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17/02/2006

Manger Local

 

Manger Local


« L'agriculture de proximité, voie de l'avenir »


Cet ouvrage co écrit par Elena Norberg Hodge (auteur de Quand le développement crée la pauvreté), Todd Merrifield et Steven Gorelick, publié par l'éditeur canadien Ecosociété, est un vibrant plaidoyer pour l'agriculture locale.


Avant d'exposer en détail l'aberration que constitue aujourd'hui l'agro-industrie mondialisée, les auteurs commencent par retracer les bouleversements traversée par l'activité agricole de part le monde ces dernières années. Ils montrent, par exemple, comment les campagnes se sont vidées de leur population, et les conséquences qui en découlent : désorganisation de la vie rurale, apparition de la misère aux abords des grandes villes, etc. C'est toute la transfomation de la polyculture de subsistance en monoculture culture industrielle qui est décrite.


Puis, les auteurs analysent de façon méthodique l'état accablant dans lequel se retrouve aujourd'hui l'agriculture.


Il remarquent ainsi, comment le principe économique suivant lequel la spécialisation est le meilleur moyen d'optimiser les bénéfices liés aux échanges, a amené, via les subventions de l'Etat, les paysans à se spécialiser dans la culture d'un nombre très réduit d'espèces. Cette spécialisation, expliquent-ils,  a ensuite entrainé  l'appauvrissement de la diversité génétique (on peut penser à la révolution verte en Asie !), mais aussi une plus grande dépendance des agriculteurs aux fluctuations du cours des marchés. Cette situation rend la vie des petits paysans toujours plus précaire.


L'agriculture n'est désormais plus qu'un élément parmi d'autres du commerce mondial. La qualité de notre alimentation n'est plus LA priorité. L'agriculture industrielle nous propose des variétés de fruits et légumes selectionnés non plus pour leurs saveurs, ou leurs qualités nutritionnelles, mais sur leurs apparences (des belles pommes bien rondes et bien rouges) et sur leurs capacités à se conserver longtemps (il faut du temps pour acheminer des pommes canadiennes en France !). Sans même parler de tous les effets secondaires induits par les pesticides, et autres intrants. Bref LA prorité c'est vendre !


Même le mythe selon lequel l'industrie agricole permet une productivité record ne tient pas à l'épreuve des faits. Au contraire, le rendemment à l'hectare, nous expliquent les auteurs, a diminué avec l'avénement de la monoculture mécanisée. Chiffres à l'appuie, ils montrent, selon les mots de Peter Rosset, membre de l'organisme Food First, que « la taille d'une exploitation agricole et sa productivité sont inversement proportionnelles »


Enfin, le bilan énergétique est désastreux. Outre la consommation de pétrôle liée à l'activité même de production (intrants chimiques (angrais, pesticides,...), serres chauffantes, consommation des tracteurs, etc.), l'agriculture mondialisée se traduit par de nombreux échanges internationnaux absurdes. Pourquoi, par exemple, importer des pommes du chili alors qu'il est possible d'en cultiver en France ?


Les auteurs soulignent également comment « nos gouvernements restent pronfondément aveuglés par la notion selon laquelle la croissance économique va de pair avec l'amélioration de la qualité de vie » et son corollaire : favoriser les grandes exploitations qui augmentent le PNB au dépend des petites. Ils précisent que « Plutôt que de perpétuer le mythe selon lequel tous les habitants de la planète peuvent et doivent aspirer au mode de vie des riches occidentaux, comme le laissent à entendre les défenseurs de la mondialisation de l'économie, il serait beaucoup plus responsable - tant sur le plan social qu'environnemental - de promouvoir des politiques qui contribuent à réduire le transport inutile, favorisent les petits marchés locaux et encouragent la consommation d'aliments cultivés localement, plutôt que d'accroître la dépendance de la population envers des denrées importée de l'autre bout du monde. » Tout est dit !


A l'opposé de l'agro-industrie mondialisée, les auteurs nous vantent donc les vertus de l''agriculture de proximité. Une agriculture respectueuse de l'environnement mais aussi de l'homme et de sa communauté. Produire localement signifie moins d'emballage, moins de transport, moins de déchets, mais également des fruits et légumes plus frais, donc de meilleur qualité, une sécurité alimentaire accrue, plus de travail donc un réseau social plus dense, etc.


De nombreuses intiatives en ce sens existent déjà, et c'est à chacun, à sa façon, de les soutenir. Réduire ses achats dans les grandes surfaces est un pas dans ce sens. Soulignons également qu'existe à Bourges les jardins Bio de Fussy qui sont un très bon exemple de ce qu'on appelle l'agriculture soutenue par la communauté (ASC).


Que devons nous conclure de tout cela ? Et bien, c'est simple, mangeons local !

Commentaires

Je suis totalement d'accord avec ton article. mais j'ai un problême ; dans ma région y a que des légumes maigrichons
et des saucisses très sèches. la montagne ça vous gagne
mais c'est roots niveau manger...
Allez, continuez ce combat, c'est le bon. Quand je vais voir les blogs politiques à la ronde, je suis quasiment obligé de le faire sous valium tellement la violence et l'ignorance semblent le disputer à l'aliénation et à l'aveuglement.
Ce fait peuuur ...

Écrit par : pier | 19/02/2006

Salut Pier... Les légumes maigrichons peuvent être complétés par des plantes sauvages (il existe de nombreux guides à ce sujet mais je n'ai pas de référence biblio à te proposer...) et sont la base d'une alimentation où la viande apporte les calories necessaires à la vie montagnarde... Pour les fruits (nombreuses baies), il faut à la saison propice faire des confiotes... Bref, manger local est souvent adapter son régime au besoin et possibilités environnementales : les inuits en sont l'exemple et d'autres indiens aujourd'hui décimés en Patagonie vivaient seulement de moules et de phoques...Ils vivaient bien ds cet environnement hostile, totalement nus (T° moyenne 5°C)... C'est l'éclairage publique des rues de Londres (avec des lampes à huile de phoques) qui a mis fin à cette civilisation (en déciment les phoques donc privant les indiens de patagonies de leur aliments de bases). Certes, ce principe doit nous faire oublier l'impression de variétés que les transports nous permettent. @+ et merci pour ton commentaire anti sectaire

Écrit par : Hector | 20/02/2006

Votre " croisade " est pleine de bonnes intentions, mais je crois que vous n'êtes pas dans le bon train ?
C'est bien joli " l'agriculture de proximité ", mais il faudrait se soucier des revenus des " cobayes " qui vont produire les produits de proximité ....
L'utopie à rebours, ça parait un programme difficile, surtout, si en plus, vous voulez continuer à vivre avec les avantages matériels du 21 me siècle et les revenus actuels ?
Un auteur me parait vraiment conscient de la situation actuelle: Claude Aubert ( Espérance de vie, la fin des illusions ), je fais partie des croulants n'ayant mangé que du BIO pendant 20 ans, de la production familiale, mais personne aujourd'hui ne voudrait effectuer la somme de travail énorme que représente la nourriture de cinq personnes avec des moyens manuels et sans aucun engrais ....

Mais VIVE les " décroisseurs berrychons "

Et vous invite à une petite ballade: www.tarn-rando.com

Écrit par : mauridub | 03/05/2006

Bravo aux alpinistes de Greenpeace sur la tour de la Centrale de Belleville! Opération spectaculaire et réussie. la presse relate le passage aux tribunal des militants : je suis surement naïve mais pourquoi un président de tribunal peut il orienter autant le déroulement de la séance, avec des questions et remarques aussi orientées? Ex : "Est ce qu'ils font la même chose en Chine ou au Pakistan? Ils sont contre le nucléaire seulement dans les démocraties?"

Écrit par : Béatrice | 11/05/2007

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