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21/12/2006

Décroître ou mourir

L’expansion vient de publier sur son site un article intitulé « Décroître ou mourir » . Même si on déjà lu pire ailleurs, il demeure dans cet article bien des caricatures qui donne un aspect réduit de la Décroissance. Voici quelques remarques qui, loin n’être exhaustives, permettront, je l’espère, d’éclairer le débat (les italiques sont issues de l’article.)

 

1 « Pour eux, [Les partisans de la décroissance]tout commence par une équation écologique ». Ceci est inexact. En fait il existe au sein du mouvement de la décroissance une fracture qui sépare les tenants de la Bio-économie et ceux de l’Après développement. Pour ces derniers la question écologique n’est qu’un aspect parmi bien d’autres des conséquences du Développement. Leur point de départ serait plutôt le constat que le mode de vie des sociétés dites développées n’est en rien meilleur à celui des sociétés dites en voie de développement (voire primitives). En outre ces derniers insistent sur le fait qu’il n’y a pas de Déterminisme historique selon lequel toutes les sociétés devraient se développer suivant un modèle unique, à savoir l’Occidental. Dommage que dans cet article ne soient cités que des tenants de la Bio-Economie et non pas les autres, aux membres desquels figure un certain Serge Latouche.

2. « Un tel programme invite à la sobriété matérielle ». Ceci est par contre exact. Mais il conviendrait de préciser qu’il ne s’agit pas de vivre pareil qu’aujourd’hui avec moins (ce qui ne serait bien évidemment pas souhaitable), mais bien au contraire de faire autrement pour vivre mieux avec moins.

 

3. « Certains acceptent la technologie ». Ceci laisse sous-entendre qu’il existe dans la mouvance décroissante des technophobes. Ceci est bien sûr faux. Ce que critiquent les objecteurs de croissance, ce n’est pas la technique en soit, mais le système technicien décrit par J. Ellul. Il s’agit d’une part de prendre conscience de l’existence de l’autonomisation d’une sphère technicienne (ce qui comprend outre, l’informatique, etc., les techniques d’organisation sociale comme la propagande des médias, la bureaucratie etc.) qui agit désormais suivant une raison qui lui est propre et d’autre part de saisir ce qui renforce ou au contraire inhibe ce système technicien (d’où les réflexions par exemple sur les nouvelles technologies). Le rationnement proposé par Yves Cochet va malheureusement dans le sens d’une consolidation de la mégamachine…

4. « C'est pourquoi, devant le péril climatique « mortel », une minorité « éclairée » pourrait sacrifier, au nom de la sauvegarde de l'humanité, le sacro-saint droit de vote et imposer des restrictions de consommation par voies autoritaires ». Attention !! C’est exactement le risque dénoncé par Serge Latouche, notamment dans l’article Eco-démocratie ou Eco-fascisme publié dans le monde diplomatique.

5.« les décroissants croisent d'autres courants dangereusement fantaisistes ». Quel est l’intérêt de ce dernier paragraphe ? Je trouve qu’il obscurcit encore plus la position des décroissants qui est déjà suffisamment difficile à saisir…

 

6. Je trouve également dommage qu’un article portant sur l’énergie ne mentionne pas le Pic de Hubert (moment ou la capacité de production pétrolière aura atteint son maximum) qui est incontournable pour comprendre les enjeux de notre siècle.

 

7. « Malgré toutes leurs imperfections tant décriées par les écologistes, les centrales produisent 43 % de l'énergie consommée dans l'Hexagone sans rejeter de carbone. » D’après EDF qui n’est pas des plus objectif sur la question, un kWh d’électricité nucléaire émet 6g de CO2 ! Il est donc faux de dire que cela ne rejette pas de carbone. J’ajouterai que ce chiffre donné par EDF est très inférieur à celui calculé par d’autres ONG et qu’il ne prend pas en compte le démantèlement des centrales principal pourvoyeur en gaz à effet de serre…

16:25 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : décroissance

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