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21/03/2007

Lettre ouverte à Y. Cochet

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Merci Monsieur Cochet pour cette nécessaire explication sur l’après-pétrole lors de votre conférence à L’université de Rennes 2 (Villejean, ou vous fûtes, paraît-il révolutionnaire).

 

J’ai trouvé votre propos technique accessible car concret. J’ai regretté que la place aux questions ait disparu, noyée dans des polémiques politiciennes qui, vous l’aviez dit, n’était pas votre propos.

 

J’ai eu à cette occasion la possibilité de voir la fracture entre le mouvement social, notamment depuis les manifestations dites « anti CPE » (contre la loi sur « l’égalité des chances », version à droite) et les politiciens élus ou militants. En effet, vous avez été pris à partie sur la légitimité des « verts » suite à vos participations aux gouvernements de gauche plurielle. J’ai pu alors constater combien votre réaction a été suivie par celles et ceux qui croient encore dans les capacités de réforme du capitalisme moderne. Rétif à la critique, bien que je reconnaisse que la formulation de celle-ci ait été parfois laborieuse et peu constructive (1), vous avez alors perdu toute la pédagogie dont vous aviez fait preuve pendant votre exposé. Votre réaction, parfois agressive, ne fut pas constructive non plus, et c’est dommage.

Je pense que cette situation a montré combien l’appareil politique est en port à faux lorsqu’on évoque sa réelle représentativité, sa crédibilité. De grands changements doivent aussi s’opérer dans ces domaines. Comme pour l’après-pétrole, il est urgent d’entamer les préparatifs de ces changements, afin de préserver la paix. Comme pour l’énergie, le choix entre une décroissance du pouvoir joyeusement acceptée et partagée (é) et une récession brutale et clastique, le chemin est tenu, le choix se doit d’être radical, c’est cette urgence-là que les jeunes, que vous avez méprisés, voulez-vous faire entendre. 

Je vous ai trouvé honnête d’avouer que vous, l’écologiste de Paris, vous mangiez au restaurant de l’Assemblée nationale de la perche du Nil…Déculpabilisons d’être déjà tou(TE)s compromis(ES).

Pour en revenir à votre exposé, je ne vois pas la pertinence pour votre discours de nommer 23 marques. A part pour nous montrer qu’un cerveau, même aussi bien fait que le vôtre, est malléable, manipulé par la pub… D’une autre façon, les peuples savent partout sur cette Terre, que les puissances économiques manipulent les professionnels de la politique pour servir leurs faims (sic). 

Vous avez aussi, lors de votre exposé tenu un propos à la fois juste et stigmatisant : (je vous cite) « Les drogués commettent des crimes car ils ne peuvent se passer de leur produit ». Vous avez précisé que cela était aussi vrai pour notre civilisation avec le pétrole. Mais n’oubliez pas que le POUVOIR est une drogue, une des plus excitantes. Que les politiciens, comme les dirigeants de grandes entreprises, sont addictés au pouvoir (et à l’argent, qui sert de solvant au premier). Et que, partout à la surface de cette bonne vieille planète, des peuples de plus en plus nombreux se lèvent pour que les crimes s’arrêtent. Vous nous avez dit que votre propos est là pour permettre de préparer l’après-pétrole pour préserver la paix. Alors que le pétrole, c’est la guerre, demandez aux afghans, aux iraquiens, aux tchétchènes… Alors la paix pour qui ? Pour le milliard d’humains, qui mènent une vie dénaturée comme une majorité d’occidentaux ? Pour les élites, qui nous gouvernent sans entendre notre voix, alors qu’elles prétendent nous représenter ? Vous vous présentez aux élections pour représenter un peuple qui ne se reconnaît plus en vous et qui aspire à la paix sociale. Pensez vous agir dans ce sens ? Le tout, Monsieur Cochet n’est pas d’avoir bonne conscience, mais conscience. Or nos élites sont trop souvent déconnectées des réalités quotidiennes des populations. Il y a bien des exceptions, je vous souhaite d’en être, mais vous ne m’avez pas donné à le penser au cours du court débat suivant votre exposé.

Et souvenez vous, il y a trente ans, « on » se riait de vous qui parliez déjà du Pic de Hubbert, nous avez-vous dit. Trente ans plus tard, à Villejean, vous avez publiquement refusé d’admettre la dimension mondiale de la question de l’eau (dont l’exploitation du pétrole accélère la raréfaction), adoptant le positionnement de vos adversaires d’hier. 

Hector Baratin.

 

(1) tout le monde n’est pas un professionnel de la communication ou de la politique, loin s’en faut, vous faites partie d’une ultra minorité sur cette planète.

(é)   car le pouvoir lui-même sera partagé

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