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30/06/2006

La décroissance soldée ?

La décroissance soldée ?

Si d’un côté nous apprécions de voir traité le thème de la Décroissance par les mass média, ce que nous prenons comme le signe que notre courrant est désormais devenu incontournable, d’un autre côté, force est de constater que, bien souvent, c’est sous un aspect très réducteur que celui-ci est présenté. L'article de libération ci-dessous ne déroge pas à la règle.

 

Celui-ci nous a en effet donné la désagréable impression que les décroisseurs ne sont considérés par les journalistes que comme de nouvelles bêtes de foire des temps modernes. Les deux objecteurs de croissance dont il est question, nous dit-on, sont « tout à fait normaux, sympathiques, plutôt rigolos ». Mais à quoi fallait-il s’attendre ??? En outre, le raccourci présentant la décroissance comme synonyme de «non-consommation» est véritablement réducteur et ne peut contribuer à la décolonisation de l’imaginaire dont nous avons tant besoin…

 

Quoiqu'il en soit, nous nous prenons à rêver d’un futur proche, où ce sera l’hyper consommateur qui sera regardé comme une curiosité anachronique…

 

Soldes. Dans les rayons d'un grand magasin avec deux adeptes de la «décroissance».

 

Un remède contre la fièvre acheteuse ?

 

par Emmanuelle PEYRET
QUOTIDIEN : jeudi 29 juin 2006

 

Double challenge hier matin lors du démarrage des soldes : convaincre le chef que, oui, il faut absolument y être aux Galeries Lafayette, pour couvrir l'événement et ainsi pouvoir claquer un maximum de pognon sur son temps de travail ; traîner deux malheureux adeptes de la «décroissance» dans ce symbole absolu de la surconsommation. Rendez-vous est pris avec Gilles, 30 ans, en recherche d'emploi, et Olivia, 31 ans, prof dans un lycée de banlieue parisienne. Si on s'attendait à deux créatures en chemise de chanvre, clochettes bio et pompes jésus, on est déçu : ils ont l'air tout à fait normaux, sympathiques, plutôt rigolos. Si ce n'est cette fâcheuse manie de regarder toutes les étiquettes pour voir d'où ça vient. «Les gens se ruent sur les marques sans voir le vrai prix des choses, chaque produit fait en Asie a un coût environnemental et social très élevé, sans compter l'acheminement en avion», explique Gilles devant les rayons de luxe, Gucci, Prada, Armani, Westwood...

 

«Hérésie». Lui s'est mis à la couture pour rapiécer ses vêtements. «Il faut consommer le moins possible, la croissance, c'est une hérésie.» Devant Dior, c'est l'émeute, «circulez messieurs dames», lance un vigile.

 

Décidément, siffle Olivia, «on n'est pas à notre place, là, notre place c'est de faire la queue, comme du bétail». Elle est tout fraîchement convertie à la décroissance (ou «non-consommation»). «Avant, c'était voiture, télé, courses chez Auchan, jouets en plastique, gâteaux tout faits, livres à gogo, voyages en avion», explique la jolie brune en insistant pour prendre l'escalier plutôt que l'Escalator afin d'économiser l'énergie.

 

«Et aujourd'hui ?» demande-t-on devant la farandole de godasses à ­ 40 %. «Transports en commun, courses bio, ludothèque, pain maison, rando en plein air, savon de Marseille, fringues recyclées.» Simple bon sens. «C'est vrai que c'est plus simple d'acheter un T-shirt fabriqué en Chine que de trouver le bon coton équitable qui coûte plus cher», poursuit Olivia, qui n'offre en cadeau plus rien d'acheté. Oui, «un poème, c'est bien», confirme Gilles, qui ne connaissait pas la jeune femme une heure plus tôt.

 

Au rayon parfums, les deux se disent saisis de «nausées, devant cette foule et tous ces produits». On n'est pas loin d'être d'accord, on envisage quand même un petit tour aux rouges à lèvres. Mais l'idée rend Gilles assez nerveux, au bout de deux heures dans «cette surabondance quand t'as en tête la pénurie dans le monde».

Culpabilité. Un café ? «Ah non, un café ça vient de trop loin» (loin égal avion, égal kérosène, égal pollution, égal t'es dingue). Une fois assis, on tente un faible «oui, mais la joie d'un peu de shopping ?». «Inconscience, problèmes climatiques, écosystème», nous est-il répondu, tempéré d'un «je ne méprise pas ces gens qui font les soldes, j'ai juste envie de leur demander "après quoi vous courez ?"» poursuit Gilles devant une limonade (sûrement venue en camion, reconnaît-il bien volontiers). En fait, analysent-ils, «la décroissance, c'est la liberté. A chacun de faire du mieux qu'il peut».

En attendant (et en loucedé), grisée par l'idée factice de gagner de l'argent tout en en claquant, on les salua gentiment sur le trottoir avant de se réengouffrer au palace de la dépense. Avec, c'est vrai, un vague sentiment de culpabilité. 

29/06/2006

Une interview de Paul Ariès

medium_Deboulonneurs.jpg«Les Déboulonneurs veulent un retour au politique»  

Voici une interview de Paul Ariès issue d’un article de Libération publié à l’occasion du procès de deux déboulonneurs à Montpellier : 

http://www.liberation.fr/page.php?Article=393358

par Laure NOUALHAT

LIBERATION.FR : lundi 26 juin 2006 - 15:50

 C'est mardi à Montpellier que s'ouvre le procès de deux Déboulonneurs, qui se réunissent le dernier vendredi de chaque mois dans de nombreuses villes de France pour barbouiller panneaux et affiches publicitaires dont ils ne supportent plus l'omniprésence dans leur environnement. Un acte délictueux passible de 75 000 euros d'amende et de 5 ans d'emprisonnement. 

Paul Ariès est politologue, auteur de différents ouvrages. Il réagit à ce phénomène et à ce collectif antipub né l'automne dernier. 

Les actions illégales et légitimes se multiplient, faut-il y voir un signe de réappropriation de l'espace public et collectif?

La désobéissance civique n'est pas le retour de l'illégalisme anarchisant de la fin du 19e-début 20e. Les vieux anars illégalistes vouaient une haine à la démocratie et considéraient les peuples comme des troupeaux. Ils n'avaient pas foi dans la loi : ils ne croyaient pas en la possibilité d'améliorer collectivement les choses. Les Déboulonneurs et autres faucheurs d'OGM sont des légalistes déçus par l'incurie actuelle du législateur incapable à leurs yeux de faire des lois qui protègent les générations futures et défendent certaines valeurs. Ils veulent un retour au politique, par la modification des lois, par l'établissement d'un rapport de force plus favorable.

Sont-ils directement issus des mouvements alter?

En quelque sorte... Depuis quelques années, on assiste à un développement important de l'alter-consommation : commerce équitable, commerce éthique, associations de maintien de l'agriculture paysanne, agriculture bio, etc. Cette plongée dans la société civile a donné des fruits. Cependant que cela ne suffit pas, car non seulement on ne remet pas en cause les logiques dominantes, mais le système parvient sans trop de peine à récupérer et à digérer ces formes de contestations et d'alternatives: le bio dans les hyper, la nouvelle loi sur le commerce équitable qui en neutralise la puissance de transformation sociale, etc.. Beaucoup de déçus et d'exclus de la consommation ressentent donc un besoin de retour au politique. Soit en interpellant les élus, soit en prenant part aux élections, soit en prenant la responsabilité de violer une loi qui transgresse à leurs yeux des principes moraux et juridiques majeurs. Nous assistons donc bien à une volonté de resituer le questionnement et les pratiques consuméristes sur le terrain politique. 

Ces transgressions sont-elles véritablement illégales?

Les actions de désobéissance civique ne sont pas des actions illégales au sens politique du terme. Elles sont faites à visage découvert, toujours en revendiquant la responsabilité des actes/délits. Nous sommes totalement à l'opposé d'apprentis terroristes et de saboteurs aux petits pieds... La désobéissance civique est un acte politique, un geste symbolique fort pour pousser les autorités à réagir. On viole une loi pour en appeler à une loi supérieure. 

Le débat public doit-il vraiment avoir lieu dans un tribunal?

Le droit, ce n'est pas la vie mode d'emploi, c'est de l'interprétation, c'est une tension entre des normes. Le juge doit se prononcer en tenant compte des faits mais aussi du contexte et des motivations. On peut être relaxé parce qu'on a volé en état de nécessité. Les Déboulonneurs transgressent une règle parce que l'Etat ne remplit pas sa fonction protectrice des plus faibles. Les grands mouvements de société ont toujours connu une phase judiciaire : avortement, objection de conscience, etc. 

Faut-il craindre la récupération de ces mouvements par les publicitaires?

On sous-estime toujours la capacité de récupération du système qui sait fort bien digérer les alternatives. Il n'y a qu'à voir comment le commerce équitable est devenu un segment commercial supplémentaire au lieu d'être un instrument pour moraliser l'ensemble de la vie économique pas seulement dans les relations Sud/nord mais Nord/nord. Les grands distributeurs l'ont parfaitement compris en créant leurs propres marques de commerce éthique ou équitable.Plus que jamais, la grande question n'est pas «comment consommer différemment» mais «comment consommer beaucoup moins». 

Vous pensez à une grève de la consommation...?

On ne peut malheureusement remplacer la manif par le salon écolo ou la foire bio comme moyen de changer la société. Toutes les conditions sont réunies pour qu'un mouvement anti-consommateur se développe dans les prochaines décennies. A l'heure où faire la grève du travail est de plus en plus difficile, et de moins en moins efficace, il est indispensable que les peuples redécouvrent d'autres façons de dire leur colère, de porter leur revendication, d'exister en tant que force. L'idée d'une grève générale de la consommation conçue comme un mouvement social avec ses revendications opposées au gouvernement et au patronat commence sérieusement à faire son chemin dans la gauche radicale et dans les milieux écolos.Aujourd'hui, on parle d'anti-pub, d'anti-techno, anti-consommation... On est dans le monde de l'anti . Le courant que l'on peut qualifier d'anti-consommation est à la base des combats antipub lorsque ces derniers ne se contentent pas de dénoncer les excès de la pub (pub sexiste par exemple) mais s'en prennent à son idéologie. Ce courant en gestation se bricole une identité à partir notamment d'un passé sans cesse composé. On rêve de nouveau des luddites détruisant leurs machines ou des sublimes ne travaillant pas plus que le strict nécessaire. En revanche, le mouvement anti-OGM, anti-ionisation des aliments, anti-biométrie n'est pas cependant un mouvement technophobe. Il est seulement conscient que les choix techniques ne sont pas neutres et peuvent être irréversibles. 

On retrouve les théories elluliennes sur le Bluff technologique...

Nous sortons de plus d'un siècle de culte de la technique et de foi béate dans la science. Nous savons aujourd'hui que cette foi dans la techno-science fut une trahison de l'idée même de progrès. Le risque bien sûr serait de jeter le bébé mais aussi la baignoire (l'humanisme) avec l'eau du bain (le scientisme). Notre société n'a cessé d' inventer des machines à accélérer alors que la vitesse est un accélérateur de pouvoir. Nous devrons développer des prothèses techniques pour ralentir, nous aurons besoin d'une technologie de la décroissance. Le développement de la désobéissance civile est à la fois l'aveu d'une faillite du système politique, incapable de répondre aux véritables enjeux, mais aussi de la faiblesse des mobilisations citoyennes.


 

28/06/2006

Une semaine d'actualité médicale

medium_Antibiotiques.jpgUNE SEMAINE D’ACTUALITE MEDICALE PASSEE AU CRIBLE

 

Lundi : Sur une chaîne publique de radio, on peut entendre aux actualités de 13H, que le nombre de cancer de la peau de type mélanome (le plus agressif et le plus mortel) augmente. D’après le discours du journaliste (quand est-il de sa propre opinion), ceci serait dû aux comportements de nos contemporains (c’est-à-dire nous) : trop d’expositions, pas assez de protection individuelle (crèmes solaires à base de produit chimique pour 99% d’entre eux), bref, culpabilité individuelle. Pourtant, la physiopathologie de ce cancer pourrait avoir d’autres explications : l’augmentation des gaz à effet de serre conjuguée à la diminution de la couche d’ozone permettent aux rayonnements solaires impliqués dans ce cancer d’être en 2006 bien plus nombreux qu’il y a 10 ans, sans comparaison par rapport à leur intensité il y a 100 ans. En cause, l’industrie (de l’automobile et de la chimie, en particulier). Alors ? Quel intérêt dans ce décalage ? Outre le fait que les propos du présentateur d’actualité (1) d’Inter élude les vraies raisons et évite des remises en cause sociale fondamentale, ils permettent de réactualiser la mode de la peau blanche comme le lait, pain béni pour les populistes xénophobes en campagne (électorale). CQFD ?

Le lendemain, même radio, on nous apprend qu’on a trouvé aux USA un vaccin contre le cancer ! L’info, en fait, ne date pas d’hier et a été déclinée dans plusieurs médias. En fait, il s’agit d’une publicité déguisée pour un laboratoire pharmaceutique qui vient de voir autorisé aux USA la commercialisation d’un vaccin contre le papillomavirus. Le dit virus, très répandu, transmis par voie sexuelle, est asymptomatique chez l’homme et peut, chez les femmes infectées, donner des espèces de verrues pouvant dégénérer en cancer du col de l’utérus. Un cancer responsable de la mort d’un millier femmes en France par an environ, très facilement évitable par le simple suivi gynécologique (la pratique désagréable mais utile du frottis annuel). Bref, l’utilité du vaccin est peu probante, dans notre pays notamment. Pourtant, selon les propos du présentateur, il serait très utile et devrait être rapidement commercialisé en Europe. Son efficacité est prouvée scientifiquement, à condition de vacciner des femmes n’ayant pas encore contracté le virus. Etant donné la fréquence de l’infection, il faut vacciner les jeunes filles avant qu’elles ne débutent leur activité sexuelle. Les recommandations « scientifiques du laboratoire » préconisent la vaccination vers 9/10 ans. De fait, on multiplie ainsi les vaccins à loisirs. Or, quand on injecte un vaccin, non seulement on manipule notre immunité mais aussi on injecte moult autres produits. Parmi eux, des antibiotiques mais aussi des sels. Et notamment des sels d’aluminium. Or le corps humain ne peut éliminer l’aluminium. Celui-ci n’est par ailleurs pas anodin (responsable de dégénérescence fibreuse des cellules douées d’activité électrique comme les neurones ou les cellules musculaires). A terme, on augmente les risques de myosites (provoquant des paralysies) ou de maladies dégénératives type Alzheimer. Certes, ces maladies ne vont que très rarement se développer après l’injection. Plutôt 20 ou 60 ans après… Alors, mise à part pour enrichir un laboratoire un peu plus, quel est l’intérêt de ce nouveau vaccin. Permettre à des petites filles de ne pas avoir à faire attention à leur corps lors de les joutes sexuelles et plus tard ? Faire passer à la trappe des années d’information préventive et augmenter ainsi d’autres risques ? A moins que l’intimité entre cellules immunitaires et nerveuses ne justifie la manipulation sans cesse croissante des premières ?

Je ne souhaite pas entretenir une paranoïa anti-vaccinale avec mes propos : Le principe de vaccination est un véritable progrès médical. Néanmoins les produits utilisés et les méthodes vaccinales ne me semblent pas tout à fait répondre aux uniques besoins de prévention que Pasteur, génial inventeur dont le nom sert de caution à un labo, avait trouvés.

Car en effet, à ce jour si un enfant moderne reçoit tous les vaccins préconisés, il reçoit 10 fois plus d’informations vaccinales que ses parents. La dose cumulée de sels d’aluminium est à 10 ans proche de la capacité du corps à stocker ces sels, bien qu’aucune étude scientifique n’ait permis de chiffrer les risques… Bref, on est en droit de se demander ce qui prévaut pour les décisions de santé publique.

Dans le domaine de la téchnoscience médicale comme dans celui des actualités, on n’arrête pas le progrès, mais l’humanité n’en sort pas grandie ni plus forte ni plus intelligente…

Voilà pour l’information médicale grand publique. Pendant ce temps, on ne vous dit pas que les OGM sont bourrés de pesticides, que les nanotechnologies menacent votre santé, que votre voiture vous tue plus facilement que beaucoup de maladies (à l’exception du sida et du paludisme), que la mal bouffe est responsable de beaucoup de maladies, qu’il existe d’autres moyens de se soigner que la chimie, que l’industrie chimique qui fabrique des médicaments détruit l’environnement et ce faisant fabriques de maladies…

@ bientôt pour d’autres notes sur ce site

Dr Liman, chamane diplômé d’une Université Française de médecine, juste pour le titre (parce que ce qu’on m’a enseigné à la Fac, c’est de devenir un pion du système de soins vendu à la cause des labos… ciao)

 

14:40 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : écologie