05.10.2008

B. Charbonneau : l'Etat

 

Charbonneau.JPGRécemment le collectif national pour la préservation de nos libertés (voir ici : http://www.noslibertes.org/) a pris la peine (le plaisir ?) de produire un recueil d’une quarantaine de pages composé de citations extraites d’un des livres majeurs de Bernard Charbonneau : l’Etat. Celui-ci est disponible à l’adresse suivante.

 

 

 

Est-il encore besoin de présenter Bernard Charbonneau ? Considéré aujourd’hui comme le précurseur de l’écologie politique pour avoir rédigé dès 1937 un article intitulé le sentiment de nature force révolutionnaire, il est également l’un des premiers à avoir fustigé l’absurdité que constituent le développement économique indéfini et la sacro-sainte croissance puisque déjà il remarquait que le « progrès économique et industriel ne peut être obtenu que par un renforcement de l’armature sociale » et c’est pourquoi « la synthèse entre un progrès indéfini de la liberté et une croissance sans fin du confort est une utopie. »

 

 

 

Bernard Charbonneau était avant tout un homme de parole et c’est seulement parce qu’il n’a pas réussi à faire partager son point de vue à ses contemporains qu’il s’est mis à écrire. D’ailleurs il le disait lui-même. Ainsi, dans l’introduction de Le Pan se meurt (qui deviendra Le jardin de Babylone), il écrit : « Mon livre me fait honte : c’est l’échec de ma vie. » ou bien dans l’avant propos à Comment ne pas penser : « Ces pages sont nées d’un échec à communiquer l’essentielle d’une vie consacrée au débat créateur de l’individu et de la société. »

 

 

 

D’une manière générale aucun de ses livres n’a eu de succès et du reste il a eu beaucoup de mal à trouver des éditeurs qui acceptent de publier ses livres. A cela il répliquait « L’échec total de mes livres est la preuve de l’exactitude de ce que je dis au sujet de cette société, ce n’est pas un hasard ; quand la « société » est attaquée, elle se défend. Et cela, par le silence. » [1].

 

 

 

Quant à l’Etat, il ne fait pas exception. Initialement, celui-ci faisait partie de son premier livre Par la force des choses, mais devant le refus des éditeurs il se retrouva contraint de le séparer en deux parties qui deviendront l’Etat et Je fus. Jacques Ellul, son grand ami, note à ce sujet : « En 1945 il écrivait un livre monumental sur l’Etat, où il explicitait tout ce qui s’est passé depuis. Nous l’avions polycopié – et… il vient d’être édité en 1990. Mais comme le dit B. Charbonneau : « Ce fut une prophétie, c’est devenu un constat. » [1]

 

 

 

Constat certes, mais qui reste néanmoins un vibrant plaidoyer pour la liberté ! A lire et à relire…

 

 

[1] Ces citations sont extraites de l’ouvrage l’homme à lui-même qui relate une correspondance entre Jacques Ellul et le mathématicien Didier Nordon. Ed. du Félin 1992.

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