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22/11/2010

Le Café Décroissant

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Le prochain Café Décroissant se tiendra le vendredi 26 novembre à 21h et au Guillotin et aura pour thème :

 

Une propriété d'usage pour habiter ensemble

(soirée-débat avec des membres de l'association CLIP)

 

Courte introduction :

 

Comment instituer un rapport aux choses qui ne soit pas voué à alimenter l'abstraction économique? Notamment, comment faire et défaire les attaches du proche sans passer par la marchandisation des choses et des activités ? Nous soumettrons au débat une tentative de réponse à ces questions, à travers le concept de propriété d'usage, et de sa mise en pratique dans le droit actuel.

En espérant vous rencontrer à cette occasion !

03/11/2010

Le Café Décroissant

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Le prochain Café Décroissant se tiendra le vendredi 12 novembre à 21h et au Guillotin et aura pour thème :

 

« Le dévoilement des coûts ».

 

De quoi s’agit-il ?

 

A tout moment, dans notre quotidien, il nous est impossible de « voir le bout de nos actes ». Que se passe-t-il lorsque j’appuie sur un interrupteur ? D’où proviennent les marchandises que je mets dans mon caddie ? Où vont-elles une fois dans ma poubelle ? Cette incapacité à saisir les coûts de nos gestes fait que notre société, fut-elle juste et durable, n’est pas humaine. Elle nous prive en effet d’une faculté authentiquement humaine : celle d’agir.

 

Pourquoi en est-il ainsi ? Que faire, ou ne pas faire, pour y remédier ?

 

Voilà quelques questions auxquelles Steeve tentera d’apporter quelques éléments de réponses.

01/11/2010

POUR EN FINIR AVEC LE TRAVAIL, LA SOCIETE INDUSTRIELLE ET LES ILLUSIONS DE LA GAUCHE

Ce tract, est un remaniement sauvage du tract du groupe Libeludd (Libertaires et luddistes) de Grenoble paru le 12 octobre. Il est possible de le télécharger à cette adresse :  Palim Psao .

Bonne lecture !


Mouvement contre la réforme des retraites

POUR EN FINIR AVEC LE TRAVAIL, LA SOCIETE INDUSTRIELLE ET LES ILLUSIONS DE LA GAUCHE

 

              Des millions de personnes dans la rue. Des appels à la grève illimitée. Des ports bloqués depuis deux semaines. Des raffineries en grève annonçant une prochaine pénurie de carburant. Des milliers de lycéens qui bloquent leurs lycées. Le ras-le-bol se généralise et le mouvement contre la réforme des retraites prend de l’importance. Partout se diffuse le sentiment que quelque chose est en train de se jouer. Ce mouvement, nous en faisons partie, et nous sommes solidaires des personnes en lutte, contre la réforme des retraites et l’exploitation. Il est légitime que des personnes qui ont travaillé toute leur vie refusent de rempiler pour deux années supplémentaires.

Pour autant, une grande partie du discours tenu aujourd’hui par la gauche et par les opposants à la réforme des retraites, nous semble au mieux une impasse, au pire clairement dangereuse. En effet il n’y a pas de lutte possible contre la réforme des retraites, sans refuser la robotisation de nos vies, sans refuser le travail tel que nous le connaissons (travail créateur de valeur) et sans sortir du dogme de la croissance et de l’emploi à tout prix. Il n’y a pas non plus de lutte possible sans dénaturaliser la société capitaliste dans laquelle nous vivons et qui nous impose sa richesse économique (l’argent, la valeur, le capital, les marchandises, l’investissement) comme étant normale, naturelle, évidente et ayant soi-disant existé dans toutes les sociétés humaines complexes. De plus la gauche et les syndicats croient à une redistribution moins injuste (moins pour les riches, plus pour les pauvres) de l’argent produit par le sacro-saint travail, défense du travail qu’ils partagent avec Nicolas Sarkozy. Mais cela ne nous fait en rien sortir du capitalisme, puisque la redistribution alternative présupposera une bonne croissance de la valeur capitaliste (donc des profits) en nous pressurant au travail comme des citrons pour faire sortir de nous le jus de la valeur économique. Il faut sortir clairement de cette réalité insupportable que nous vivons qui réduit tout à l’économie. Ce n’est qu’en prenant ces critiques en compte qu’un mouvement peut émerger avec de vraies perspectives.


La crise du capitalisme : Quand les robots rendent l’humain inutile...


             TF1 ne nous le dit pas, mais ce que nous appelons le « travail » n’a pas toujours existé. Car le travail ne crée pas naturellement de la valeur comme le prétend la science économique. Le travail tel que nous le connaissons (le travail créateur de valeur) n’existe que dans la société capitaliste présente comme principe d’organisation et de structuration créant une richesse sociale spécifique à cette seule société : la valeur se valorisant infiniment (le capital comme médiation sociale reproduisant l’ensemble de cette société). Dans un cadre de concurrence avec la guerre économique que se livrent les capitaux des entreprises de part le monde pour gagner des parts de marché et faire des profits, la production de valeur incorporée aux marchandises dépendant du travail fourni consiste à augmenter la productivité dans l’appareil de production. Depuis plusieurs dizaines d’années, les machines et les ordinateurs suppriment massivement le travail humain pour tenter d’augmenter au moins provisoirement les profits. Après les ouvriers et les employés (de la Poste, de la SNCF, des magasins ou des banques), c’est aux enseignants de devenir obsolètes. L’école elle aussi devient numérique. Grâce aux progrès de la science et de la technologie, l’accumulation de profit exige moins d’humains à exploiter qu’avant. Pour autant en substituant le travail des humains par le travail des machines, le capitalisme scie la branche (le travail créateur de valeur) sur laquelle il est assis, car en pressurant les salaires et en augmentant le chômage, des millions de gens ne sont plus solvables, et perdent leur pouvoir d’achat. Les marchandises produites incorporent de moins en moins de valeur, phénomène que les capitalistes doivent tenter de compenser en augmentant les volumes de marchandises produites, en nous faisant acheter le plus possible (rôle de la publicité) et en ouvrant de nouveaux marchés. Mais comme de plus en plus d’humains sont ainsi rendus « superflus » pour le capitalisme, la demande s’effondre et c’est la course à l’endettement. Ce mécanisme contradictoire implacable du capitalisme, n’est pas réformable car c’est sa logique même. Le capitalisme ne peut donc plus créer assez d’emplois pour tous. Le capitalisme est donc depuis 40 ans dans une crise généralisée dans les centres capitalistes, il s’effondre et nous pousse avec lui dans la tombe qu’il se creuse tout seul.


...se faire exploiter devient un « privilège »


               Les robots nous remplacent donc. Le problème, c’est que nous restons tous plus ou moins contraints de travailler, car le travail créateur de valeur est le lien structurant dans la société capitaliste. Sans travail, pas de salaires, et le frigo reste vide. Tous les humains mis au rebut par les machines n’auront pas assez cotisé pour prétendre à la retraite. Nous en sommes arrivés au stade où pouvoir vendre sa force de travail à une entreprise est devenu un privilège. Mais quel privilège ? Les emplois que créent encore péniblement le capitalisme sont de plus en plus vides, et déconnectés de nos besoins fondamentaux, les travailleurs réduits à n’être que les auxiliaires des ordinateurs, des rouages au sein de la machinerie industrielle. Les gains de productivité devant sans cesse augmenter, les personnes qui travaillent doivent travailler toujours plus, toujours plus vite, de manière toujours plus efficace. Exclus et inutiles, ou exploités et pressurés. Voilà à quoi nous en sommes réduits. Il n’y a pas de solution au problème des retraites ou du chômage sans sortie du capitalisme et de la société industrielle. Combien de temps pensez-vous que ce système s’encombrera d’une main d’œuvre inutile ?


La solidarité ne repose pas sur la croissance !


            Pour justifier la réforme des retraites, la droite nous explique : « il y a aujourd’hui moins de travailleurs actifs, et plus de personnes inactives. Il est donc normal de travailler plus longtemps pour payer les retraites » Ce à quoi les économistes de la gauche et de l’extrême-gauche rétorquent : « Même avec une croissance inférieure à 2%, le produit intérieur brut aura doublé d’ici 40 ans, on pourra donc en consacrer une part plus importante au financement des retraites, sans effort financier supplémentaire de la part des salariés. » Pour la gauche, le problème est donc uniquement un problème de répartition des fruits (pourris) de la croissance de la valeur, forme de richesse intrinsèquement capitaliste. Comme si les retraites, et donc la solidarité humaine, reposaient sur la croissance économique. Il faut en finir avec l’idéologie de la croissance. Compter sur un doublement de la production d’ici 40 ans est une aberration. Non seulement le capitalisme est à bout de souffle en venant au terme de sa logique folle et contradictoire, mais notre environnement ne survivrait pas à un tel désastre écologique. Sans compter la dégradation de la vie en société. Car produire plus, c’est produire toujours plus de marchandises, d’ordinateurs, de télévisions à écrans plats, de téléphones portables, et autres gadgets high-tech qui abrutissent, individualisent et finissent par détruire toute relation véritable entre nous. (Et vous, combien d’amis virtuels avez-vous sur facebook ?)


Lycéens et étudiants refusez d’intégrer la machine-travail planétaire !


              Le second argument de la gauche contre la réforme des retraites, consiste à refuser l’allongement de la durée de cotisation parce qu’il serait un frein à l’emploi des jeunes. Quels emplois ? Des emplois qui répondent à quels besoins quand le but final est la production de valeur ? Seul compte combien de valeur et d’argent ces emplois auront produit pour la formidable machine à fric dans laquelle les lycéens et étudiant devront trouver leur place. Il faut sortir de cette logique de l’emploi à tout prix. D’abord parce qu’il n’y a plus de travail pour tous. (voir plus haut) Ensuite parce que non seulement cela revient à défendre des emplois qui nuisent au reste de la société, mais que finalement tout travail créateur de valeur fait partie intégrante de la société capitaliste en tant que son noyau et fondement. Il n’y a pas de honte à ne pas avoir de « travail » au sens où l’entend cette société, c’est à dire un travail que l’on ne fait que pour l’argent, sans aucune considération pour son contenu. Il est plus digne de ne pas travailler, plutôt que d’être d’aller dans n’importe quel « taf » pour participer à l’augmentation perpétuelle de la sainte-croissance capitaliste. Remettons en cause notre société sur sa base, le travail créateur de valeur. Pour autant, nous ne voulons pas passer notre vie à ne rien faire. Nous préférons alors parler d’activité en tentant collectivement de sortir de l’économie.


Par où commencer ? Battre en retraite… un débat permanent !


              Dans ce monde « à l’envers » qu’est le capitalisme, les choses que le travail fabrique (sous forme de marchandises et de services donc sous forme d’argent et de capital) commandent aux humains et dressent en face de nous comme des divinités barbares qui exigent de nouveaux sacrifices humains. Nous ne sommes que des créatures, des rouages, des supports de ce travail de valorisation économique qui nous dépasse et sur lequel il ne peut plus y avoir aucune maîtrise autre que celle de sortir de cette forme sociale de vie qu’est la vie capitaliste, qu’en dépassant le travail, l’argent, la valeur et la production de marchandises comme formes structurantes de « notre » société. Pour cela dans un premier temps, s’organiser à la base pour obtenir le retrait de la réforme et lutter contre l’administration du désastre capitaliste. Se défier des centrales syndicales qui adorent le Dieu du travail et des partis politiques. Prendre le temps de réfléchir et de construire des solidarités pour repenser une théorie critique du capitalisme. Cesser les journées d’action ponctuelles, pour construire un mouvement solide et continu pour nous rencontrer, discuter, échanger afin d’engager à gauche un débat sur la remise en cause du travail, de l’argent et de la valeur comme formes structurantes de « notre » société. Pour sortir de l’économie ! Nous organiser enfin pour empêcher tout retour à la normale. Paralyser les centres économiques, scientifiques et politiques. Refuser le travail c’est bien, mais le dépasser comme forme structurante de la vie en société c’est mieux ! Produire collectivement ce dont nous avons besoin pour vivre, sans le concours de la machine-travail planétaire et sa production industrielle.

 

Rendre inutile ce système qui nous rend inutiles.