostique — prend bien garde à ne pas se laisser entraîner dans une interprétation spiritualiste de sa théorie. Mais il précise qu'"en privé" il considère "l'espèce humaine comme le système nerveux de Gaia".

Ce système nerveux se transforme en empoisonneur, affirme Lovelock dans The Revenge of Gaia (La Revanche de Gaia), qui paraît en Grande-Bretagne ces jours-ci chez Penguin. "Cela me rappelle 1938 : les gens, les politiciens, tout le monde savait que la guerre arrivait, mais personne n'agissait de manière sensée. Notre situation est similaire : le désastre peut survenir soudainement."

Il pourfend les illusions du développement durable ou des éoliennes, appelle à la décroissance des consommations matérielles, à une "retraite" de l'économisme — et constate l'inertie des sociétés industrielles. La catastrophe est à la porte et nous ne faisons rien. Mais, au fond, on dirait que cet homme gai et dont le parcours est un tissu d'imagination et d'indépendance peine à croire à sa prophétie. "La vie est si excitante."

Hervé Kempf

15:40 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (2)

11/02/2006

Un record pas olympique !

 

Un record pas Olympique !

Mais que faudra-t-il pour que nos dirigeants prennent enfin des décisions à la mesure des enjeux environnementaux ?

Alors que l’année 2005 a été la plus chaude depuis plus d’un siècle (voir l'article de Science et Avenir ci-dessous), alors que le risque d'embalement climatique se fait de plus en plus probable dans les prochaines années, nous ne pouvons être qu'afligés par les réactions affichées tant par les politiciens (de droite comme de gauche) que par les syndicats à l'annonce des mauvais chiffres enregistrés par PSA Peugeot Citroën ( une chute de près de 40% de son bénéfice net pour l'exercice 2005.). La seule question à l'ordre du jour est de savoir comment relancer la production ?

Ne faudrait-il pas se demander au contraire comment dimminuer de manière significative et le plus rapidement possible, le parc automobile français ?

D'une part l'énergie bon marché à laquelle nous sommes habituées ne sera plus disponible encore longtemps (il suffit pour s'en convaincre de remarquer les prix du barril de pétrole ne sont plus aussi stables qu'ils l'ont été ...). Il est donc impossible de continuer de la sorte. Et même si cela l'était cela ne serait pas souhaitable. En effet outre la pollution engendrée par l'ultilisation démesurée de la voiture (et donc l'agravation de l'effet de serre), il faut comprendre que même d'un point de vu social, la voiture se traduit par des coût individuels et collectifs non négligagles. Notons que d'après l'INSEE un ménage français consacrait 4273 Euros par mois fin 2004. Ceci ne prenant pas en compte les frais collectifs que sont les hôpitaux, l'aide aux handicapés, réalisations des routes etc.

C'est à un changement de société que nos politiciens doivent s'attaquer et vite !

Pour finir, rappelons que les états-unis ont été jusqu'à faire pression sur la NASA pour que celle-ci ne divulgue pas les résultats de ses analyses présentés succintement ci-dessous...



Record de chaleur séculaire battu en 2005



L’année 2005 a été la plus chaude depuis plus d’un siècle, d’après une analyse des températures relevées à la surface de la Terre publiée par une équipe de la NASA. Jusqu’à présent le record était détenu par l’année 1998, suivie par 2002, 2003 et 2004, en ordre décroissant. Les climatologues de l’Institut Goddard (GISS) soulignent que d’autres études placent 2005 en seconde position des années les plus chaudes depuis 1890, date des premiers relevés systématiques de températures. La différence vient du fait que l’analyse du GISS inclut l’Arctique, où l’année 2005 a été particulièrement chaude.

Fait notoire : l’année 1998 a été marqué par un phénomène El Niño très fort qui a contribué à la montée des températures cette année-là. Rien de similaire ne s’est produit en 2005. La tendance au réchauffement se confirme. Les cinq années les plus chaudes du siècle sont concentrées sur les huit dernières années, soulignent les chercheurs. Ils constatent que les températures ont augmenté de 0,6°C en trente ans et de 0,8°C sur un siècle.

C.D.

12:25 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0)

30/01/2006

ça chauffe

 

L'article ci-dessous souligne que le réchauffement climatique se révèle être encore pire que ce que de nombreux « spécalistes » annonçaient. Combien de fois faudra-t-il le dire ?

La croissance économique infinie avec son cortège de nuisances, dont l'émission de gaz à effets de serre n'est qu'un aspect, n'est pas soutenable !

Si nous voulons laisser un monde humain à nos enfants, la Décroissance énergetique est nécessaire. Il faut dés à présent s'engager vers une diminution de notre consommation d'énergies non renouvelables. L'évolution récente des prix du barril de pétrole devrait d'ailleurs nous aider à prendre des décisions allant de ce sens.

Toutefois attention ! Si la décroissance énergetique est inéluctable, sa modalité reste à inventer ! Il nous faut donc veiller à ce que celle-ci prenne place dans une société du partage et de la convivialité. Dans une société comme la notre, une décroissance énergertique incontrôlée pourrait bien se retourner contre l'homme et se traduire, par exemple, par une augmentation des inégalités sociales...

Lundi 30 janvier 2006, 12h49

La Terre se réchauffe à un rythme "insoutenable", selon un rapport britannique

LONDRES (AFP) - L'augmentation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère provoque un réchauffement du climat à un rythme "insoutenable" qui pourrait avoir des conséquences majeures sur l'environnement et la géographie de la planète, affirme lundi un rapport gouvernemental britannique.

"Il est à présent évident que l'émission de gaz à effets de serre, associés à l'industrialisation et la croissance économique d'une population mondiale qui a augmenté par six en 200 ans, provoque un réchauffement climatique à un rythme qui est insoutenable", affirme le Premier ministre Tony Blair dans la préface de ce rapport.

A la lecture de ce document, il apparaît "que les risques de changement climatique pourraient bien être plus grands que ce que nous pensions", poursuit M. Blair.

Il y a à présent "plus de clarté et moins d'incertitudes" concernant l'impact du changement climatique, affirme le rapport, et "dans bien des cas, les risques sont plus sérieux que précédemment estimé".

Selon le professeur Chris Rapley, du British Antarctic Survey, le centre de recherche britannique sur l'Antarctique, la calotte glacière de l'ouest du continent blanc pourrait être en train de se désintégrer.

Les scientifiques craignent qu'un tel événement ne provoque une augmentation significative du niveau des mers autour du globe, avec des conséquences majeures sur la géographie mondiale.

Le rapport, intitulé "Eviter un changement climatique dangereux", compile les travaux de scientifiques réunis en février 2005 à l'occasion d'une conférence sur le changement climatique, organisée à Exeter (sud-ouest de l'Angleterre) par l'office météorologique britannique, le Met Office. 

18:00 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0)