Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/02/2007

Chirac contre la Décroissance

medium_chirac.jpgSuite à l’appel du Président Jacques Chirac en faveur d’une vaste « mobilisation internationale contre la crise écologique et pour une croissance respectueuse de l’environnement », on a pu lire récemment dans la presse sa position concernant ceux qui prônent « la croissance zéro ».

Selon notre président « L’aspiration des peuples à une vie meilleure est une aspiration légitime » mais « la planète ne pourra supporter longtemps le mode de croissance qui est le nôtre. Pour sortir de ce dilemme, nous devons inventer une autre croissance » (cf. Le figaro).

Une autre croissance ! Diantre ! Le Brain-Trust de l’Elysée aura dû passer nombre de nuits blanches à plancher sur ce concept... Notre président précise sa pensée dans une interview donnée dans  Le Nouvel Observateur :

N. O.- Y a-t-il pour vous une incompatibilité entre protection de l'environnement et poursuite de la croissance?

J. Chirac.- Il n'y a pas de maîtrise de l'environnement par la baisse de la croissance. Dans un monde où tant de gens souffrent de la faim, l'idée de la croissance zéro est une absurdité. C'est moralement impossible et absurde. Il faut donc faire autre chose. Et « autre chose », c'est la maîtrise de l'émission des gaz à effet de serre, et on a tout de même beaucoup de moyens de le faire.

La décroissance est donc, aux yeux de Jacques Chirac, « moralement impossible et absurde ». Pour lui, il est ainsi moralement acceptable de laisser espérer aux peuples des pays dits en voie de développement qu’ils pourront accéder au même niveau de vie que ceux des pays occidentaux tout en sachant par ailleurs  que notre planète ne dispose d’ores et déjà plus des ressources nécessaires pour assurer le maintien de la consommation actuelle (l’empreinte écologique globale dépasse, selon les calculs du WWF, une planète). Pourtant ces gens qui « souffrent de la faim » ne le doivent-ils pas au contraire à cette même croissance qui sous sous la forme du Développement les a, en détruisant les modes de vie vernaculaires,  rendus dépendant du système économique globalisé, les plongeant ainsi dans la misère ?

D'ailleurs une croissance qui ne fait qu'augmenter l’écart qui sépare les plus riches, toujours plus riches, des plus pauvres toujours plus pauvres est-elle morale ? On sait pourtant bien que la croissance économique n’engendre pas de création d’emplois comme le montre un récent  rapport du BIT. Alors pourquoi s’accrocher à ce mythe ? Pour résoudre le problème du terrorisme comme le professait Jacques Chirac au Caire (cf. l'article ici) ?

Enfin de compte qu’est-ce qui est le plus absurde ? La prise de conscience de la finitude de la planète ? Ou bien le fait d’invoquer à tout va la déesse Croissance pour résoudre tous les maux qu’elle a elle-même crée ?

21:10 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : décroissance

22/01/2007

Réchauffement Climatique : Plus vite, plus fort que prévu

medium_GIEC.01.gif

Voici, en « avant première » le ton du prochain rapport du GIEC qui doit paraître le premier février. Malheureusement nous en doutions : ça va mal ! Très mal ! 

Source : Bellaciao

L’Observer s’est procuré une copie du nouveau rapport du GIEC - groupe d’experts mandatés par l’ONU pour étudier le changement climatique. Leurs conclusions ne sont pas rassurantes. Le réchauffement est plus rapide et plus important que prévu.

Le réchauffement climatique aura un impact plus important et plus rapide que ce que les précédentes études avaient estimé, telles sont les conclusions du quatrième rapport du GIEC Groupe Intergouvernemetal sur l’Etude du Climat.

Selon, l’Observer qui s’est procuré une copie du document, la fréquence des tempêtes comme celle qui vient de frapper l’Europe va s’accroître considérablement. Le niveau de la mer s’élevera de 50 cm durant le siècle, la neige disparaîtra à l’exception des plus hauts sommets, les déserts vont s’étendre, et l’océan s’acidifier, ce qui provoquera la destruction des récifs de coraux et des atolls.

L’impact de ces modification sera catastrophique, condamnant des centaines de millions de personnes à fuir leurs habitats dévastés, tout particulièrement dans les zones tropicales, et les vagues d’émigration déséquilibreront les économies, même les plus développées.

Ce qui rend ce rapport vraiment inquiétant, c’est qu’il représente le travail de plusieurs milliers d’experts, et que chaque paragraphe a fait l’objet d’un débat approfondi. C’est un document prudent, et c’est ce qui le rend effrayant.

Le rapport est encore en phase finale d’élaboration, mais ses conclusions indiquent que :

12 des 13 dernières années ont été les plus chaudes jamais observées.

Les réchauffement des océans est sensible jusqu’à trois kilomètres de profondeur.

Les glaciers et le permafrost disparaissent dans les deux hémisphères.

Le niveau des océans s’élève de 2 mm par an.

Les journées et les nuits froides se raréfient et les vagues de chaleurs deviennent plus fréquentes.

Les auteurs estiment très vraisemblable que l’activité humaine génératrice de gaz à effets de serre soit responsable de l’élévation des températures observées durant le dernier siècle.

Aujourd’hui l’élévation de température moyenne est de 0,6 degrés. Le résultat probable de la poursuite des émissions de gaz à effet de serre sera une augmentation supplémentaire de 3 degrés d’ici la fin du siècle.

Les derniers rapports du GIEC considéraient leurs prévisions comme « probables ». Désormais ils les qualifient d’« extrêmement probables » ou de « quasi certaines ».

En réponse à ceux qui attribuent le réchauffement à des variations du rayonnement solaire, ils affirment que l’activité humaine a un impact cinq fois plus important sur le climat.

18:10 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : écologie

21/12/2006

Décroître ou mourir

L’expansion vient de publier sur son site un article intitulé « Décroître ou mourir » . Même si on déjà lu pire ailleurs, il demeure dans cet article bien des caricatures qui donne un aspect réduit de la Décroissance. Voici quelques remarques qui, loin n’être exhaustives, permettront, je l’espère, d’éclairer le débat (les italiques sont issues de l’article.)

 

1 « Pour eux, [Les partisans de la décroissance]tout commence par une équation écologique ». Ceci est inexact. En fait il existe au sein du mouvement de la décroissance une fracture qui sépare les tenants de la Bio-économie et ceux de l’Après développement. Pour ces derniers la question écologique n’est qu’un aspect parmi bien d’autres des conséquences du Développement. Leur point de départ serait plutôt le constat que le mode de vie des sociétés dites développées n’est en rien meilleur à celui des sociétés dites en voie de développement (voire primitives). En outre ces derniers insistent sur le fait qu’il n’y a pas de Déterminisme historique selon lequel toutes les sociétés devraient se développer suivant un modèle unique, à savoir l’Occidental. Dommage que dans cet article ne soient cités que des tenants de la Bio-Economie et non pas les autres, aux membres desquels figure un certain Serge Latouche.

2. « Un tel programme invite à la sobriété matérielle ». Ceci est par contre exact. Mais il conviendrait de préciser qu’il ne s’agit pas de vivre pareil qu’aujourd’hui avec moins (ce qui ne serait bien évidemment pas souhaitable), mais bien au contraire de faire autrement pour vivre mieux avec moins.

 

3. « Certains acceptent la technologie ». Ceci laisse sous-entendre qu’il existe dans la mouvance décroissante des technophobes. Ceci est bien sûr faux. Ce que critiquent les objecteurs de croissance, ce n’est pas la technique en soit, mais le système technicien décrit par J. Ellul. Il s’agit d’une part de prendre conscience de l’existence de l’autonomisation d’une sphère technicienne (ce qui comprend outre, l’informatique, etc., les techniques d’organisation sociale comme la propagande des médias, la bureaucratie etc.) qui agit désormais suivant une raison qui lui est propre et d’autre part de saisir ce qui renforce ou au contraire inhibe ce système technicien (d’où les réflexions par exemple sur les nouvelles technologies). Le rationnement proposé par Yves Cochet va malheureusement dans le sens d’une consolidation de la mégamachine…

4. « C'est pourquoi, devant le péril climatique « mortel », une minorité « éclairée » pourrait sacrifier, au nom de la sauvegarde de l'humanité, le sacro-saint droit de vote et imposer des restrictions de consommation par voies autoritaires ». Attention !! C’est exactement le risque dénoncé par Serge Latouche, notamment dans l’article Eco-démocratie ou Eco-fascisme publié dans le monde diplomatique.

5.« les décroissants croisent d'autres courants dangereusement fantaisistes ». Quel est l’intérêt de ce dernier paragraphe ? Je trouve qu’il obscurcit encore plus la position des décroissants qui est déjà suffisamment difficile à saisir…

 

6. Je trouve également dommage qu’un article portant sur l’énergie ne mentionne pas le Pic de Hubert (moment ou la capacité de production pétrolière aura atteint son maximum) qui est incontournable pour comprendre les enjeux de notre siècle.

 

7. « Malgré toutes leurs imperfections tant décriées par les écologistes, les centrales produisent 43 % de l'énergie consommée dans l'Hexagone sans rejeter de carbone. » D’après EDF qui n’est pas des plus objectif sur la question, un kWh d’électricité nucléaire émet 6g de CO2 ! Il est donc faux de dire que cela ne rejette pas de carbone. J’ajouterai que ce chiffre donné par EDF est très inférieur à celui calculé par d’autres ONG et qu’il ne prend pas en compte le démantèlement des centrales principal pourvoyeur en gaz à effet de serre…

16:25 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : décroissance