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11/03/2008

Ecorev

1529150102.jpgSi vous avez adoré le n°26 d’EcoRev’, "Sens de la décroissance", vous allez pouvoir le redécouvrir ici.
Si vous ne le connaissez pas encore, vous pouvez toujours rattraper le coup. Vous saurez alors tout de la décroissance, de son origine (Lafargue, Club de Rome...), des idées de ses plaideurs (Serge Latouche, Paul Ariès...) et de ses détracteurs (Jean-Marie Harribey...) ; vous saurez comment la vivre au quotidien, comment fabriquer des toilettes sèches et quoi lire sur le pot (excellentes lectures et bibliographie), mais aussi quoi voir au ciné ou en dvd (si vous en avez).

Tout ça ici :

http://ecorev.org/spip.php ?rubrique158 ;

Mais EcoRev’ est d’abord une revue en papier (recyclé), avec ses textes, ses dessins, ses photos, à lire, feuilleter, relire ou offrir, et dont l’allure élégante ne déparera pas sur les rayons de votre bibliothèque. Surtout, EcoRev’ ne vit que grâce à ses lecteurs... Alors, plutôt que dans la Société Géniale, investissez dans ses numéros et ses abonnements, c’est ici que ça se passe :

http://ecorev.org/spip.php ?rubrique86

Vous pourrez vous y procurer les deux excellents derniers numéros d’EcoRev’, pas encore gratuits

"Ecopolis" (ou comment changer la ville, mais pas en version Attali) et
"Repenser le travail", numéro hommage à André Gorz.
Et bien sûr tous les autres numéros disponibles en ligne mais aussi en version non virtuelle.

Bonne lecture !

Source : http://ecorev.org/

14:34 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : décroissance

11/01/2008

En 2008 la décroissance est d’actualité

703f4a207dc1de9a729609ac5776675f.gif Source : http://www.agoravox.fr/

 

 

Pour son premier numéro de l’année, l’hebdomadaire courrier international titre en Une "Travailler moins pour gagner moins et vivre mieux". Voilà qui tranche avec le leitmotiv des élections de 2007.

 

Si la grande célébration consumériste de fin d’année vous a donné la nausée, je vous conseille la lecture du dernier numéro de Courrier international. L’affiche est accrocheuse et le message aujourd’hui encore très subversif s’affiche sur trois lignes en une et sur fond rouge : « TRAVAILLER MOINS POUR GAGNER MOINS ET VIVRE MIEUX ».

 

Alors que notre président répète à l’envi que « les Français veulent travailler plus pour gagner plus », nombreux sont ceux qui ont décidé de prendre le chemin de la simplicité volontaire. L’hebdomadaire reproduit des articles parus en Suède, Nouvelle-Zélande, Allemagne, Royaume Uni, au Canada et aux États-Unis.

 

 

 

Le New Zealand Herald nous apprend ainsi que d’après une étude de 2002, 23 % des Australiens ont « ralenti » d’une façon ou d’une autre leur mode de consommation au cours des dix années précédentes et nous décrit comment Nikke Harre et Keith Thomas, un couple de Néo-Zélandais, ont progressivement changé leurs habitudes en consommant des oeufs de poules élevées en plein air, en abandonnant une de leurs deux voitures, en résistant à la tentation de tout faire rénover.

 

 

 

Le Guardian (quotidien londonien) illustre, grâce à la courbe du psychologue américain Tim Kasser, le caractère profondément malade du système économique anglais [et par extension du nôtre] : la courbe représentant le revenu par habitant est en constante augmentation sur les quarante dernières années, tandis que celle illustrant la proportion de personnes se disant « très heureuses » reste stable sur toute la période et l’écart entre les deux courbes ne cesse de s’agrandir.

 

 

 

On apprend plus loin que deux semaines avant Noël, le patronat suédois face à la montée des « downshifters  » (adeptes de la décroissance) a lancé une campagne de publicité pour convaincre les Suédois des bienfaits de la consommation en mettant en scène une ménagère qui boycotte les courses de Noël, ce qui a pour effet de faire perdre son emploi à un ouvrier pauvre à l’autre bout de la planète.

 

 

 

Sur une autre page, le quotidien de Hambourg Die Zeit nous met en garde contre les dangers de la fin du week-end chômé : « Un pays à la structure hebdomadaire nivelée, une société désynchronisée, mettent à terme l’engagement politique et social de ses citoyens en danger » et se lamente qu’à la fin de ce processus il puisse ne nous rester que «  le choix entre le travail, toujours et partout, et les loisirs, emballés et étiquetés ».

 

 

En fin de dossier, dans un long article, un journaliste du Guardian en vient à espérer une « bonne récession ». Il se demande à quel moment les gouvernements décident que les coûts marginaux de la croissance dépassent les bénéfices marginaux. Pour lui « les gouvernements adorent la croissance parce qu’elle les dispense de s’attaquer aux inégalités » et présente la croissance comme « un sédatif politique qui étouffe la contestation ».

 

 

 

Ce dossier laisse entendre un discours novateur dans le monde des médias « institutionnels », qui se borne pour l’instant principalement à des journaux étrangers. La presse française conserve-t-elle encore suffisamment d’indépendance pour s’en faire finalement l’écho ?

 

14:34 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0)

07/01/2008

Monbiot : vive la récession !

2ab24c73318ecd51da9f4d5ca74f5537.jpgSource : ContreInfo

 

Jusqu’où la croissance doit-elle se poursuivre ? Pour George Monbiot, « nous avons d’ores et déjà atteint le point où il faut logiquement s’arrêter. »

 

 

Par George Monbiot, The Guardian, 9 octobre 2007 - extraits

 

 

Si vous êtes sensible, je vous conseille de tourner la page. Je m’apprête à briser le dernier tabou universel ; j’espère que la récession prédite par certains économistes se matérialisera. Je reconnais que la récession est quelque chose de douloureux. Comme tout le monde, je suis conscient qu’elle ferait perdre à certains leurs emplois et leurs logements. Je ne nie pas ces conséquences ni les souffrances qu’elles infligent, mais je rétorquerai qu’elles sont le produit parfaitement évitable d’une économie conçue pour maximiser la croissance, et non le bien-être. Ce dont j’aimerais vous faire prendre conscience est bien moins souvent évoqué : c’est que, au-delà d’un certain point, la souffrance est également le fruit de la croissance économique.

 

 

Le changement climatique ne provoque pas seulement un déclin du bien-être : passé une certaine limite, il le fait disparaître. En d’autres termes, il menace la vie de centaines de millions de personnes. Quels que soient leurs efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les gouvernements se heurtent à la croissance économique. Si la consommation d’énergie s’accroît moins vite à mesure qu’une économie arrive à maturité, aucun pays n’a encore réussi à la réduire tout en augmentant son produit intérieur brut. Au Royaume-Uni, les émissions de dioxyde de carbone sont plus élevées qu’en 1997, en raison notamment des soixante tri­mestres de croissance consécutifs dont ne cesse de se vanter [le Premier ministre] Gordon Brown. Une récession dans les pays riches représenterait sans doute le seul espoir de gagner du temps afin d’empêcher le changement climatique de devenir incontrôlable.

 

 

L’énorme amélioration du bien-être des humains dans tous les domaines - logement, nutrition, hygiène, médecine - depuis deux cents ans a été rendue possible par la croissance économique, ainsi que par l’éducation, la consommation, l’innovation et le pouvoir politique qu’elle a permis. Mais jusqu’où doit-elle aller ? Autrement dit, à quel moment les gouvernements décident-ils que les coûts marginaux de la croissance dépassent les bénéfices marginaux ? La plupart n’ont pas de réponse à cette question. La croissance doit se poursuivre, pour le meilleur et pour le pire. Il me semble que, dans les pays riches, nous avons d’ores et déjà atteint le point où il faut logiquement s’arrêter.

 

 

Je vis actuellement dans l’un des endroits les plus pauvres du Royaume-Uni. Ici, les adolescents dépensent beaucoup d’argent chez le coiffeur, ils s’habillent à la dernière mode et sont équipés d’un téléphone portable. La plupart de ceux qui sont en âge de conduire possèdent une voiture, qu’ils utilisent tout le temps et bousillent en quelques semaines. Leur ­budget essence doit être astronomique. Ils sont libérés de la terrible pauvreté dont ont souffert leurs grands-parents ; nous devrions nous en féliciter et ne jamais l’oublier. Mais, à une exception majeure - le logement, dont le prix est surévalué -, qui osera prétendre qu’il est impossible de satisfaire les besoins fondamentaux de tous dans les pays riches ?

 

 

Les gouvernements adorent la croissance parce qu’elle les dispense de s’attaquer aux inégalités. Comme Henry Wallich, un ancien gouverneur de la Réserve fédérale américaine [de 1974 à 1986], l’a un jour fait remarquer en défendant le modèle économique actuel, “la croissance est un substitut à l’égalité des revenus. Tant qu’il y a de la croissance, il y a de l’espoir, et cela rend tolérables les grands écarts de revenus.” La croissance est un sédatif politique qui étouffe la contestation, permet aux gouvernements d’éviter l’affrontement avec les riches, empêche de bâtir une économie juste et durable. La croissance a permis la stratification sociale que même le Daily Mail [quotidien conservateur] déplore aujourd’hui.

 

 

Existe-t-il quelque chose que l’on pourrait raisonnablement définir comme relevant du bien-être et que les riches n’ont pas encore ? Il y a trois mois, le Financial Times a publié un article sur la façon dont les grands magasins s’efforcent de satisfaire “le client qui est vraiment arrivé”. Mais son sujet implicite est que personne n’“arrive”, car la destination ne cesse de changer. Le problème, explique un cadre de Chanel, est que le luxe s’est “surdémocratisé”. Les riches doivent donc dépenser de plus en plus pour sortir du lot : aux Etats-Unis, le marché des biens et services destinés à les y aider pèse près de 1 000 milliards d’euros par an. Si vous voulez être certain que l’on ne peut vous confondre avec un être inférieur, vous pouvez désormais acheter des casseroles en or et diamants chez Harrod’s.

 

 

Sans aucune ironie délibérée, l’article était accompagné de la photo d’un cercueil. Il s’agit d’une réplique de celui de lord Nelson, fabriquée avec du bois provenant du bateau sur lequel il est mort, que l’on peut s’offrir pour un prix faramineux dans la nouvelle section du grand magasin Selfridges dédiée à l’hyperluxe. Sacrifier sa santé et son bonheur pour pouvoir se payer cette horreur témoigne certainement d’un trouble mental grave. N’est-il pas temps de reconnaître que nous avons touché la Terre promise et que nous devrions chercher à y rester ? Pourquoi voudrions-nous la quitter pour explorer un désert souillé par une frénésie de consommation suivie d’un effondrement écologique ?

 

 

Pour les gouvernements du monde riche, la politique raisonnable à mener désormais n’est-elle pas de maintenir des taux de croissance aussi proches de zéro que possible ? Mais, parce que le discours politique est contrôlé par des gens pour qui l’accumulation d’argent est la principale finalité, une telle politique semble impossible. Aussi désagréable qu’elle soit, il est difficile d’imaginer ce qui, à part une récession accidentelle, pourrait empêcher la croissance économique de nous expulser du pays de Canaan pour nous expédier dans le désert.

 

18:45 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (1)