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09/04/2006

Le plein s'il vous plaît !

LE PLEIN S'IL VOUS PLAÎT !

"Le XXIe siècle a toutes les chances de voir le début de la décroissance longue de la consommation d'énergies fossiles, la seule question posée étant de savoir si cette décroissance sera volontaire, ou résultera d'un processus qui ne nous aura pas demandé notre avis".

 Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean


S’il on en juge par l’article du Monde  ci-dessous, le livre de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean, semble exposer le problème énergétique auquel nous sommes confrontés de manière convaincante. Même si les auteurs ne sont pas favorables à une sortie immédiate du nucléaire (comme nous le sommes), souhaitons que ce livre soit largement lu ! La cécité des médias et des hommes politiques (à l’exception de quelques mutants tel Yves Cochet ) sur le sujet de l’énergie est en effet saisissante !

 

Une pierre dans le conformisme énergétique


Hervé Kempf
Article paru dans le Monde du 07.04.06
 
Entre libéralisation des marchés et constitution de grands groupes internationaux, la question de l'énergie est dominée par l'idée apparemment incontestable qu'il est nécessaire de maintenir son prix bas.


Cette approche se traduit par l'affirmation qu'il faut augmenter les capacités de production d'énergie. Mais l'idée, si elle correspond bien aux intérêts des grands groupes, est contraire à l'intérêt général, dès lors que la question climatique et les perspectives d'épuisement du pétrole entrent en scène.
C'est le mérite du livre de MM. Jancovici et Grandjean d'expliquer pourquoi, au contraire, il faut espérer et organiser une hausse des prix de l'énergie.

Cette approche se traduit par l'affirmation qu'il faut augmenter les capacités de production d'énergie. Mais l'idée, si elle correspond bien aux intérêts des grands groupes, est contraire à l'intérêt général, dès lors que la question climatique et les perspectives d'épuisement du pétrole entrent en scène.C'est le mérite du livre de MM. Jancovici et Grandjean d'expliquer pourquoi, au contraire, il faut espérer et organiser une hausse des prix de l'énergie.


Au cœur du problème énergétique contemporain, écrivent nos deux polytechniciens, le déséquilibre entre l'offre et la demande, mais plus encore la raréfaction programmée du pétrole. Réexpliquant la théorie maintenant bien connue du "pic pétrolier", selon laquelle le monde connaîtra bientôt son maximum de production pétrolière, ils tablent sur la restriction inexorable de cette ressource. "L'humanité a consommé autant de pétrole entre 1980 et 2000 qu'entre 1859 et 1980 ; avec une consommation qui croît de 2 % par an, doubler la quantité de pétrole extractible ne promet pas un demi-siècle de tranquillité supplémentaire, mais à peine dix à quinze ans."


Or tout est fait pour que cette croissance de la consommation énergétique continue, ce qui conduit à la crise prochaine, quand l'offre ne pourra plus répondre à la demande.


Deuxième écueil incontournable : le changement climatique, dont un chiffre simple exprime l'importance : "Un écart de 5 degrés s'appelle tout simplement... un changement d'ère climatique."


Par exemple, l'écart qui nous sépare de l'ère glaciaire, quand les mammouths déambulaient sur les terres glacées du Bassin parisien. Or il apparaît de plus en plus clairement que cette élévation de la température est en route.
Les conséquences si rien ne change dans le système économique ? A assez court terme, compte tenu de notre dépendance au pétrole, une crise économique comparable à celle de 1929. Et, en même temps ou peu après, les dégâts provoqués par le changement climatique (sécheresses, crises agricoles, épidémies...).


Pourrait-on éviter ce double péril par le recours à d'autres énergies ? Les auteurs ruinent les illusions : le charbon ? Ses réserves sont elles aussi limitées, et sa combustion émet beaucoup de gaz à effet de serre. Les éoliennes ? Il en faut plusieurs milliers pour remplacer un seul réacteur nucléaire.


Les biocarburants ? Très bien - à condition d'accepter la déforestation et une agriculture toujours plus polluante. Le nucléaire ? Pour être à l'échelle du problème, il faudrait construire 8 000 réacteurs en cinquante ans - on en compte aujourd'hui 350. Combien de déchets et d'accidents cela représenterait-il ?


En fait, "le XXIe siècle a toutes les chances de voir le début de la décroissance longue de la consommation d'énergies fossiles, la seule question posée étant de savoir si cette décroissance sera volontaire, ou résultera d'un processus qui ne nous aura pas demandé notre avis".


Et, pour les auteurs, le meilleur moyen "d'économiser volontairement l'énergie" est de "désirer une hausse de son prix en termes réels". Cette hausse doit se faire de manière régulière et ordonnée pour permettre à la société de s'y adapter.


Le marché étant incapable de le faire sans brutalité - et, appauvrissant l'économie, en transférant les sommes concernées vers les producteurs d'énergie -, les auteurs recourent à un moyen horrible, scandaleux, démodé : la taxe !


L'argumentation en faveur de celle-ci est bien étayée, même si le lecteur se prend à douter du réalisme de la politique proposée, étant donné la prégnance de l'idéologie libérale. Une pierre aura néanmoins été posée par ce livre convaincant .
 

Commentaires

Ce livre de jean marc jancovici est excellent comme celui de jean luc wingert sur le meme sujet
je me permets de vous conseiller aussi les conférence que l'on trouve sur le site de jean marc jancovici
sur
www.manicore.com

Écrit par : didier BARTHES | 10/10/2008

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