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28/09/2007

Mythologie du progrès et fuite en avant

2911ac220c1201703055debfa310da5e.jpgTrouvé sur le site http://rebellyon.info/

 

Publié jeudi 27 septembre 2007

GSM, voiture, ordinateur, électroménager... Nous vivons dans un monde où la technologie est omniprésente. Dès le plus jeune âge, nous apprenons à percevoir le développement des outils comme le fruit du “progrès”. Le mot sonne bien : il évoque le changement, l’efficacité, l’amélioration, la marche en avant. Dès lors, questionner sa réalité, c’est souvent se faire qualifier de rétrograde, voire d’obscurantiste.

 

 

Pourtant, lorsque l’on se penche sur cette notion ambiguë, les remises en questions foisonnent. Le progrès est-il réellement, comme on l’entend souvent, au service de l’Homme ? Quelles sont les questions politiques, écologiques et morales que soulève le développement fulgurant des technologies ? Ne met on pas au jour l’absurdité d’une telle notion en relevant de simples paradoxes comme celui-ci : peut-on faire de la foi dans le progrès une idée arrêtée ? Le progrès semble évoluer selon des voies qui tendent à le contredire.

La réflexion sur celui-ci est si vaste que nous ne pouvons l’épuiser en quelques lignes. Essayons tout de même d’explorer quelques pistes. « On n’arrête pas le progrès. » Ce slogan bégayant présente l’histoire de l’humanité comme une évolution incessante, linéaire et objective des conditions nécessaires au bonheur individuel et collectif. Cependant, on est en droit de se poser certaines questions faussement simples : qui est le “on” ? Qu’est ce qu’un progrès ? Historiquement, d’où vient cette croyance ?

 

 

Une invention récente

 

Si les origines de la notion de “progrès” sont antérieures à la fameuse querelle des Anciens et des Modernes, le 18ème siècle a fait de ce concept un véritable porte-drapeau, un fourre-tout. Cette acceptation est le fruit des théories produites par les fondateurs du libéralisme moderne à cette époque. Les théoriciens commencèrent à soutenir que les besoins humains étant insatiables, ils nécessitent une expansion illimitée des forces de production indispensables à leur satisfaction. Le désir infini, jadis condamné comme source de frustration et de désarroi spirituel, commença alors à être envisagé comme un puissant stimulant au développement économique.

L’idéologie du progrès est en outre le produit de la sécularisation de la vision chrétienne de l’histoire, orientant le temps comme une flèche, de la déchéance de l’homme à sa rédemption, en opposition au temps cyclique des Grecs. Du coup, on a regardé la pensée traditionnelle comme un mélange confus d’animisme, de mythes et de superstitions d’une humanité encore dans l’enfance, qu’il fallait amener à l’âge de raison.

L’économie néo-libérale, parallèlement au développement de la science moderne, s’est ainsi targuée d’un savoir faisant autant autorité que la physique, s’arrogeant d’une certaine histoire linéaire, s’autorisant à juger, à tirer des conclusions, bref, à construire une morale. Celle-ci crée un sentiment diffus d’impuissance et de fatalité : on ne doit pas se poser de questions, et accepter de se soumettre.

 

Un espoir aveugle

 

La décroissance remet en cause l’impression de continuité que la foi dans le progrès suscite. Du silex au couteau, du tam-tam au téléphone portable, ces descriptions historiques nous présentent la progression d’outils de plus en plus évolués, comme autant d’améliorations pour le genre humain. Ce regroupement systématique des objets autour de l’idée d’une évolution vers un “mieux” est une construction intellectuelle se présentant comme naturelle. Le “toujours mieux” se traduit dans les faits par un “toujours plus”. L’accumulation de choses prend alors le prétexte de l’innovation et l’amélioration. Cette mythologie globale du “progrès”, non seulement légitime, mais amplifie le règne d’une consommation illimitée.

De plus, tout se passe comme si, face à un problème, la réponse spontanée consistait à trouver la solution technique appropriée, non à interroger ses causes réelles. En se concentrant sur le comment, en négligeant le pourquoi, la perspective du progrès agit comme un espoir aveugle. Elle présente comme une certitude le fait que la majeure partie des problèmes sociaux, environnementaux et intimes auxquels nous sommes confrontés trouvera, tôt ou tard, une réponse technique. Des millions d’humains meurent de faim ? Améliorons le rendement des céréales. L’insécurité rôde dans les villes ? Installons des systèmes de vidéosurveillance, équipons la population de cartes d’identité biométriques et augmentons l’effectif policier. Les violences à la télévision choquent les enfants ? Équipons nos téléviseurs de puces électroniques pour crypter les scènes traumatisantes. Les États-Uniens se sont mis à la recherche du gène de l’obésité pour résoudre le problème de manière scientifique.

 

 

Déconstruire cette croyance

 

Les adeptes de la décroissance, à la suite d’une longue tradition, remettent en cause cette foi dans le progrès, autours de trois axes principaux : l’impératif de consommation, l’espoir aveugle de résolution de tout problème, et l’idée d’une continuité historique vers un “mieux”, qui ne précise d’ailleurs pas ce que ce “mieux” signifie pour les populations. Ils soulignent entre autres les effets de la mythologie du progrès par les concepts d’effets rebonds ou de cercle vicieux : chaque technique, en résolvant des problèmes, en soulève toujours de nouveaux. Pour combattre ces “effets secondaires”, il faut réaliser de nouveaux progrès techniques qui nécessitent de plus en plus de sophistication. Certains de ces effets sont par ailleurs irréversibles. D’autres ne sont connus que plusieurs années après. Plus le progrès technique croît, plus semble augmenter la somme de ses effets imprévisibles.

La voiture nous offre un exemple éloquent. Son utilisation entraîne dans un premier temps des “attraits” immédiatement visibles : la vitesse, le confort, l’autonomie, le plaisir de conduire, etc. Mais que se passe-t-il lorsqu’on prend en compte toutes les autres conséquences : les accidents, la pollution atmosphérique, les déchets, l’enlaidissement des paysages, le bruit, le mauvais coup porté aux liens sociaux dans des rues devenues invivables, la course au pétrole, le lobbying de firmes puissantes sur les pouvoirs publics pour entraver le développement des transports collectifs, etc.

 

Aujourd’hui, il nous faut tenter de déconfessionnaliser une philosophie de l’histoire qui n’est autre qu’une théologie déguisée, pour fonder une philosophie de l’histoire laïque, arrachée radicalement à la théologie chrétienne de l’histoire sécularisée dans l’idéologie du progrès.

 

Nicolas Zurstrassen

 

Source : http://rebellyon.info/article4227.html

17:35 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : décroissance

08/09/2007

"La peur de la nature" de François Terrasson

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Au plus profond de notre inconscient, les vraies causes de la destruction de la nature

par David Naulin

À l'heure où de lourdes menaces pèsent sur notre environnement et ou les certitudes scientifiques s'accumulent, il semble que l'homme soit incapable de protéger son bien le plus précieux : sa planète. Qu'elle en est la raison profonde ? Le livre choc de François Terrasson, éminent maître de conférence au Muséum national d'Histoire naturelle décédé en 2006, est réédité depuis juin 2007 par les éditions Sang de Terre.

Au-delà des causes économiques, politiques, culturelles, sociales, qui rendent ardue la protection de la nature, il en est une, beaucoup plus cachée, insaisissable et sourde qui prévaut sur toutes les autres : l'homme occidental, maître économique actuel de la planète, a peur de la nature et de sa part d'animalité.

Aimez-vous vraiment la nature ? Toute la nature ? Le gluant, le griffu, le velu, le vaseux, l'organique ? François Terrasson, chercheur atypique, a décrypté nos rapports profonds aux forces originelles. Il nous révèle avec humour nos fonctionnements internes, et explique de manière lumineuse pourquoi notre société s'acharne à détruire la nature.

Quelques jours avant sa mort, François Terrasson, écrivait : "Je voyais évoluer dans les forêts et savanes mes amis naturalistes, semblant baigner dans des paradis. Et aussi la peur de tant de nos contemporains devant les milieux sauvages. Je voulais savoir pourquoi. Pourquoi le positif, pourquoi le négatif, débouchant souvent sur l'agressivité contre le milieu, habilement déguisée en aménagement ou en développement économique. La piste était foisonnante de résultats semblant expliquer toutes sortes d'actions incongrues : arrachage de haies, recalibrage de rivières, assèchement de mares, monocultures et liquidation des sociétés paysannes.

Le lien ou l'absence de lien avec la nature, voilà le point crucial ! Ou, comme le diraient les Indiens Cree du Canada, confrontés aux grands barrages de la Baie James : « le rapport spirituel avec le territoire ».

L'homme émotionnel perçoit, rêve, symbolise les aspects sensibles de l'Univers. Il accorde arbitrairement des valeurs (en moins ou en plus) à chacun d'eux : océan, ciel, forêt, broussaille, maison, rivière, autoroute, blaireau, automobile, piscine, kalachnikov... En fait, le choix des aspects d'amour est très influencé par tous les agents de conditionnement mental qui pullulent dans nos environnements. C'est ainsi que j'en viens à soupçonner que, si les ambiances de nature touchent nos comportements, celles d'absence de nature n'auraient pas moins d'influence." Extrait de "Les derniers mots d'un philosophe" publié par l'hebdomadaire Politis (mercredi 18 janvier 2006).

Nous constatons ainsi au fil des pages que nos créations ? champs agricoles dénudés s'étendant fièrement à l'infini, autoroutes en ligne droite, grands immeubles de verre et de métal s'élevant dignement dans le ciel ? ont toutes un point commun : elles célèbrent, par leur artificialité, le reniement de la nature et sa domination.

L'homme moderne n'en est plus à une contradiction près : il pense être le chef-d'oeuvre de la nature, mais refuse d'être perçu comme lié à elle. Il a fait Dieu à son image, et veut créer de la vie sur Mars, alors qu'il la détruit chez lui. En se détachant de la nature, en déniant sa part d'animalité, la civilisation moderne a pris le risque de ne plus la comprendre : les dysfonctionnement de la science (pollution, vache folle), révèlent à leur manière cette profonde rupture. « Et pendant bien longtemps encore, l'homme a été un animal presque comme les autres, chassant, pêchant sans perturber l'équilibre de la planète. En Europe occidentale, beaucoup de races différentes s'installèrent et subirent des changements climatiques en série, dont le dernier fut la grande glaciation qui prit fin il y a peut être douze mille ans. C'est ensuite que s'installèrent les grandes forets de hêtres et de chênes à la place de la toundra et des conifères. Et ce magnifique décor ne fut pas perturbé, car on avait oublié d'inventer l'agriculture ». Extrait de « La Peur de la Nature » aux Editions Du sang de la Terre. Une lecture tonique, drôle sinon optimiste, un point de départ incontournable pour toute réflexion liée à notre capacité à changer et à vivre harmonieusement avec notre environnement naturel.

"Sang de la Terre" de François Terrasson réédité aux Editions "Sang de Terre" - Prix public : 21,00 EURO

PS : François Terrasson L'auteur, François Terrasson, maître de conférence au Muséum national d'Histoire naturelle, naturaliste accompli et écrivain, est décédé le 2 janvier 2006. Son parcours : Instituteur dans l'Allier, avant de rejoindre le Muséum en 1967, François Terrasson avait participé à la création du service de conservation de la Nature au Muséum et fut l'un des premiers à faire prendre en compte le milieu naturel dans les problématiques d'aménagement du territoire et d'agriculture. Issu d'une formation alliant les sciences humaines aux sciences de la nature, François Terrasson s'était d’abord spécialisé en agro-écologie. Il a sauvé des milliers de kilomètres de haies et des pans de bocage. Grâce à son approche sociale et humaine de la nature, l'agriculture française lui doit beaucoup. Il a contribué au premier inventaire écologique du bassin parisien et à celui de la côte aquitaine.

Plus connu par ses études sur la perception de la nature dans l'inconscient des individus et les comportements humains face à la nature, il a parcouru le monde décortiquant les civilisations, leur attitude face à la nature "sauvage" et leur rôle dans la construction des paysages. Il a travaillé également pour de nombreux organismes et institutions internationaux : l'UICN, où il contribua fortement à la rédaction de l'ouvrage de référence « Stratégie mondiale de conservation : la conservation des ressources vivantes au service du développement  durable » publié en 1980 ; le Conseil de l'Europe ; l'Université des Nations Unies... A titre personnel, il a milité dans des associations naturalistes régionales et nationales, notamment, l'association des journalistes et écrivains pour la nature et l'écologie (JNE). Il était l'auteur de trois ouvrages remarqués : La peur de la nature (Ed. Sang de la Terre-1995), La civilisation anti-nature (Ed. du Rocher-1995) et En finir avec la nature (Ed. du Rocher-2002). Il avait également à coeur de partager ses connaissances sur la diversité biologique à travers des milliers de conférences données dans le monde entier ou en organisant les célèbres «sorties nocturnes » dans la nature sauvage !

 

 

 

 

 

 

 

11:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : décroissance, écologie

02/09/2007

Simplicité volontaire et décroissance (video)

Film sur la décroissance réalisé par Jean-Claude Decourt, entièrement auto-produit.

Avec des interventions de : Jean-Claude Besson-Girard, Paul Ariès, Serge Latouche, José Bové, S. George… Il sera suivi d’autres films approfondissant les sujets abordés (hiérarchies, peurs, vitesse, manque, compétition, temps, mort…) et montrant des femmes et des hommes explorant joyeusement d’autres possibles.

Ces films seront diffusés par l’association UTOPIMAGES, en cours de construction. Cette association regroupant des journalistes et des réalisateurs, aura également pour but de former aux pratiques vidéo et d’aider à la création de médias libres.

En attendant la mise en route d’ UTOPIMAGES (fin de l’été), vous pouvez acquérir le film en envoyant un chèque à : Jean-Claude Decourt 4 résid. de la rascasse 186 Av. de la mer 11210 Port la Nouvelle

Durée 60 mn.
Prix 15 €.
+Port :
-pour un DVD 5 € (enveloppe à bulle).
-pour cinq DVD 10 € .
-gratuit pour dix DVD.

Vous pouvez projeter ce film, le diffuser, le copier… sans demander d’autorisation, l’essentiel étant qu’il soit vu et que les quelques ventes leurs permettent de continuer.

revolutionet.free.fr

 

 

 

 

15:10 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (6)