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31/05/2006

Déboulonneurs

Communiqué des déboulonneurs

Vendredi 26 mai 2006, 18h58

Terre plein central de la place de la République à Paris

Tous les ingrédients étaient réunis pour la 7e action du collectif des déboulonneurs de Paris: la pluie intermittente (pour le suspens…), la police (avec un dispositif de véhicules et de plein de bonshommes), les médias (des caméras, des radios, de la presse…), un public fervent et créatif (100 spectateurs selon les militants, 150 selon la police !), et même un militant intempestif (étranger au collectif des déboulonneurs…).

Nous bougeons tous ensemble jusqu’au lieu du forfait, à l'angle du boulevard Voltaire et de la rue Amelot .

Et la scène magnifique se réalise : un cordon de policier pour protéger des panneaux publicitaires : un aveu, un .symbole, un signe des temps, qui n’a pas manqué d’être immortalisé, avant que les barbouilleurs déterminés et non-violents essayent ou parviennent à franchir le barrage des braves « exécutionnaires »…

Une première vague de déboulonneurs est très fermement (voire violemment ?) neutralisée, aussitôt que les premières gouttes de peintures aspergent les affiches…

Devant cette scène à priori refroidissante (un rapport de 4 policiers énervés pour un militant non-violent), on prend la parole comme on peut (pour commenter, expliquer, calmer le jeu), le public s’assoit et manifeste son soutien de toutes ses cordes vocales… Une deuxième vague parvient à passer sur l’aile et barbouiller des panneaux : nouvelle interception policière musclée. Enfin, devant les yeux ébahis des policiers devant une telle détermination, une dernière vague se dresse, accompagnée d’une action intruse au marqueur sur une fourgonnette, un «  police « de la pub » » (action individuelle non cautionnée par le collectif des déboulonneurs, qui ne s’en prend, lui, qu’au matériel publicitaire). L’assistance joyeuse envahira plus ou moins le boulevard, retardant et rendant cocasse le départ des véhicules, emmenant les 9 personnes arrêtées. Prises d’identités et déposition cordiale de 4h (bonne rigolades dans le car-cuit vapeur, puis dans le parking-fraicheur, comme annexe du commissariat du 11e arrondissement. Evidemment, nous n’avions rien à déclarer à part que nous assumions notre acte (le barbouillage), défendions notre revendication (le 50 par 70 cm), et recommencerions (le vendredi 27 juin à 19h!)

 

Quelques photos :

 

http://tinyurl.com/lb43f

Plusieurs procès sont déjà à l'ordre du jour dans d'autres villes. A Montpellier, le 27 juin, 2 déboulonneurs passent devant le tribunal correctionnel. Il en est de même à Alès où 2 barbouilleurs seront également présentés en correctionnelle suite au barbouillage réalisé hier à Anduze. Enfin, JC Decaux a porté plainte contre des barbouilleurs suite à l'action du 26 janvier au Mans.

Avant même de connaître les suites des arrestations d'hier, le Collectif des déboulonneurs de Paris persiste et signe sur la voie de la désobéissance civile. Le prochain barbouillage antipublicitaire aura lieu le vendredi 23 juin à 19h00. Le lieu de rendez-vous sera communiqué très prochainement.

Nous contestons le système publicitaire, voulons un débat public, et avons des propositions concrètes. Nous revendiquons une taille maximale d’affichage de 50 cm par 70 cm (comme l'affichage associatif et politique), accompagnée d’une contrainte stricte de densité et la suppression des panneaux énergétivores (lumineux, animés, etc…), ce qui permettrait de marquer un premier coup d’arrêt à l’expansion du système publicitaire. Dans ce sens, tous les 4èmes vendredis du mois, nationalement, inlassablement, jusqu’à gain de cause, nous dégraderons en public, de manière assumée et non-violente les panneaux publicitaires par barbouillage (inscriptions à la peinture). Nous ne craignons pas les procès : nous les attendons!

www.deboulonneurs.org

Arrestations des déboulonneurs (antipub) lors de leur 7ème action à Paris

http://tinyurl.com/lb43f 

Rappel des actions précédentes :

 

Publicité : Action des déboulonneurs 25.11.2005

http://tinyurl.com/m5fqz

 

Publicité : Action des déboulonneurs 23.12.2005

http://tinyurl.com/q4pp6

 

Publicité : Action des déboulonneurs 24.02.2006

http://tinyurl.com/qqluf

 

Publicité : Action des déboulonneurs 28.04.2006

http://tinyurl.com/rmrqg

29/05/2006

Les Gniarfs

LES GNIARFS

Bien que se présentant sous la forme d’un site consacré à la bande-dessiné, le site officiel de « Les Gniarfs » propose de nombreux documents rattachés à la mouvance « anti-industrielle » initiée par l’Encyclopédie des Nuisances et René Riesel. Ainsi, outre plusieurs lettres et textes de la main même de Riesel, sont notamment disponibles :


La brochure États généraux de la servitude, Irresponsabilité et ignominie du milieu scientifique, dans laquelle la Coordination Nationale de Répression du Scientisme (CNRS) décrit comment elle a perturbé les Assises nationales de la recherche qui se tenaient à Grenoble du 27 au 29 octobre 2004.


Le tract Aux larmes citoyens qui s’attache à dévoiler les véritables intérêts servis par le Téléthon. Dans cette grand messe médiatique, les malheureux atteints de maladies rares participent au financement d’une recherche dont ils ne bénéficieront pas !


En résumé nous pouvons dire que l’ensemble de ces textes forme un agréable complément aux ouvrages de René Riesel parus chez l’Encyclopédie des Nuisances. Leur trait commun est de situer la position de René Riesel par rapport au mouvement citoyenniste incarné par José Bové. Leur opposition commune aux OGM ne saurait en effet masquer le fossé qui les sépare.


Alors que d’un côté les citoyennistes se tournent vers l’Etat pour lui demander toujours plus de lois, de normes, de contrôles, de transparence, et enfin de recherche publique (celle-ci étant supposée exempte des tares dont seule la recherche privée serait affublée). D’un autre côté c’est la recherche scientifique elle-même que René Riesel cherche à remettre en cause à travers la critique des OGM. Pour lui il n’est pas cohérent de se plaindre des conséquences tout en voulant les causes. Ainsi est-il en profond désaccord avec le mouvement citoyenniste lorsque celui-ci déplore les méfaits de la science (OGM, nucléaire, pollution, etc.), tout en demandant par ailleurs davantage de recherche scientifique.


René Riesel lui ne se méprend pas. La science, il le sait, n’est pas neutre. Tout développement de celle-ci entraîne une modification de nos conditions d’existence et donc de nos vies. En outre, l’activité scientifique, en fournissant les innovations nécessaires au maintient du système de domination capitaliste, est aujourd’hui au service du progrès technologique et non pas humain !


Bonnes lectures

21/05/2006

OGM: Feu vert !

OGM: 17 programmes de recherche autorisés par le gouvernement
 
Ainsi se finit donc la grande consultation publique lancée par notre gouvernement le 14 Avril 2006 : le gouvernement autorise les 17 programmes de recherche (c’est-à-dire tous !) demandés par les entreprises Biogemma, Librophyt, Meristem, Monsanto, Pioneer et Syngenta concernant des « expérimentations de recherche ou de développement » (Comme il est possible de le lire dans le communiqué ministériel daté du 12 avril.) 

Le plus choquant dans cette affaire ce n’est pas la nième confirmation du fait que la science se mette à sortir des laboratoires et tende à ne considérer le monde que comme un vaste laboratoire dans lequel il est possible de disséminer volontairement du maïs génétiquement modifié. Non, ce qui nous choque ici, c’est la manière dont cette décision, prise d’avance, est imposée de force à la population !

 
Tout sonne faux dans cette propagande. Des le début, le communiqué annonçant la consultation empeste la manipulation. On peut par exemple y lire que « les expérimentations au champ d'OGM permettent à la recherche de progresser dans les domaines agronomiques, de l'écologie et aussi du traitement de certaines maladies humaines (mucoviscidose) ». Une nouvelle fois on joue sur nos sentiments. Qui pourrait en effet s’opposer à ce qu’on vienne en aide aux malheureux atteint de mucoviscidose ? Sur ce sujet une précision nous est apporté par une  dépêche de l'AFP dans  laquelle on apprend qu’effectivement deux [des 17 programmes ] permettent de poursuivre  des recherches sur des plantes productrices de molécules (pharmacie, chimie fine). Nul doute que parmi ces molécules, figure en bonne place la lipase gastrique destinée à améliorer la vie de ces malheureux atteints de mucoviscidose.
 
Devant cette belle preuve de philanthropie nous nous contenterons timidement de rappeler que les PGM (Plantes Génétiquement Modifiées) ne sont nullement nécessaire à la fabrication de toute ces molécules. La lipase gastrique, par exemple peut être d’ors et déjà obtenue aujourd’hui à partir de tissus animal. L’objectif recherchée par les susnommées entreprises est ici de diminuer les coûts de productions de tels molécules, non de les fabriquer. C’est bien de la recherche de profit dont il est question, non le bien être des malades. !
 

La grande consultation nationale sur les OGM n’est qu’une vaste farce ! Outre cette tentative, un peu gauche, de rallier à sa cause le bon citoyen altruiste en instrumentalisant la souffrance des malades, le gouvernement, non content des résultats de cette consultation à l’issue de l’échéance initialement fixée du 28 avril, avait alors décidé de prolonger celle-ci d’une semaine. On a pu lire en effet que « la consultation, lancée sur le site du ministère de l'Agriculture du 14 au 28 avril a dû être prolongée jusqu'au 5 mai, en raison d'une "offensive" des anti-OGM, déplore-t-on de source proche du ministère."Beaucoup se sont mobilisés et ont envoyé sur le site des pétitions anti-OGM. On a dû prolonger la consultation pour la rendre accessible à un plus grand nombre", ajoute-t-on » (voir l'article de reuters  ici  ) Qui est cette source proche du ministère ? Nous ne saurons certainement jamais. Convenons cependant que s’il était bien sûr sein et normal que les partisans pro comme anti OGM puissent s’exprimer sur ce sujet, la décision de prolonger au dernier moment la consultation est en revanche curieuse voire maladroite…


Mais de toute façon à quoi s’attendait le gouvernement ? Avec la majorité de la population, hostile aux OGM (74 % des français souhaitent que l’on interdise la culture d’OGM selon un sondage BVA réalisé les 27-28 janvier), il n’était guère raisonnable d’espérer que le résultat de la consultation lui soit favorable (D’autant que les deux autres consultations du même type en 2004 et 2006 avaient en effet déjà exprimées un refus massif aux OGM ! Voir  ici ).

Plutôt que de communiquer le résultat de cette nouvelle consultation (dont on connaît par avance le résultat) nous comprenons que le gouvernement décide de rendre son verdict au moment même où les 49 faucheurs volontaires d’OGM, jugés à Orléans, encourent des peines allant jusqu’à 4 mois de prison ferme, soit encore juste quelques jours après la mise en garde à vue du porte-parole du réseau « sortir du nucléaire » Stéphane Lhomme (voir notre note sur ce sujet.)  ? Bien sûr ! Cette habile manœuvre cherche à éviter l’écueil d’une consultation défavorable tout en profitant d’un contexte où les mouvements syndicaux et associatifs sont plus ou moins muselés de part les fortes pressions subies. En bons joueurs que nous sommes notre unique commentaire sera donc : bien joué !

La dépêche de l’AFP qui annonce la décision du gouvernement est le point d’orgue de cette vaste manipulation. Celle-ci offre un bon condensé de toute la désinformation dont est victime la population. Après nous avoir rassuré sur le processus démocratique mis en œuvre : « ces autorisations ont fait l'objet d'une consultation publique », l’article se poursuit en précisant que « sur les 17 programmes -regroupés en dix autorisations pour des raisons de contrôle et de simplification administrative-, deux permettent de poursuivre des recherches sur des plantes productrices de molécules (pharmacie, chimie fine), deux portent sur le fonctionnement de la plante (économie d'eau, "précocité de floraison"), trois doivent permettre une utilisation d'herbicides moins nocifs pour l'environnement tandis que les dix derniers portent sur des plantes résistantes à des insectes et visent donc à limiter l’utilisation d’insecticides. ». Nous voici donc également rassurés sur les intentions de ces entreprises privés. Ces dernières souhaitent tout simplement économiser de l’eau et limiter l’utilisation d’insecticides.


Nous ne voudrions pas venir jouer les troubles fêtes dans ce tableau idyllique. Mais quelqu’un peut-il nous dire dans quelle catégorie on doit ranger le maïs transgénique de Monsanto tolérant au Roundup 
? L’exemple de l’Amérique du Sud nous a en effet enseigné que son utilisation se traduisait par un usage plus important de Roundup (voir le dernier numéro de l’Ecologiste). Celui-ci est-il devenu par un tour de passe-passe un de ces « herbicides moins nocifs pour l'environnement » ? Et enfin où sont les tests sanitaires assurant l’innocuité des ces OGM sur le long terme en terme d’alimentation humaine ou animal ? Des plantes capables de fabriquer par elle-même des insecticides devraient pour le moins faire l'objet d’expertises sérieuses quant à leur toxicité !

Non ! Décidément trop c’est trop ! Cette mascarade ne nous convainc pas ! Nous ne sommes pas dupes ! Ce ne seront ni ces manipulations grossières ni les pressions qui entameront notre détermination. Au contraire, ces basses manœuvres ne font que nous renforcer dans nos idées ! Réclamons haut et fort l’arrêt des recherches sur les OGM qui ne font que servir l’intérêts économiques d’un minorité au dépend de l’humanité tout entière ! Ne laissons pas l’avenir de nos enfants aux mains des multinationales !

Un décroisseur berrichon mécontent

14:15 Publié dans OGM | Lien permanent | Commentaires (2)