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28/02/2006

Collectif Biométrie

 

Collectif contre la Biométrie

Nous sommes encore très loin d'un débat sur la Biométrie en France. Et quand bien même ! La récente loi portant sur les OGM montre que, même quand le débat existe et que le population est massivement contre (78% selon un sondage BVA), il n'est pas possible de faire reculer la technoscience lorsqu'elle est au service des intérêts économiques. Tous cela nous semble de mauvais augure...


Toutefois, nous pensons qu'il est pour le moins nécessaire que prenne place un véritable débat publique sur la biométrie et donc le type de société qu'elle impose (suppose ?). Aussi, nous ne pouvons être que sympathisants du collectif contre la biométrie dont voici le communiqué de Presse du 21 février 2006.



LA MACHINE JUDICIAIRE EXPRIME SA SOLIDARITÉ

À DEUX MACHINES BIOMÉTRIQUES


Les trois personnes accusées d'avoir dégradé le 17 novembre dernier les bornes de contrôle biométrique du lycée de la Vallée de Chevreuse ont été condamnées à trois mois de prison avec sursis, 500 euros d'amende (pour l'intrusion dans le lycée) et 9086 euros de dommages et intérêts (pour les machines). Les trois accusé-e-s ont été jugé-e-s coupables, co-auteurs de la dégradation.


Ils ont décidé de faire appel de cette décision. C'est un jugement cybernétique. À aucun moment n'a été discutée la question centrale de ce procès : que de telles machines n'ont rien à faire dans une école ni ailleurs. Les circuits électroniques ont été défendus contre le simple bon sens.


Ce verdict est un soutien objectif à la diffusion massive de cette technologie, entreprise menée par l'État et l'industrie.


Nous sommes de celles et ceux qui refusent de se résigner à cet état de fait.


Le collectif contre la biométrie.

http://1984.over-blog.com/

 

16:20 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (0)

21/02/2006

Comment ne plus être progressiste...

 

Comment ne plus être progressiste...

... sans devenir réactionnaire

« Le temps est donc venu où l'utopie progressiste doit signer sa reddition sur l'autel de la croissance. Il faut admettre l'échec d'un développement qui n'est ni soutenable pour la planète ni généralisable à tous ses habitants»

J-P Besset


Et si c'étaient les progressistes qui étaient en définitive les véritables réactionnaires d'aujourd'hui ? Ceux qui avancent avec tant de ferveur les idées de toujours plus, de développement, d'augmentation des richesses, de croissance économique, bref de toujours mieux, ne seraient-ils pas attachés à une croyance désormais dépassée ? Et si, contre tous préjugés, une analyse fine de la réalité devait nous démontrer l'absence de rationalité de cette vision du monde ?


C'est justement une telle analyse que conduit Jean-Paul Besset tout au long de son livre. De façon extrêmement claire et convainquante, Jean-Paul Besset décrit l'impasse à la quelle les concepts de développement et de progrès nous ont acculé. Ce livre est à offrir d'urgence à ceux qui, aveuglés par les dogmes croissancistes, n'ont pas perçu la véritable nature des enjeux en cours dans notre société !


L'urgence écologique est présentée de manière à la fois effrayante et remarquable tant elle est abondamment documentée. Nous pensons que nul ne peut sortir de cet ouvrage sans avoir pris pleinement conscience de l'importance et de la dimension des enjeux environementaux qui vont se jouer à très court terme. « Quand l'effet de serre s'emballera-t-il, soumettant la Terre à deux extrêmes à la fois, déluge et inondations d'un côté, désert et sécheresses de l'autre ? »


Jean Paul Besset montre aussi comment notre société refuse d'admettre l'évidence, comment tout concoure à renforcer le « deni du réel » dont nous sommes victimes. Il dénonce tous ces leurres que constituent le développement durable, la croissance douce, le mythe du grand soir technologique et toutes ces autres ficelles qui en créant l'illusion, nous empêchent d'appréhender la réalité et rendent encore plus difficile la mise en oeuvre d'une politique adaptée aux enjeux écologiques.


Selon l'auteur force est de constater que nous sommes maintenant au temps de l'homme dominé. L'homme alors qu'il pensait trouver dans le progrès la voie de l'émancipation, la possibilité de prendre en main son destin, sortir de l'obscurantisme, l'homme se retrouve aujourd'hui prisonnier du monde qu'il a engendré. Les outils (au sens large) créés par l'homme se sont retournés contre lui.


Alors quoi faire ? Et bien «Inverser le courrant ![...] Puisque la course éperdue à la consommation d'énergie ne peut pas, raisonnablement, se poursuivre, la seule stratégie rationnelle consiste donc à réduire cette consommation à un niveau compatible avec les besoins fondamentaux et les équilibres climatiques » . Proclamme-t-il, mais attention « Si nous n'opérons pas nous-mêmes la décroissance énergétique avec méthode et sang froid, elle-ci s'appliquera automatiquement, avec sauvagerie et le renfort de la main aveugle du marché ».


La faisabilité d'un tel scénario n'est pas à mettre en doute, comme il le souligne: « A la différence de la croissance, la décroissance, elle, peut-être « soutenable ». »


En fin de comptes, la seule vraie question est de savoir, si nous aurons le temps. « Assez de temps pour choisir les modalités de la sobriété avant que le rationnement ne nous soit brutalement imposé par l'effondrement du vivant ? »

17/02/2006

Manger Local

 

Manger Local


« L'agriculture de proximité, voie de l'avenir »


Cet ouvrage co écrit par Elena Norberg Hodge (auteur de Quand le développement crée la pauvreté), Todd Merrifield et Steven Gorelick, publié par l'éditeur canadien Ecosociété, est un vibrant plaidoyer pour l'agriculture locale.


Avant d'exposer en détail l'aberration que constitue aujourd'hui l'agro-industrie mondialisée, les auteurs commencent par retracer les bouleversements traversée par l'activité agricole de part le monde ces dernières années. Ils montrent, par exemple, comment les campagnes se sont vidées de leur population, et les conséquences qui en découlent : désorganisation de la vie rurale, apparition de la misère aux abords des grandes villes, etc. C'est toute la transfomation de la polyculture de subsistance en monoculture culture industrielle qui est décrite.


Puis, les auteurs analysent de façon méthodique l'état accablant dans lequel se retrouve aujourd'hui l'agriculture.


Il remarquent ainsi, comment le principe économique suivant lequel la spécialisation est le meilleur moyen d'optimiser les bénéfices liés aux échanges, a amené, via les subventions de l'Etat, les paysans à se spécialiser dans la culture d'un nombre très réduit d'espèces. Cette spécialisation, expliquent-ils,  a ensuite entrainé  l'appauvrissement de la diversité génétique (on peut penser à la révolution verte en Asie !), mais aussi une plus grande dépendance des agriculteurs aux fluctuations du cours des marchés. Cette situation rend la vie des petits paysans toujours plus précaire.


L'agriculture n'est désormais plus qu'un élément parmi d'autres du commerce mondial. La qualité de notre alimentation n'est plus LA priorité. L'agriculture industrielle nous propose des variétés de fruits et légumes selectionnés non plus pour leurs saveurs, ou leurs qualités nutritionnelles, mais sur leurs apparences (des belles pommes bien rondes et bien rouges) et sur leurs capacités à se conserver longtemps (il faut du temps pour acheminer des pommes canadiennes en France !). Sans même parler de tous les effets secondaires induits par les pesticides, et autres intrants. Bref LA prorité c'est vendre !


Même le mythe selon lequel l'industrie agricole permet une productivité record ne tient pas à l'épreuve des faits. Au contraire, le rendemment à l'hectare, nous expliquent les auteurs, a diminué avec l'avénement de la monoculture mécanisée. Chiffres à l'appuie, ils montrent, selon les mots de Peter Rosset, membre de l'organisme Food First, que « la taille d'une exploitation agricole et sa productivité sont inversement proportionnelles »


Enfin, le bilan énergétique est désastreux. Outre la consommation de pétrôle liée à l'activité même de production (intrants chimiques (angrais, pesticides,...), serres chauffantes, consommation des tracteurs, etc.), l'agriculture mondialisée se traduit par de nombreux échanges internationnaux absurdes. Pourquoi, par exemple, importer des pommes du chili alors qu'il est possible d'en cultiver en France ?


Les auteurs soulignent également comment « nos gouvernements restent pronfondément aveuglés par la notion selon laquelle la croissance économique va de pair avec l'amélioration de la qualité de vie » et son corollaire : favoriser les grandes exploitations qui augmentent le PNB au dépend des petites. Ils précisent que « Plutôt que de perpétuer le mythe selon lequel tous les habitants de la planète peuvent et doivent aspirer au mode de vie des riches occidentaux, comme le laissent à entendre les défenseurs de la mondialisation de l'économie, il serait beaucoup plus responsable - tant sur le plan social qu'environnemental - de promouvoir des politiques qui contribuent à réduire le transport inutile, favorisent les petits marchés locaux et encouragent la consommation d'aliments cultivés localement, plutôt que d'accroître la dépendance de la population envers des denrées importée de l'autre bout du monde. » Tout est dit !


A l'opposé de l'agro-industrie mondialisée, les auteurs nous vantent donc les vertus de l''agriculture de proximité. Une agriculture respectueuse de l'environnement mais aussi de l'homme et de sa communauté. Produire localement signifie moins d'emballage, moins de transport, moins de déchets, mais également des fruits et légumes plus frais, donc de meilleur qualité, une sécurité alimentaire accrue, plus de travail donc un réseau social plus dense, etc.


De nombreuses intiatives en ce sens existent déjà, et c'est à chacun, à sa façon, de les soutenir. Réduire ses achats dans les grandes surfaces est un pas dans ce sens. Soulignons également qu'existe à Bourges les jardins Bio de Fussy qui sont un très bon exemple de ce qu'on appelle l'agriculture soutenue par la communauté (ASC).


Que devons nous conclure de tout cela ? Et bien, c'est simple, mangeons local !