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11/11/2005

La Décroissance à Bourges !

La Décroissance à Bourges !

Pierre Rabhi, agro-écologiste et chantre de la Décroissance, sera à Bourges le mercredi 16 novembre à 20h, au Théâtre Jacques Cœur, pour donner une conférence sur le thème :

Pour une terre humaine : mondialisation et développement.

Nous espérons qu'il bénéficiera d'une large audience.

Voici, pour ceux qui ne connaissent pas Pierre Rabhi, un portrait brossé par Rolland de Miller:

Article paru sur le site de l'Association des Journalistes écrivains pour la Nature et l'Ecologie

Un itinéraire d'engagement

Né en 1938 dans le sud saharien de l'Algérie, Pierre Rabhi est confié à l'âge de 5 ans, après le décès de sa mère, à un couple d'Européens. Puis il émigre à Paris en 1958. Il a donc reçu une double culture, c'est-à-dire qu'il est passé très rapidement de la culture musulmane à la culture chrétienne, de la tradition à la modernité. Manutentionnaire en banlieue parisienne, immigré confronté au racisme, il met déjà en cause les valeurs de compétition et d'exclusion. La guerre d'Algérie accentue le clivage. Avec sa femme Michèle, il quitte la capitale en 1960 pour faire son retour à la terre et s'installer en Ardèche où ils auront cinq enfants. D'abord ouvrier agricole pendant trois ans, il récuse fortement là aussi la logique productiviste appliquée à l'agriculture, dont les conséquences dévastatrices révèlent aujourd'hui leur ampleur. Ensuite il découvre et pratique l'agriculture biologique et l'élevage caprin dans sa ferme au terrain aride et rocailleux, où il accueille et forme une quarantaine de stagiaires.

Contre toute attente, au prix d'une incroyable ténacité, le projet réussit, et la ferme prospère. En 1978, Pierre Rabhi est chargé de formation à l'agro-écologie par le CEFRA (Centre d'études et de formation rurales appliquées).

 

A partir de 1981, il commence à transmettre son expérience agro-écologique et met au point divers programmes de formation en France, en Europe et en Afrique. Sur l'invitation du Burkina Faso, en tant que "paysan sans frontière", il organise le premier programme d'agro-écologie qu'il propose comme alternative aux paysans confrontés au marasme écologique (sécheresses) et économique (cherté des engrais et pesticides). Il en résulte la fondation à Gorom Gorom, dans la partie sahélienne du pays, en 1985, du premier Centre africain de Formation à l'Agro-écologie, en collaboration avec l'association de transport du Point Mulhouse. En 1988, Pierre Rabhi est alors reconnu comme expert international pour la sécurité alimentaire et la lutte contre la désertification, comprise comme tout processus qui porte atteinte à l'intégrité et à la vitalité de la biosphère, avec ses lourdes conséquences humaines. Il participe à des programmes d'échelle mondiale, y compris sous l'égide des Nations-Unies. En formant des milliers de personnes à l'agro-écologie, il a permis à des populations rurales de se maintenir ou d'accéder à une autonomie alimentaire parfois menacée par des conditions naturelles difficiles ou par les pratiques inadaptées et injustes de la globalisation de l'économie. Mais suite à la mort du président Sankara du Burkina Faso et à l'arrêt des activités à Gorom Gorom, en 1989 le relais est pris en créant le Carrefour International d'échanges et de Pratiques Appliquées au Développement (CIEPAD), avec l'appui du Conseil Général de l'Hérault, à Cazarils, à 25 kilomètres de Montpellier : mise en place d'un "module optimisé d'installation agricole", de programmes de sensibilisation et de formation, lancement de nombreuses actions de développement à l'étranger (Maroc, Palestine, Algérie, Tunisie, Sénégal, Togo, Bénin, Mauritanie, Pologne, Ukraine...).Six cents hectares de garrigue semi-aride, recouverts de chênes verts et de thym, sont transformés là en laboratoire géant de recherche en écologie et en agronomie subtropicale.

 

Avec une créativité toujours débordante, Pierre Rabhi lance ensuite le concept "Oasis en tous lieux", devenu aujourd'hui mouvement autonome. En 1997-98 il intervient à la demande de l'ONU dans le cadre de l'élaboration de la Convention mondiale de lutte contre la désertification (CCD) et il est appelé à formuler des propositions concrètes pour son application. Fondée en 1994, l'association des Amis de Pierre Rabhi, devenue aujourd'hui "Terre et Humanisme - Pratiques Šécologiques et Solidarité Internationale (PESI)" a pour objet la promotion des techniques agro-écologiques dans une perspective de sécurité alimentaire, notamment par l'animation, la formation, l'information, le soutien et l'accompagnement de projets. Reconnue d'intérêt général en 1999, cette association recherche les fonds nécessaires, assure les programmes internationaux et gère les activités du Mas de Beaulieu, sur la commune de Lablachère (Ardèche). Très impliqué dans la problématique sociale, Pierre Rabhi est souvent sollicité pour des conférences-débats, environ 40 par an.

Une haute conscience morale Donc on le voit, Pierre Rabhi est un homme d'action qui réussit ce qu'il entreprend parce que sa vie est pétrie d'expériences concrètes. Mais c'est aussi un penseur, un écrivain, un conférencier, un humaniste dont les livres sont empreints d'une grande sagesse. Il a notamment publié "Du Sahara aux Cévennes ou la reconquête du songe" (son autobiographie ; Albin Michel, réédition 1995), " Le Recours à la Terre " (éditions Terre du Ciel, Lyon, 1995), " L'Offrande au crépuscule " (L'Harmattan, réédition 2001) et " Parole de Terre " (Albin Michel, 1996, préface de Yehudi Menuhin), et obtenu pour ces livres de nombreux prix. Il a su montrer, par exemple, que "produire et consommer localement dans le respect de la terre est un acte politique, écologique, éthique ; un acte de légitime résistance pacifique à tous les systèmes qui tirent leur puissance de la confiscation du droit des peuples à se nourrir par eux-mêmes."

Il insiste sur la "primauté de l'éducation", les changements de mentalité et de comportement. Posant le problème de l'honnêteté en politique, il estime que la marge de manoeuvre est étroite pour y introduire l'éthique : "l'égalité n'est pas une fin en soi, mais l'équité est une manière de limiter les disparités ".C'est surtout un être pur, simple et honnête, d'une authenticité rare, animé par la foi en la défense de la Terre nourricière, une sorte de Saint François d'Assise moderne. Appartenant à la fois à l'Islam et au christianisme, ce précurseur d'une révolution écologique tranquille professe une spiritualité ouverte, universaliste et surtout concrète : "l'Europe est en voie de désertification. (Š) Nous sommes aujourd'hui confrontés à une sorte d'ultimatum qui nous fait obligation de changer ou de disparaître. (Š) Les laboratoires d'innovation sociale seront les semences de demain. (Š) L'autre n'est pas notre rival mais notre complément." Ses pensées martèlent la grande mutation de l'humanité à laquelle nous sommes appelés : "La crise de ce temps n'est pas due aux insuffisances matérielles. La logique qui nous domine, nous gère et nous digère, est habile à faire diversion en accusant le manque de moyens. La crise est à débusquer en nous-même, dans cette sorte de noyau intime qui détermine notre vision du monde, notre relation à la nature, les choix que nous faisons et les valeurs que nous servons." Pour Armand Petitjean, pionnier de la réflexion écologique en France, Pierre Rabhi est" l'homme le plus naturellement conscient. Sa vie est lumineuse parce que sa conscience coule de source."

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