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06/03/2007

Pesticides. Révélations sur un scandale français, par Fabrice Nicolino et François Veillerette.

medium_Pesticides.jpg Pour la première fois, le dossier des pesticides est ouvert en grand, et il ne pourra plus être refermé.

Savez-vous qu'il y a des pesticides dans la rosée du matin sur les fleurs ? Savez-vous qu'il y en a dans l'eau de pluie, à Paris, Rennes, Marseille, Lyon, Bordeaux ? Savez-vous qu'il y en a dans les sources, dans les nappes les plus profondes, dans les sols, dans les pommes, dans le pain ? Savez-vous qu'il y en a dans le sang des nouveau-nés, dans le lait des mères, dans la graisse de nos corps ? Savez-vous qu'il y en a dans l'air intérieur des maisons ?

Les pesticides sont partout, et leurs molécules s'attaquent directement à la vie des humains et de tous les êtres vivants. Jusqu'au début de 2007, les responsables de ce désastre sans précédent pouvaient dormir tranquillement. Nul ne les connaissait. Grâce à un livre, qui paraît chez Fayard le 1er mars, ce n'est plus le cas.

Leurs deux auteurs, Fabrice Nicolino et François Veillerette, sont connus et reconnus. L'un est journaliste, l'autre responsable écologiste, ancien président de Greenpeace en France. Ils révèlent, dans le sens le plus fort de ce mot, un système. Un système né après 1945, grâce auquel l'industrie des pesticides a pris le pouvoir, tous les pouvoirs.

Ce livre donne des noms, tous les noms. Il met en accusation l'Inra et le ministère de l'Agriculture. Il explore une à une les méthodes du lobby, dénonce les congrès « scientifiques » truqués et le rôle direct dans la désinformation de Marcel Valtat, l'homme de l'amiante, celui qui a empêché son interdiction pendant des décennies. Il raconte au passage le sort fait aux Antilles, dont certaines zones sont polluées pour des centaines d'années, et la complicité de très hauts fonctionnaires avec l'industrie dans le terrible dossier du Gaucho.

Ce livre ne pourra donc passer inaperçu. Mais ceux qui sont accusés se battront, et ils en ont les moyens. Les nôtres sont en comparaison dérisoires. C'est pourquoi nous comptons sur vos forces. Sur votre volonté. Sur votre liberté. Aidez-vous à faire connaître ces vérités cachées. Parlez de ce livre ! Nous avons grand besoin de votre aide.
Fabrice Nicolino et François Veillerette

17:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : écolgie, décroissance

06/01/2007

La science ou la construction d'une vérité unique

medium_Olivier-Rey.4.jpgItinéraire de l’égarement

Du rôle de la science dans l'absurdité contemporaine
  

   

Olivier Rey 2003, Edition Seuil, 20 Euros 

 

La place de la science dans notre société moderne est centrale, elle s'est imposée comme l'unique moyen de connaître le monde. Ainsi toutes connaissances ou savoirs non scientifiques se voient tout d'abord dénigrés pour ensuite disparaître. Ce n’est que dans un second temps que celles-ci se verront, parfois, objectivées et ainsi réappropriées par la science.

Notre société poursuit depuis longtemps (au moins deux siècles) sa recherche de rationalité et d'objectivation, seule manière de légitimer et de construire une vérité unique. Le fondateur de ce projet est Galilée. Dans le livre Itinéraire de l'égarement, Olivier Rey [1] nous propose de revenir sur la fondation de cette science et sur son histoire. Alors que Galilée faisait explicitement l'hypothèse d'une description géometrico-mathématique de la nature, ce statut d’hypothèse a été depuis oubliée pour devenir une vérité indiscutable : la nature est mathématique.

L’un des intérêts de cet ouvrage est de bien mettre en évidence que loin de ne constituer qu’un problème d’ordre épistémologique, ce parti pris a des conséquences sociales qui nous concernent tous.

Ainsi l'économie ne conçoit désormais l'activité humaine que sous forme mécanique, rabaissant de la sorte l’homme au rang de simple variable d’ajustement parmi tant d’autres. La biologie quant à elle pense le vivant comme une machine ce qui, compte tenu de ses progrès constants, nous confronte à des questions morales sans fin.

Enfin concernant notre Imaginaire, l'auteur montre que tout un chacun est amené à appréhender la réalité par le biais de l'unique filtre de l'objectivation scientifique. Cela induit une perte d'autonomie de pensée qui est, de notre point de vue, un problème fondamental aujourd'hui.

En résumé Olivier Rey nous offre ici un ouvrageà la fois accessible et pertinent qui aide à comprendre et à saisir toutes les implications de la science moderne sur nos vies.

 

Florentino

 

[1] Polytechnicien, professeur de mathématiques à l'école polytechnique, Olivier Rey est aussi chercheur en mathématiques au CNRS.

   

19:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : décroissance

08/11/2006

B. Charbonneau & J. Ellul

medium_Ellul.gifmedium_Ecologie_et_liberte.gif Bernard Charbonneau

 

et

 

Jacques Ellul

 

 

Pères de la décroissance

 

Il est difficile de dissocier les œuvres de Bernard Charbonneau (1910-1996) et de Jacques Ellul (1912-1994) tant celles-ci s’éclairent mutuellement. Au dire de J. Ellul, ces deux amis se sont rencontrés au lycée vers 1927 et ont commencé à réfléchir ensemble sur le monde moderne dès la fin des années 20. Dès lors, « unis par une pensée commune » disait B. Charbonneau, leur amitié d’une vie n’a pas failli.

 

La quantité d’ouvrages qu’ils nous ont laissée est colossale. Trop en avance sur leur époque ils se sont heurtés de plein fouet à l’incompréhension de leurs contemporains et ont dû trouver refuge dans l’écriture. Cette incompréhension, qui était aussi celle des éditeurs, va même amener B. Charbonneau à publier à ses frais l'Etat en 1949.

 

Il faut cependant reconnaître que la lecture de leurs livres n’est pas des plus facile. B. Charbonneau, outre son style et sa syntaxe qui déroutent souvent le lecteur moderne, se refuse à toute conceptualisation. Il cherche à faire voir, à faire ressentir plutôt que de démontrer. J. Ellul, quant à lui, bien qu’il ait voulu écrire de manière accessible, procède par répétitions, enrichissements successifs, ce qui aboutit finalement à une certaine lourdeur.

 

C’est pour cette que raison que le livre de Jean Luc Porquet (J. Ellul l’homme qui avait presque tout prévu, Ed. Le cherche midi 2003 [1]) et celui de Daniel Cérézuelle (Ecologie et liberté B. Charbonneau précurseur de l’écologie politique, Ed. Parangon 2006) sont d’un grand intérêt. Ecrits dans des styles différents mais de manière simple et claire, ils constituent une porte d’accès plus facile aux propos de B. Charbonneau et J. Ellul.

 

Mais en quoi consiste la pensée commune de Charbonneau et d’Ellul ?

Loin de vouloir se substituer à la lecture de ses deux ouvrages, disons simplement que tous deux ont pressenti que la nature et la liberté, deux valeurs essentielles à leurs yeux, étaient menacées par ce que B. Charbonneau appelle la Grande Mue, c’est-à-dire « la montée en puissance du progrès technique, scientifique et industriel » [2].

 

J. Ellul a largement corroboré cette intuition. Selon sa terminologie, le Système Technicien (dont l’Etat et l’économie ne sont que des applications) s’est autonomisé : il cherche à satisfaire des buts qui lui sont propres et non plus à répondre à des problèmes identifiés comme tels par les êtres-humains. Ainsi, le contrôle absolu, l’efficacité maximale sont désormais devenus des objectifs en soit.

 

Toutefois, la pleine réalisation de ce projet nécessite une rationalisation du monde poussée à l’extrême. Dans cette perspective, l’homme lui-même devient une matière première qu’il convient d’exploiter. C’est à l’organisation sociale qu’il incombe cette tâche.

 

Notre civilisation se trouve donc dans une situation sans précédent. Par un étrange retournement, l’homme est devenu l’esclave de structures anonymes qu’il a créées. Le voilà réduit à l’état de rouage d’une vaste machinerie sociale.

 

Sommes nous arrivés au terme de cette évolution ? L’auto-accroissement, autre caractéristique du Système Technicien mise en évidence par J. Ellul, permet d’en douter. Au contraire, tout laisse à penser que nous glissons, dans l’apathie générale, vers un totalitarisme, non politique, mais social.

 

Passeport biométrique, carte vitale 2, mise en œuvre prochaine du programme INES, puce VeryChip pour tous, etc. jamais la liberté n’a été aussi menacée qu’aujourd’hui, jamais la grille d’analyse proposée par B. Charbonneau et J.Ellul n’a été autant confirmée…

 

Petite bibliographie indicative :

 

Bernard Charbonneau :

L’Etat (1949) Réédition Economica 1987

Le jardin de Babylone (1969) Réédition Encyclopédie des nuisances 2002

Le système et le chaos (1973) Réédition Economica 1992

Je fus Essai sur la liberté (1980) Réédition Opales 2000

 

medium_Ellul.J.2.jpgJacques Ellul :  

La technique ou l’enjeu du siècle (1954) Réédition Economica 1990

Le système technicien (1977) Réédition Le cherche midi 2004

Le bluff technologique (1988) Réédition Pluriel/Hachette 2004

Notes :

[1] On trouvera à l’adresse suivante (rubrique radio) une interview de Jean Luc Porquet pour la sortie de son livre : http://offensive.samizdat.net/

[2] In Ecologie et liberté B. Charbonneau précurseur de l’écologie politique C. Cérézuelle Ed Parangon 2006

   

13:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : décroissance