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30/04/2011

Soirée avec Serge Latouche et Anselm Jappe

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Nous sommes heureux de vous annoncer que Serge Latouche et Anselm Jappe seront présents le  mercredi 25 mai vers 20h00 à l'amphithéâtre de l'école des Beaux Arts de Bourges. En outre, le même jour, nous vous invitons à l'exposition des affiches du Café Décroissant (celles qui tout au long de ces quatres dernières années ont illustré nos soirées  grâce au talent de Stéphane) à partir de 16h30 au Cafetrouge (situé au 7 rue des Arènes). Il sera aussi possible de s'y restaurer, contre quelques deniers, avant de rejoindre l'amphithéâtre pour écouter, mais aussi de questionner, nos intervenants

 

Présentation de la conférence :

La prégnance de l’économie sur la vie des hommes n’est pas plus à démontrer que sa capacité à nous plonger aujourd’hui dans le désastre contemporain d’une crise de civilisation. C’est-à-dire une crise autant économique que sociale, politique, écologique, technologique, énergétique, psychique, morale et artistique : une crise véritablement anthropologique.

Et dans cette accélération généralisée de nos vies et de la dynamique folle et auto-destructrice de notre société, nous n’arrivons plus à comprendre ce dans quoi nous sommes pris, nous n’arrivons plus à penser la situation, la logique dans laquelle nous sommes capturés. Notre forme de vie sociale semble avoir échappée à l’emprise humaine, à notre maîtrise, et ses manifestations seraient en fait éternelles veut-on nous faire croire, car soit disant elles auraient existé depuis la nuit des temps. Au mieux donc on peut les réguler, les gérer et les améliorer, c‘est-à-dire « changer de mode de vie » (plus écolo, plus égalitaire, plus démocratique) à l’intérieur de cette même forme collective de vie, qui doit en elle-même elle de toute façon, restée non questionnable. On pourra donc discuter de tout, sauf de l’existence absurde dans les anfractuosités les plus intimes de nos vies, du travail et de l’argent, des marchandises et de l’Etat, de la croissance et de l’idéologie du développement, du progrès et du crépuscule de l’économie.

 

Il est temps pourtant de repenser une théorie critique de la vie moderne. Il est même grand temps car les gauches gouvernementales comme antilibérales ont toujours un marteau économique dans la tête pour imaginer « l’autre monde possible ». Loin de répondre à ces défis, elles ne savent que dénoncer l’économie de casino (financière) au nom de la bonne et saine croissance capitaliste pourvoyeuse d’emplois et d’un meilleur « niveau de vie ». Loin de nous faire sortir de l’économie, c’est-à-dire de la marchandise, de l’argent, du marché et de l’Etat, de la concurrence et du travail, cette nostalgie pour l’Etat social Providence des Trente Glorieuses, ne réclame finalement que la gestion des nuisances et du désastre pour continuer encore et toujours à redistribuer les symptômes d’une planète malade. L’enceinte de confinement de cette position extrémiste est désormais fissurée, et nous entendons désormais mettre en question les fondements même de notre forme collective de vie.

            Comment s’est construit notre « imaginaire économique », notre vision économique du monde ? Comment nous nous rapportons les uns aux autres dans la société moderne ? Pourquoi voyons-nous aujourd’hui le monde à travers les prismes de l’utilité, du travail, de la compétition, de la concurrence, de la rentabilité et de la croissance sans fin ? Comment avons nous construit un monde où rien n’a plus de valeur mais où tout possède un prix ? Pourquoi notre monde possède désormais cette obsession utilitariste et quantitativiste ? Pourquoi le capitalisme est comme un sorcier contraint de jeter toute la nature dans le chaudron de la valorisation et la marchandisation, pour éviter que tout s’arrête ? En un mot, comment l’économie a été inventée ?

 

Nous invitons ce mercredi 25 mai, deux penseurs hors norme pour répondre à ces questions aujourd’hui vitales. Serge Latouche, principal penseur des objecteurs de croissance, reviendra sur les origines de cette économie que les premiers économistes appelaient la « science sinistre ». Il avait notamment exposé ses idées dans son livre L’invention de l’économie (Albin Michel, 2005). Anselm Jappe, penseur du courant de la critique de la valeur, nous présentera aussi ses réflexions sur la forme marchandise et son fétichisme, sur la valeur et le travail, sur l’argent, l’Etat et le narcissisme contemporain. Il vient d’écrire Crédit à mort. La décomposition du capitalisme et ses critiques (Lignes, 2011). Tous deux contempteurs de la société industrielle et de sa fin en soi absurde qu’est la croissance, ils nous exposeront ce qu’ils pensent être les fondements profonds de la forme de vie mutilante et auto-destructrice que nous menons, afin de mieux définir les moyens d’en sortir.

 

 

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Commentaires

Bonsoir,

Ca a été une belle soirée, trop courte pour un si vaste sujet......et surtout l'occasion de rencontrer les copains/copines de Bourges : un grand bisou de Bretagne et merci de votre accueil. A une prochaine j'espère ....

Patrice

Écrit par : Max L'Hameunasse | 26/05/2011

J'ai fait un petit papier pour l'Agitateur, webzine de Bourges et d'ailleurs.

http://www.agitateur.org/spip.php?article1617

bombix

Écrit par : bombix | 28/05/2011

@ Patrice : Merci d'être venu de si loin et merci également pour ton aide déterminante en fin de soirée ! Au plaisir de te lire.

@ Bombix : Merci de nous avoir signalé cet article qui rend compte fidèlement de cette soirée. J'espère que nous aurons l'occasion de discuter de vive voix un de ces jours...

Écrit par : mozi | 30/05/2011

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