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25/09/2006

Portrait d'un décroissant

Portrait d'un décroissant

 

Voici le portrait d'un décroisseur berrichon brossé par le journaliste Eric Mainville. Merci à lui de s'être intéressé à nous.

 

 

Hercule V. est dans sa salle de bain. Il passe un savon d’Alep sous l’eau pour le faire mousser. Il étale la mousse sur ses joues et se rase. Une fois rasé, il passe dans la cuisine où sa femme et ses deux enfants sont déjà installés. Il est 7 h 30. Un bol de chicorée, des tartines et il attrape sa sacoche. Au revoir à la famille. Direction la gare. Temps clément : la journée commence bien pour ce professeur de mathématique adepte de la décroissance.

 

 

Comment reconnaître un décroissant ? A de petits détails. Remplacer la bombe de mousse à raser par du savon d’Alep, le café par de la chicorée, la voiture par le train. Autant de gestes qui ont pour but de préserver l’environnement.

 

 

 Consommer moins

 

 

La décroissance, c’est aussi et avant tout consommer moins. « Nous n’utilisons la voiture qu’une fois par semaine depuis que nous vivons dans le centre ville de Bourges (Cher). Personnellement, je n’ai pas de téléphone portable. J’achète très peu de choses, à part des livres. »

 

 

Des livres traitant de décroissance, mais pas seulement. Des revues alternatives : La décroissance, CQFD, L’écologiste, Le Monde diplomatique, Silence, Sortir du nucléaire, L’age de faire, Plan B, Offensive libertaire… Il consulte aussi des sites Internet : décroissance.org et décroissance.info.

 

 

C’est en lisant ces revues qu’il a commencé à s’intéresser au sujet, il y a trois ans. Depuis, son mode de vie a changé. « Bien sûr, on est toujours obligés de faire des compromis. On s’adapte en changeant de petites choses. »

 

 

 Consommer local

 

 

S’il choisit la chicorée, c’est qu’elle est produite en France. Elle nécessite de moins longs transports que le café de Colombie ou d’Ethiopie. Pour les légumes aussi, il favorise les producteurs locaux. Moins d’énergie consommée en transport, cela réduit d’autant l’impact sur l’environnement.

 

 

D’autres achats décroissants : le savon de Marseille au lieu de gel douche. En place de lessive, des noix de lavages. Il avait une chaîne hifi. Tombée en panne, il l’a remplacée par un vieux poste de radio.

 

 

 Rencontrer des militants

 

 

Hercule est militant. « Je suis convaincu de la nécessité de la décroissance. Si l’on continue ainsi, notamment avec l’émergence de pays comme la Chine, il n’y aura bientôt plus de ressources pour tous le monde. Je suis très inquiet pour l’avenir de mes enfants. »

 

 

Il était à Saint-Nolff (Morbihan) du 7 au 9 juillet dernier. Ces journées de réflexion ont réuni 400 personnes venues de France et de Belgique. Tous se disent « objecteurs de croissance » ou adeptes de la décroissance. « Grâce à ces rencontres, je me suis aperçu que je n’étais pas le seul à avoir ces idées. »

 

 

Hercule anime un blog depuis octobre 2005 avec des amis. Ensemble, ils s’appellent le groupe de décroisseurs berrichons. Un petit groupe, en fait, dont les membres se comptent sur les doigts d’une main. Mais un groupe actif. Ils communiquent grâce à leur blog et en participant à des manifestations.

 

 

Présidentielle 2007

 

 

Ils seront au Forum des organisations environnementales qui se déroulera à Bourges du 5 au 8 octobre. Ils tiendront un stand. Ils mettront à disposition des tracts et des affiches sur la décroissance et la déplétion (moment à partir duquel la capacité de production de pétrole maximale aura été dépassée).

 

 

En 2007, Hercule ne sait pas pour qui il votera. « Aucun candidat ne représente les idées de la décroissance. Chez les Verts, il y avait Yves Cochet. Il a été battu par Dominique Voynet. Les écologistes ont clairement opté pour le développement durable contre la décroissance. »

 

 

 

Décroissance / développement durable

 

 

La différence entre développement durable et décroissance ? Voici ce qu’en dit le site décroissance.info : « Ces deux notions peuvent paraître proches mais elles sont radicalement opposées... En quelques mots on peut dire que le ’développement durable’ cherche à concilier croissance économique et respect de l’environnement alors que la ’décroissance’ considère que la croissance économique est un des principaux facteurs de la destruction de notre environnement. »  (Voir  le Tableau comparatif entre les deux notions)

 

 

Parler de la décroissance à ses élèves ? Hercule ne l’envisage pas pour l’instant. « En tant que prof de math, ce n’est pas mon rôle. Organiser une animation avec un collègue de science, peut-être, à l’avenir. » Pour lui et sa famille, la décroissance est un engagement personnel. Une façon de préparer l’avenir.

22/09/2006

Histoire d'OGM

medium_OGM.4.jpgDES MILLIERS DE MOUTONS EMPOISONNÉS PAR DU COTON OGM

Des récentes études sur la culture du coton génétiquement modifié ont soulevé de nouvelles inquiétudes quant à son innocuité tant dans l'alimentation que dans l'habillement. 
Que les OGM soient dangereux ça on le savait déjà, mais l’intérêt de ce petit article c’est de faire bien apparaître que ceux-ci ne sont pas seulement nuisibles lorsqu’on les ingère ! ( SOURCE :Bio Frais)
Rédigé par driss ouahmani le Vendredi 22 Septembre 2006 - 09:04 modifié le Vendredi 22 Septembre 2006 - 09:06
En Nouvelle-Zélande, un rapport préliminaire publié à la fin du mois d'avril a montré que des milliers de moutons sont morts après avoir brouté des terres sur lesquelles du coton OGM avait été cultivé. Les moutons et les boucs ont commencé à mourir après sept jours de pâture continue de feuilles tendres et de cosses de coton Bt (Bacillus thuringiensis) qui restaient dans les champs après la cueillette.

En décembre 2005, une étude avait montré que les cueilleurs de coton OGM présentaient de graves réactions dermatologiques avec des démangeaisons et des cloques laissant une décoloration de la peau qui perdurait après cinq mois . L'Association médicale britannique avait déjà signalé que les OGM pouvaient présenter certains risques parmi lesquels la résistance aux traitements contre les maladies sexuellement transmissibles due à l'utilisation de protections périodiques en coton OGM.

Les OGM peuvent aussi faire mourir de désespoir... : les cultures de coton OGM ont été suspendues en Inde à la suite de nombreux suicides de personnes endettées pour payer ce coton très coûteux. Cette réalité à poussé le Comité indien d'approbation de génie génétique (GEAC) à admettre, après trois ans de pratique, que la culture des cotons Mech-184 Bt, Mech-162 Bt et Mech-12 Bt de Mahyco-Monsanto était un échec.

Source : GE Free NZ, 9 mai 2006

NEXUS n°46 septembre-octobre 2006 : REGARD SUR LE MONDE, p.8

via SOS planète

 

15:58 Publié dans OGM | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : écologie

15/09/2006

Albert Jacquard

medium_Jacquart.jpgAlbert Jacquard, visionnaire

Une petite interview d’Albert Jacquard à l’occasion de la sortie de son dernier livre (SOURCE).

Albert Jacquard multiplie les livres dans une urgence quasi messianique. Il dénonce l'impasse dans laquelle le monde actuel se fourvoie et veut convaincre de l'absolue nécessité de changer de cap. Il a souvent raison! Son dernier livre, «Mon utopie» (Stock, 194 pp., env. 16 €), résume bien son propos et trace des pistes d'avenir excitantes: favoriser les vraies rencontres, éliminer la compétition mortifère et le travail, choisir la décroissance. Un livre très clair qui force à réfléchir et à agir.

 

On sent chez vous une urgence... 

 

Mon constat est que pour la première fois, l'homme est face à un changement si radical qu'il ne le voit pas. Nous nous sommes enfoncés à fond dans une impasse. Il faut faire marche arrière. Le règne du capitalisme est une impasse à lui seul, à cause de la finitude des moyens de la planète. Il faut changer de conception, mais les gens sont si déboussolés qu'il faut les aider.

 

Vous parlez d'utopie. Est-ce alors un rêve? 

Non, le mot «utopie» comme le prononçait Thomas More est une réalité possible mais qui n'existe pas encore. Il nous faut la réaliser.

Mais supprimer le travail, c'est rêver? 

Le travail est une invention récente, créée il y a 4000 ans. Il est temps de fermer la parenthèse, de laisser les machines faire le travail et de remplir sa vie avec des tâches comme l'éducation ou la culture et non plus dans la soumission à un ordre très arbitraire.

 

Mais personne ne tire les ficelles de ce monde devenu fou... 

Nous sommes soumis à des règles qui n'existent pas, comme cette célèbre «loi du marché» inventée par les hommes. Il suffit de réfléchir au concept de la «valeur» en économie et de l'opposer aux «valeurs». Il est impossible de mettre nos valeurs humaines dans le système économique de la valeur.

Vous voulez aussi abandonner la compétition? 

La compétition n'engendre que des battus. Il faut lui préférer la coopération. A Luxembourg, il y a un lycée sans compétition, ni cotation, ni examens et cela marche très bien.

Vous prôner la décroissance... 

Il va bien falloir y arriver et ce seront les riches qui devront inévitablement diminuer leur consommation avant que le baril de pétrole n'atteigne 10 000 dollars. La vraie richesse, ce sont nos rencontres. Ce sont par les rencontres qu'on devient soi-même. Vous ne me connaissez pas si vous ne connaissez pas les gens avec qui je suis. Mais la télévision, par exemple, est le contraire de la rencontre. Elle est extrêmement néfaste, ne sert à rien et ne montre en général que des choses sans importance.

Vous voulez réhabiliter la politique. Celle de Sarkozy ou de Royal? 

Celle qui est au service de l'humanité entière et pas d'une Nation, celle qui parlerait d'un système de santé planétaire à mettre en place. Dans ce cadre, la différence entre Sarkozy et Royal est dérisoire. Aucun ne parle des choses essentielles comme la bombe atomique ou la planétarisation des soins de santé. Ils ne parlent que du court terme, sans voir la bifurcation où la société se trouve.