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30/01/2008

Nano-pravda

Le film Nano-pravda est une version courte (20mn) du film de Julien Colin le Silence des nanos. Comme cela y est indiqué :

« Ce film est un montage de séquences butinées sur internet (avec une qualité d’image et de son souvent médiocre ) publicités, interviews, bandes-annonces, communications, conférences…

Ni didactique, ni pédagogique. L’intention de film est de susciter la curiosité vis-à-vis des nanotechnologies. »
 
 

 

 

Première partie:

 
 
 

 
 

Seconde partie:



 

A ceux qui, piqués de curiosité, souhaiteraient en savoir plus, nous conseillons d’aller faire un tour sur les pages suivantes :

Le site du film le silence des nanos : http://www.lesilencedesnanos.com/.

Une conférence de Bernadette Bensaude-Vincent : Les nanotechnologies : un champ ;d’expérimentation sociale.

Le site grenoblois d’opposition aux nécrotechnologies : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/

Plusieurs textes de Jean Pierre Dupuy :

«  Le problème théologico-scientifique et la responsabilité de la science »

« Impact du développement futur des nanotechnologies sur l'économie, la société, la culture et les conditions de la paix mondiale ».

« Quand les technologies convergeront »

 

La conférence audio de Pat Mooney , membre de ETC group, pendant l'inauguration de Minatec.

 

20:40 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1)

29/01/2008

Brochure : La montée de l'insignifiance

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Pourquoi cette brochure ?

L’œuvre de Cornélius Castoriadis (1922-1997) est immense. Ce penseur hors norme aura passé sa vie à défendre ce qu’il nomme le « projet d’autonomie ». Cette création historique née en Grèce en même temps que la philosophie n’est autre qu’un projet de liberté, d’autonomie individuelle et collective, de critique et d’autocritique. Alors que l’homme était autrefois soumis au poids des traditions pluriséculaires, par essence immuables et incritiquables, émerge en Grèce cette idée que l’homme peut et doit se donner, de manière lucide et consciente, ses propres lois. Il ne s’agit donc plus pour l’homme d’être le sujet passif d’une histoire qu’il ne maîtrise pas, mais bien au contraire de faire de celui-ci le sujet éclairé, l’acteur, qui écrit son histoire.

Pour autant, Castoriadis ne se leurre pas sur la difficulté de réalisation de ce projet. Bien au contraire ! Dans La Montée de l’insignifiance il souligne en effet avec force que jamais l’humanité, plongée comme elle est dans l’atonie et l’apathie, n’en aura été autant éloignée ! Et quant à savoir comment sortir de la « phase décomposition » que nous vivons, tout juste nous indique-t-il que :

« Ce qui est certain, c'est que ceux qui ont conscience de la gravité de ces questions, doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir - qu'il s'agisse de la parole, de l'écrit ou simplement de leur attitude à l'endroit qu'ils occupent -, pour que les gens se réveillent de leur léthargie contemporaine et commencent à agir dans le sens de la liberté. »

 

C'est à cette tâche que nous avons souhaité modestement contribuer. 

PDF - 288.1 ko 

 

 

 

 

23/01/2008

La décroissance sereine

617cc3bb91490711034f11b3d85ac194.jpgEn attendant le prochain café décroissant du 29 février voici un petit livre pas cher à lire ou à offrir de tout urgence :  Source

Serge Latouche   Petit traité de la décroissance sereine
Mille et une nuits - Les Petits Libres 2007 /  3.50 € - 22.93 ffr. / 171 pages
ISBN : 78-2-7555-0007-3
FORMAT : 10,5cm x 15,0cm

L’auteur du compte rendu : Rémi Luglia, professeur agrégé d’Histoire et interrogateur en deuxième année dans une classe préparatoire commerciale, est doctorant à Sciences-Po Paris où il mène une recherche sur l’histoire de la protection de la nature en France de 1854 à nos jours à travers le mouvement associatif.

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Serge Latouche est considéré en France comme le «Pape de la décroissance», notamment depuis qu’il a publié une «bible» en 2006 avec son Pari de la décroissance. C’est donc une des voix les plus autorisées, car porte-parole d’un esprit qui a étudié finement depuis des années ce principe, qui nous livre ici sa synthèse.

Serge Latouche a le mérite de la simplicité de l’expression et de la clarté de l’exposition. Nul besoin de manier un vocabulaire technique et économiste de haute volée pour comprendre les tenants et les aboutissants de la décroissance. D’autant que l’auteur manie sans complexe paraboles et images afin que son ouvrage soit véritablement compréhensible de tous. Simultanément, il ne tombe pas dans le travers de trop d’écologistes qui se posent en Cassandre d’un futur apocalyptique sans le démontrer, ni formuler de propositions cohérentes, autres qu’incantatoires. Nous avons donc un petit livre simple sans être simpliste, clair sans être abusivement schématique.

Ce que l’on apprécie également, c’est le caractère engagé mais non dogmatique de l’auteur. Engagé car il prend résolument parti en faveur de la «décroissance». Non dogmatique car cet engagement résulte d’une analyse précise et d’une démonstration qu’il expose et livre à la critique. Dans cet essai, Serge Latouche ne nous demande pas de le croire, il cherche à nous convaincre. Il produit un discours de raison et non pas un acte de foi : c’est un point fondamental.

Avec ces qualités, l’ouvrage de Serge Latouche s’avère pleinement satisfaisant, et même indispensable, pour comprendre la notion de «décroissance» et ce qu’elle propose. Libre à chacun ensuite de critiquer tel ou tel point de la démonstration. On peut donc parfaitement lire ce livre sans souhaiter adhérer à l’idée de décroissance. Mais attention ! Avec la qualité de son analyse et de sa démonstration, le petit livre de Serge Latouche s’avère d’une lecture efficacement convaincante et il y a de très fortes chances que vous soyez persuadé ensuite de la pertinence et de l’urgence de la «décroissance» !

Prendre la pleine mesure de l’apport de Serge Latouche implique néanmoins une véritable honnêteté intellectuelle. D’abord en considérant les arguments avancés en faisant preuve d’esprit critique et non pas en usant d’idées préconçues du type «la décroissance, c’est revenir aux bougies». La seconde marque d'honnêteté demandée est plus difficile car elle remet en cause nombre de discours actuels : on ne peut plus s’inquiéter de l’état de notre planète et de nos sociétés et persister à louer et à souhaiter la croissance et le développement. L’idée centrale est bien celle-ci et elle implique un changement complet de paradigme.

Actuellement, la plupart d’entre nous pensons qu’il y a de réelles menaces sur notre environnement : pollution, surconsommation, individualisme, finitude des ressources naturelles, destruction de la biodiversité, etc. Mais nous ne tirons pas les conséquences de ces constats. Nous continuons à réfléchir dans le cadre d’un système qui mesure la destruction comme de la richesse (c’est le PIB) et qui ne prend aucunement en compte la valeur des «biens naturels» (donc «gratuits») dans la définition du coût et de la rentabilité d’un produit ou d’une activité. Et c’est bien là qu’est le ressort de la critique virulente que Serge Latouche adresse aux tenants actuels de la bien-pensance d’un «développement durable» qu’il qualifie de «pléonasme au niveau de la définition et d’oxymore au niveau du contenu» (p.24). Comment concevoir dans un monde fini que la croissance, et donc le développement, puisse être infinie ou «durable» ? Des personnes remarquables comme Nicolas Hulot ou Nicholas Stern croient-elles réellement ce qu’elles disent quand elles affirment que l’écologie est compatible avec la croissance ? Serge Latouche ne le pense pas et dénonce cette fausse illusion qui confine pour certains à l’hypocrisie à des fins immobilistes. Pour lui, l’origine de tous les problèmes est le principe de croissance comme moteur de nos sociétés. La seule solution cohérente avec ce constat est la décroissance, que Serge Latouche préfère, à juste titre, nommer l’a-croissance : c’est-à-dire vivre mieux en travaillant et en consommant moins. A cet égard, il ne faut pas confondre «a-croissance» et «croissance négative» (ou récession) mais il s’agit bien de passer d’une «société de consommation ou de croissance» à une «société de décroissance».

Pour exposer cela, Serge Latouche utilise un plan en trois parties : d’abord expliquer ce qu’est la décroissance et de quels constats elle provient ; ensuite la définir comme une «utopie concrète» (et nécessaire), seule alternative à la croissance ; enfin envisager sa mise en place. Si la démonstration est sans faille, il demeure toujours un certain nombre de problèmes quant à sa mise en œuvre : qui sera le premier à franchir le pas ? Comment changer des mentalités séculaires, parfois pluri-millénaires ? Comment faire face aux immenses intérêts personnels et individualistes et à l’inertie qu’ils représentent ? A cet égard, on ne peut que rappeler l’échec historique de toutes les tentatives de transformation de l’homme, qu’elles soient religieuses ou politiques.

Cependant, rien ne serait plus terrible que de confiner la décroissance, et sa raison convaincante, à une utopie irréalisable et de céder à la solution de facilité : croire que l’avenir sera toujours meilleur si l’on ne change rien...


Rémi Luglia
(
Mis en ligne le 18/01/2008)

 

 

 

14:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)