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28/01/2012

Le Café des Croissants

Le prochain Café des Croissants se tiendra dès vendredi prochain, soit le 3 février, au Guillotin et vers 21h00 comme d’habitude. Ce sera au tour de Clément de nous parler du sujet suivant :

 

« C’est la crise finale ! »

La société capitaliste est-elle à l’agonie ?

 

Soirée autour des thèses du livre de Robert Kurz, Vies et mort du capitalisme. Chroniques de la crise, Lignes, 2011.

 

Présentation :

 

     Partout, à droite comme à gauche, un seul et même discours : le capitalisme financier voilà l’ennemi ! C’est alors avec du goudron et des plumes que banquiers, traders, actionnaires, spéculateurs, paradis fiscaux, agences de notation, sont jetés en pâture à la vindicte populaire comme bouc-émissaires de la crise. Tous les économistes claironnent que la crise est passagère, qu’elle n’est le fait que de simples « exagérations » d’un capital financier qui aurait été trop avide et insuffisamment contrôlé (ultra-libéralisme) et qu’il nous aurait conduit à une mauvaise répartition des richesses, quand ce ne sont pas les Etats qui sont rendus coupables de leur mauvaise gestion budgétaire. Il faudrait donc remettre au pas la finance, les méchants banquiers, les vilains traders, les horribles agences de notation, redistribuer plus équitablement l’argent, et rééquilibrer par l’austérité budgétaire les comptes des Etats.

 

 

     Toutes ces explications superficielles ne tiennent pas la route nous dit Robert Kurz, penseur majeur du courant allemand de la « critique de la valeur ».  Car le capitalisme est une contradiction permanente. D’un côté le capital tire sa substance du travail humain et plus il en consomme mieux c’est. Mais, d’un autre côté, le capital qui se développe dans le cadre de la concurrence doit réduire les coûts et augmenter en permanence la productivité, détruisant le travail humain. Au niveau global, ce mécanisme-là pousse le capitalisme à scier la branche sur laquelle il est assis, il s’autodétruit. « La véritable barrière de la production capitaliste, c’est le capital lui-même », écrivait déjà Marx.

 

 

     Car certes les marchandises sont moins chères mais le profit par marchandise est aussi toujours plus réduit. Pendant longtemps, le capitalisme a trouvé des mécanismes de compensation à cette logique interne contradictoire  (industries de volume, accélération de la productivité, ouverture de nouveaux marchés par le néolibéralisme entraînant une mondialisation du capitalisme). Mais quand ces mécanismes de compensation ont connu leur limite dans les années 70, la seule solution trouvée pour garder artificiellement en vie « l’économie réelle », c’est-à-dire un capitalisme déjà cliniquement mort, a été la création d’une économie de bulles de crédit gonflées par le capital financier qui nécessairement devait trouver une place plus importante. Depuis ces années, le capitalisme incapable de retrouver une accumulation réelle de valeur, a espéré retrouver une future croissance en poussant devant lui une énorme bulle planétaire de dettes privées et publiques afin de le faire repartir. Or, même l’acharnement thérapeutique qu’a constitué le capital financier depuis les années 1980, n’a pas réussi à refaire partir la machine de l’accumulation, et les bulles ont explosé les unes après les autres. Et le transfert des dettes privées par leur socialisation en des dettes d’Etat n’a pas sorti le capitalisme de sa contradiction mortelle. Le capitalisme mondial s’effondre selon Robert Kurz, et nous ne serons bientôt plus que les fantômes de ses ruines. Pas d’autres solutions selon lui : il nous faut démanteler le capital avant d’être totalement broyés.

 

En espérant vous rencontrer à cette occasion !

 

 

Commentaires

Le compte rendu de la soirée est disponible sur l'agitateur :

http://www.agitateur.org/spip.php?article1741

Écrit par : mozi | 06/02/2012

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