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28/03/2006

Une critique de la société industrielle

Quelques éléments d’une critique de la société industrielle

 

« Les activités les plus élémentaires sont en train de devenir impossibles, sont confisquées au profit de la mégamachine ; les bases pratiques - qui avaient jusqu’ici assuré la survie de l’humanité à travers bien des vicissitudes – de toute liberté et autonomie sont en train d’être détruites. »

Bertrand Louart

 

Ce n’est que trop récemment que nous avons pris connaissance du site  Notes & Morceaux Choisis animé par un certain Bertrand Louart, qui, bien que se présentant comme simple menuisier,  n’est pas moins l’auteur de nombreux textes très intéressants  (téléchargeables gratuitement sur son site) concernant la critique des sciences et des techniques. La lecture du bulletin critique des sciences, des techniques et de la société industrielle n°5, et surtout de l’article intitulé « James Lovelock et l ‘hypothèse Gaïa », nous aurait notamment  permis d’éviter de présenter (certes au conditionnel ) Lovelock comme un partisan de la Décroissance  (Merci au passage à  Karim Bakouri et à Hector qui, par leurs remarques pertinentes,  ont été les premiers à nous ouvrir les yeux sur le caractère pro-nucléaire et donc pro-industrielle de ce « savant »).

 

Parmi l’ensemble de ce qui est disponible sur le site « Notes & Morceaux Choisis », la brochure Quelques éléments d’une critique de la société industrielle écrite en 2003 à particulièrement retenue notre attention. Aussi, afin de vous convaincre de la lire par vous-même (ainsi que les autres documents disponibles sur le même site)  nous vous proposons ci-dessous une rapide  note lecture.

 

Après un bref retour sur le siècle des Lumières, où science et philosophie n’étaient pas encore séparées, Bertrand Louart, montre, à travers l’exemple de l’insurrection des Luddites, comment, dès la fin du XVIII siècle, la science est ensuite devenue un instrument des classes dominantes pour « renforcer leur pouvoir sur la nature et les populations ». Dès lors  « la méthode scientifique a […] été mise en œuvre hors du domaine restreint où elle était valable », aboutissant ainsi à l’absurdité que constitue cette nouvelle idéologie qu’est le scientisme, ainsi que toutes les énormités (Darwinisme, etc.) qui en découlent !

 
Le développement démesuré du système économique et technique, c’est-à-dire du système industriel, fait que nous vivons désormais dans « une organisation économique, technique et industrielle prodigieusement complexe ». Cette organisation, poursuit l’auteur, « devient toujours plus puissante et étendue et les hommes sont de plus en plus relégués à des rôles subalternes, ayant de moins en moins voix au chapitre sur son orientation et ses buts. ». Deux notions semblent caractériser cette organisation, d’une part elle n’est plus à l’échelle humaine : elle est démesurée, et d’autre part c’est un automate : « l’autonomie du développement technologique, son caractère  en apparence automatique et inéluctable, n’a d’autres ressorts que cette réduction et soumission de toute la vie sociale au rythme des machines ».
 

Aussi, une réappropriation des arts, des sciences et des métiers est-elle nécessaire pour que l’homme recouvre une réelle autonomie. Mais attention « autonomie ne signifie pas nécessairement autarcie, autosuffisance ou repli sur soi »,  il ne faut pas, en effet, « s’égarer dans des solutions individuelles ». La réapropriation que propose B. Louart doit être expérimentale et critique. Expérimentale, car il nous faut recréer un modèle, un point de comparaison, à partir duquel il est possible de juger la société industrielle en des termes qui ne sont pas les siens. Critique, enfin, pour comprendre l’ensemble du processus politique de dépossession dont nous sommes victimes.

 

25/03/2006

Cyclâne

   Voici des nouvelles du projet cyclâne que nous avons reçues récemment:


Feuilleton Cyclâne


Le projet cyclâne continue, rappelons qu’il s’agit de fonder un ou des lieux où l’économie de proximité est soutenue par un engagement de vivre sans voiture.


L’idée Cyclâne fait son chemin, nous avons eu les faveurs de la presse : l’écologiste, village magazine, passerelle-éco, des journalistes indépendants nous contactent, des annonces sont passées dans campagne solidaire, Silence, un site est mis en place sur www.decroissance.info.


Il y a toujours plus de gens intéressés qui nous contactent, bon nombre de personnes vivent déjà sans voiture à la campagne et rêvent de se regrouper avec d’autres pour rendre leur vie plus facile dans cette dictature de l’automobile.


L’idée intéresse comme dernièrement au salon primevère à Lyon, où de nombreuses personnes sont venues à l’atelier et à la conférence sur le sujet. C’est qu’il n’y a pas de réponse sur les moyens à mettre en œuvre pour développer des économies de proximité et Cyclâne apporte une piste.


Cyclâne est interprété de manière variée : sommes-nous à la recherche d’un lieu très sauvage, d’un lieu proche des gens, des moyens de transport public et des villes, notre vocation est-elle principalement agricoles ? Il faut nous entendre sur l’investissement financier, sur la taille du projet, et sur l’emplacement géographique. Peut-on élargir cyclâne à un appel général pour le développement de lieux sans voiture en campagne ?

Les lieux en discussion dernièrement


Mosset, Younaï et Véro ont brillamment présenté leur projet lors des rencontres conviviales de Lyon en fin janvier. Ils ont rédigé des statuts d’association intégrant les principes cyclâne pour ce lieu isolé en montagne mais avec des vues superbes sur le Canigou. Situé sur la commune de Mosset (3 ou 4 bus) quotidiens relient ses 300 habitants à Prades, sous-préfecture des Pyrénées Orientales situé à 12km), la Peyralade est un ancien Cortal (ferme d’été lors des transhumances) sur 40 ha à 45 minutes de marche du village. Un grand appel sera peut-être lancé prochainement pour une expérimentation de Cyclâne en ce lieu sauvage.


Montech :La vie a continué sans voiture en ce lieu presque périurbain, mais proche d’une grande forêt, le long du canal et à 1,5 km d’une gare bien desservie.Nous sommes allé au marché avec les ânes, toutes les allées et venues se font à vélo ou vélo couché. Un système d’ambulance en carriole a même été expérimenté, un chemin pour la gare évitant toute route passe par la forêt et permet d’atteindre la gare en 20 minutes. L’endroit est vraiment adapté pour des vies faciles sans voiture. Mais il y a des problèmes, nous nous étions entendus avec les propriétaires des parts de SCI sur le projet Cyclâne. Or cet engagement semble s’évaporer devant la préoccupation à court terme de trouver un paysan pour cultiver les terres. Les cultivateurs susceptibles d’être intéressé que nous avions présenté au départ n’ont pas été enthousiasmé par le lieu et il est difficile de relancer une dynamique sachant que la vente est toujours en attente.


Francois et Bertrand

 

17/03/2006

Grippe Aviaire (Suite)

 

Grippe Aviaire


Le communiqué de presse suivant de l'association GRAIN est la version courte de l'article http://www.grain.org/briefings/?id=195


Ce rapport est véritablement édifiant ! Il met en évidence de façon clair ce que nous pressentions : l'interdiction aux petits producteurs d'élever des volailles en plein air n'a pas pour but de lutter contre la Grippe Aviaire, mais vise en fait à développer l'industrie avicole qui est paradoxalement la cause de cette maladie !


Ce rapport vient donc confirmer au moins trois choses :


1) Les mass-médias en ne pointant du doigt que les oiseaux migrateurs sont coupables de désinformation ! Loin de jouer leur rôle de contre-pouvoir, ceux-ci ne font désormais que servir les intérêts financiers des grands groupes économiques.


2) Cet exemple illustre de façon convainquante la façon dont progresse le système technicien si bien décrit par Ellul. On voit en effet comment le besoin de toujours plus de d'organisation et de contrôle (tous deux nécessaires a son développement) a une nouvelle fois conduit le système jusqu'à la mesure la plus radicale : suprimer l'incontrolable ! Ici, l'ensemble des petites exploitations familliales dispersées sur la planète.


3) Une relocalisation s'impose. En effet l'étude de GRAIN montre que d'une part c'est la concentration de volailles qui est à l'origine de l'apparition de la forme pathogène qu'est le H5N1, et que d'autre part ce sont l'ensemble des deplacements et des transports liés à la filière avicole qui sont responsables de la propagation du virus. Une production limitée de vollailes destinées à une consommation locale serait donc le meilleur rempart contre cette maladie. Cela, sans même évoquer les avantages en termes d'émission de Gaz à effet de serre, d'emplois, etc. que cette solution comporte !


Bref, nous ne saurions trop vous conseiller de prendre le temps de lire la version longue de ce rapport.


COMMUNIQUE DE PRESSE

GRAIN le 2 mars 2006


Un rapport de GRAIN établit que l’industrie avicole mondiale est à l’origine de la crise de la grippe aviaire.


Les petits élevages avicoles et les oiseaux sauvages sont injustement rendus responsables de la grippe aviaire qui affecte actuellement plusieurs parties du monde. Un nouveau rapport de GRAIN montre comment l’industrie avicole multinationale est à l’origine du problème et devrait être au centre des actions menées pour maîtriser le virus.


L’expansion de la production avicole industrielle et des réseaux commerciaux ont créé les conditions idéales à l’apparition et à la transmission de virus mortels comme la souche H5N1 de la grippe aviaire. Une fois qu’ils ont pénétré dans les élevages industriels surpeuplés, les virus peuvent rapidement devenir mortels et se développer. L’air vicié par la charge virale est transporté sur des kilomètres à partir des fermes infectées, pendant que les réseaux d’échanges commerciaux intégrés répandent la maladie par les nombreux transports d’oiseaux vivants, de poussins d’un jour, de viande, de plumes, d’œufs à couver, d’œufs, de fumier de volaille et d’alimentation animale.


« Tout le monde se focalise sur les oiseaux migrateurs et les poulets de basse-cour comme étant le problème, » indique Devlin Kuyek de GRAIN. « Mais ils ne sont pas les vecteurs effectifs de la forme fortement pathogène de la grippe aviaire. Le virus les tue, mais il est peu probable que ce soit eux qui le propagent. »


Par exemple, en Malaisie, le taux de mortalité par le H5N1 chez les poulets des villages est seulement de 5%, indiquant que le virus a du mal à se propager dans les petits élevages de poulets. Les manifestations de H5N1 au Laos, qui est entouré par des pays infectés, se sont seulement produites dans quelques fermes industrielles du pays, qui sont fournies par des établissements d'incubation Thai. Les seuls cas de grippe aviaire dans la volaille de basse-cour, qui couvre plus de 90% de la production du Laos, se sont produits à côté des fermes industrielles.

Les gouvernements des pays de l’Union Européenne ont répondu à la découverte des cygnes, des oies et des canards morts infectés avec des mesures sévères obligeant à l’enfermement des volailles. Maintenant, ils sont bien embêtés car la première et seule manifestation significative de contamination de volaille domestique s’est déclarée dans un gros élevage industriel de dindes en France, où les 11 000 volatiles étaient confinés, totalement séparés des oiseaux sauvages.


« Il apparaît de plus en plus évident, comme on l’a vu aux Pays-Bas en 2003, au Japon en 2004, en Egypte en 2006, que la grippe aviaire mortelle se déclare dans les grosses fermes industrielles et qu’ensuite elle se propage, » explique Kuyek.

Le cas de contamination nigérienne qui s’est déclaré au début de l’année a commencé par une seule ferme industrielle, appartenant à un membre du Conseil des Ministres, éloignée des axes principaux de déplacements des oiseaux migrateurs mais elle était connue pour importer des oeufs à couver hors réglementation. En Inde, les autorités locales indiquent que le virus H5N1 est apparu et s’est répandu à partir d'une ferme industrielle appartenant à la plus grande compagnie avicole du pays, les couvoirs Venkateshwara.


La question cruciale est de savoir pourquoi les gouvernements et les agences internationales, comme l'Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ne font rien pour enquêter sur la manière dont les fermes industrielles et leurs sous-produits, tels que l'alimentation animale et le fumier, propagent le virus. Au lieu de cela, ils se servent de la crise comme une occasion d'industrialiser davantage le secteur avicole. Les initiatives se multiplient pour interdire la volaille en plein air, pour évincer les petits producteurs et pour réapprovisionner les fermes avec des poulets génétiquement modifiés. Le réseau de complicités avec une industrie prise dans une série de dénis et de dissimulations semble total.


« Les agriculteurs perdent leurs moyens d’existence, les poulets locaux sont éliminés et quelques experts déclarent que nous sommes à l’aube d’une épidémie humaine qui pourrait tuer des millions de personnes, » conclut Kuyek. « Quand les gouvernements réaliseront-ils que pour protéger la volaille et les personnes contre la grippe aviaire, ils doivent les protéger contre l'industrie avicole mondiale ? »

 

* * * GRAIN est une organisation non gouvernementale internationale (ONG) dont le but est de promouvoir la gestion et l'utilisation durables de la biodiversité agricole fondées sur le contrôle exercé par les populations sur les ressources génétiques et les connaissances locales. Contact: Devlin Kuyek, GRAIN, à Montréal, Tél: +1 514 2737314, Email: devlin (at) grain.org Web:

http://www.grain.org


* * *

1. Le rapport entier, « Qui est le dindon de la farce ? Le rôle central de l’industrie avicole dans la crise de la grippe aviaire », est disponible sur le site :

http://www.grain.org/briefings/?id=195


2. La fiente de poulet et la litière des sols des élevages industriels de volaille sont des ingrédients courants de l’alimentation animale.



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