Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

29/03/2007

Serge Latouche en vidéo

Voici une présentation de la décroissance en images par l’économiste Serge Latouche. Bon visionnage :

 


Serge Latouche - La Décroissance
Uploaded by planetendanger


17:00 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : décroissance

22/03/2007

Inauguration de l’expo Nano à la Cité des Sciences

Inauguration de l’expo Nano à la Cité des Sciences : le groupe Oblomoff gâche (encore) la fête

A l’occasion de l’inauguration de l’exposition « Nanotechnologies » à la Cité des Sciences et de l’Industrie, chercheurs, industriels et acteurs politiques se sont réunis lundi 19 et mardi 20 mars pour « débattre » des enjeux et des risques des nanotechnologies. La tribune rectangulaire faisant office de « table ronde » se composait presque entièrement d’apologistes de cette nouvelle vague industrielle imposée et de professionnels de l’acception sociale des nouvelles technologies.

Dans le climat d’attente fiévreuse précédant l’arrivée du ministre délégué à l’Industrie, François Loos, les dernières heures de la séance de conclusion furent ubuesques. « Il ne nous reste plus qu’un quart d’heure pour les libertés individuelles » lance le médiateur au micro, tandis que Philippe Lemoine, de la CNIL, concède que l’étiquetage des produits nano n’est concrètement pas faisable, mais que les consommateurs devraient pouvoir télécharger directement des informations sur les produits grâce à leurs téléphones portables (sic !). Commence ensuite la dernière session, fallacieusement intitulée « débat public » : les invités officiels rendent leurs conclusions sur l’état de l’opinion, les 200 spectateurs ne sont pas autorisés à intervenir. Séance d’autocongratulation et de paternalisme : « nous avons été surpris de voir que le public pouvait avoir des opinions éclairées » note Marc Lipinski, vice-président de la région Ile de France. « Il a fallu laisser de côté les propositions trop radicales consistant à se demander s’il ne fallait pas tout arrêter », note Jean Caune, vice-président de l’Agglomération grenobloise, « d’ailleurs, c’est impossible, puisque les recherches scientifiques et industrielles sont déjà plus que lancées. ». Merci de cette confirmation : c’est la raison pour laquelle les opposants avaient boycotté ces débats citoyens, lancés à Paris et à Grenoble depuis 2005 suite à l’occupation du chantier de Minatec, à Grenoble.

Arrivée du ministre, entrée des journalistes et des vigiles. Chacun ajuste sa cravate - plus de temps pour faire intervenir le public, tant pis. François Loos s’avance à la tribune…et un membre du groupe Oblomoff prononce la déclaration suivante :

« Monsieur le nano-ministre, Mesdames, messieurs leurs sous-fifres,

A l’heure où les méfaits engendrés par la croissance économique sont flagrants,

A l’heure où les candidats à la présidentielle rivalisent en génuflexions devant la technoscience, censée pallier un désastre écologique et humain qu’elle n’a jamais cessé d’engendrer,

Après nous avoir fourgué le nucléaire, les pesticides, l’amiante, les ondes électro-magnétiques, les biotechnologies (OGM et consorts),

Après avoir organisé autant de débats pseudo-démocratiques qu’il y a de chercheurs-collabos mobilisables,  

Après avoir tout misé sur la poltronnerie et la malhonnêteté des journalistes pour vanter une camelote à laquelle vous n’entendez rien, si ce n’est le cliquetis de la machine à sous,

Après avoir matraqué des manifestants pendant quarante ans, de Malville à Grenoble,

Sachez que nous sommes toujours plus nombreux à refuser la poursuite du Développement économique et de la Recherche, mots d’ordre creux d’un futur sans avenir.

Sachez que ce consensus factice, coûteusement entretenu au prix de nos vies, trahit sans équivoque la débandade pitoyable de technocrates désaffectés.

Sachez que vous ne représentez rien. »

Au même moment, une large banderole est déployée devant la tribune : «  Le futur triomphe, mais nous n’avons pas d’avenir ». Huées, insultes ou interrogations. Beau gâchis en tous cas : les petits-fours auront un goût un peu âcre.

(Le tract est disponible sur le site de Bellaciao )

 

Groupe Oblomoff.

11:30 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : décroissance

21/03/2007

Lettre ouverte à Y. Cochet

  medium_Cochet.jpg

Merci Monsieur Cochet pour cette nécessaire explication sur l’après-pétrole lors de votre conférence à L’université de Rennes 2 (Villejean, ou vous fûtes, paraît-il révolutionnaire).

 

J’ai trouvé votre propos technique accessible car concret. J’ai regretté que la place aux questions ait disparu, noyée dans des polémiques politiciennes qui, vous l’aviez dit, n’était pas votre propos.

 

J’ai eu à cette occasion la possibilité de voir la fracture entre le mouvement social, notamment depuis les manifestations dites « anti CPE » (contre la loi sur « l’égalité des chances », version à droite) et les politiciens élus ou militants. En effet, vous avez été pris à partie sur la légitimité des « verts » suite à vos participations aux gouvernements de gauche plurielle. J’ai pu alors constater combien votre réaction a été suivie par celles et ceux qui croient encore dans les capacités de réforme du capitalisme moderne. Rétif à la critique, bien que je reconnaisse que la formulation de celle-ci ait été parfois laborieuse et peu constructive (1), vous avez alors perdu toute la pédagogie dont vous aviez fait preuve pendant votre exposé. Votre réaction, parfois agressive, ne fut pas constructive non plus, et c’est dommage.

Je pense que cette situation a montré combien l’appareil politique est en port à faux lorsqu’on évoque sa réelle représentativité, sa crédibilité. De grands changements doivent aussi s’opérer dans ces domaines. Comme pour l’après-pétrole, il est urgent d’entamer les préparatifs de ces changements, afin de préserver la paix. Comme pour l’énergie, le choix entre une décroissance du pouvoir joyeusement acceptée et partagée (é) et une récession brutale et clastique, le chemin est tenu, le choix se doit d’être radical, c’est cette urgence-là que les jeunes, que vous avez méprisés, voulez-vous faire entendre. 

Je vous ai trouvé honnête d’avouer que vous, l’écologiste de Paris, vous mangiez au restaurant de l’Assemblée nationale de la perche du Nil…Déculpabilisons d’être déjà tou(TE)s compromis(ES).

Pour en revenir à votre exposé, je ne vois pas la pertinence pour votre discours de nommer 23 marques. A part pour nous montrer qu’un cerveau, même aussi bien fait que le vôtre, est malléable, manipulé par la pub… D’une autre façon, les peuples savent partout sur cette Terre, que les puissances économiques manipulent les professionnels de la politique pour servir leurs faims (sic). 

Vous avez aussi, lors de votre exposé tenu un propos à la fois juste et stigmatisant : (je vous cite) « Les drogués commettent des crimes car ils ne peuvent se passer de leur produit ». Vous avez précisé que cela était aussi vrai pour notre civilisation avec le pétrole. Mais n’oubliez pas que le POUVOIR est une drogue, une des plus excitantes. Que les politiciens, comme les dirigeants de grandes entreprises, sont addictés au pouvoir (et à l’argent, qui sert de solvant au premier). Et que, partout à la surface de cette bonne vieille planète, des peuples de plus en plus nombreux se lèvent pour que les crimes s’arrêtent. Vous nous avez dit que votre propos est là pour permettre de préparer l’après-pétrole pour préserver la paix. Alors que le pétrole, c’est la guerre, demandez aux afghans, aux iraquiens, aux tchétchènes… Alors la paix pour qui ? Pour le milliard d’humains, qui mènent une vie dénaturée comme une majorité d’occidentaux ? Pour les élites, qui nous gouvernent sans entendre notre voix, alors qu’elles prétendent nous représenter ? Vous vous présentez aux élections pour représenter un peuple qui ne se reconnaît plus en vous et qui aspire à la paix sociale. Pensez vous agir dans ce sens ? Le tout, Monsieur Cochet n’est pas d’avoir bonne conscience, mais conscience. Or nos élites sont trop souvent déconnectées des réalités quotidiennes des populations. Il y a bien des exceptions, je vous souhaite d’en être, mais vous ne m’avez pas donné à le penser au cours du court débat suivant votre exposé.

Et souvenez vous, il y a trente ans, « on » se riait de vous qui parliez déjà du Pic de Hubbert, nous avez-vous dit. Trente ans plus tard, à Villejean, vous avez publiquement refusé d’admettre la dimension mondiale de la question de l’eau (dont l’exploitation du pétrole accélère la raréfaction), adoptant le positionnement de vos adversaires d’hier. 

Hector Baratin.

 

(1) tout le monde n’est pas un professionnel de la communication ou de la politique, loin s’en faut, vous faites partie d’une ultra minorité sur cette planète.

(é)   car le pouvoir lui-même sera partagé