Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/03/2006

Grippe Aviaire (Suite)

 

Grippe Aviaire


Le communiqué de presse suivant de l'association GRAIN est la version courte de l'article http://www.grain.org/briefings/?id=195


Ce rapport est véritablement édifiant ! Il met en évidence de façon clair ce que nous pressentions : l'interdiction aux petits producteurs d'élever des volailles en plein air n'a pas pour but de lutter contre la Grippe Aviaire, mais vise en fait à développer l'industrie avicole qui est paradoxalement la cause de cette maladie !


Ce rapport vient donc confirmer au moins trois choses :


1) Les mass-médias en ne pointant du doigt que les oiseaux migrateurs sont coupables de désinformation ! Loin de jouer leur rôle de contre-pouvoir, ceux-ci ne font désormais que servir les intérêts financiers des grands groupes économiques.


2) Cet exemple illustre de façon convainquante la façon dont progresse le système technicien si bien décrit par Ellul. On voit en effet comment le besoin de toujours plus de d'organisation et de contrôle (tous deux nécessaires a son développement) a une nouvelle fois conduit le système jusqu'à la mesure la plus radicale : suprimer l'incontrolable ! Ici, l'ensemble des petites exploitations familliales dispersées sur la planète.


3) Une relocalisation s'impose. En effet l'étude de GRAIN montre que d'une part c'est la concentration de volailles qui est à l'origine de l'apparition de la forme pathogène qu'est le H5N1, et que d'autre part ce sont l'ensemble des deplacements et des transports liés à la filière avicole qui sont responsables de la propagation du virus. Une production limitée de vollailes destinées à une consommation locale serait donc le meilleur rempart contre cette maladie. Cela, sans même évoquer les avantages en termes d'émission de Gaz à effet de serre, d'emplois, etc. que cette solution comporte !


Bref, nous ne saurions trop vous conseiller de prendre le temps de lire la version longue de ce rapport.


COMMUNIQUE DE PRESSE

GRAIN le 2 mars 2006


Un rapport de GRAIN établit que l’industrie avicole mondiale est à l’origine de la crise de la grippe aviaire.


Les petits élevages avicoles et les oiseaux sauvages sont injustement rendus responsables de la grippe aviaire qui affecte actuellement plusieurs parties du monde. Un nouveau rapport de GRAIN montre comment l’industrie avicole multinationale est à l’origine du problème et devrait être au centre des actions menées pour maîtriser le virus.


L’expansion de la production avicole industrielle et des réseaux commerciaux ont créé les conditions idéales à l’apparition et à la transmission de virus mortels comme la souche H5N1 de la grippe aviaire. Une fois qu’ils ont pénétré dans les élevages industriels surpeuplés, les virus peuvent rapidement devenir mortels et se développer. L’air vicié par la charge virale est transporté sur des kilomètres à partir des fermes infectées, pendant que les réseaux d’échanges commerciaux intégrés répandent la maladie par les nombreux transports d’oiseaux vivants, de poussins d’un jour, de viande, de plumes, d’œufs à couver, d’œufs, de fumier de volaille et d’alimentation animale.


« Tout le monde se focalise sur les oiseaux migrateurs et les poulets de basse-cour comme étant le problème, » indique Devlin Kuyek de GRAIN. « Mais ils ne sont pas les vecteurs effectifs de la forme fortement pathogène de la grippe aviaire. Le virus les tue, mais il est peu probable que ce soit eux qui le propagent. »


Par exemple, en Malaisie, le taux de mortalité par le H5N1 chez les poulets des villages est seulement de 5%, indiquant que le virus a du mal à se propager dans les petits élevages de poulets. Les manifestations de H5N1 au Laos, qui est entouré par des pays infectés, se sont seulement produites dans quelques fermes industrielles du pays, qui sont fournies par des établissements d'incubation Thai. Les seuls cas de grippe aviaire dans la volaille de basse-cour, qui couvre plus de 90% de la production du Laos, se sont produits à côté des fermes industrielles.

Les gouvernements des pays de l’Union Européenne ont répondu à la découverte des cygnes, des oies et des canards morts infectés avec des mesures sévères obligeant à l’enfermement des volailles. Maintenant, ils sont bien embêtés car la première et seule manifestation significative de contamination de volaille domestique s’est déclarée dans un gros élevage industriel de dindes en France, où les 11 000 volatiles étaient confinés, totalement séparés des oiseaux sauvages.


« Il apparaît de plus en plus évident, comme on l’a vu aux Pays-Bas en 2003, au Japon en 2004, en Egypte en 2006, que la grippe aviaire mortelle se déclare dans les grosses fermes industrielles et qu’ensuite elle se propage, » explique Kuyek.

Le cas de contamination nigérienne qui s’est déclaré au début de l’année a commencé par une seule ferme industrielle, appartenant à un membre du Conseil des Ministres, éloignée des axes principaux de déplacements des oiseaux migrateurs mais elle était connue pour importer des oeufs à couver hors réglementation. En Inde, les autorités locales indiquent que le virus H5N1 est apparu et s’est répandu à partir d'une ferme industrielle appartenant à la plus grande compagnie avicole du pays, les couvoirs Venkateshwara.


La question cruciale est de savoir pourquoi les gouvernements et les agences internationales, comme l'Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ne font rien pour enquêter sur la manière dont les fermes industrielles et leurs sous-produits, tels que l'alimentation animale et le fumier, propagent le virus. Au lieu de cela, ils se servent de la crise comme une occasion d'industrialiser davantage le secteur avicole. Les initiatives se multiplient pour interdire la volaille en plein air, pour évincer les petits producteurs et pour réapprovisionner les fermes avec des poulets génétiquement modifiés. Le réseau de complicités avec une industrie prise dans une série de dénis et de dissimulations semble total.


« Les agriculteurs perdent leurs moyens d’existence, les poulets locaux sont éliminés et quelques experts déclarent que nous sommes à l’aube d’une épidémie humaine qui pourrait tuer des millions de personnes, » conclut Kuyek. « Quand les gouvernements réaliseront-ils que pour protéger la volaille et les personnes contre la grippe aviaire, ils doivent les protéger contre l'industrie avicole mondiale ? »

 

* * * GRAIN est une organisation non gouvernementale internationale (ONG) dont le but est de promouvoir la gestion et l'utilisation durables de la biodiversité agricole fondées sur le contrôle exercé par les populations sur les ressources génétiques et les connaissances locales. Contact: Devlin Kuyek, GRAIN, à Montréal, Tél: +1 514 2737314, Email: devlin (at) grain.org Web:

http://www.grain.org


* * *

1. Le rapport entier, « Qui est le dindon de la farce ? Le rôle central de l’industrie avicole dans la crise de la grippe aviaire », est disponible sur le site :

http://www.grain.org/briefings/?id=195


2. La fiente de poulet et la litière des sols des élevages industriels de volaille sont des ingrédients courants de l’alimentation animale.



08:55 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Un article fort intéressant et une documentation à télécharger de toute urgence afin d'avoir une autre vision du problème.

Écrit par : éric | 20/03/2006

Les commentaires sont fermés.