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27/04/2007

géoingénierie

medium_contamina.thumbnail.jpgEt pendant ce temps la technoscience continue son inexorable avancée ! On savait bien que depuis longtemps la planète Terre n’était plus considérée par nos chers scientifiques que comme un lieu d’expérimentations, c’est-à-dire un terrain de jeu, dans lequel tout est permis : faire sauter des bombes nucléaires, disséminer volontairement des OGM, perturber de la ionosphère avec Haarp, etc.

 

 

 

Ce qui est nouveau et inquiétant c’est aujourd’hui la volonté affichée de certains Etats de résoudre les problèmes écologiques globaux à l’aide de la géoingénierie (voire l’article du  Guardian), entendez par là  « l'ingénierie environnementale à l'échelle de la planète, particulièrement l'ingénierie visant à contrebalancer les effets annexes non désirés des autres activités humaines. » selon une définition disponible dans la revue Nature.

 

 

Ainsi, plutôt que de résoudre les problèmes à la source (réduction des émissions de gaz à effet de serre, décroissance de l’empreinte écologique, etc.), ce qui se dessine c’est la fuite en avant technologique ! C’est-à-dire la « résolution » par la technologie des problèmes qu’elle a elle-même engendrée. Le risque est ainsi grand de voir notre survie dépendre entièrement de la technoscience sans possibilité de faire machine arrière !

 

 

 

L’article suivant, rédigé par un membre du Groupe ETC, reprend les grands points développés plus amplement dans la publication  Gambling with Gaia et donne un aperçu de la situation actuelle.

 

 

Bonne lecture.

 

 Manipulation du climat, par Silvia Ribeiro*

 

 

Tandis que les conséquences des changements climatiques planétaire sont de plus en plus visibles et frappent chaque fois plus dur les plus pauvres, les principaux responsables, les entreprises et les gouvernements, loin d'aller directement à l'éradication des causes, proposent des arrangement technologiques. Éradiquer les causes du problème pourraient influencer négativement sur leurs profits ou sur les votes lors des élections. Les arrangements technologiques ont l'avantage de créer de nouvelles sources d'affaire pour les même qui un jour avaient provoqué et bénéficié des dégâts.

 

Même si la plupart des initiatives telles que le développement de l'énergie nucléaire et la production massive de biocarburants entraînent des effets pervers, de loin, la tendance la plus dangereuse et la plus extrême est le génie géographique: la manipulation intentionnelle du climat et de l'environnement planétaire.

 

Il existe des initiatives gouvernementales et privées allant dès la fertilisation des océans avec des nanoparticules de fer (afin de baisser la température de la mer et dévier les ouragans) jusqu'à lancer des nanoparticules faites de sulfate vers le ciel afin de créer une couche et intercepter les rayons du soleil. Toutes ces initiatives ont en commun la possibilité de provoquer des catastrophes, des déséquilibres et contamination inédites.

 

Le nouveau rapport du Panel Intergouvernemental sur le Changement Climatique, publié en février 2007, nous met en garde. Ce siècle nous subirons des événements climatiques plus extrêmes y plus fréquents que ceux que nous avons déjà vus. Nous aurons des tempêtes tropicales, des ouragans plus forts, des inondations, de plus en plus grandes, des vagues de chaleur et sécheresse plus intenses et plus longues. Nous verrons avancer la désertification et L'augmentation du niveau de la mer de 28 à 43 centimètres jusqu'en 2100. Le panel réaffirma que le changement a été induit par les activités humaines, principalement par les émissions de gaz à effet de serre. Les émissions les plus polluantes sont celles dégagées par les automobiles et les industries dont la plupart se trouvent dans les pays du Nord global. Le procès accéléré d'industrialisation de la Chine contribue également et significativement aux changements. Le Mexique occupe la 14ème place dans la liste globale, mais loin derrière le principal pollueur; les États Unis.

 

Malgré les faits, le gouvernement des États Unis, appuyé par des scientifiques mercenaires se sont consacrés à nier les changements climatiques afin d'éviter tout changement à leur style de production et de consommation. George W. Bush avait commencé sa gestion annonçant qu'il ne prétendait pas respecter les objectifs du Protocole de Kyoto, organisme des Nations Unies s'occupant du thème environnementale, car en tenir compte affectait négativement les intérêts de l'industrie nationale. Cependant, lors d'une entrevue accordée au New York Times, Bush déclara:" Laissons tomber le débat sur l'origine des gaz à effet de serre et concentrons nous uniquement sur les technologies pouvant résoudre ce problème" (25/05/2006)

 

Les technologies desquelles il parle sont entre autres, la géoingénierie, qui cherche à manipuler le climat afin d'éviter, par exemple, la formation d'ouragans comme Katrine, ou du moins, tenter que ce type d'ouragans touchent leurs côtes même si en revanche ils touchent les côtes des voisins.

 

La manipulation intentionnelle du climat possède une longue histoire, surtout avec des fins belligérantes. La CIA réalisa des expériences afin de provoquer des pluies intenses et prolongées durant les guerres du Vietnam et du Cambodge afin de détruire des chemins et des récoltes. Cette expérience et autres expériences similaires avaient motivé la création au sein des Nations Unies de la "Convention sur l'interdiction à l'utilisation de techniques de modification environnemental à des fins militaires ou d'autres buts hostiles" (ENMOD). Cependant, les États Unis ont continué à développer ce type de projet.

 

Dans un rapport de la Force Aérienne des États Unis en 1996 intitulé "Le climat comme force multiplicatrice: possédant le climat en 2025", l'armée étasunienne conclue que le contrôle du climat "fourni la possibilité de dominer le champ de bataille allant jusqu'un dégrée jamais imaginé", le contrôle du climat rend possible la désarticulation des opérations ennemies provoquant des orages, des sécheresses et des pénuries d'eau douce.

 

 Selon l'organisation Mondiale de Météorologie, 26 gouvernements menaient des expériences d'altération du climat dans l'an 2000. Dans l'année 2003-2004, 16 gouvernements ont avoué se donner à ce type d'activités. Mais il existe bien plus de gouvernements impliqués dans ce type d'action. Les objectifs belligérants de la part des gouvernements ne sont jamais écartés, même si les gouvernements eux-mêmes déclarent d'autre de buts à leurs recherches que la guerre. La Chine par exemple, a promis au Comité Olympique International, que pendant la durée des jeux olympiques à Beijing 2008, il n'y aurait que des journées ensoleillées même si pour y arriver il fallait altérer le climat.

 

La possibilité de légitimer les mécanismes de contrôle climatique à travers la justification de pallier aux changements planétaires est peut être ce qu'il a de plus inquiétant dans cette situation. Par exemple, récemment, quelques expériences ont été entreprises. Le but des expériences était de fertiliser l'océan avec des particules de fer et augmenter ainsi le plancton de la superficie marine. Lors de cette expérience, il faut souligner l'active participation du Mexique avec le Centre de Recherche Scientifique et d'Éducation Supérieure d'Ensenada, (CICESE)

 

Ainsi, le fer devrait absorber le dioxyde de carbone (CO2), ce qui théoriquement devrait faire descendre la température de la mer. De cette façon, on pourrait éviter ou adoucir la formation d'ouragans. Même si l'on n'a pas encore des preuves de sur cette technique et l'on sait que l'absorption du CO2 n'est pas permanente, il existe des entreprises qui ont commencé la commercialisation ce cette activité en offrant des "crédits de carbone". Quelques publications sont apparues dans "Science" alertant la population sur la prolifération de ce type d'activités puisqu'elles pourraient avoir un fort impact sur les écosystèmes marins et tout ce qui en dépend. À ce stade, au lieu de faire face aux causes réelles du désastre climatique, la géoingénierie nous mettrait face à de nouvelles catastrophes.

*Chercheuse du Groupe ETC.

Toutes les informations de cet article, (publié au journal mexicain La Jornada le 03 février) sont tirées du rapport du Groupe ETC Gambling with Gaia, disponible dans le www.etcgroup.org

Foto: Indymedia Global

11:23 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Le GIEC vient de remettre son troisième rapport à Bangkok. Il semblerait que la géoingénierie n'ait pas été considérée comme pertinente. Selon le GIEC

«Les options de géo-ingénierie, comme la fertilisation de l'océan afin de soustraire directement le CO2 de l'atmosphère, ou le blocage de la lumière solaire en plaçant des objets dans la haute atmosphère, demeurent largement spéculatives et non prouvées, avec des risques d'effets collatéraux inconnus. Aucune estimation finale des coûts de ces options n'a été publiée.»


Source : http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/251852.FR.php

Écrit par : mozi | 05/05/2007

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