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06/12/2006

Moins de cadeaux ?

medium_Noel.jpgUn petit article en faveur de la Décroissance écrit par un enseignant à l’approche de Noël. SOURCE 

Moins de cadeaux, peut-être ?

Ne l'entend-on pas souvent? Il faut à tout prix contribuer à la croissance de notre région, de notre province, de notre pays. D'accord! Comment pourrait-on être contre ces belles intentions? Cependant, nous arrive-t-il de nous questionner à savoir ce qui se cache derrière cette notion de croissance?

On le sait, par ses mécanismes de régulation interne, le capitalisme pousse tout individu à rechercher la productivité (dans son travail d'abord, mais dans sa vie personnelle ensuite).

Le capitalisme ne peut survivre qu'en état de perpétuelle croissance, d'où cette nécessité de vouloir innover, de vouloir se dépasser, de vouloir être "compétitif" au plan individuel autant qu'au plan collectif. En ce sens, il est un système économique tout simplement formidable.

Mais un système économique, aussi formidable puisse-t-il être, a ses failles et ses lacunes, et ne doit jamais être érigé au rang de dogme. Ne connaît-on pas, au moins depuis Marx, l'amoralité, l'asocialité et l'inhumanité du capitalisme? Je me questionne, car depuis la chute du mur de Berlin, l'humanité semble se résigner au fait qu'il n'y a qu'une vérité, qu'un bon système : le capitalisme, version néolibérale. Elle est là l'erreur qui pourrait causer notre perte.

Pendant longtemps, il était possible de voiler les déficiences du capitalisme en prétextant qu'un jour ou l'autre tous allaient profiter des retombées positives du "progrès".

Or, ce dont il faut prendre conscience dorénavant, c'est que croissance économique rime avec une destruction effrénée des ressources naturelles, avec la modification irréversible du climat de la planète et, bien sûr, avec la fragilisation de la vie sous toutes ses formes (même humaine).

Mon discours n'est pas écologiste. Au contraire, il est très anthropocentrique. Ce n'est ni le sort des poissons, ni le sort des phoques qui me préoccupent. Ce qui m'interpelle, c'est le sort de l'espèce humaine. Au nom de principes économiques, au nom du dieu de la croissance, l'humanité détruit les conditions mêmes de sa survie.

Parlez de développement durable si vous le voulez, parlez de Kyoto. Ce sont des premiers pas (bien insuffisants) que même nos gouvernements ne sont pas prêts à franchir. L'avenir de l'humanité ne passe pas par un "développement" durable, mais bien par une "décroissance" contrôlée.

Mon discours est tout à fait illogique, irrationnel, voire illusoire selon un paradigme économiste. Cependant, l'humanité a franchi la limite de la logique et du raisonnable depuis longtemps. C'est le paradigme de la morale et de l'éthique qui devrait maintenant conditionner nos actions, sans quoi cette décroissance sera soudaine et définitive.

Concrètement, en Occident, une décroissance devrait prendre la forme d'une élimination de toute surconsommation. J'irais même plus loin en avançant que même la publicité pernicieuse encourageant la surconsommation devrait être abolie. Vous voulez des suggestions : allonger la durée de vie des objets qu'on achète et cesser de suivre les "tendances" (une télévision neuve, une voiture neuve, un réfrigérateur neuf), utiliser le transport en commun, réduire significativement le montant dépensé pour les cadeaux de Noël (pourquoi pas?!).

Dans les années soixante, on rêvait du XXIe siècle comme d'une société du loisir qui privilégierait les relations humaines. Y sommes-nous parvenus? Non. On se fait plutôt dire par Lucide Bouchard qu'on ne travaille pas assez, qu'on n'est pas suffisamment compétitif. Et on oublie que ce désir d'augmentation de la productivité répond à une logique capitaliste qui ne se soucie guère de l'éboulement que la montée vers le sommet provoque.

Pour paraphraser les Cowboys Fringants : on vit dans un "univers où le verbe avoir a pris le dessus sur le verbe être, où tous les gens se font accroire que la possession est la seule quête". Achèterez-vous autant de cadeaux à Noël?

Daniel Landry
Enseignant d'histoire et de sociologie
Collège Laflèche

17:25 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : décroissance

25/10/2006

Decrescita

medium_NOTAV1.jpgDecrescita

 

 

Décidément nos amis italiens ne sont pas en reste pour ce qui est de mettre en pratique la Décroissance (la decrescita comme on dit la bas). Dans un récent article de rebellion.info , on apprend en effet que « 50 000 personnes ont manifesté le 14 octobre dernier à Rome contre les grands travaux (pont de Sicile, digue de Venise, construction de la ligne ferroviaire Lyon Turin) ». Tous ces projets ne visant qu’à contribuer à l’augmentation globale du trafic et donc de ce qui va avec : destruction des écosystèmes, plus de pollution, concurrence économique accrue, uniformisation des modes vies, des cultures,, on ne peut que soutenir et remercier toutes ces personnes qui se sont mobilisées pour manifester leur opposition à la démesure industrielle !

 

 

Mais les réjouissances ne sont pas finies, les opposants à la ligne Lyon Turin, fêteront le dimanche 29 octobre l’anniversaire de « la "bataille de Seghino" où la population du Val de Suse avait résisté à l’attaque de la police qui voulait protéger les sondages du chantier du Lyon Turin… » (Voir par exemple la brochure A toute allure pour plus d’info sur cette bataille)

 

 

Alors qu’en France la campagne électorale se focalise une fois de plus sur la question du COMMENT faire plus de croissance et non du POURQUOI, cela fait plaisir de constater que nos voisins, eux, connaissent des débats de bien meilleure qualité !

 

Signalons aussi pour les italianophones le site italien de la décroissance :

 

http://www.decrescita.it/

15:05 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : décroissance

25/09/2006

Portrait d'un décroissant

Portrait d'un décroissant

 

Voici le portrait d'un décroisseur berrichon brossé par le journaliste Eric Mainville. Merci à lui de s'être intéressé à nous.

 

 

Hercule V. est dans sa salle de bain. Il passe un savon d’Alep sous l’eau pour le faire mousser. Il étale la mousse sur ses joues et se rase. Une fois rasé, il passe dans la cuisine où sa femme et ses deux enfants sont déjà installés. Il est 7 h 30. Un bol de chicorée, des tartines et il attrape sa sacoche. Au revoir à la famille. Direction la gare. Temps clément : la journée commence bien pour ce professeur de mathématique adepte de la décroissance.

 

 

Comment reconnaître un décroissant ? A de petits détails. Remplacer la bombe de mousse à raser par du savon d’Alep, le café par de la chicorée, la voiture par le train. Autant de gestes qui ont pour but de préserver l’environnement.

 

 

 Consommer moins

 

 

La décroissance, c’est aussi et avant tout consommer moins. « Nous n’utilisons la voiture qu’une fois par semaine depuis que nous vivons dans le centre ville de Bourges (Cher). Personnellement, je n’ai pas de téléphone portable. J’achète très peu de choses, à part des livres. »

 

 

Des livres traitant de décroissance, mais pas seulement. Des revues alternatives : La décroissance, CQFD, L’écologiste, Le Monde diplomatique, Silence, Sortir du nucléaire, L’age de faire, Plan B, Offensive libertaire… Il consulte aussi des sites Internet : décroissance.org et décroissance.info.

 

 

C’est en lisant ces revues qu’il a commencé à s’intéresser au sujet, il y a trois ans. Depuis, son mode de vie a changé. « Bien sûr, on est toujours obligés de faire des compromis. On s’adapte en changeant de petites choses. »

 

 

 Consommer local

 

 

S’il choisit la chicorée, c’est qu’elle est produite en France. Elle nécessite de moins longs transports que le café de Colombie ou d’Ethiopie. Pour les légumes aussi, il favorise les producteurs locaux. Moins d’énergie consommée en transport, cela réduit d’autant l’impact sur l’environnement.

 

 

D’autres achats décroissants : le savon de Marseille au lieu de gel douche. En place de lessive, des noix de lavages. Il avait une chaîne hifi. Tombée en panne, il l’a remplacée par un vieux poste de radio.

 

 

 Rencontrer des militants

 

 

Hercule est militant. « Je suis convaincu de la nécessité de la décroissance. Si l’on continue ainsi, notamment avec l’émergence de pays comme la Chine, il n’y aura bientôt plus de ressources pour tous le monde. Je suis très inquiet pour l’avenir de mes enfants. »

 

 

Il était à Saint-Nolff (Morbihan) du 7 au 9 juillet dernier. Ces journées de réflexion ont réuni 400 personnes venues de France et de Belgique. Tous se disent « objecteurs de croissance » ou adeptes de la décroissance. « Grâce à ces rencontres, je me suis aperçu que je n’étais pas le seul à avoir ces idées. »

 

 

Hercule anime un blog depuis octobre 2005 avec des amis. Ensemble, ils s’appellent le groupe de décroisseurs berrichons. Un petit groupe, en fait, dont les membres se comptent sur les doigts d’une main. Mais un groupe actif. Ils communiquent grâce à leur blog et en participant à des manifestations.

 

 

Présidentielle 2007

 

 

Ils seront au Forum des organisations environnementales qui se déroulera à Bourges du 5 au 8 octobre. Ils tiendront un stand. Ils mettront à disposition des tracts et des affiches sur la décroissance et la déplétion (moment à partir duquel la capacité de production de pétrole maximale aura été dépassée).

 

 

En 2007, Hercule ne sait pas pour qui il votera. « Aucun candidat ne représente les idées de la décroissance. Chez les Verts, il y avait Yves Cochet. Il a été battu par Dominique Voynet. Les écologistes ont clairement opté pour le développement durable contre la décroissance. »

 

 

 

Décroissance / développement durable

 

 

La différence entre développement durable et décroissance ? Voici ce qu’en dit le site décroissance.info : « Ces deux notions peuvent paraître proches mais elles sont radicalement opposées... En quelques mots on peut dire que le ’développement durable’ cherche à concilier croissance économique et respect de l’environnement alors que la ’décroissance’ considère que la croissance économique est un des principaux facteurs de la destruction de notre environnement. »  (Voir  le Tableau comparatif entre les deux notions)

 

 

Parler de la décroissance à ses élèves ? Hercule ne l’envisage pas pour l’instant. « En tant que prof de math, ce n’est pas mon rôle. Organiser une animation avec un collègue de science, peut-être, à l’avenir. » Pour lui et sa famille, la décroissance est un engagement personnel. Une façon de préparer l’avenir.